Aux frontières de l’emploi, du chômage et de l’inactivité

Hélène Thélot, département Emploi et revenus d’activité, Insee

En 2007 en France métropolitaine, 2,9 millions de personnes n’ont pas d’emploi mais expriment le souhait de travailler. Parmi elles, au sens du BIT, 2,1 millions sont au chômage et près de 800 000 sont inactives. La majorité des inactifs souhaitant travailler ne sont pas disponibles pour le faire à brève échéance, surtout pour des raisons familiales ou personnelles. Cependant, 290 000 inactifs sont disponibles mais ne recherchent pas activement un emploi au sens du BIT. En outre, 5,5 % des personnes ayant un emploi sont dans une situation de sous-emploi, c’est-à-dire (principalement) ont un emploi à temps partiel, souhaitent travailler davantage et sont prêtes à le faire. Cela représente plus de 1,4 million de personnes, dont 560 000 qui souhaitent également changer d'emploi, ou en avoir un supplémentaire. Par ailleurs, 1,6 million de personnes ont un emploi et souhaitent en changer, sans être dans une situation de sous-emploi. Les raisons invoquées vont du souhait de progresser vers un poste plus intéressant ou plus rémunérateur à la crainte de perdre son emploi.

Publications grand public
Insee Première – No 1207
Paru le : 01/08/2008

Le « halo » du chômage

En moyenne sur l’année 2007, 25,6 millions de personnes de 15 ans ou plus ont un emploi en France métropolitaine, 2,2 millions sont au chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) et 21,6 millions sont inactives. Cette catégorisation des personnes « en emploi », « au chômage » ou « inactives » correspond à des critères précis, définis par le BIT. La mesure porte notamment sur une semaine de référence. Ainsi, une personne a un emploi si elle a travaillé ne serait-ce qu’une heure pendant cette semaine de référence ; un chômeur au sens du BIT n’a pas d’emploi, en recherche un activement et est disponible dans les deux semaines pour l’occuper ; un inactif n’a pas d’emploi et n’est pas chômeur .

Ces définitions, qui s’appuient sur des critères précis, permettent de réaliser des comparaisons internationales et temporelles. Cependant, ces catégories peuvent ne pas correspondre au ressenti des personnes, du fait de frontières parfois floues entre les situations d’emploi, de chômage et d’inactivité, qui amènent à parler d’un « halo » autour du chômage et de l’emploi. Il est donc apparu important de construire des indicateurs complémentaires au chômage BIT, afin de rendre compte de la diversité des situations individuelles sur le marché du travail (encadré). C’est dans ce cadre que l’Insee publie depuis la fin de l’année 2007 le nombre de personnes sans emploi et souhaitant travailler , au sein desquelles sont distinguées celles qui sont (ou non) disponibles pour travailler dans les deux semaines, ainsi que celles qui recherchent (ou non) activement un emploi. En moyenne en 2007, 2,9 millions de personnes n’ont pas d’emploi et en souhaitent un ; parmi elles, 2,1 millions sont au chômage au sens du BIT, et 770 000 sont inactives (tableau 2).

En plus de ces indicateurs élargissant la notion de chômage à une partie de l’inactivité, l’Insee publie des indicateurs de sous-emploi lié à la durée du travail . En effet, la définition de l’emploi au sens du BIT est très large, dans la mesure où une activité très réduite ou un emploi occasionnel suffit à être considéré comme ayant un emploi. Il est donc intéressant d’étudier la façon dont les personnes perçoivent l’emploi qu’elles occupent : souhaitent-elles travailler davantage ou moins ? Souhaitent-elles changer d’emploi ? Le sous-emploi s’inscrit dans cette optique, puisqu’il mesure principalement le nombre de personnes à temps partiel souhaitant travailler plus d’heures et étant prêtes à le faire. En 2007, plus de 1,4 million de personnes sont dans cette situation (tableau  3), la plupart souhaitant travailler plus dans le cadre de leur emploi actuel ; cependant, 560 000 souhaitent également changer d'emploi, ou en avoir un supplémentaire.

Par ailleurs, 1,6 million de personnes déclarent souhaiter changer d'emploi sans être dans une situation de sous-emploi. Trois raisons principales à cela : le souhait de progresser vers un emploi plus intéressant ou plus rémunérateur, et la crainte de perdre son emploi actuel (tableau 4).

Tableau 2 – 26,8 % des personnes sans emploi souhaitant travailler sont inactives

26,8 % des personnes sans emploi souhaitant travailler sont inactives
Effectifs (milliers) Répartition ( %)
Personnes sans emploi souhaitant travailler 2 869 100,0
Chômeurs BIT1 2 101 73,2
Inactifs BIT 768 26,8
Inactifs disponibles dans les deux semaines mais… 290 10,1
Travailleurs "empêchés"2 199 6,9
Travailleurs "découragés"2 50 1,8
Travailleurs attendant des résultats de démarches antérieures 40 1,4
Inactifs non disponibles dans les deux semaines car… 478 16,7
Ont des responsabilités personnelles ou familiales (garde d'enfants…) 140 4,9
Finissent leurs études ou leur formation 117 4,1
Sont en maladie (temporaire, longue durée, invalidité) 85 3,0
Autres raisons 136 4,7
  • Lecture : 768 000 inactifs souhaitent travailler, soit 26,8% des personnes sans emploi souhaitant travailler. Parmi eux, 290 000 sont disponibles dans les deux semaines pour occuper un emploi.
  • 1. Certains chômeurs déclarent ne pas souhaiter travailler car ils ont trouvé un emploi qui commence plus tard (définitions).
  • 2. Les travailleurs découragés considèrent que leur recherche serait vaine ; les travailleurs empêchés indiquent d’autres raisons pour expliquer leur non-recherche d’emploi.
  • Champ : France métropolitaine, population des ménages, personnes de 15 ans ou plus sans emploi et souhaitant travailler.
  • Source : Insee, enquête Emploi 2007.

Tableau 4 – Les personnes en sous-emploi qui souhaitent changer d'emploi veulent en premier lieu gagner plus d’argent

Les personnes en sous-emploi qui souhaitent changer d'emploi veulent en premier lieu gagner plus d’argent
Caractéristiques de l'emploi et raisons principales du souhait d'en changer Personnes ayant un emploi et souhaitant en changer Ensemble des personnes ayant un emploi
Effectif (milliers) Répartition ( %) Répartition ( %)
Total souhaitant changer d'emploi 2 202 100,0
En situation de sous-emploi 557 25,3 5,5
pour être mieux payé 216 9,8
pour avoir un emploi plus intéressant1 110 5,0
Pas en situation de sous-emploi 1 646 74,7 94,5
En contrat à durée indéterminée2 1 156 52,5 74,0
pour avoir un emploi plus intéressant1 335 15,2
pour être mieux payé 333 15,1
En contrat à durée déterminée, intérim 419 19,0 8,6
risque de perdre l'emploi actuel 143 6,5
pour avoir un emploi plus intéressant1 111 5,0
Non salariés, apprentis 71 3,2 11,9
  • Lecture : 1 156 000 personnes souhaitant changer d'emploi ou en avoir un supplémentaire et n'étant pas en sous-emploi sont en CDI, soit 52,5 % du total des personnes souhaitant changer d' emploi. Les CDI pas en sous-emploi représentent 74,0 % de l'emploi total.
  • 1. Ou mieux adapté à ses qualifications.
  • 2. Y compris les salariés sans contrat, ainsi que les fonctionnaires stagiaires et les titulaires du secteur public.
  • Champ : France métropolitaine, population des ménages, personnes de 15 ans ou plus ayant un emploi.
  • Source : Insee, enquête Emploi 2007.

2,9 millions de personnes n’ont pas d’emploi et expriment le souhait de travailler

En 2007 en France métropolitaine, parmi les 23,8 millions de personnes ayant au moins 15 ans et ne travaillant pas, 2 870 000 souhaitent trouver un emploi, soit 12,1 % (tableau 1). Cette proportion est la plus forte chez les jeunes qui ont fini leurs études (65,3 %) et chez les adultes de 25 à 49 ans (47,2 %).

Parmi ces personnes souhaitant travailler, 2 100 000 sont au chômage au sens du BIT (tableau 2), soit 95 % de l’ensemble des chômeurs BIT. Les autres chômeurs BIT ont trouvé un emploi qui commence dans les trois mois  , et déclarent ne pas souhaiter un autre emploi. Par ailleurs, 770 000 inactifs au sens du BIT souhaitent un emploi, soit environ 3,5 % d’entre eux. Comme l’ensemble des inactifs, ces 770 000 personnes, même si elles souhaitent travailler, ne sont pas considérées comme des chômeurs selon la définition du BIT, soit parce qu’elles ne sont pas disponibles dans les deux semaines pour travailler, soit parce qu’elles ne recherchent pas activement un emploi.

Parmi les personnes qui ne travaillent pas mais qui le souhaitent, 180 000 ont trouvé un emploi qui débute plus tard (très majoritairement dans moins de trois mois). Ces personnes sont donc dans une situation de non-emploi, mais plus pour très longtemps. Par ailleurs, 60 000 ont un emploi, mais pas au sens du BIT : elles sont en stage d’observation, ou elles ont un emploi mais en sont absentes pour une longue durée (la plupart étant en congé parental).

Tableau 1 – 2,9 millions de personnes n'ont pas d'emploi et en souhaitent un

2,9 millions de personnes n'ont pas d'emploi et en souhaitent un
Personnes ne travaillant pas
Total (milliers) Personnes sans emploi souhaitant travailler
Effectifs (milliers) En % du total
Total 23 798 2 869 12,1
Hommes 10 139 1 327 13,1
Femmes 13 658 1 542 11,3
15-24 ans 5 383 639 11,9
Non compris les étudiants 875 572 65,3
25-49 ans 3 654 1 726 47,2
50 ans ou plus1 14 761 504 3,4
Non compris les retraités et préretraités 3 158 465 14,7
  • Lecture : 2 869 000 personnes sont sans emploi et souhaitent travailler, soit 12,1 % de l'ensemble des personnes sans emploi.
  • 1. Toutes les personnes de 50 ans ou plus sont incluses, sans limite d’âge supérieure. Cependant, en pratique, aucune personne de plus de 65 ans ne déclare souhaiter un emploi.
  • Champ : France métropolitaine, population des ménages, personnes de 15 ans ou plus sans emploi.
  • Source : Insee, enquête Emploi 2007.

290 000 inactifs souhaitent travailler et sont disponibles

En 2007, sur les 770 000 inactifs souhaitant travailler, 290 000 sont disponibles dans les deux semaines si l’occasion se présente (tableau 2). Cela représente 10,1 % de l’ensemble des personnes qui ne travaillent pas mais le souhaiteraient, et près de 40 % des inactifs souhaitant travailler. Ces inactifs se distinguent des chômeurs au sens du BIT uniquement par le fait qu’ils ne recherchent pas activement un emploi .

L’éloignement du marché du travail de ces 290 000 inactifs disponibles peut n’être que transitoire. En effet, près de 200 000 sont des travailleurs dits « empêchés ». Par exemple, 45 000 ne recherchent pas d’emploi car ils ont des contraintes familiales et 76 000  car ils ont des problèmes de santé. Par ailleurs, 40 000 inactifs souhaitent travailler, sont disponibles mais ne recherchent pas d’emploi car ils attendent les résultats de démarches antérieures. Étant disponibles pour travailler, et souhaitant le faire, ils se situent à la frontière du marché du travail. Ils se distinguent des travailleurs dits « découragés », qui considèrent quant à eux que leur recherche serait vaine en raison de la conjoncture ou de l’état du marché du travail. Au nombre de 50 000 en moyenne en 2007, ils sont majoritairement âgés de plus de 50 ans et déclarent surtout avoir abandonné leur recherche d’emploi car ils estiment que leur âge est un frein pour en trouver un.

Ces 290 000 inactifs souhaitant travailler et disponibles pour le faire sont plus « proches » de l'emploi que les autres inactifs. Cependant, ils le sont moins que les chômeurs au sens du BIT : un trimestre plus tard, ils sont en effet moins souvent retournés vers l’emploi et plus souvent sortis vers l’inactivité sans souhait de travailler.

Raisons familiales ou personnelles : première cause d’indisponibilité des inactifs souhaitant travailler

En 2007, 480 000 inactifs souhaitent travailler mais ne sont pas disponibles dans les quinze jours pour le faire, soit plus de 60 % de l’ensemble des inactifs souhaitant un emploi (tableau 2). Parmi eux, 230 000 personnes, soit moins de la moitié, recherchent activement un emploi.

La plupart de ces 480 000 inactifs ne sont pas disponibles rapidement pour des raisons familiales ou personnelles : 140 000 ont des responsabilités familiales, comme la garde d’enfants, et 85 000 ont des problèmes de santé. Ce sont majoritairement des femmes, avec des enfants en bas âge. Elles sont plutôt éloignées du marché du travail : elles recherchent moins souvent un emploi. Par ailleurs, 120 000 inactifs souhaitant travailler ne sont pas disponibles car ils finissent leurs études ou leur formation, et 136 000 ne fournissent pas de raison.

1,4 million de personnes sont dans une situation de sous-emploi

En 2007, 25,6 millions de personnes ont un emploi au sens du BIT (tableau 3). Cette catégorie peut regrouper des situations très différentes, puisqu’une heure de travail pendant la semaine de référence suffit à être considéré comme ayant un emploi au sens du BIT. Ainsi en 2007, 1 420 000 personnes sont dans une situation de sous-emploi : elles travaillent à temps partiel, souhaitent travailler plus d’heures et sont disponibles pour le faire et/ou cherchent activement à le faire . Sont également incluses dans le sous-emploi 78 000 personnes qui sont dans une situation de chômage technique ou partiel, la très grande majorité étant à temps complet.

Les personnes en sous-emploi représentent donc 5,5 % de l’ensemble des personnes ayant un emploi. Plus des trois quarts d’entre elles sont des femmes (76,3 %), alors qu’elles représentent 82,4 % des personnes travaillant à temps partiel. Les jeunes de moins de 25 ans, ainsi que les employés, sont en revanche légèrement plus représentés dans le sous-emploi que dans le temps partiel.

La plupart des personnes en situation de sous-emploi souhaitent travailler plus d’heures dans le cadre de leur emploi actuel. Cependant, 557 000 souhaitent travailler plus en changeant d’emploi ou en en ayant un supplémentaire ; elles invoquent en premier lieu le désir de gagner plus d’argent (tableau 4), ce qui est cohérent avec leur souhait de travailler plus.

Tableau 3 – Plus des trois quarts des personnes en situation de sous-emploi sont des femmes

Plus des trois quarts des personnes en situation de sous-emploi sont des femmes
Effectifs (milliers) Répartition ( %) Part des femmes ( %)
Personnes ayant un emploi 25 628 100,0 46,9
Personnes en situation de sous-emploi 1  : 1 419 5,5 76,3
personnes à temps partiel souhaitant travailler plus d'heures et …
disponibles pour le faire et à la recherche d'un autre emploi 307 1,2 75,6
disponibles mais sans recherche, ou recherche mais non disponibles 1 034 4,0 80,1
personnes à temps complet (ou à temps partiel autre que ci-dessus), ayant involontairement travaillé moins que d’habitude 78 0,3 29,5
dont : personnes en sous-emploi souhaitant également changer d'emploi 557 2,2 76,8
  • Lecture : 557 000 personnes sont en situation de sous-emploi et souhaitent changer d'emploi ou en avoir un supplémentaire, soit 2,2 % des personnes ayant un emploi.
  • 1. (définitions).
  • Champ : France métropolitaine, population des ménages, personnes de 15 ans ou plus ayant un emploi.
  • Source : Insee, enquête Emploi 2007.

Sans être en sous-emploi, 1,6 million de personnes souhaitent changer d'emploi

Par ailleurs en 2007, 1,6 million de personnes ont un emploi et souhaitent en changer ou occuper un emploi supplémentaire, mais ne sont pas dans une situation de sous-emploi (tableau 4). Ce sont très majoritairement des personnes à temps complet. Les salariés en contrat à durée déterminée (CDD) ou en mission d’intérim y sont deux fois plus représentés que dans l’emploi total, même si les salariés en contrat à durée indéterminée (CDI) y restent majoritaires. La raison principale de ce désir de changement diffère selon le type de contrat. Pour les personnes en CDI, la volonté de progresser vers un emploi plus intéressant vient en première position, suivie de près par celle de gagner plus d’argent ; le souhait de changer d'emploi semble alors plutôt s’inscrire dans un cadre « classique » de mobilité professionnelle. Les salariés en CDD ou en mission d’intérim déclarent surtout qu’ils risquent de perdre leur emploi actuel, sauf si ce type de contrat relève d’un choix délibéré (20 % d’entre eux) ; dans ce dernier cas, ils souhaitent changer d’emploi pour en avoir un plus intéressant ou correspondant mieux à leurs qualifications.

Encadré

Au-delà de l'emploi et du chômage

L’idée d’aller au-delà de l’emploi et du chômage stricto sensu apparaît en 1982, dans la résolution adoptée par la XIIIe conférence internationale des statisticiens du travail, organisée par l’Organisation Internationale du Travail (OIT). Du côté des inactifs, la résolution stipule que « les pays adoptant la définition standard du chômage peuvent identifier les personnes non classées comme chômeurs, qui sont disponibles pour travailler, mais qui ne cherchent pas de travail durant la période de référence ». Les États-Unis et l'Australie ont mis en œuvre cette recommandation etpublient régulièrement des indicateurs sur les personnes sans emploi, souhaitant travailler et disponibles pour le faire. L’Insee a poursuivi et même élargi cette idée en publiant des indicateurs sur l’ensemble des personnes sans emploi souhaitant travailler, qu’elles soient disponibles ou non.

La résolution de 1982 donne également une définition générale du sous-emploi, qui sera précisée en 1998 lors de la résolution adoptée par la XVIe conférence des statisticiens du travail. Elle propose de mesurer le sous-emploi lié à la durée du travail : ce sont les personnes ayant un emploi, disposées à faire davantage d’heures, disponibles pour le faire, et ayant travaillé moins qu’un seuil relatif à la durée du travail pendant la période de référence. Cette résolution incite également les statisticiens du travail à aller plus loin que le concept de sous-emploi, en proposant un nouveau concept, basé sur une inadéquation entre un emploi et la personne qui l’occupe. Si la résolution précise que les pays peuvent notamment s’intéresser aux personnes en « emploi, qui durant la période de référence, désiraient changer leur situation de travail actuelle ou [...] cherchaient activement à le faire », elle rappelle cependant que « les définitions et les méthodes statistiques nécessaires pour décrire de telles situations demandent encore à être développées plus avant ».

Sources

Les données présentées ici sont issues de l’enquête Emploi 2007, et concernent la France métropolitaine. Les résultats sont des moyennes sur l’ensemble de l’année 2007. La collecte de l’enquête Emploi a lieu en continu sur toutes les semaines de l’année pour la métropole. Son échantillon est partiellement renouvelé chaque trimestre. Environ 38 000 ménages ordinaires (c’est-à-dire les habitants de 38 000 logements hors communautés : foyers, cités universitaires, hôpitaux, prisons), soit environ 72 000 personnes de 15 ans ou plus répondent chaque trimestre.

L’enquête Emploi est la seule source permettant de mesurer le chômage, l’emploi et l’inactivité au sens des définitions préconisées par le Bureau international du travail (BIT).

Définitions

Un actif occupé au sens du BIT est une personne de 15 ans ou plus ayant travaillé (ne serait-ce qu’une heure) au cours d’une semaine de référence. Les personnes ayant un emploi mais qui en sont temporairement absentes pour un motif tel que les congés payés ou une formation (entre autres) sont également actives occupées.

Un chômeur au sens du BIT a 15 ans ou plus et (1) n’est pas actif occupé au sens du BIT, (2) est disponible pour travailler dans les deux semaines et (3) a entrepris des démarches actives de recherche d’emploi dans le mois précédent ou (3’) a trouvé un emploi qui commence dans les trois mois. La recherche « active » est déterminée selon les critères d’Eurostat  : étudier les annonces d’offres d’emploi, passer des entretiens... Le simple renouvellement de l’inscription à l’ANPE n’est plus considéré comme une recherche active.

Un inactif au sens du BIT  n’a pas d’emploi et n’est pas chômeur.

Personne souhaitant un emploi : personne déclarant souhaiter, ou recherchant activement un emploi, ou un autre emploi (supplémentaire ou en remplacement).

Sous-emploi lié à la durée du travail : le sous-emploi recouvre les personnes qui ont un emploi à temps partiel, qui souhaitent travailler plus d’heures, et qui sont disponibles pour le faire ou qui cherchent à le faire. Sont également incluses les personnes ayant involontairement travaillé moins que d’habitude, pour cause de chômage partiel par exemple, qu’elles soient à temps plein ou à temps partiel. Il convient de préciser que cette mesure du sous-emploi n’est plus utilisée par l’Insee depuis l'enquête Emploi du 1er trimestre de 2008. En effet, l’Insee a modifié sa mesure du sous-emploi pour se rapprocher du concept BIT : le souhait d’effectuer un plus grand nombre d’heures est désormais exprimé, comme pour la mesure du chômage BIT, pour une semaine donnée et non plus à un horizon indéterminé (cf. Informations Rapides « Chômage au sens du BIT et indicateurs sur le marché du travail - résultats de l’enquête Emploi », résultats trimestriels). Ce changement de méthodologie a pour effet de réduire le nombre de personnes en sous-emploi.