Francs ou eurosDans quelle monnaie comptons-nous ?

Maël Theulière, division Conditions de vie des ménages, Insee

Nos concitoyens n’utilisent quasiment plus le franc pour parler de leurs dépenses quotidiennes. Mais ils s’y réfèrent encore pour les dépenses moins courantes, les achats importants ainsi que pour les ressources exceptionnelles. Quatre ménages sur dix recourent parfois encore au franc pour mentionner des dépenses ou un salaire. Parler en francs est plus fréquent chez les personnes les plus âgées et les résidents des zones rurales. À l’inverse, les habitants d’Île-de-France et surtout des départements d’outre-mer se sont plus facilement convertis à la monnaie européenne. Habiter à proximité d’un autre pays de la zone euro ou posséder un niveau de formation élevé facilite également l’intégration de l’euro. L’estimation de la valeur d’un bien s’effectue encore souvent en francs. Pour beaucoup, les repères et les échelles de valeur demeurent en francs.

On achète sa baguette en euros et sa voiture en francs

Interrogées sur leurs dépenses des mois précédents (hors alimentation), les personnes qui ont répondu en 2005 et 2006 à l’enquête Budget de famille en métropole les ont très largement exprimées en euros. Sur les quelque 311 000 achats mentionnés, un sur vingt seulement l’a été en francs.

Le recours à l’une ou l’autre des deux unités de compte dépend d’abord du montant de la dépense. Plus il est faible, plus elle a de chance d’être évoquée en euros (graphique). En dessous de 100 euros, à peine 2 % des dépenses sont encore mentionnées en francs. Entre 100 et 1 500 euros, la proportion passe à 5 % environ. Au-delà, les enquêtés semblent de moins en moins à l’aise avec l’euro et recourent au franc pour 10 % des dépenses. Les grosses dépenses sont encore fréquemment exprimées en francs : près d’un quart des montants comptabilisés en francs dépassent 1 500 euros (tableau 1).

Le type et la fréquence des achats semblent également intervenir dans l’emploi de l’une ou l’autre monnaie. Par exemple, les dépenses comprises entre 100 et 300 euros sont deux fois moins souvent comptabilisées en francs quand elles sont consacrées à l’habillement que celles destinées aux autres biens ou services. En fait, les ménages ont des référentiels de prix différents selon la fréquence d’achat. Pour les dépenses quotidiennes, le consommateur établit rapidement des valeurs de référence dans une nouvelle monnaie. En revanche, il met plus de temps pour se constituer un référentiel de prix pour les achats peu fréquents, qui sont également les plus coûteux.

Graphique – Part des dépenses déclarées en francs selon le montant des dépenses

  • Lecture : 30 % des dépenses des ménages sont comprises entre 0 et 100 € et 2 % de ces dépenses sont déclarées en francs ; 7 % dépassent 2 000 € et, parmi ces dernières, 11 % sont déclarées en francs.
  • Champ : France métropolitaire, ensemble des dépenses déclarées dans les questionnaires de l'enquête (sources).
  • Source : Insee, enquête Budget de famille 2006.

Tableau 1 – Part des dépenses comptées en francs par montant de dépense

Part des dépenses comptées en francs par montant de dépense
en %
Tranches de dépenses Répartition des dépenses Répartition des dépenses notées en francs Part des dépenses notées en francs
Moins de 100 euros 29,8 15,5 2,5
De 100 euros à 1 500 euros 60,6 62,9 5,0
Plus de 1 500 euros 9,5 21,5 11,0
Ensemble 100,0 100,0 4,8
  • Lecture : les dépenses de plus de 1 500 € représentent 9,5 % de l'ensemble des dépenses d'un ménage et 21,5 % des dépenses exprimées en francs ; 11 % des dépenses de plus de 1 500 € sont exprimées en francs.
  • Champ : France métropolitaire, ensemble des dépenses déclarées dans les questionnaires de l'enquête (sources).
  • Source : Insee, enquête Budget de famille 2006.

Les revenus réguliers sont davantage exprimés en euros

Les ressources du ménage ne sont pas non plus toujours exprimées en euros. Plus elles sont régulières, plus le ménage les formule en euros. Versés régulièrement, d’un montant stable, les salaires, indemnités chômage, RMI, etc. sont presque systématiquement rapportés en euros (tableau 2). En revanche, les revenus tirés d’une activité professionnelle indépendante (bénéfices industriels, commerciaux ou agricoles), moins réguliers et calculés annuellement, sont deux fois plus souvent exprimés en francs.

De même, les enquêtés ont plus de mal à utiliser l’euro dans le cadre de transactions exceptionnelles, comme par exemple la vente ou l’achat d’une automobile, d’un bien immobilier ou d’un autre bien durable. La valeur du bien est alors deux fois plus souvent déclarée en francs que dans les autres cas.

Cependant, la régularité ne suffit pas à garantir l’emploi de l’euro : 9 % des pensions de retraite et autres allocations aux personnes âgées sont encore exprimées en francs par celles-ci.

Tableau 2 – Part des ressources comptées en francs par type de ressource

Part des ressources comptées en francs par type de ressource
en %
Types de ressource Part des ressources comptées en francs Part dans l'ensemble des ressources Répartition des dépenses exprimées en francs
Ventes de biens durables, de logements, de terrains 11,3 9,8 17,6
Ressources exceptionnelles 10,8 2,4 4,1
Retraites et aides aux personnes âgées 9,1 19,7 28,6
Revenus liés à une activité professionnelle indépendante 6,9 11,0 12,1
Revenus de l'épargne 6,8 5,2 5,6
Autres allocations et pensions 5,6 4,1 3,7
Prestations familiales 5,1 10,9 8,8
Salaires, allocations chômage, revenus d'activités secondaires ou occasionelles 3,7 29,8 17,5
Sommes perçues d'autres ménages 2,4 1,6 0,6
Minimas sociaux et aide sociale 1,7 0,8 0,2
Allocation logement et aide personnalisée au logement (APL) 1,2 4,2 0,8
Tous types de ressource 6,3 100,0 100,0
  • Lecture : les ventes de biens durables, de logements ou de terrains représentent 9,8 % de l'ensemble des ressources d'un ménage et 17,6 % des dépenses exprimées en francs ; 11,3 % des ventes de biens durables, de logements ou de terrains sont exprimées en francs.
  • Champ : France métropolitaire, ensemble des dépenses déclarées dans les questionnaires de l'enquête (sources).
  • Source : Insee, enquête Budget de famille 2006.

Les personnes âgées et les ruraux s’expriment encore en francs

L’âge, le niveau de diplôme, le lieu de résidence et le niveau de vie sont les principaux facteurs qui favorisent l’utilisation de l’une plutôt que l’autre unité.

Au total, près de 45 % des individus ont eu recours au moins une fois au franc au cours de l’enquête pour exprimer certains montants de dépenses ou de revenus. L’habitude de parler en francs est d’autant plus ancrée que la personne est âgée. Les moins de 25 ans sont ceux qui s’expriment le plus systématiquement en euros. Mais déjà, chez les 26 - 35 ans, un même achat ou une même ressource sera deux fois plus souvent indiquée en francs. L’écart croît régulièrement avec l’âge : pour une dépense donnée, une personne de plus de 55 ans est cinq fois plus susceptible d’utiliser le franc qu’un jeune de moins de 25 ans (tableau 3).

Le niveau de diplôme est aussi un facteur favorisant l’usage systématique de l’euro. À montant de dépense ou de ressource donné et âge fixé, un diplômé de l’enseignement supérieur a une probabilité deux fois plus élevée de s’exprimer en euros qu’une personne n’ayant pas le baccalauréat.

Le lieu de résidence n’est pas neutre : une personne habitant une zone rurale a une probabilité de parler encore en francs supérieure de 60 % à celle d’un Parisien alors que la proximité d’un pays de la zone euro est un facteur stimulant : les habitants d’un département non limitrophe de l’un de ces pays ont 27 % de chance de plus de compter en francs.

Les personnes les plus modestes sont celles qui font le moins souvent usage du franc : 36 % seulement d’entre elles l’ont utilisé au cours de l’enquête contre 44 % des plus aisées. Ceci s’explique principalement par la différence des structures de consommation entre les ménages modestes et les ménages aisés. En effet, la consommation des ménages modestes est essentiellement consacrée aux dépenses quotidiennes pour lesquelles il est plus facile d’intégrer une échelle de valeur en euros. En revanche, les ménages aisés affectent une part plus importante de leurs revenus à des dépenses élevées et peu fréquentes, ce qui les incite à conserver leurs anciens repères en francs.

Tableau 3 – Probabilité pour une dépense ou une ressource d'être exprimée en francs suivant son montant et les caractéristiques de l'enquêté

Probabilité pour une dépense ou une ressource d'être exprimée en francs suivant son montant et les caractéristiques de l'enquêté
Modalités des variables Odds ratio
Sexe
Homme 1
Femme 1,1*
Quintile de montant de dépense ou de ressource
moins de 70 € 1
de 70 à 200 € 1,6*
de 200 à 408 € 1,8*
de 408 à 1020 € 2,2*
plus de 1020 € 4,4*
Quintile de niveau de vie du ménage
moins de 890 € 1
de 890 à 1204 € 1,0
de 1204 à 1535 € 1,1*
de 1535 à 2087 € 1,0
plus de 2087 € 1,0
Âge
Moins de 25 ans 1
De 26 à 35 ans 2,2*
De 36 à 45 ans 2,8*
De 46 à 55 ans 4,1*
De 56 à 65 ans 5,4*
Plus de 65 ans 5,4*
Diplôme le plus élevé obtenu
Diplôme du 3 e et 2 e cycle 1
Diplôme du 1er cycle 1,0*
Baccalauréat 1,1*
Qualification de niveau inférieure au baccalauréat 1,5*
Zone d'habitation
Unité urbaine de Paris 1
Communes appartenant à des unités urbaines de plus de 100 000 habitants 1,1*
Communes appartenant à des unités urbaines de 20 000 à 100 000 habitants 1,1*
Communes urbaines appartenant à des unités urbaines de moins de 20 000 habitants 1,2*
Communes rurales 1,6*
Département non frontalier hors unité urbaine de Paris 1,3*
Type de montant
Dépense 1
Ressource 0,7
  • Lecture : toutes choses égales par ailleurs, une dépense ou une ressource renseignée par une personne âgée de 46 à 55 ans aura 4,1 fois plus de chances d'avoir été renseignée en francs qu'une dépense ou une ressource renseignée par une personne de moins de 25 ans. Le caractère * indique que l'estimation est significative au seuil de 5 %.
  • Champ : France métropolitaire, ensemble des dépenses déclarées dans les questionnaires de l'enquête (sources).
  • Source : Insee, enquête Budget de famille 2006.

Le franc demeure un repère

La persistance du franc dans les habitudes est probablement encore plus ancrée que ne le suggèrent les résultats de l’enquête Budget de famille. Selon l’enquête de Conjoncture réalisée en avril 2007, plus d’une personne sur quatre admet penser uniquement en francs pour ses dépenses alimentaires, une sur six déclarant mobiliser l’une ou l’autre monnaie. Même pour des dépenses quotidiennes, et de montant en général limité, seulement 55 % des enquêtés pensent systématiquement en euros. Comme dans l’enquête Budget de famille, le recours exclusif à l’euro est d’autant plus probable qu’on est jeune et diplômé (tableau 4).

Quand le prix du bien est élevé et la fréquence d’achat plus rare, une minorité de personnes pensent uniquement en euros : moins d’un Français sur trois pense uniquement en euros pour acheter une voiture, 60 % déclarant ne penser qu’en francs. Cette proportion croît avec l’âge, mais elle est déjà élevée chez les plus jeunes. Cette fois, ce sont l’âge et le sexe du répondant qui sont déterminants : effet générationnel mis à part, les femmes ont davantage tendance à convertir mentalement les prix des voitures en francs, ce qui est probablement lié à un intérêt plus faible que les hommes pour ce bien.

Par ailleurs, au cours de l’enquête Budget de famille, lorsqu’un individu est invité à estimer le montant minimal nécessaire à ses yeux pour subvenir à ses besoins, c’est en francs qu’il répond dans 15 % des cas. Et près de 40 % des propriétaires interrogés sur le loyer auquel ils pourraient prétendre s’ils mettaient leur bien en location ont répondu en francs.

Au total, plus de 20 % de ces estimations (de ressources minimales et de loyer) ont été exprimées en francs (tableau 5). À caractéristiques de l’individu fixées (âge et lieu de résidence, notamment), lorsqu’il s’agit d’évaluer le prix d’un bien, cette évaluation a trois fois plus de chances d’être exprimée en francs qu’une dépense ou une ressource du même montant. Un quart des ménages qui ont répondu en francs à ces évaluations avaient pourtant systématiquement renseigné en euros leurs dépenses et leurs ressources.

En fait, cet exercice amène la personne à mobiliser, plus encore que pour les achats ou les ressources, des repères et des échelles de valeurs établis avant l’avènement de l’euro.

Sept ans après le passage à l’euro, les Français, dans l’ensemble, maîtrisent son utilisation comme unité de compte. Cependant, nombre d’entre eux sont toujours obligés de convertir en francs, surtout pour des valeurs qu’ils ne manipulent pas quotidiennement. Comme en son temps l’ancien franc, le franc continue à jouer, pour beaucoup d’entre nous, un rôle important dans leur appréhension du système de prix actuel.

Tableau 4 – Part des enquêtés déclarant ne penser qu'en francs pour les dépenses alimentaires ou l'achat d'une voiture

Part des enquêtés déclarant ne penser qu'en francs pour les dépenses alimentaires ou l'achat d'une voiture
en %
Ne pensent qu'en francs pour :
Les dépenses alimentaires L'achat d'une voiture Les deux
Àge
20 à 35 ans 17 41 15
36 à 45 ans 24 57 23
46 à 55 ans 26 61 24
55 ans et + 36 66 34
Sexe
Homme 26 49 24
Femme 29 63 27
Quintile de niveau de vie
moins de 890 34 61 31
de 890 à 1204 28 58 26
de 1204 à 1535 31 64 28
de 1535 à 2087 24 55 22
plus de 2087 22 48 20
Catégorie sociale
Agriculteurs 30 70 30
Artisans, commerçants et chefs d'entreprise 30 63 27
Cadres supérieurs et professions libérales 19 45 16
Professions intermédiaires 23 53 21
Employés 30 62 27
Ouvriers 34 62 31
Inactifs n'ayant jamais travaillé 42 70 41
Niveau d'études
Primaire 42 69 40
Secondaire 29 60 26
Technique 30 62 28
Supérieur 17 46 15
Ensemble 28 58 26
  • Champ : France métropolitaire.
  • Source : Insee, enquête mensuelle de Conjoncture auprès des ménages d'avril 2007.

Tableau 5 – Part des évaluations faites en francs par type d'évaluation

Part des évaluations faites en francs par type d'évaluation
en %
Par type d'évaluation Part des évaluations faites en francs Part dans l'ensemble des évaluations Répartition des évaluations en francs
Loyer mensuel que devrait payer le ménage pour un logement identique au sien 39,6 32,1 56,3
Revenu mensuel minimal nécessaire au ménage pour vivre 14,5 67,8 43,6
Toutes évaluations 22,6 100,0 100,0
  • Lecture : Le revenu mensuel minimal nécessaire au ménage pour vivre représente 67,8 % des évaluations faites par les ménages et 43,6 % des évaluations exprimées en francs ; 14,5% des estimations de revenus mensuels minimaux nécessaires aux ménages pour vivre sont exprimées en francs.
  • Champ : France métropolitaire.
  • Source : Insee, enquête Budget de famille 2006.

Encadré

Les Dom ont plus systématiquement intégré l’euro que la métropole

Dans les départements d’outre-mer, la proportion d’habitants déclarant une dépense en francs est plus faible qu’en métropole : moins de 30 % comptent encore en francs contre près de 50 % des métropolitains. Même pour les grosses dépenses, les habitants des Dom se réfèrent très marginalement au franc : moins de 5 % des dépenses de plus de 1 500 euros  y sont exprimées en francs contre plus de 10 % en métropole.

Il est possible que l’usage du dollar, courant dans les départements des Caraïbes, ait préparé les habitants des Dom d’Amérique au passage à l’euro.

Sources

L’enquête Budget de famille  a été réalisée en 2006 auprès de 10 240 ménages en métropole et 3 134 ménages dans les départements d’outre-mer. Effectuée tous les cinq ans environ (1979, 1984, 1989, 1995, 2001, 2006), elle vise à reconstituer toute la comptabilité des ménages : dépenses et ressources. Pour chaque ménage enquêté, on collecte la nature des dépenses, leur montant et, le cas échéant, la quantité achetée ainsi que le lieu d’achat. Toutes les dépenses sont couvertes : logement, alimentation, habillement, santé, transports, loisirs...  Elles sont collectées sous deux formes :

− un carnet dans lequel le ménage doit noter toutes les dépenses qu’il effectue sur 15 jours. Elles correspondent aux dépenses courantes et quotidiennes du ménage ;

− un questionnaire permet de retracer les dépenses exceptionnelles de l’année (voiture, travaux, meubles, voyages...) afin de compléter le carnet. Les dépenses déclarées dans le questionnaire sont les seules pour lesquelles l’enquêté a le choix de répondre en francs ou en euros.

De ce fait, ce sont uniquement les réponses au questionnaire qui ont été exploitées pour réaliser cette étude. Cela exclut notamment du champ d’analyse la plupart des dépenses alimentaires, en tabac, produits d’entretien, frais d’utilisation de véhicules, services et produits de soins personnels, presse et papeterie...

L’enquête de Conjoncture auprès des ménages est réalisée chaque mois, auprès d’un échantillon de 3 300 ménages. Elle est principalement consacrée aux anticipations des ménages en matière d’activité économique et de mouvement des prix, ainsi qu’aux intentions d’achat. En avril 2007, elle comportait des questions sur les pratiques budgétaires des consommateurs.

Définitions

Niveau de vie : afin de comparer les revenus de ménages de compositions différentes, on divise le revenu total (collecté lors de l’enquête) par le nombre d’unités de consommation, calculé comme suit : la personne de référence a un poids de 1, les autres personnes de 14 ans ou plus ont un poids de 0,5 et les enfants de moins de 14 ans un poids de 0,3. Ce revenu par unité de consommation est un indicateur du niveau de vie des ménages. Les niveaux de vie indiqués ici correspondent à des revenus mensuels.

Individu répondant : l’enquête Budget de famille s’adresse aux ménages. Toutefois, les questionnaires permettent de connaître précisément la personne qui, au sein du ménage, a répondu à l’enquête. Les caractéristiques individuelles exploitées dans cette étude sont donc celles de la personne qui a répondu à l’enquête dans le ménage.