L'évolution du pouvoir d'achat est calculée pour l'ensemble des ménages comme différence entre l'évolution des revenus des ménages et l'évolution de l'indice des prix.
Pour l'évolution des revenus, l'Insee utilise le revenu disponible brut. Celui-ci inclut tous les revenus des ménages : salaires, retraites, allocations chômage, allocations familiales, loyers perçus, revenus financiers... De ces revenus sont déduits les cotisations sociales ainsi que les impôts directs : l'impôt sur le revenu, la taxe d'habitation, les contributions sociales généralisées (CSG) et la contribution à la réduction de la dette sociale (CRDS).
Le revenu disponible brut peut être calculé pour l'ensemble des ménages, ou pour certaines catégories de ménages, par exemple les plus modestes ou les plus aisés.
Oui, parce que l'évolution du pouvoir d'achat est égale à l'évolution des revenus diminuée de l'évolution de l'indice des prix. Ainsi, le pouvoir d'achat peut augmenter malgré une forte hausse des prix si la croissance des revenus est encore plus forte.
Non. Le pouvoir d'achat d'un ménage modeste est bien entendu inférieur à celui d'un ménage aisé. Mais la croissance du pouvoir d'achat peut, suivant les périodes, être plus forte ou moins forte pour les ménages modestes que pour les ménages aisés. Il en est de même pour les ménages vivant en Île-de-France par rapport aux ménages vivant en Bretagne. Cela dépend de l'évolution des revenus de chacun.
Non, l'inflation n'est pas la même pour tout le monde. Tout dépend des produits que chaque consommateur achète, selon ses préférences et ses moyens, des points de vente où il les achète, de son lieu de résidence.
Ainsi, l'Insee met à disposition sur son site un simulateur permettant à chacun de simuler un indice de prix correspondant mieux à sa situation personnelle que l'indice général.
L'indice des prix rend compte de la vie quotidienne dans la mesure où sont suivis les prix de produits achetés chaque semaine (produits alimentaires...) et ceux des produits achetés moins souvent.
Les prix des produits durables, et en particulier ceux des ordinateurs et de l'électroménager, diminuent, ou en tout cas augmentent moins vite que les autres prix. Chaque foyer n'achète certes que rarement un ordinateur, mais le jour de cet achat, il réalise une économie substantielle par rapport à une situation où le prix de l'ordinateur qu'il achète aurait augmenté comme les autres prix. Les acheteurs ont forcément du mal à se rendre compte de l'ampleur de cette économie : leur achat précédent remontant à plusieurs années, il leur est impossible de se souvenir avec précision de son prix, et de la date à laquelle il l'avait effectué.
L'indice des prix moyen est un des indicateurs importants qui permettent de se faire une idée précise de la situation économique du pays.
Oui. Grâce au grand nombre d'observations effectuées chaque mois, l'Insee peut estimer l'évolution des prix à un niveau de détail très fin. Par exemple, l'Insee publie tous les mois le prix moyen de la tasse de café en salle, du camembert pasteurisé, de la baguette de pain... Ceci permet à chacun de connaître l'évolution des prix pour les produits et services satisfaisant les besoins qu'il considère comme élémentaires.
Non, un tel indice n'existe pas. La raison est qu'il n'y a pas d'accord pour définir précisément ce que sont les produits de consommation vitale, ou les produits de consommation courante.
Toutefois, l'Insee publie des évolutions de prix à un niveau très fin. À partir de ces évolutions, et des pondérations fournies, chacun peut calculer un indice de prix en se limitant à ce qu'il considère comme les consommations vitales ou courantes, à l'aide d'un simulateur.
Il est impossible pour l'Insee de tenir compte de toutes les situations individuelles. Toutefois, l'Insee met à disposition sur son site un simulateur permettant à chacun de simuler un indice de prix correspondant mieux à sa situation personnelle que l'indice général. Par ailleurs, l'Institut diffuse des indices de prix pour une cinquantaine de catégories de ménages : personnes seules ou couples avec des enfants, ménages locataires ou propriétaires...
Chacun d'entre nous a l'occasion lors de ses achats quotidiens de constater de fortes hausses de prix sur certains produits de consommation courante, et a de ce fait tendance à considérer que la hausse des prix telle qu'elle est mesurée par l'indice des prix est fortement sous-estimée. En même temps, chacun peut voir dans ces fortes hausses une atteinte à son pouvoir d'achat.
Pourtant, il n'y a pas forcément contradiction entre ces fortes hausses observées et la hausse des prix mesurée par l'Insee.
Tout d'abord, la mémoire humaine est sélective. Il est certain que nous retenons mieux les fortes hausses. De plus, la mémoire humaine est imprécise en ce qui concerne les chiffres et, quand nous effectuons un achat, nous ne nous souvenons pas avec une grande précision du prix que nous avions payé lors du précédent achat du même produit.
Par ailleurs, l'indice des prix prend en compte la baisse de certains produits, en particulier les ordinateurs et l'électroménager. Certes, nous n'achetons pas tous les ans une machine à laver ou un réfrigérateur, mais le jour où nous l'achetons, nous bénéficions effectivement d'une baisse : nous paierions beaucoup plus cher cet équipement si son prix avait augmenté comme les prix de l'alimentation ou les loyers. Mais, bien entendu, il y a fort peu de chances que nous nous souvenions du prix de ce même équipement lors de notre précédent achat, qui date de plusieurs années.
Oui et non. Plusieurs sondages ont montré que de nombreux Français estimaient que le passage à l'euro avait provoqué une forte hausse des prix, et par là même une baisse de leur pouvoir d'achat. Le même sentiment est apparu dans les autres pays de la zone euro, mais il a davantage perduré en France. Pourtant l'indice des prix à la consommation n'a pas augmenté significativement au début 2002 et dans les mois suivants, quand billets et pièces en euros ont remplacé billets et pièces en francs.
Une des raisons de ce décalage est que la grande distribution a anticipé le passage à l'euro en augmentant ses prix quelques mois avant ce passage.
Mais il est certain aussi que, quand les prix ont été exprimés en euros au lieu d'être exprimés en francs, les consommateurs ont perdu leurs repères. Ils ont eu du mal à apprécier l'évolution effective des prix, et ils ont eu tendance à la surestimer. Ils ont été en particulier nombreux à penser que les commerçants avaient profité du passage à l'euro pour « arrondir » les prix dans le sens qui leur convenait.
Voir le quiz « Prix - pouvoir d'achat »
L'indice des prix est utilisé pour déterminer l'évolution de certaines dépenses et de certains revenus. Il sert ainsi à revaloriser les loyers (via l'indice de référence des loyers, depuis 2008), les retraites, ainsi que les pensions alimentaires et les rentes viagères. De même, l'IPC est pris en compte pour l'indexation du SMIC.
L'indice des prix à la consommation a par ailleurs un usage économique et financier. Il permet de suivre, mois par mois, si l'inflation accélère ou ralentit au sein de l'économie française, et éventuellement de diagnostiquer qu'elle atteint un niveau jugé excessif. Pour cet usage, c'est un indice moyen représentatif de l'ensemble de la consommation des ménages comme l'indice des prix à la consommation qui convient.
L'IPC permet aussi, par comparaison avec l'évolution des revenus, d'estimer l'évolution du pouvoir d'achat.
Oui.
Oui, dans les conditions suivantes :
La majorité des prix sont suivis par des relevés mensuels sur les lieux de vente. Le prix des mêmes produits sont ainsi relevés sur les mêmes lieux de vente mois après mois ; 160 000 relevés sont effectués chaque mois par les enquêteurs de l'Insee.
À ces prix relevés sur le terrain s'ajoutent des évolutions de prix collectées chaque mois de manière centralisée auprès d'organismes nationaux ou régionaux tels que les opérateurs de télécommunications, EDF, la SNCF, les banques, les services publics locaux, ainsi que sur internet.
L'évolution du pouvoir d'achat résulte de l'évolution des revenus et de l'évolution de l'indice des prix. En ce qui concerne les prix, ceux de toutes les dépenses de consommation sont retenus, y compris les dépenses que l'on peut considérer comme contraintes.
Toutefois, les remboursements de prêts obtenus pour l'achat d'un logement ne sont pas pris en compte. D'ailleurs, ceux relatifs aux crédits à la consommation ne le sont pas davantage car les remboursements d'emprunt relèvent d'opérations financières.
Par ailleurs, l'Insee a introduit la notion de dépenses dites « pré-engagées », proche de celle de dépenses contraintes. Ces dépenses pré-engagées sont celles qui résultent de contrats difficilement renégociables à court terme : dépenses liées au logement (loyer, chauffage...), à la téléphonie et à l'internet, à la télévision, aux assurances, aux services financiers pour l'essentiel.
En déduisant du revenu ces dépenses pré-engagées, on obtient un revenu « arbitrable », qui permet le calcul d'une évolution du « pouvoir d'achat arbitrable ». L'Insee publie cette évolution tous les ans.
La part des loyers dans l'IPC est de 7 %. Cela représente la part de ces dépenses dans l'ensemble de la consommation des ménages en 2009. Il s'agit d'un taux moyen, calculé pour l'ensemble des ménages, qu'ils soient locataires ou propriétaires.
De fait, les loyers pèsent beaucoup plus lourdement dans le budget des ménages locataires. Chacun peut calculer un indice de prix prenant en compte le poids réel des loyers dans son budget en utilisant le simulateur d'indice des prix personnalisé.
Non, l'indice des prix ne retient pas les remboursements des emprunts liés à l'achat d'un logement. D'ailleurs ceux relatifs aux crédits à la consommation ne le sont pas davantage car les remboursements d'emprunt relèvent d'opérations financières.
Oui, l'indice des prix prend en compte le tabac.
Toutefois, pour les revalorisations des loyers, des retraites et du SMIC notamment, la loi stipule que la référence doit être un indice hors tabac. Ainsi, quand les pouvoirs publics ont décidé d'accroître fortement les taxes sur le tabac pour décourager les fumeurs, ces augmentations n'ont pas eu d'influence sur les revalorisations.
Le prix de l'essence, comme les autres prix, est observé chaque mois tout au long du mois. L'effet d'une hausse ou d'une baisse sur les indices mensuels dépend de son ampleur mais aussi de la date où elle se produit. Ainsi, si une forte hausse se produit le 20 d'un mois d'avril, elle sera observée sur un tiers des prix relevés, et la hausse ne se répercutera que pour un tiers sur l'indice d'avril. Si le prix en mai reste en moyenne au niveau atteint après la hausse, celle-ci se répercutera pour deux tiers sur l'indice de mai. La répercussion de la hausse sera intégrale pour mai par rapport à mars.
L'indice de prix est un indice « à qualité constante ». En effet, il arrive souvent que, quand le prix d'un produit augmente, sa qualité augmente aussi ; on considère alors que la hausse de prix effective pour le consommateur n'est pas la hausse de prix observée, mais une hausse plus faible. De même, si la qualité du produit diminue, la hausse de prix pour le consommateur est supérieure à la hausse de prix observée.
Chiffrer cet effet du changement de qualité d'un produit est une des plus grandes difficultés rencontrées dans l'élaboration d'un indice de prix. Plusieurs méthodes sont employées pour la résoudre. Pour les produits dont la qualité change le plus, la méthode consiste à examiner de près les caractéristiques de ces produits, et à chiffrer à l'aide d'un modèle statistique l'apport de chacune des caractéristiques qui ont été modifiées.
Pour le calcul de l'indice des prix, l'Insee suit les prix d'un éventail très large de produits et de services. Ils sont choisis de manière à couvrir l'ensemble des produits et services proposés aux consommateurs. Ils sont tenus secrets.
L'échantillon de produits suivis est actualisé tous les ans, pour tenir compte de la disparition de certains produits (cassette vidéo, essence avec plomb par exemple), et de l'apparition de produits nouveaux.
La réglementation européenne rend obligatoire le suivi de tout produit représentant plus d'un millième de la consommation des ménages.
L'Insee relève les prix dans tous les types de points de vente : supermarchés, hypermarchés, petits commerces, marchés... Chaque mois, des relevés de prix sont effectués dans 27 000 points de vente.
L'indice des prix ne tient pas compte de la durée de vie des appareils et équipements, bien que ce soit un des éléments de la qualité d'un produit. En effet, il n'est pas possible de savoir quelle sera la durée de vie effective d'un appareil ou d'un équipement au moment où il est acheté. Cette durée dépend en particulier de l'intensité avec laquelle il sera utilisé, mais aussi du coût des réparations en cas de panne ou de l'évolution des habitudes de consommation, facteurs qui ne sont pas anticipés au moment de l'achat.
C'est l'Insee qui décide seul des produits et services suivis dans l'indice des prix. Le choix est tenu secret, de manière à éviter les manipulations qui ont pu se produire dans les années 1950.
Les produits précis dont les prix sont observés sont secrets. Ils ne sont pas communiqués à l'extérieur, ni d'ailleurs au sein même de l'Insee en dehors des unités chargées du calcul de l'indice des prix.
La deuxième condition pour qu'un indice soit indépendant est que les décisions concernant les méthodes de calcul soient du seul ressort des statisticiens, ce qui est le cas. Ce principe d'indépendance a été réaffirmé par le Code de bonnes pratiques de la statistique européenne promulgué par la Commission européenne en 2005. Les décisions sont prises en conformité avec la réglementation édictée par les autorités européennes en accord avec les instituts statistiques nationaux.