L’agriculture en 2008 en France et en EuropeLe prix des intrants fait baisser les revenus

Jean-Michel Annequin, division Agriculture, Insee

En 2008, en France comme dans l’Union européenne à 27, la valeur de la production agricole est tirée à la hausse par le prix de la production animale. Cependant, le renchérissement des aliments pour animaux, des engrais et des produits pétroliers pèse fortement sur le revenu des agriculteurs. Globalement, pour l’ensemble de la branche agricole, les revenus se dégradent dans la plupart des pays de l’Union européenne. En France, selon les données provisoires les plus récentes, le résultat agricole net par actif diminue de 11 % en termes réels après deux années de forte croissance. Calculé par actif non salarié, le revenu net d’entreprise agricole diminue de 20 % en termes réels. L’abondance des récoltes profite aux exportations françaises et le solde des échanges extérieurs s’améliore pour les produits agricoles.

Croissance du prix de la production animale

En France, le résultat agricole net par actif baisse fortement en 2008 (graphique 1), bien que la valeur de la production agricole (hors subventions sur les produits) augmente de 3,8 % par rapport à 2007 (tableau 1) : − 0,3 % pour la production végétale, + 10,9 % pour la production animale. La raison essentielle de la hausse de la valeur de la production agricole est la croissance du prix de la production animale (+ 9,4 % hors subventions sur les produits).

Ainsi, le prix du lait, première production française avant le blé, s’accroît de 16 % en moyenne annuelle. Après cinq années de baisse, il s’est redressé fin 2007 puis au premier semestre 2008, avant d’être entraîné à la baisse par le prix des produits laitiers industriels.

Le prix des volailles (+ 14 %) augmente également fortement par rapport à l’année précédente, sous l’effet de la hausse du coût de l’alimentation animale.

La production animale progresse légèrement en volume (+ 1,3 %). La collecte de lait s’intensifie au premier semestre, puis ralentit lorsque le prix baisse. La production de gros bovins se replie, tandis que celle des veaux progresse nettement. La production de volailles baisse légèrement et reste en dessous du niveau atteint en 2005 avant la crise de l’influenza aviaire.

Graphique 1 – France : résultat agricole net par actif en termes réels

  • Source : Insee, compte provisoire de l'agriculture arrêté fin mai 2009, base 2000.

Tableau 1 – France : de la production à la valeur ajoutée

France : de la production à la valeur ajoutée
Valeur 2008 (en milliards d'euros) Évolution 2008/2007 (en %)
Volume Prix Valeur
Production hors subventions (a) 66,9 + 2,6 + 1,2 + 3,8
Produits végétaux 38,2 + 3,6 − 3,7 − 0,3
Céréales 10,7 + 19,2 − 21,3 − 6,2
Oléagineux, protéagineux 2,4 + 4,8 − 1,6 + 3,2
Betteraves industrielles 0,8 − 7,2 − 3,4 − 10,3
Autres plantes industrielles1 0,3 − 2,9 + 13,5 + 10,3
Fruits, légumes, pommes de terre 7,4 − 3,1 + 6,3 + 3,0
Vins 9,4 − 5,6 + 3,7 − 2,1
Fourrages, plantes, fleurs 7,4 − 1,2 + 9,7 + 8,4
Produits animaux 25,3 + 1,3 + 9,4 + 10,9
Bétail (bovins, porcins, ovins, caprins, équidés) 11 + 0,3 + 4,1 + 4,5
Volailles, œufs 4,5 − 0,7 + 11,7 + 11,0
Lait et autres produits de l'élevage 9,9 + 3,6 + 14,9 + 19,0
Services 2 3,4 + 0,0 + 2,6 + 2,6
Subventions sur les produits (b) 2,5 + 6,9 − 5,2 + 1,4
Production au prix de base 3 (c) = (a) + (b) 69,5 + 2,8 + 0,9 + 3,7
Consommations intermédiaires, dont : (d) 42,2 + 3,2 + 8,5 + 11,9
achats 35,5 + 2,8 + 9,2 + 12,2
Sifim 4 0,3 − 1,9 − 49,9 − 50,9
Valeur ajoutée brute (e) = (c) - (d) 27,3 + 2,3 − 8,9 − 6,8
Consommation de capital fixe 3 (f) 10,5 + 1,2 + 6,0 + 7,2
Valeur ajoutée nette 5 (g) = (e) - (f) 16,8 + 2,8 − 16,3 − 13,9
  • 1. Autres plantes industrielles : tabac, lin textile, houblon, canne à sucre, etc.
  • 2. Services : production des entreprises de travaux agricoles, des coopératives d'utilisation de matériel agricole, services entre agriculteurs, agri-tourisme...
  • 3. Voir définitions.
  • 4. Services d'intermédiation financière indirectement mesurés.Voir définitions.
  • 5. Nette de la consommation de capital fixe.
  • Source : Insee, compte provisoire de l'agriculture arrêté fin mai 2009, base 2000.

Baisse du prix des céréales

La production végétale progresse en volume (+ 3,6 %). Les conditions météorologiques de 2008 ont été favorables à certaines productions (céréales, colza). Elles ont été, en revanche, défavorables à d’autres (fruits, pommes de terre). Les récoltes de céréales sont abondantes : les rendements sont élevés et la suspension des jachères obligatoires a contribué à l’extension des surfaces ensemencées. Les superficies diminuent pour le colza, mais les rendements s’améliorent nettement. La production de vins décroît en volume ; elle se stabilise pour le champagne. Le prix de la production végétale diminue (− 3,7 % hors subventions sur les produits). Il est tiré à la baisse par le prix des céréales (− 21,3 %), qui avait flambé lors des deux campagnes précédentes. Le prix des oléagineux diminue légèrement. Celui des vins continue à se redresser.

Hausse du prix des intrants

En 2008, la valeur des consommations intermédiaires de la branche agriculture est en hausse (+ 11,9 %) pour la deuxième année consécutive. En effet, leur prix croît fortement (+ 8,5 %). Les dépenses s’alourdissent particulièrement pour les engrais (+ 38 %), dont les prix s’emballent et dont la consommation augmente, en raison notamment de l’extension des surfaces. Cette année, à nouveau, les dépenses sont en hausse pour l’alimentation animale (+ 15 %), la baisse du prix des céréales étant répercutée avec retard dans celui des aliments composés. La facture énergétique progresse (+ 20 %) car le prix des produits pétroliers s’est envolé jusqu’au mois d’août. Les achats de fongicides et d’herbicides sont en hausse en 2008, tandis que l’emploi d’insecticides baisse fortement.

Le résultat agricole diminue

Le montant total des subventions à la branche agriculture (subventions sur les produits et subventions d’exploitation) évolue peu, passant de 9,8 milliards à 9,9 milliards d’euros.

D’après le compte provisoire de l’agriculture, le résultat agricole net diminue de 10,5 % en 2008 (tableau 2) après deux années de forte croissance. Il est tiré à la baisse par le renchérissement des consommations intermédiaires. Comme l’emploi agricole total diminue de 2,1 %, le résultat agricole net par actif baisse de 8,6 % (tableau 3). En termes réels , le résultat agricole net par actif recule encore davantage (− 10,8 %). Il se situe légèrement en dessous du niveau atteint en 2006 (graphique 1).

Après déduction de la rémunération des salariés (+ 1,6 %), le revenu net d’entreprise agricole baisse fortement (− 20,4 %) ; il avait augmenté vivement en 2006 et 2007. Le nombre d’actifs non salariés continuant à diminuer à un rythme soutenu (− 2,5 %), le revenu net d’entreprise agricole par actif non salarié recule moins fortement : − 18,4 %, soit − 20,3 % en termes réels. En moyenne, la baisse a été de 0,4 % par an depuis cinq ans.

Tableau 2 – France : de la valeur ajoutée au revenu d'entreprise agricole

France : de la valeur ajoutée au revenu d'entreprise agricole
Valeur 2008 (en milliards d'euros) Évolution 2008/2007 (en %)
Valeur ajoutée nette (a) 16,8 − 13,9
Subventions d'exploitation, dont : (b) 7,4 + 0,9
bonifications d'intérêts 0,2 − 27,5
Autres impôts sur la production (c) 1,4 + 2,9
Impôts fonciers 0,9 + 6,3
Autres 0,5 − 2,9
Résultat agricole net (d) = (a) + (b) - (c) 22,8 − 10,5
Rémunération des salariés (e) 6,6 + 1,6
Intérêts hors Sifim1 (f) 1,7 + 19,7
(pour mémoire : intérêts dus) 1,8 + 3,3
Charges locatives nettes (g) 2,1 + 6,1
Revenu net d'entreprise agricole (h) = (d) - (e) - (f) - (g) 12,4 − 20,4
  • 1. Voir définitions.
  • Source : Insee, compte provisoire de l'agriculture arrêté fin mai 2009, base 2000.

Tableau 3 – France : baisse du résultat et du revenu d'entreprise agricoles entre 2007 et 2008

France : baisse du résultat et du revenu d'entreprise agricoles entre 2007 et 2008
en %
Résultat agricole net − 10,5
Résultat agricole net par actif − 8,6
Résultat agricole net par actif en termes réels − 10,8
Revenu net d'entreprise agricole − 20,4
Revenu net d'entreprise agricole par actif non salarié − 18,4
Revenu net d'entreprise agricole par actif non salarié en termes réels − 20,3
Évolution du prix du produit intérieur brut + 2,5
Évolution du nombre d'UTA 1 total − 2,1
Évolution du nombre d'UTA des actifs non salariés − 2,5
  • 1. Unités de travail annuel (équivalents temps plein de l'agriculture).
  • Source : Insee, compte provisoire de l'agriculture arrêté fin mai 2009, base 2000.

Les échanges extérieurs en produits agroalimentaires s’améliorent

En 2008, alors que le déficit commercial de la France s’aggrave à nouveau, le solde des échanges extérieurs en produits agroalimentaires continue à se redresser. Il dépasse le niveau de l’année 2000, le plus élevé de la décennie. L’excédent s’élève à 9,5 milliards d’euros dont 3,5 milliards pour les produits agricoles bruts (un record depuis 1990) et 6 milliards pour les produits des industries agroalimentaires.

Cette amélioration repose sur les exportations de céréales, dont les prix et les quantités augmentent, et sur la progression des ventes de produits laitiers, avec notamment une bonne performance pour les poudres de lait. Cependant, les importations de tourteaux de soja et d’huiles végétales limitent l’amélioration du solde sur les produits agroalimentaires. En 2008, les achats d’huiles de soja et de colza font un bond, notamment pour satisfaire les besoins de la filière des agrocarburants ; en outre, leur prix augmente fortement. Les exportations de vins connaissent des difficultés en 2008. Le nombre de bouteilles vendues diminue et la croissance des ventes n’est due qu’à la forte valorisation de certains bordeaux du millésime 2005.

Les trois quarts des échanges de produits agroalimentaires se font avec les autres pays de l’Union européenne. Néanmoins, en 2008, la France exporte autant de blé vers l’Afrique (en premier lieu vers l’Algérie) qu’en Europe. L’excédent s’améliore avec l’Allemagne et la Belgique. En revanche, il se dégrade avec la Grande-Bretagne et l’Italie.

Baisse du résultat agricole en Europe

Dans l’Union européenne à 27, la valeur de la production agricole s’accroît (+ 4 % en termes réels) grâce à l’augmentation des rendements du blé et du colza et à la hausse des prix du lait, du porc et, dans plusieurs pays, des oléagineux ; sa progression est freinée par la baisse du prix des céréales dans un contexte d’abondance des moissons et de ralentissement de l’économie mondiale.

Mais, comme en France, la croissance de la production agricole ne compense pas l’alourdissement des charges provoqué par le renchérissement des intrants. Le résultat agricole net par actif de l’Union européenne diminue significativement (− 3,5 % en termes réels), après une hausse de 9,3 % en 2007.

Le résultat agricole net par actif recule de plus de 20 % (en termes réels) au Danemark, en Belgique, en Estonie et en Lettonie. Dans les quatre principaux pays producteurs, il baisse moins fortement (France, Allemagne, Espagne) ou augmente légèrement (Italie). Il progresse de plus de 15 % au Royaume-Uni, ainsi que dans trois pays de l’Est de l’Europe (Roumanie, Bulgarie, Hongrie) dont les cultures avaient été dévastées par la sécheresse en 2007.

Dans l’Union européenne à 27, le résultat agricole net par actif a augmenté en termes réels de 17 % depuis l’année 2000 (graphique 2), selon les données disponibles fin janvier 2009. Il a progressé dans 16 pays, dont seulement quatre États de l’ancienne Union européenne à 15. Dans cinq nouveaux États membres (Lituanie, Lettonie, Estonie, Hongrie, République tchèque), il a plus que doublé. L’évolution n’est cependant pas uniforme parmi les nouveaux États membres : en Hongrie, le résultat agricole net par actif a doublé de 2000 à 2008, mais il avait baissé de 40 % de 1997 à 2000 ; en Roumanie, il est inférieur en 2008 au niveau atteint dix ans plus tôt.

Dans les États de l’ancienne Union européenne à 15, le résultat agricole net par actif se situe globalement au même niveau qu’en 2000. Dans cinq d’entre eux, cet indicateur a reculé de plus de 20 % (en termes réels). C’est le cas en Grèce, en Italie et aux Pays-Bas, où il était déjà orienté à la baisse avant l’année 2000 ; en revanche, en Belgique et au Danemark, son évolution est fluctuante et, en 2006 comme en 2007, son niveau était supérieur à celui de l’année 2000. En Allemagne, en Autriche et au Royaume-Uni, le résultat agricole net par actif a gagné plus de 20 % (en termes réels) depuis l’année 2000. L’évolution de cet indicateur intègre la réduction du nombre d’actifs agricoles, dont l’ampleur varie beaucoup selon les pays : − 15 % depuis 2000 dans l’ancienne Union européenne à 15, et − 30 % dans les nouveaux États membres.

Graphique 2 – Union européenne : résultat agricole net par actif en termes réels

  • Source : Eurostat, compte européen de l'agriculture arrêté fin janvier 2009 (pour la France, dans le tableau 3, les données ont été actualisées en mai 2009).

Sources

Comptes européens et comptes français

Ces comptes sont établis selon la méthodologie et les concepts du Système européen des comptes (SEC) en base 2000.

Les comptes européens de l’agriculture sont publiés par l’Office statistique des communautés européennes (Eurostat). Ils sont établis sur la base de données prévisionnelles fournies en novembre et en janvier par les États membres. Les résultats présentés dans cet Insee Première pour l’Union européenne (y compris pour la France au sein de l’Union) proviennent du deuxième compte prévisionnel, établi par Eurostat en janvier 2009.

Pour la France, le compte provisoire 2008 repose sur des informations disponibles en mai 2009, plus complètes que celles des comptes prévisionnels européens. Les évaluations de revenus ont été revues à la baisse avec la réestimation de la consommation de capital fixe.

Définitions

La production au prix de base est égale à la production valorisée au prix auquel vend le producteur, plus les subventions sur les produits qu’il perçoit, moins les impôts spécifiques sur les produits qu’il reverse.

Les consommations intermédiaires correspondent aux biens et services qui entrent dans le processus de production. Elles comprennent les services d’intermédiation financière indirectement mesurés (Sifim). Les Sifim représentent la part des services rendus par les intermédiaires financiers qui n’est pas facturée à la clientèle. Pour ces services, les intermédiaires financiers se rémunèrent en prenant une marge de taux d’intérêt sur les dépôts de leurs clients et sur les prêts (crédits) qu’ils leur accordent.

La valeur ajoutée est égale à la production valorisée au prix de base dont on retranche les consommations intermédiaires.

Les subventions à l’agriculture sont classées par la comptabilité nationale en subventions sur les produits et en subventions d’exploitation :

- les subventions sur les produits comprennent les aides qui restent couplées à la production (paiement à la surface pour les grandes cultures, prime à la vache allaitante...) ;

- les subventions d’exploitation comprennent le paiement unique, les aides pour calamités agricoles, les contrats d’agriculture durable...

La consommation de capital fixe mesure la dépréciation annuelle liée à l’usure et à l’obsolescence du capital lequel est évalué à son coût de remplacement. Elle est évaluée pour l’ensemble des biens de capital fixe de la branche agricole (plantations, matériels et bâtiments) à l’exception des animaux.

Plusieurs indicateurs sont définis à partir des soldes comptables :

- le résultat agricole net correspond à la « valeur ajoutée nette au coût des facteurs » (valeur ajoutée nette + subventions d’exploitation - autres impôts sur la production dont impôts fonciers). Son évolution peut être rapportée à celle du nombre total d’unités de travail annuel (ou équivalents temps plein) : on obtient ainsi l’évolution du résultat agricole net par actif. Elle est aussi présentée en termes réels.

- le revenu net d’entreprise agricole est égal au résultat agricole net diminué des salaires, des cotisations sociales sur les salaires, des intérêts dus et des charges locatives nettes. Son évolution peut être rapportée à celle du nombre d’unités de travail annuel des non-salariés (ou équivalents temps plein) : on obtient l’évolution du revenu net d’entreprise agricole par actif non salarié. Elle est aussi présentée en termes réels.

Les indicateurs de revenu de la France et toutes les données européennes (de la production aux indicateurs de revenu) sont présentés en termes réels : les évolutions à prix courants sont divisées par un indice qui reflète l’évolution générale des prix dans chacun des États membres. Vu les grandeurs considérées, on n’utilise pas l’indice des prix à la consommation, mais l’indice de prix du produit intérieur brut (PIB), qui couvre l’ensemble du champ de l’économie. Ainsi, l’évolution d’un prix ou d’un revenu calculée en termes réels est positive ou négative selon qu’elle est supérieure ou inférieure à l’évolution générale des prix.

Pour en savoir plus

« L'agriculture en 2008 - Rapport sur les comptes », Documents de travail n° E2009/05, Insee, juillet 2009.

Claire Lesdos-Cauhapé, « Les comptes prévisionnels de l’agriculture pour 2008 - Chute des prix des céréales, baisse du revenu agricole », Insee Première n° 1215, décembre 2008.

« EU Agricultural Income down by 3.5 % in 2008 », Statistics in focus n° 18/2009, Eurostat.

« Les comptes provisoires de l’agriculture 2008 par région et par catégorie d’exploitations », Agreste-Primeur (SSP), ministère de l’Agriculture et de la Pêche n° 228, juillet 2009.

« Huiles végétales : une forte hausse des importations directement liées aux biocarburants », Le chiffre du commerce extérieur - Études et éclairages, Direction générale des douanes et droits indirects, n° 1, novembre 2008.

Antonin Aviat, Guillaume Houriez, Ronan Mahieu, « Les comptes de la Nation en 2008 - Un fort ralentissement de l’activité », Insee Première n° 1236, mai 2009.