Une consommation toujours dynamique en 2006 malgré le recul de l'automobile

Georges Consalès, division Synthèses des biens et services, Insee

En 2006, la dépense de consommation des ménages augmente de 2,1 % en volume après + 2,2 % en 2005. La hausse des prix est quasiment la même depuis quatre ans : + 1,9 % en 2006 après + 1,8 % en moyenne annuelle de 2003 à 2005. Depuis le début des années 2000, les ménages ont, par leur comportement d'épargne, lissé les aléas intervenus sur leurs gains de pouvoir d'achat et maintenu ainsi leurs achats sur un rythme de progression stable et solide. Le dynamisme de la consommation des ménages est encore porté en 2006 par la grande vigueur des achats de biens et services des technologies de l'information et de la communication. À l'inverse, le fort recul des achats d'automobiles neuves, essentiellement de marques françaises, freine la progression d'ensemble des dépenses.

Consommation et épargne bénéficient d'un pouvoir d'achat bien orienté

Avec une hausse de 2,1 % en 2006, la dépense de consommation des ménages en volume croît à un rythme régulier depuis 2001. Elle contribue pour une large part à la croissance du produit intérieur brut (PIB), qui atteint 2,0 % en 2006. L'évolution soutenue du revenu disponible brut (+ 4,3 % après + 3,5 % en 2005) est principalement alimentée par l'accélération des revenus salariaux (+ 3,8 %, après + 3,3 %). Celle-ci, conjuguée à une hausse modérée des prix de la dépense de consommation (+ 1,9 %), se traduit par une progression sensible du pouvoir d'achat (+ 2,3 %). Comme par le passé, l'évolution de la consommation est plus lisse que celle du pouvoir d'achat des revenus (graphique 1). L'accélération marquée des revenus s'accompagne ainsi d'un léger rebond du taux d'épargne des ménages, qui passe de 15,3 % en 2005 à 15,5 % en 2006, alors qu'il baissait depuis 2003 (tableau 1).

Les prix augmentent à un rythme quasi stable depuis 2003 : + 1,9 % en 2006, après + 1,8 % en moyenne annuelle de 2003 à 2005. Les prix des produits pétroliers continuent de progresser nettement, mais à un rythme ralenti en 2006 : + 6,7 % après + 15,3 % en 2005. La baisse des prix des services de télécommunications contribue également à modérer l'inflation (– 5,2 % après + 0,2 % en 2005). En revanche, les aléas climatiques ont fortement pesé sur la production de fruits et de légumes, entraînant une accélération de leur prix, qui se répercute sur l'ensemble des produits alimentaires (+ 1,8 % après + 0,3 %).

Graphique 1 – Dépense des ménages, pouvoir d'achat du revenu disponible brut, taux d'épargne

  • Source : comptes nationaux, Insee.

Tableau 1 – Consommation, prix, revenu et épargne

Consommation, prix, revenu et épargne
Variation par rapport à l'année précédente en %
2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006
Dépense de consommation en volume1 3,6 2,5 2,2 2,2 2,6 2,2 2,1
Prix de la dépense de consommation 2,3 1,7 1,1 1,8 1,8 1,8 1,9
Pouvoir d'achat du revenu disponible brut 3,4 3,4 3,6 0,8 2,6 1,7 2,3
Taux d'épargne (en % du revenu disponible brut) 15,1 15,8 16,9 15,8 15,8 15,3 15,5
Taux d'épargne financière (en % du revenu disponible brut) 6,7 6,9 8,0 6,6 6,2 5,5 5,4
  • 1. Prix de l'année précédente.
  • Source : comptes nationaux base 2000, Insee.

Mauvaise année pour les ventes d'automobiles

En 2006, les dépenses de transports sont stables en volume alors qu'elles progressaient de 1,3 % en 2005. Les achats d'automobiles sont en net repli (– 2,5 % contre + 3,0 % en 2005). Cette diminution provient des véhicules neufs dont la baisse atteint – 4,2 % (tableau 2). La chute des immatriculations de voitures de marques françaises (– 6,1 %) en explique l'essentiel. De fait, la part des immatriculations de marques étrangères poursuit sa progression, atteignant 45,7 % en 2006 après 44,0 % en 2005.

À l'inverse, les ventes de véhicules d'occasion transitant par les réseaux de concessionnaires augmentent, mais à un rythme plus faible qu'en 2005 (+ 1,5 % après + 2,3 %).

Même si les prix des carburants et lubrifiants ralentissent (+ 5,8 % après + 13,1 % en 2005), la hausse des prix continue de peser sur la consommation, en baisse pour la cinquième année consécutive (– 1,4 % après – 2,7 % en 2005). Cette baisse traduit une diminution du parcours moyen des véhicules particuliers en 2006 (– 1,9 %). La tendance à la diésélisation du parc se maintient : les achats de gazole progressent de 3,1 %, alors que le super sans plomb se replie de 3,8 %.

Depuis 2004, la consommation des ménages en transports aériens et routiers est très dynamique. Avec + 7,5 % en 2006, la consommation en transports aériens reste sur un rythme particulièrement élevé. La progression atteint + 33 % sur les trois dernières années. Il faut remonter à 1980 pour observer un rythme plus rapide sur trois années consécutives. En 2006, la forte progression du volume est d'autant plus notable qu'elle se fait dans un contexte de retournement à la hausse des prix (+ 2,7 % après – 0,5 % en 2005). Les liaisons internationales demeurent très dynamiques, particulièrement les liaisons intra-européennes, celles vers le Moyen-Orient et l'Extrême-Orient.

Tableau 2 – Évolution de la consommation de biens durables

Évolution de la consommation de biens durables
Variation en volume par rapport à l'année précédente en %
2002 2003 2004 2005 2006 Poids dans la valeur de la consommation en 2006 ( %)
Automobiles – 2,1 – 5,5 3,1 3,0 – 2,5 3,5
Automobiles neuves – 4,7 – 7,8 3,5 3,4 – 4,2 2,4
Automobiles d'occasion1 4,8 0,0 2,5 2,3 1,5 1,1
Téléviseurs 12,1 14,6 32,4 30,2 49,9 0,4
Réfrigérateurs, congélateurs 5,8 15,6 4,6 1,7 7,3 0,2
Lave-linge 3,8 5,5 7,1 3,2 7,0 0,2
Meubles 2,2 0,0 3,3 3,0 0,2 1,4
Autres biens durables2 10,0 14,3 15,4 13,9 12,2 2,6
Ensemble des biens durables 2,8 2,5 8,0 7,4 5,0 8,2
  • 1. Véhicules de démonstration, véhicules appartenant aux loueurs, véhicules des ménages lorsque la vente est réalisée par intermédiaire (dans ce cas sont comptées uniquement les marges réalisées par l'intermédiaire).
  • 2. Matériel téléphonique, magnétoscopes, lave-vaisselle, appareils de cuisson, caravanes, cycles et motocycles, etc.
  • Source : comptes nationaux base 2000, Insee.

Télécommunications et téléviseurs en tête

Le fort dynamisme des achats de biens et services des technologies de l'information et de la communication (TIC) se poursuit et demeure l'un des moteurs principaux de la consommation (graphique 2). La hausse atteint 15,8 % en 2006 après + 13,1 % en 2005 et contribue pour un tiers à la hausse de l'ensemble des dépenses en volume, alors même que ce poste ne pèse que 4,3 % du total des achats des ménages en valeur.

Les services de télécommunications progressent fortement, de + 10,1 % après + 5,7 % en 2005. Les efforts consentis par les opérateurs sur les prix, notamment pour les services mobiles, ont joué favorablement sur la consommation. Les achats de matériel téléphonique restent en forte croissance (+ 20,9 %).

Les achats d'appareils de réception, de reproduction et d'enregistrement du son et de l'image connaissent une croissance encore plus élevée que celle, déjà très soutenue, de 2005 (+ 27,4 % après + 21,1 %). Cette accélération provient des téléviseurs, avec l'amplification des remplacements des écrans à tube par les écrans plats, à l'occasion notamment de la Coupe du monde de football. Pour la première fois il s'est vendu, en 2006, autant des deux types d'écrans. En revanche, le marché des lecteurs/enregistreurs de DVD connaît pour la première fois un repli, auquel n'échappent que les appareils portables. Les ventes de baladeurs MP3 et d'appareils photo numériques continuent de progresser mais ralentissent fortement.

La consommation de matériel de traitement de l'information progresse de 22,3 % en 2006. Les ordinateurs portables sont toujours prisés ; le taux d'équipement des ménages en micro- ordinateurs continue de progresser, atteignant 55 % à la fin 2006, soit 5 points de plus qu'un an auparavant. Par ailleurs, la diffusion rapide des GPS se poursuit en 2006.

L'ensemble de ces produits, téléphones compris, bénéficie de la baisse globale des prix des « TIC », qui s'amplifie encore en 2006 avec – 8,4 % contre – 6,1 % en 2005.

Graphique 2 – Contribution des TIC à l'évolution de la dépense de consommation des ménages en volume

  • * Technologies de l'information et de la communication (TIC), voir définition tableau 3.
  • Source : comptes nationaux, Insee.

Les loisirs, plus dynamiques à l'extérieur qu'à domicile

En 2006, avec le soutien des TIC, la consommation de biens et services de loisirs et de culture reste dynamique (+ 5,2 % en volume). Cette évolution globale cache une faiblesse des achats des biens de loisirs à domicile, hors appareils de réception, de reproduction et d'enregistrement du son et de l'image.

Les ventes de DVD, dont le dynamisme s'était déjà essoufflé en 2005, se retournent cette fois à la baisse, pour la première fois depuis la création de ce support (134,9 millions d'unités vendues en 2006 contre 139,8 millions en 2005). Le repli marqué des films, souffrant des téléchargements illicites et d'une offre proche de la saturation, n'est pas compensé par la bonne orientation des séries TV et des documentaires. Les achats de CD audio enregistrés baissent pour la quatrième année consécutive (en volume, le repli est de 10,4 % en 2006). Le téléchargement légal de titres croît fortement mais ne compense pas la baisse des CD.

Pour la deuxième année d'affilée, les ventes de livres sont en repli de – 1,1 %. La période de Noël, habituellement propice aux achats, a été particulièrement décevante. La situation est pire pour les journaux et périodiques, qui connaissent la baisse la plus marquée depuis 10 ans (– 2,7 %) avec un repli surtout sensible pour les journaux.

Pour les loisirs d'intérieur, seule l'évolution des jeux et jouets est favorable avec + 6,8 %. Cette forte croissance dure depuis 1999, portée par les offres successives de nouvelles consoles et de jeux dédiés.

Parmi les loisirs hors du domicile, 2006 est un bon cru pour le cinéma, avec 188 millions d'entrées après 175 millions en 2005. La progression générale est à mettre à l'actif des films français, qui ont fait jeu égal avec les films américains (de l'ordre de 85 millions d'entrées chacun).

Les équipements de sport, de camping et de plein air progressent toujours à un rythme élevé : + 5,0 % en 2006. Enfin, la consommation en hôtels, cafés et restaurants accélère légèrement : + 1,5 % après + 0,6 %. Cette évolution est à mettre en relation avec celle du solde touristique, notamment la progression de 2,6 % en volume des achats des touristes étrangers en France. En revanche, les achats des Français à l'étranger se replient de 0,7 %. Au total, l'excédent touristique s'améliore nettement en valeur.

Des progressions de loyers toujours soutenues

En 2006, les dépenses que les ménages consacrent au logement à son chauffage et son éclairage dépassent le quart de leur budget de consommation, soit 25,2 % et 0,6 point de plus qu'en 2005 (tableau 3). La hausse de + 2,5 % en volume est proche du rythme de progression moyen observé sur la décennie précédente.

Comme en 2005, ce sont les loyers qui contribuent au premier chef à cette augmentation (+ 3,2 % hors aides au logement). Le prix des loyers augmente à un rythme toujours soutenu : +  3,6 % après + 3,9 % en 2005 ; il explique en grande partie la hausse élevée des dépenses en valeur depuis 2002 (+ 6,8 % en moyenne annuelle de 2002 à 2006). En 2006, l'abandon de l'indice du coût de la construction au profit de l'indice de référence des loyers pour l'indexation des loyers a eu un effet modérateur. La partie des loyers versés par les locataires couverte par les aides au logement, qui ne sont pas comptabilisées dans la dépense des ménages, continue de diminuer : 22,4 % en 2006 contre 25,4 % 4 ans plus tôt.

La baisse de la consommation de chauffage et d'éclairage atteint 1,1 % en volume en 2006. La consommation d'électricité progresse de 1,5 % et son prix augmente peu : + 0,6 % ; l'accroissement du nombre d'appareils électroniques et électroménagers dans chaque foyer induit une progression tendancielle de la part de la consommation d'électricité spécifique liée à ces appareils. La forte hausse des prix du fioul domestique (+ 10,4 %) et du gaz naturel (+ 12,7 %) va de pair avec une baisse du volume consommé (– 6,7 % et – 3,0 %). Les températures très clémentes des derniers mois de 2006 ont également contribué à limiter les dépenses de chauffage.

En 2006, les achats d'équipements du logement progressent peu (+ 1,6 % en volume après + 2,3 % en 2005). La faiblesse des achats de meubles contribue significativement au ralentissement (+ 0,6 % après + 3,5 % en 2005).

Tableau 3 – Évolution de la consommation des ménages par fonction

Évolution de la consommation des ménages par fonction
Variation par rapport à l'année précédente en %
Poids dans la valeur de la dépense de consommation ( %) Volume Prix Valeurs 2006 (milliards d'euros)
1996 2006 2004 2005 2006 2004 2005 2006
Alimentation et boissons non alcoolisées 14,7 13,7 1,5 1,2 0,9 0,3 0,3 1,8 136,2
Produits alimentaires 13,7 12,6 1,6 1,0 0,8 0,3 0,4 1,8 125,5
dont : Pain et céréales 2,1 1,9 1,0 1,1 1,4 2,2 0,2 0,7 18,5
Viandes 4,1 3,6 – 0,4 – 0,1 0,0 2,2 1,3 2,0 36,0
Poissons et crustacés 1,1 1,1 1,5 1,0 1,1 0,5 1,3 3,3 10,7
Lait, fromages et œufs 2,1 1,9 1,4 1,8 1,9 0,2 – 1,4 – 0,1 18,7
Fruits et légumes 2,4 2,3 5,8 1,1 0,1 -5,0 1,1 3,8 23,2
Boissons non alcoolisées 1,1 1,1 0,7 3,2 2,9 0,5 – 1,1 2,0 10,7
Boissons alcoolisées et tabac 3,4 3,0 -9,5 – 0,7 1,6 12,4 0,1 0,4 30,3
dont : Boissons alcoolisées 1,7 1,5 0,0 – 0,9 1,6 1,5 – 0,3 0,5 14,4
Tabac 1,7 1,6 – 18,2 – 0,6 1,5 24,5 0,5 0,4 15,8
Articles d'habillement et chaussures 5,7 4,7 1,4 0,4 0,7 0,1 0,3 0,2 46,9
Articles d'habillement 4,7 3,9 1,8 0,4 0,6 0,0 0,2 0,2 38,6
Chaussures 1,1 0,8 – 0,4 0,3 1,4 0,9 0,9 0,0 8,3
Logement, chauffage, éclairage 23,5 25,2 2,7 2,2 2,5 2,6 4,2 3,9 250,2
dont : Location de logement 16,7 18,6 2,7 2,9 3,2 2,7 3,9 3,6 184,9
Chauffage, éclairage 4,1 3,8 3,6 0,0 – 1,1 1,7 6,5 5,7 37,3
Équipement du logement 6,2 5,9 3,6 2,3 1,6 0,9 0,6 1,0 58,9
dont : Meubles, tapis 1,7 1,5 3,2 3,0 0,2 1,4 1,0 2,0 14,9
Appareils ménagers 0,9 0,9 6,5 2,9 5,3 – 2,5 – 1,0 – 2,8 8,7
Santé 3,3 3,4 5,8 4,6 3,9 0,5 0,5 0,3 33,9
dont : Médicaments 1,5 1,5 4,8 3,8 3,8 – 0,2 – 0,3 – 2,3 14,8
Médecine non hospitalière 1,4 1,4 5,1 4,3 2,0 0,7 1,1 2,5 14,3
Transport 15,1 14,7 2,0 1,3 0,0 3,5 4,3 2,9 146,2
dont : Achats de véhicules 4,7 3,8 3,4 3,1 – 1,9 1,5 0,6 0,6 37,7
Carburants, lubrifiants 3,5 3,5 – 1,8 – 2,7 – 1,4 8,0 13,1 5,8 35,0
Services de transports 1,7 2,1 6,7 5,5 5,1 0,6 0,8 1,2 20,6
Communications(t) 1,9 2,8 5,6 6,6 10,2 – 1,2 – 1,0 – 5,6 28,0
dont : Services de télécommunications 1,5 2,4 5,5 5,7 10,1 0,2 0,2 – 5,2 24,3
Loisirs et culture 8,6 9,3 6,6 4,8 5,2 – 1,4 – 2,0 – 1,5 92,6
dont : App. électroniques et informatiques(t) 1,9 2,1 18,4 16,2 16,1 – 9,5 – 12,1 – 10,3 21,3
Services culturels et récréatifs 2,9 3,5 4,0 1,3 2,1 2,2 2,3 2,1 34,5
Presse, livres et papeterie 1,6 1,3 – 0,1 – 1,1 – 1,8 1,7 1,5 1,0 12,6
Éducation 0,6 0,7 2,5 3,6 4,0 5,6 4,8 5,6 7,4
Hôtels, cafés et restaurants 5,7 6,2 0,6 0,6 1,5 2,7 2,4 2,3 62,0
Autres biens et services 12,1 11,2 2,0 2,2 2,3 1,8 0,8 2,8 110,9
dont : Soins personnels 2,3 2,3 1,5 0,6 1,1 2,0 0,8 1,7 23,3
Action sociale 1,6 1,7 5,3 0,9 2,4 5,3 4,7 4,5 17,1
Assurances 3,2 3,5 -0,9 3,4 3,3 3,1 1,8 2,4 34,3
SIFIM¹ 2,2 1,0 6,7 3,8 2,8 – 5,3 – 8,7 4,5 10,3
Correction territoriale – 1,0 – 1,0 – 17,2 – 10,8 11,7 1,8 1,8 1,9 – 10,1
Dépense de consommation des ménages 100,0 100,0 2,6 2,2 2,1 1,8 1,8 1,9 993,2
Dépense de consommation des ISBLSM² - - – 1,5 – 1,1 – 1,1 3,8 3,2 3,6 23,3
Dépense de consommation des APU³ - - 2,3 1,4 1,4 1,5 2,8 2,3 276,0
dont : Santé - - 2,9 2,6 2,3 1,8 1,8 1,0 122,1
Éducation - - 0,3 – 0,3 – 0,4 – 0,5 3,9 3,6 83,6
Consommation effective des ménages - - 2,5 2,0 1,9 1,8 2,0 2,0 1 292,5
  • 1. Services d'intermédiation financière indirectement mesurés.
  • 2. Dépenses de consommation des institutions sans but lucratif au service des ménages.
  • 3. Dépenses de consommation des administrations publiques en biens et services individualisables.
  • (t) Principaux postes concernés par les TIC.
  • Source : comptes nationaux base 2000, Insee.

La part des dépenses de santé restant à la charge des ménages progresse

Les dépenses de consommation des ménages en biens et services de santé conservent un rythme soutenu (+ 3,9 % en volume en 2006), mais en ralentissement (+ 4,6 % en 2005). Les dépenses de consommation des administrations publiques (correspondant à la partie des soins remboursés) sont plus modérées (+ 2,3 % en 2006 après + 2,6 % en 2005). Certaines mesures entrées en vigueur en 2005, telles que l'instauration de la participation forfaitaire d'un euro par acte et le moindre remboursement de certains médicaments, ont sans doute continué de jouer sur la progression des dépenses de santé restant à la charge des ménages. En outre, une nouvelle vague de déremboursements est entrée en vigueur en 2006. Le prix des dépenses de santé augmente faiblement (+ 0,3 %), sous des influences contradictoires : la revalorisation de la consultation médicale d'un euro au 1er août 2006 joue à la hausse, tandis que le prix de certains médicaments baisse. La part non remboursée des biens et services de santé, correspondant aux dépenses de consommation des ménages, progresse depuis maintenant trois ans : alors qu'elle avait baissé de façon ininterrompue de 22,8 % en 1996 à 21,2 % en 2003, elle est remontée à 21,8 % en 2006.

Faible croissance de l'alimentation et de l'habillement

La consommation en produits alimentaires, hors boissons alcoolisées et tabac, augmente modérément en volume : + 0,9 % en 2006 après + 1,2 % en 2005. Le ralentissement provient principalement des fruits, dont les achats baissent de 0,9 % après + 1,6 % en 2005. L'hiver 2005-2006 plutôt froid et les températures au-dessus des normales au second semestre ont pesé sur la production, favorisant une hausse des prix (+ 2,3 %) qui contribue à la faiblesse des volumes consommés. Les fortes chaleurs de l'été 2006 ont, à l'inverse, favorisé la consommation de boissons fraîches non alcoolisées (+ 4,2 % sur l'année).

La consommation de viandes est stable en 2006. La hausse des préparations à base de viandes (+ 2,8 %) compense la baisse des viandes de boucherie (– 1,5 %) et de volailles (– 3,0 %). La crise de la grippe aviaire, qui a pesé sur la consommation en début d'année, n'a qu'un effet limité sur l'ensemble de l'année.

Les achats de tabac augmentent de 1,5 % en volume en 2006, leur prix restant stable, alors que la consommation avait baissé pendant quatre années consécutives sous l'effet de fortes hausses de taxes. La hausse des achats en France s'expliquerait en partie par un repli des achats à l'étranger, qui avaient augmenté significativement sur la période 2003-2005.

Les dépenses d'habillement et de chaussures augmentent de 0,7 % en 2006 après + 0,4 % en 2005. Cette hausse correspond à l'évolution moyenne de long terme mesurée sur la période 1974-2005.

Sources

Comptes de la Nation 2006, base 2000.

Dans l'ensemble du texte, les évolutions présentées sont en volume, aux prix de l'année précédente, sauf mention contraire.

Définitions

Consommation effective des ménages : somme de la dépense de consommation des ménages et des consommations individualisables incluses dans la dépense de consommation finale des Administrations publiques (APU) et des Institutions sans but lucratif au service des ménages (ISBLSM).

La dépense de consommation des ménages se limite aux dépenses que les ménages supportent directement. Elle comprend la part des dépenses de santé, d'éducation, de logement, restant à leur charge, après remboursements éventuels. On y inclut aussi les loyers imputés, que les ménages propriétaires de leur résidence principale se versent implicitement à eux-mêmes.

Les dépenses en logement incluent les loyers versés par les locataires (aides au logement déduites) mais également les loyers imputés.

Les consommations individualisables incluses dans la dépense de consommation finale des APU et ISBLSM sont celles dont les bénéficiaires peuvent être précisément définis. C'est le cas en particulier des dépenses pour l'éducation, la santé et l'action sociale.