Villes moyennes : situation plutôt favorable avant 2009 mais impact plus marqué de la crise

David Amonou, Hélène Chesnel, Insee

Dans les Pays de la Loire, globalement, la population et l’emploi des villes moyennes augmentent de façon dynamique entre 1990 et 2009. Toutefois, la croissance est inégale selon les villes. La crise a fortement infléchi cette trajectoire. Des entreprises phares, industrielles notamment, sont parfois le premier employeur de la ville ; le marché du travail local a pu être fortement impacté par les difficultés rencontrées par ces entreprises avec la crise. Les villes où l’emploi présentiel est plus développé, notamment sur le littoral, tirent davantage leur épingle du jeu. La situation des villes moyennes est globalement plus favorable dans la région qu’en France métropolitaine.

520 900 habitants dans les villes moyennes de la région

En 2014, 14 % de la population des Pays de la Loire vivent dans l’une des 22 villes moyennes, soit 520 900 habitants. Ce poids démographique est comparable à celui d’Angers, Le Mans et Saint-Nazaire réunies. Les villes moyennes sont de taille hétérogène : Évron et Luçon abritent moins de 10 000 habitants, contre plus de 50 000 à Laval, Cholet et La Roche-sur-Yon. Certaines bénéficient de trajectoires économiques solides, d’autres ont davantage souffert de la désindustrialisation et de la crise. Dotées de fonctions indispensables à la cohésion des territoires, les villes moyennes font face à des enjeux divers selon leur localisation et leur structure productive. Mieux connaître les spécificités de chaque ville moyenne permet d’adapter les politiques de soutien et de développer une stratégie de revitalisation, comme dans le cadre du programme « Action cœur de ville ».

Une évolution favorable de la population et de l’emploi avant 2009…

De 1990 à 2014, la population augmente de 0,5 % par an dans les villes moyennes des Pays de la Loire, soit une croissance plus élevée que dans celles de France métropolitaine (+ 0,2 %). Signe de fragilité, Châteaubriant et Saumur perdent des habitants tandis que la population progresse fortement dans d’autres villes moyennes, notamment sur le littoral et à proximité de Nantes, témoignant de l’attractivité de ces territoires (figure 1). Ainsi, la population de Saint-Brevin-les-Pins croît de 2,0 % par an et celle de Montaigu de 1,2 %. La croissance démographique est plus dynamique dans les villes moyennes que dans les petites et grandes villes de la région, même si elle reste inférieure à celle de Nantes (+ 0,9 % en moyenne annuelle).

Figure 1En 24 ans, une forte croissance démographique dans les villes moyennes du littoralPopulation en 2014 et évolution annuelle moyenne de la population entre 1990 et 2014 dans les villes moyennes des Pays de la Loire

En 24 ans, une forte croissance démographique dans les villes moyennes du littoral
Code_UU Libellé_UU Population 1990 Population 2014 Evolution annuelle moyenne 1990-2014 (en %)
44301 Ancenis 9 262 10 307 0,4
49701 Angers 206 165 224 349 0,4
85402 Challans 19 497 26 821 1,3
53302 Château-Gontier 14 956 16 491 0,4
44302 Châteaubriant 12 838 11 895 -0,3
49501 Cholet 58 616 57 857 -0,1
53203 Évron 6 897 7 127 0,1
85304 Fontenay-le-Comte 17 154 16 862 -0,1
72301 La Ferté-Bernard 11 276 11 590 0,1
72303 La Flèche 14 948 15 025 0,0
85501 La Roche-sur-Yon 45 166 53 162 0,7
53501 Laval 64 018 67 197 0,2
72701 Le Mans 204 469 210 195 0,1
85303 Les Herbiers 13 442 16 032 0,7
85403 Les Sables-d'Olonne 35 343 43 080 0,8
85208 Luçon 9 064 9 313 0,1
53301 Mayenne 15 183 15 386 0,1
85302 Montaigu 10 332 13 819 1,2
44701 Nantes 505 839 622 693 0,9
44304 Pornic 12 363 18 866 1,8
72302 Sablé-sur-Sarthe 14 527 14 906 0,1
44401 Saint-Brevin-les-Pins 14 409 23 067 2,0
85401 Saint-Hilaire-de-Riez 17 602 25 453 1,5
44601 Saint-Nazaire 134 448 151 286 0,5
49401 Saumur 31 593 29 132 -0,3
49310 Segré-en-Anjou Bleu 15 692 17 580 0,5
  • Note : les « villes » correspondent aux unités urbaines, soit un ensemble de communes (définitions).
  • Source : Insee, Recensements de la population (RP) 1990 et 2014.

Figure 1En 24 ans, une forte croissance démographique dans les villes moyennes du littoralPopulation en 2014 et évolution annuelle moyenne de la population entre 1990 et 2014 dans les villes moyennes des Pays de la Loire

  • Note : les « villes » correspondent aux unités urbaines, soit un ensemble de communes (définitions).
  • Source : Insee, Recensements de la population (RP) 1990 et 2014.

De 1990 à 2009, le dynamisme démographique s’explique essentiellement par une augmentation du nombre de retraités (+ 2,8 % par an). Cette hausse est plus marquée que dans les grandes villes de la région (+ 2,2 %). Elle est liée au vieillissement de la population et à l’installation de personnes à la retraite. Elle est particulièrement élevée à Challans et Saint-Hilaire-de-Riez (respectivement + 4,5 % et + 3,5 % chaque année).

La population en emploi augmente également (+ 0,5 % par an), surtout à Saint-Brevin-les-Pins (+ 3,2 %), Pornic (+ 2,6 %) et Montaigu (+ 1,9 %). Dans les villes moyennes, le nombre de personnes se déclarant au chômage augmente de 0,8 % par an, même si la progression du taux de chômage reste contenue (de 10,5 % en 1990 à 11,0 % en 2009).

La croissance de l’emploi est dynamique dans les villes moyennes (+ 1,4 % en moyenne par an sur la période). Elle est plus soutenue que dans les grandes villes (+ 1,1 %). L’emploi localisé dans les villes moyennes augmente partout davantage que la population résidente. Pour 100 actifs résidents, 138 emplois sont localisés dans les villes moyennes en 2009, contre 116 en 1990. Les emplois sont plus souvent occupés par des personnes qui résident hors des villes moyennes : 56 % des emplois en 2009, contre 38 % en 1990. La population augmente en effet plus rapidement dans leur couronne (+ 1,2 % par an) que dans leur pôle. Plus généralement, les distances parcourues pour se rendre au travail sont de plus en plus longues (encadré 1).

…mais après la crise, les villes moyennes sont plus impactées

Avec la crise, la situation s’inverse. Le marché du travail est plus impacté dans les villes moyennes : le nombre d’emplois diminue de 0,2 % par an entre 2009 et 2014, alors qu’il est stable dans les grandes villes. L’emploi baisse cependant moins fortement que dans les villes moyennes de France métropolitaine (– 0,5 %). Dans les villes moyennes de la région, le taux de chômage passe de 11,0 % en 2009 à 14,1 % en 2014.

Sur la période, la croissance de la population ralentit (+ 0,3 % par an) (figure 2). Elle est toujours principalement portée par l’augmentation du nombre de retraités. La population active reste stable.

Fontenay-le-Comte, La Flèche, Saumur et Châteaubriant ont une trajectoire défavorable à la fois en matière de population et d’emploi entre 1990 et 2009 comme sur la période plus récente. Le taux de chômage y est particulièrement élevé en 2014. Il progresse fortement sur les deux périodes à Sablé-sur-Sarthe et La Roche-sur-Yon (respectivement + 9,2 points et + 8,2 points entre 1990 et 2014). D’autres villes, avec un taux de chômage en baisse avant 2009, sont ensuite particulièrement touchées comme Cholet.

Certaines villes moyennes résistent mieux à la crise et conservent à la fois une évolution favorable de l’emploi et de la population, notamment Pornic et Saint-Brevin-les-Pins sur le littoral, ou encore Challans, Les Herbiers et Les Sables-d’Olonne en Vendée.

Évolution de l’emploi et de la population ne vont pas forcément de pair. À Montaigu et Saint-Hilaire-de-Riez, l’emploi diminue légèrement tandis que la population continue d’augmenter de façon dynamique entre 2009 et 2014. À Saint-Hilaire-de-Riez, 70 % de la croissance démographique s’explique par l’augmentation du nombre de retraités, tandis qu’à Montaigu, la moitié provient de la hausse du nombre d’actifs travaillant hors de leur ville de résidence.

Figure 2Emploi et population : après la crise, les villes moyennes de la région restent globalement plus dynamiques qu’en France métropolitaine Évolution annuelle moyenne de l’emploi et de la population des villes moyennes entre 2009 et 2014 (en %)

Emploi et population : après la crise, les villes moyennes de la région restent globalement plus dynamiques qu’en France métropolitaine - Lecture : entre 2009 et 2014, dans les villes moyennes de la région, la population augmente de 0,3 % par an et l’emploi diminue de 0,2 %.
Évolution emploi 2009-2014 Évolution population 2009-2014
Ancenis 0,5 0,2
Angers 0,0 0,7
Challans 0,6 1,0
Château-Gontier 0,1 0,2
Châteaubriant -0,1 -0,3
Cholet -0,3 0,0
Évron -0,8 0,1
Fontenay-le-Comte -1,6 -0,8
GV Pays de la Loire -0,1 0,5
La Ferté-Bernard -1,6 -0,4
La Flèche -1,0 -0,3
La Roche-sur-Yon 0,1 0,4
Laval -0,1 -0,1
Le Mans -0,5 0,3
Les Herbiers 0,5 1,2
Les Sables-d'Olonne 0,3 1,0
Luçon -1,0 -1,0
Mayenne -0,5 -0,2
Montaigu -0,6 1,3
Nantes 1,2 1,2
Pornic 0,8 1,1
PV Pays de la Loire -0,3 0,4
Sablé-sur-Sarthe -0,2 -0,1
Saint-Brevin-les-Pins 0,7 1,3
Saint-Hilaire-de-Riez -0,3 1,2
Saint-Nazaire 0,4 0,7
Saumur -0,6 -0,5
Segré-en-Anjou Bleu 0,5 0,6
VM France métropolitaine -0,5 0,1
VM Pays de la Loire -0,2 0,3
  • Lecture : entre 2009 et 2014, dans les villes moyennes de la région, la population augmente de 0,3 % par an et l’emploi diminue de 0,2 %.
  • Source : Insee, RP 2009 et 2014.

Figure 2Emploi et population : après la crise, les villes moyennes de la région restent globalement plus dynamiques qu’en France métropolitaine Évolution annuelle moyenne de l’emploi et de la population des villes moyennes entre 2009 et 2014 (en %)

  • Lecture : entre 2009 et 2014, dans les villes moyennes de la région, la population augmente de 0,3 % par an et l’emploi diminue de 0,2 %.
  • Source : Insee, RP 2009 et 2014.

Une industrie agroalimentaire parfois très implantée

Une des spécificités des villes moyennes des Pays de la Loire est la forte présence de l’industrie agroalimentaire (figure 3) : 6 % des salariés (hors intérim, salariés employés par des particuliers et emplois de la Défense) travaillent dans ce secteur contre 2 % dans les villes moyennes de France métropolitaine (définitions et sources). Cette part atteint 10 % dans les petites villes de la région et est inférieure à 1 % dans les grandes.

L’emploi est parfois très concentré dans ce secteur : 42 % des salariés à Évron, 35 % à Sablé-sur-Sarthe, 22 % à Montaigu et 19 % à La Ferté-Bernard. Des entreprises emblématiques sont le premier employeur dans certaines villes, par exemple dans la transformation de la viande : Socopa Viandes à la Ferté-Bernard et à Évron (respectivement 17 % et 25 % de l’emploi salarié de l’unité urbaine), ou encore l’abbatoir LDC à Sablé-sur-Sarthe (21 %).

Hors agroalimentaire, le reste de l’industrie représente 14 % de l’emploi salarié des villes moyennes de la région, soit 3 points de plus que dans celles de France métropolitaine et 8 points de plus que dans les grandes villes de la région. Manitou, fabriquant de matériel de manutention, est le premier employeur à Ancenis ou encore Paulstra, fabriquant d’articles en caoutchouc à Segré-en-Anjou Bleu (12 % de l’emploi salarié chacun). Bénéteau, constructeur de bateaux de plaisance, est également le premier employeur aux Herbiers (9 %) et est aussi présent à Cholet, Luçon et Saint-Hilaire-de-Riez.

En aval des activités industrielles, le commerce de gros représente 5 % des emplois salariés, comme dans les grandes et petites villes. Il est particulièrement implanté à Ancenis et Montaigu (respectivement 11 % et 10 %).

Avec 7 % de l’emploi salarié, les activités plus transversales (scientifiques, techniques, administratives et de soutien) sont moins présentes que dans les grandes villes. Elles sont surreprésentées à Laval, avec l’implantation du siège social de Lactalis et de centres d’appels, et à La Roche-sur-Yon où sont localisées des entreprises d’activités comptables.

Figure 3Des secteurs très diversement présents selon les villes moyennesRépartition par secteur d’activité de l’emploi salarié dans les villes moyennes des Pays de la Loire en 2015 (en %)

Des secteurs très diversement présents selon les villes moyennes
Industrie agroalimentaire Autres industries Commerce de gros, intermédiaire de commerce, vente à distance Autres secteurs de la sphère productive Administration publique Enseignement Santé et médicosocial Commerce, réparation de véhicules Autres secteurs de la sphère présentielle Ensemble
Pornic 2,1 2,8 4,7 9,9 7,6 6,8 15,1 19,3 31,7 100,0
Les Sables-d’Olonne 1,3 4,0 3,7 12,5 8,4 11,4 15,1 16,3 27,3 100,0
Saint-Brevin-les-Pins 3,7 10,8 2,1 6,2 7,3 6,3 27,5 10,0 26,1 100,0
Saumur 2,0 10,6 2,7 8,0 9,4 10,8 21,8 11,9 22,8 100,0
La Roche-sur-Yon 0,6 7,6 3,7 12,5 13,3 7,9 18,6 8,6 27,2 100,0
Luçon 0,0 16,4 3,0 9,3 5,1 10,5 12,3 21,1 22,3 100,0
Fontenay-le-Comte 2,9 11,1 3,3 12,0 7,0 10,1 21,5 14,0 18,1 100,0
Saint-Hilaire-de-Riez 5,5 14,0 2,4 10,8 5,8 5,4 11,7 15,9 28,5 100,0
Challans 4,3 11,9 5,5 12,4 4,9 7,3 18,2 16,5 19,0 100,0
Châteaubriant 4,1 19,0 3,2 9,5 5,7 8,6 23,1 12,7 14,1 100,0
La Flèche 1,0 20,8 3,7 11,9 9,1 8,5 12,0 15,8 17,2 100,0
Laval 2,2 12,8 4,8 18,0 10,9 7,2 13,0 8,3 22,8 100,0
Mayenne 3,2 25,6 2,1 7,5 5,1 8,6 21,6 12,2 14,1 100,0
Saint-Nazaire 0,5 21,6 2,4 14,4 6,5 6,7 14,3 10,5 23,1 100,0
Château-Gontier 11,4 18,1 6,5 6,9 5,2 7,0 18,5 10,9 15,5 100,0
Cholet 4,8 21,0 5,7 13,0 4,3 6,9 17,0 10,8 16,5 100,0
Segré-en-Anjou Bleu 10,7 30,6 2,1 3,8 5,7 10,5 11,4 7,6 17,6 100,0
Montaigu 22,4 9,0 10,5 10,3 3,0 7,8 13,3 6,6 17,1 100,0
Ancenis 10,3 22,3 11,0 8,7 3,4 5,8 11,5 10,9 16,1 100,0
Les Herbiers 6,3 30,1 7,4 12,0 3,8 5,7 7,4 10,7 16,6 100,0
Évron 41,8 11,5 0,9 4,1 2,8 7,7 12,4 8,6 10,2 100,0
La Ferté-Bernard 18,7 25,4 4,7 10,1 3,2 5,6 11,4 8,3 12,6 100,0
Sablé-sur-Sarthe 34,6 17,0 2,5 6,4 4,8 6,2 8,9 7,7 11,9 100,0
  • Champ : emplois salariés au lieu de travail ; hors intérim, salariés employés par des particuliers et emplois de la Défense.
  • Source : Insee, Connaissance locale de l’appareil productif (Clap) 2015.

Figure 3Des secteurs très diversement présents selon les villes moyennesRépartition par secteur d’activité de l’emploi salarié dans les villes moyennes des Pays de la Loire en 2015 (en %)

  • Champ : emplois salariés au lieu de travail ; hors intérim, salariés employés par des particuliers et emplois de la Défense.
  • Source : Insee, Connaissance locale de l’appareil productif (Clap) 2015.

Deux emplois sur cinq dans la sphère productive

La sphère productive, qui regroupe l’ensemble des secteurs cités précédemment, emploie 38 % des salariés des villes moyennes de la région en 2015 (hors intérim, salariés employés par des particuliers et emplois de la Défense).

Elle concentre plus de la moitié des emplois salariés à Ancenis, Évron, La Ferté-Bernard, Les Herbiers et Sablé-sur-Sarthe. Elle est plus présente que dans les grandes villes de la région, mais moins que dans les petites villes. Cette concentration de l’emploi dans le secteur productif est une force du fait du dynamisme de grandes entreprises, mais pourrait être source de fragilité en cas de difficultés de celles-ci.

En outre, une grande partie de l’emploi intérimaire relève de cette sphère (encadré 2).

Les centres hospitaliers sont souvent le premier employeur

Dans la sphère présentielle, certains organismes concentrent également une part élevée de l’emploi. Dans les Pays de la Loire, 7 % des salariés des villes moyennes (hors intérim, salariés employés par des particuliers et emplois de la Défense) travaillent dans des activités hospitalières (hôpitaux, cliniques, etc.). Dans la moitié des villes moyennes, l’hôpital est le premier employeur ; en particulier à Fontenay-le-Comte, La Roche-sur-Yon, Mayenne et Châteaubriant, il emploie de 12 à 16 % des salariés. Cette activité est parfois absente car mutualisée au niveau d’une intercommunalité.

Les activités sociales et médico-sociales occupent 7 % des salariés, notamment dans des établissements d’hébergement médicalisé de personnes handicapées ou âgées. À Saint-Brevin-les-Pins, l’établissement public médico-social Le Littoral emploie 18 % des salariés de l’unité urbaine.

Par ailleurs, l’administration publique, essentiellement les communes, intercommunalités et départements, emploie 8 % des salariés des villes moyennes. Cette part est un peu plus importante à La Roche-sur-Yon et Laval du fait de leur statut de chef-lieu.

Les écoles, collèges, lycées et autres établissements d’enseignement emploient 8 % des salariés des villes moyennes.

Autre secteur de la sphère présentielle, le commerce de détail emploie 11 % des salariés des villes moyennes, souvent avec des entreprises plus petites. Cette part est plus élevée que dans les grandes et petites villes.

En outre, 5 % des emplois salariés sont dans la construction et 3 % dans l’hébergement-restauration.

Davantage d’emplois présentiels sur le littoral

Au total, 62 % des salariés des villes moyennes travaillent dans un des secteurs de la sphère présentielle en 2015. Celle-ci est plus ancrée sur le littoral du fait de l’attractivité touristique, avec une présence marquée du commerce et de l’hébergement-restauration. La surreprésentation de la sphère présentielle s’explique également par le statut de préfecture (La Roche-sur-Yon, Laval), une forte présence des secteurs de la santé, du social et du médico-social (Saumur, Fontenay-le-Comte) ou encore d’hyper et supermarchés (Luçon).

Outre les secteurs cités précédemment, les salariés travaillant pour des particuliers représentent 5 % de l’ensemble des salariés des villes moyennes (aide à domicile, garde d’enfants, etc.). Enfin, les emplois rattachés au ministère de la Défense représentent 4 % des emplois à Saumur (écoles militaires) ainsi qu’à La Flèche (école militaire du Prytanée), et 2 % à Fontenay-le-Comte (centre militaire de formation professionnelle).

De fortes baisses d’emploi souvent liées à la sphère productive…

La baisse de l’emploi après la crise provient le plus souvent de la sphère productive : à Évron, Fontenay-le-Comte, La Ferté-Bernard, La Flèche, Luçon, Mayenne, Saint-Hilaire-de-Riez et Saumur, la diminution de l’emploi productif n’est pas compensée par la hausse de l’emploi présentiel, qui parfois même diminue. Dans certains cas, les difficultés d’une seule entreprise ont un impact très marqué : en 2009, à Fontenay-le-Comte, la Société Vendéenne de Roulements ferme (500 salariés) ; ou encore Bénéteau diminue fortement ses effectifs à Saint-Hilaire-de-Riez. En revanche, à Mayenne et Saumur, la diminution de l’emploi est répartie dans différentes industries.

Si l’industrie perd globalement des emplois, certaines activités résistent. Par exemple, l’emploi agroalimentaire augmente à Ancenis, Château-Gontier, Laval, Les Sables-d’Olonne, Sablé-sur-Sarthe et Segré-en-Anjou Bleu. Aux Herbiers, 300 emplois sont créés par l’entreprise Prima (fabrication de portes et fenêtres) et autant à Châteaubriant par Medline (fabrication de matériel médico-chirurgical). Dans la sphère productive, les entreprises de nettoyage, les services d’aménagement paysager, les centres d’appels ou encore le conseil en systèmes et logiciels informatiques entraînent l’emploi à la hausse. La sphère productive est ainsi le principal moteur de créations d’emplois à Laval, La Roche-sur-Yon et, dans une moindre mesure, à Segré-en-Anjou Bleu et aux Herbiers.

… tandis que la sphère présentielle a tendance à tirer l’emploi à la hausse

La sphère présentielle est le principal moteur de la croissance de l’emploi à Pornic, Ancenis et Challans. À Pornic, l’emploi augmente dans la quasi-totalité des secteurs, alors que la hausse est surtout marquée dans le commerce à Ancenis, ainsi que dans les activités médico-sociales à Ancenis et Challans. Les activités de santé, du social et médico-social, notamment l’hébergement pour personnes âgées et handicapées et l’aide à domicile, créent de l’emploi dans presque toutes les villes moyennes.

D’autres secteurs présentiels sont moins dynamiques : dans la construction, l’emploi salarié diminue dans presque toutes les villes moyennes ; dans le commerce et l’administration publique, il évolue de façon inégale. L’emploi présentiel est orienté à la baisse à Châteaubriant, Laval, Mayenne et Saumur.

Par ailleurs, les emplois militaires disparaissent quasiment à Laval (– 900 emplois entre 2009 et 2014), avec le départ du 42e régiment de transmissions.

L’emploi non salarié très présent sur le littoral

L’emploi non salarié (y compris micro-entrepreneurs) est particulièrement présent sur le littoral : il regroupe de 14 % à 17 % de l’emploi total à Saint-Brevin-les-Pins, aux Sables-d’Olonne, à Saint-Hilaire-de-Riez et à Pornic, contre 8 % sur l’ensemble des villes moyennes de la région.

Les deux tiers des emplois non salariés sont présentiels. Il s’agit notamment de professionnels de santé et du médico-social mais également de la construction (peintres, maçons, etc.), ou encore dans le commerce de détail, les services (coiffeurs, etc.) et la restauration.

L’emploi non salarié augmente nettement entre 2009 et 2014 (+ 1,2 % en moyenne annuelle). Cette hausse est moins marquée que dans les grandes villes (+ 1,6 %), mais nettement plus que dans les petites (+ 0,5 %). Elle est plus forte à Châteaubriant, Les Herbiers, Saint-Hilaire-de-Riez et Challans. Des emplois non salariés ont notamment été créés dans la construction, compensant en partie la chute de l’emploi salarié dans ce secteur. En revanche, le nombre de non-salariés est stable dans le commerce. Il diminue dans l’agriculture et l’hébergement-restauration.

Encadrés

Un tiers des habitants des villes moyennes travaille ailleurs

En 2014, 34 % des habitants en emploi travaillent en dehors de leur ville moyenne de résidence. Cette part s’échelonne de 21 % à Laval à 60 % à Saint-Brevin-les-Pins. Les navettes sont particulièrement fréquentes dans les villes les plus résidentielles et sous influence des grandes villes, notamment sur le littoral et autour de Nantes. Ainsi, Nantes attire 26 % des travailleurs habitant à Ancenis, 19 % à Pornic et 16 % à Montaigu. Les habitants de Saint-Brevin-les-Pins sont à la fois attirés par Saint-Nazaire et Nantes (28 % et 10 % de ses actifs en emploi). En Vendée, le tissu productif est particulièrement développé hors des aires urbaines ou au sein des petites villes ; ces zones attirent entre 20 % et 30 % des actifs de Challans, des Herbiers et de Montaigu.

Plus étendues, Cholet, La Roche-sur-Yon, Laval ou encore Sablé-sur-Sarthe ont un marché du travail plus autonome. Une forte part des résidents en emploi travaille sur place ou dans la proche couronne.

Un emploi intérimaire très présent dans la sphère productive

En 2014, 3 % de l’ensemble des salariés travaillent sous contrat intérimaire dans les villes moyennes. Ils relèvent en majorité de la sphère productive, et plus particulièrement de l’industrie et du commerce de gros.

L’emploi intérimaire diminue entre 2009 et 2014 dans les villes moyennes comme en moyenne régionale. Depuis 2015, l’intérim repart à la hausse dans la région.

Partenariat

Cette étude est issue d’un partenariat entre l’Insee et le Sgar (Line Chinchole, Patricia Chollet, Fabien Paichard), en collaboration avec la Dreal (Vincent Otekpo) et le Conseil régional des Pays de la Loire (Thierry Durfort). Un Insee Analyses sur les conditions de vie des habitants est prévu au cours du premier semestre 2019.

Sources

Évolution de l’emploi par secteur : la source Connaissance locale de l’appareil productif (Clap) permet d’analyser l’emploi salarié hors intérim, hors salariés employés par des particuliers et hors emplois de la Défense, au 31 décembre 2008 et au 31 décembre 2015. En complément, le recensement de la population mesure les emplois intérimaires, les emplois salariés par des particuliers et les emplois dans la Défense, au 1er janvier 2009 et au 1er janvier 2014.

Définitions

Les 22 villes moyennes des Pays de la Loire sont les pôles de moyenne ou grande aire urbaine, comprenant plus de 5 000 emplois, dont la population est inférieure à 150 000 habitants. Les grandes villes sont les pôles des grandes et moyennes aires urbaines comprenant plus de 150 000 habitants, soit dans les Pays de la Loire : Angers, Le Mans et Saint-Nazaire ; capitale régionale, Nantes est exclue. Les petites villes correspondent aux autres pôles d’aires urbaines.

Un pôle est une unité urbaine, c’est-à-dire une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu. Par exemple, la ville moyenne de Laval est constituée des communes de Changé, L’Huisserie, Laval et Saint-Berthevin.

Les activités de la sphère présentielle sont celles mises en œuvre localement pour la production de biens et de services visant la satisfaction des besoins de personnes présentes dans la zone (résidents et touristes). Déterminées par différence, les activités productives rassemblent les activités qui produisent des biens majoritairement consommés hors de la zone et les activités de services tournées principalement vers les entreprises de cette sphère.

Pour en savoir plus

Bourieau P. et Chaillot P., Saumur Val de Loire : l’accessibilité, un enjeu de premier plan, Insee Analyses Pays de la Loire, n° 62, juillet 2018.

Boutet A., Villes moyennes en France : vulnérabilités, potentiels et configurations territoriales, CGET, En bref, n° 45, décembre 2017.