L'année économique 2011 en Limousin - Chapitre "Agriculture"
Catherine Lavaud - DRAAF Limousin
Marquée par des conditions météorologiques atypiques, l'année agricole 2011 offre un visage contrasté, avec des marchés plutôt favorables pour les productions bovines limousines, mais des coûts de production en hausse, et au final un revenu qui devrait être globalement pénalisé.
Les conditions météorologiques atypiques ont fortement impacté l'année agricole 2011. Le début d'année, et tout particulièrement les mois de mars et avril, ont été favorables à la pousse de l'herbe. Avec une disponibilité supérieure de 40 % à la normale de la période, les mises à l'herbe des troupeaux ont été précoces. Puis la sécheresse s'est installée progressivement, pour atteindre un déficit hydrique exceptionnel jusqu'à la mi-juillet. La production de fourrage en a été très affectée. Face à cette situation, des mesures d'urgence ont été déclenchées : procédures de calamités agricoles, acheminement de paille. La fréquence des épisodes pluvieux de mi-juillet à fin août a provoqué un réveil de la végétation, permettant au final de sauver les rendements en céréales, sans pour autant compenser le déficit printanier de production des prairies. L'automne a, comme le printemps, été très sec, et décembre très pluvieux.
Dans ce contexte, les abattages de bovins ont été nombreux sur le premier semestre : la crainte d'un manque de fourrages et la hausse du coût de l'alimentation animale ont favorisé l'approvisionnement des abattoirs au printemps. Puis, le marché s'est tendu, et les cours ont été tirés par la demande extérieure. En perte de compétitivité, l'approvisionnement mondial en provenance du Mercosur1 s'est réduit, ouvrant de nouveaux débouchés à la viande et aux animaux limousins. Si l'Italie reste la principale destination des bovins et de la viande bovine française, la Turquie a également ouvert son marché, d'abord par l'achat de viande, puis par l'importation de bovins vivants. Comme ceux des bovins finis, les cours des broutards limousins ont progressé à partir de l'été.
Malgré une évolution favorable des prix aux producteurs en fin d'année, le revenu des éleveurs est pénalisé par la hausse des coûts de production. Au niveau national, il reculerait ainsi de 13 % par rapport à 2010 pour les éleveurs spécialisés en bovins viande3. L'alimentation animale, premier poste de dépense des éleveurs, subit toujours la flambée des cours des matières premières intervenue en 2010. De plus, la sécheresse du printemps a provoqué des achats supplémentaires d'aliments ou de fourrages. Cependant, les effets de la sécheresse sur le revenu des éleveurs restent encore à préciser par l'estimation des achats supplémentaires induits mais également par celle des indemnisations attribuées. La situation est assez similaire en élevage ovin, qui constitue la deuxième production agricole de la région.
1Le Marché commun du sud rassemble l'Argentine, le Brésil, le Paraguay, l'Uruguay et le Vénézuela.
2Source : Le classement EUROP désigne la qualité des carcasses ovines et bovines (de E excellent à P médiocre)
3Source : Agreste - comptes prévisionnels de l'agriculture.