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Tourisme en Rhône-Alpes : deux fois plus d'emplois saisonniers l'hiver que l'été

Caroline Anguier, Henri Lavergne, Insee Rhône-Alpes



Résumé

En Rhône-Alpes, 115 500 emplois salariés concernent le secteur du tourisme. La part de l'emploi touristique est plus élevée dans la région que dans l'ensemble du territoire national. Les emplois saisonniers, concentrés dans les zones de stations de montagne en hiver, relèvent, pour plus de la moitié, de la restauration et de l'hébergement. Dans le tourisme, les saisonniers sont pratiquement deux fois plus nombreux en hiver qu'en été. Les saisonniers d'été sont plus jeunes et sont plus souvent des femmes. Les saisonniers, plus particulièrement ceux d'été, connaissent des conditions d'emploi plus précaires que les permanents du tourisme.



Sommaire



Publication

En 2009, sur l'ensemble de la région Rhône-Alpes, 5 % des emplois salariés sont directement générés par la fréquentation touristique, soit 115 500 emplois en moyenne annuelle. En la matière, la région Rhône-Alpes se place derrière la Corse (12,5 %), Provence-Alpes-Côte d'Azur (7,7 %), Languedoc-Roussillon (6,8 %) ou encore Aquitaine (5,1 %) mais précède Midi-Pyrénées (4,5 %).

Rhône-Alpes possède des atouts touristiques qui lui sont propres. Elle se caractérise à la fois par la chaîne de montagne des Alpes du nord, par la présence de Lyon comme métropole régionale et par des zones du sud attractives durant la période estivale. Depuis 2003, le nombre d'emplois touristiques a progressé deux fois plus vite que celui des autres emplois salariés régionaux.

Un tourisme de loisirs prédominant en montagne et plutôt un tourisme d'affaires à Lyon

La part de l'emploi touristique dans l'emploi salarié est forte dans les zones de stations de montagne de Savoie et de Haute-Savoie. Dans la Tarentaise-Vanoise, la moitié des emplois sont des emplois touristiques. La zone du Mont Blanc suit avec un quart des emplois définis comme touristiques, puis la Maurienne avec une part de 20 %. La plupart des stations de ski rhônalpines sont localisées dans ces trois territoires (près de 110 stations sur les 150 que compte la région), et attirent tous types de touristes (familles, sportifs, etc.).

En périphérie de ces zones, les territoires Alpes-Sud-Isère-Royan-Vercors et le Chablais présentent également une part d'emploi touristique importante (18 %).

C'est toutefois la zone du Grand Lyon qui regroupe le plus grand nombre d'emplois touristiques de la région (24 600). Malgré un poids moins marqué (4 %), elle bénéficie, avec la présence de Lyon, d'un tourisme d'affaires particulièrement développé tout au long de l'année.

Dans le sud de la région, l'Ardèche Méridionale et le Bassin de Montélimar se distinguent avec respectivement 9 % et 6 % d'emploi touristique. Ces territoires développent leur activité touristique principalement durant la période estivale.

Les emplois générés par le tourisme pèsent plus dans les zones de montagne et dans le sud de la région

carte : Part de l'emploi touristique dans l'emploi salarié en France et en Rhône-Alpes

La moitié des emplois touristiques sont générés par les deux secteurs les plus représentatifs du tourisme, la restauration et l'hébergement. La restauration, qu'elle soit traditionnelle ou rapide, est le plus gros employeur avec un tiers des emplois touristiques (33 000). L'hébergement se place en deuxième position avec un quart des emplois : l'hôtellerie y est le principal recruteur (21 100 emplois) ; les autres hébergements touristiques (campings, auberges de jeunesse, gîtes, etc.) concernent 8 % des emplois touristiques. Du fait des activités de ski alpin, le secteur des remontées mécaniques comptabilise 7 000 emplois touristiques, soit 6 %.

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Des emplois saisonniers deux fois plus nombreux en hiver

L'activité touristique fluctue fortement selon les saisons. Durant les hautes saisons d'hiver et d'été, les employeurs ont un besoin de main-d'œuvre temporaire supplémentaire et font appel à des saisonniers. Le tourisme de montagne étant particulièrement développé, les emplois saisonniers sont deux fois plus nombreux l'hiver que l'été : respectivement 24 300 emplois en moyenne contre 11 100. Dans la région Rhône-Alpes, le caractère saisonnier de l'emploi touristique est plus affirmé l'hiver : en moyenne durant cette saison, un emploi touristique sur cinq est saisonnier.

5 % des emplois salariés sont liés à la fréquentation touristique en Rhône-Alpes

Effectifs des emplois touristiques et des salariés saisonniers
Emploi salarié1 Emploi touristique1 Saison d'hiver Saison d'été
Emploi touristique sur la saison2 Emploi saisonnier2 Salariés saisonniers Emploi touristique sur la saison2 Emploi saisonnier2 Salariés saisonniers
1 Moyenne annuelle
2 Moyenne sur la saison
Source : Insee - Déclaration annuelle des données sociales 2009
Région Rhône-Alpes 2 330 000 115 500 120 400 24 300 55 100 114 400 11 100 31 000
dont...
Grand Lyon 688 900 24 600 22 300 1 400 6 100 26 000 800 3 500
Tarentaise - Vanoise 27 200 12 600 20 500 9 100 13 900 7 100 1 800 3 500
Mont Blanc 22 900 5 500 7 000 2 700 4 700 4 700 1 100 2 300
Ardèche Méridionale 31 700 2 800 1 700 300 1 500 4 100 1 100 2 600

Le déploiement des activités de glisse et autres sports durant la saison hivernale implique une concentration des emplois saisonniers dans les zones de stations de montagne. Dans certains territoires, notamment en Tarentaise-Vanoise et en Maurienne, jusqu'à la moitié des emplois touristiques sont saisonniers.

La zone du Grand Lyon connaît un niveau d'emplois touristiques qui évolue relativement peu au cours de l'année. La part de l'emploi saisonnier y reste donc plutôt faible, près de 6 % en hiver.

L'été, les activités touristiques concernent davantage le sud de la région. Ainsi en Ardèche Méridionale, le nombre d'emplois saisonniers est multiplié par quatre entre l'hiver et l'été. À l'inverse, dans les territoires de montagne, les effectifs d'emplois saisonniers sont plus faibles durant la saison chaude. La part des saisonniers dans l'emploi touristique d'été demeure toutefois importante dans ces territoires, notamment en Maurienne (31 %). Les territoires des Alpes-Sud-Isère et de Royan-Vercors en comptent 15 %.

Les zones du Mont Blanc et de la Maurienne présentent une plus forte continuité de l'emploi sur les deux saisons, bien que leurs effectifs saisonniers diminuent de moitié entre l'une et l'autre. En comparaison, en Tarentaise-Vanoise, le nombre d'emplois saisonniers est divisé par cinq en été.

L'emploi touristique est saisonnier : d'abord dans les Alpes l'hiver, en développement dans le sud en été

Effectifs de l'emploi touristique et part de l'emploi saisonnier - hiver et été

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En été, plus d'emplois saisonniers dans les hébergements touristiques hors hôtellerie

En hiver, la création d'emplois saisonniers est principalement le fait des secteurs de l'hôtellerie et des autres types d'hébergements (40 %) : 9 700 emplois. Le domaine de la restauration et l'exploitation des remontées mécaniques mobilisent respectivement 27 % et 19 % des emplois saisonniers.

Durant l'été, l'ouverture des campings induit un recrutement plus important de travailleurs dans le secteur des hébergements touristiques (31 % de l'ensemble des emplois saisonniers). La restauration et l'hôtellerie en emploient respectivement 24 % et 18 %. La randonnée et les activités de descente en VTT permettent de maintenir quelques effectifs dans le secteur des remontées mécaniques au sein des territoires de montagne.

Durant la période hivernale, la moitié des emplois saisonniers de la zone du Grand Lyon relèvent de la restauration. L'été, restauration et hôtellerie classique, moins sollicitées, génèrent moins d'emplois ; le secteur des autres hébergements touristiques (principalement gîtes voire campings) se renforce avec 37 % des emplois saisonniers.

La majorité des emplois saisonniers relèvent de la restauration et de l'hébergement

Répartition des emplois saisonniers dans le tourisme selon les secteurs d'activités
en %
Hôtels Hébergements touristiques Remontées mécaniques Restauration Thermes et Thalassothérapie Activités sportives
Hiver Eté Hiver Eté Hiver Eté Hiver Eté Hiver Eté Hiver Eté
Le tableau ne reprend que les principaux secteurs d'activité, les totaux, hiver comme été, ne font donc pas 100.
Source : Insee - Déclaration annuelle des données sociales 2009
Région Rhône-Alpes 23 18 17 31 19 4 27 24 1 1 4 7
dont...
Grand Lyon 12 9 11 37 0 0 53 30 1 2 7 5
Tarentaise -
Vanoise
29 21 17 22 14 8 28 18 1 2 3 16
Mont Blanc 31 29 11 22 26 10 25 25 1 1 2 6
Ardèche Méridionale 23 9 33 50 0 0 16 23 11 1 6 5

En Ardèche Méridionale, l'activité des établissements de thalassothérapie rassemble 11 % des emplois saisonniers hivernaux même si elle ne concerne que quelques dizaines d'emplois. L'été, les hébergements touristiques, hors hôtellerie, emploient la moitié des saisonniers et se chiffrent en centaines.

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Plus de salariés saisonniers que d'emplois

Le temps partiel est caractéristique de l'emploi saisonnier. Dans la région, fortement marquée par le tourisme d'hiver, le temps partiel est plus commun l'été ; ce constat ne se retrouve pas dans les autres régions du sud de la France. Les 11 100 emplois saisonniers d'été correspondent à seulement 8 800 équivalents temps plein (moyenne sur la saison) ; un saisonnier estival sur deux est à temps complet ; cette part est de 66 % l'hiver.

En moyenne, la durée d'emploi des saisonniers d'hiver est plus longue : de 3 à 4 mois. Pour 28 % d'entre eux, elle dépasse 5 mois. Pour les saisonniers d'été, la durée d'emploi moyenne est de 2 à 3 mois. Les durées de travail très courtes, de moins d'une semaine, sont cependant plus fréquentes en hiver : l'activité étant plus intense, les besoins ponctuels de main d'œuvre se font plus ressentir.

Durant une saison, un même emploi peut être occupé par plusieurs salariés successifs. Aussi, en hiver, compte-t-on 55 100 salariés saisonniers exerçant dans le tourisme, pour 24 300 emplois. L'écart est plus marqué l'été : 31 000 saisonniers pour 11 000 emplois.

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L'été, les saisonniers sont plus jeunes et sont plus souvent des femmes

Le profil des salariés saisonniers n'est pas le même selon la saison. Les saisonniers d'hiver sont plus âgés que ceux d'été (31 ans contre 27 ans en moyenne). Durant la période estivale, 42 % des saisonniers ont moins de 25 ans. Une grande partie d'entre eux sont des étudiants, du fait de leur grande disponibilité à cette période de l'année. Les saisonniers de l'été sont majoritairement des femmes (60 %) contrairement à ceux d'hiver où la répartition est plus équilibrée (52 % d'hommes). Dans quelques secteurs, les hommes sont plus représentés ; c'est le cas dans les remontées mécaniques où deux employés sur trois sont de sexe masculin.

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La moitié des saisonniers travaillent en tant que personnel de services

Quelle que soit la période de l'année, la moitié des saisonniers exercent une profession de service direct aux particuliers. Ce sont des employés des services hôteliers, de la restauration ou encore des travaux domestiques (agents d'entretien principalement).

Durant la période d'hiver, les saisonniers interviennent également comme cuisiniers ou commis de cuisine (pour 8 % d'entre eux) ou sont conducteurs de systèmes de remontées mécaniques (4 %). Les moniteurs de ski et autres éducateurs sportifs correspondent quant à eux à 3 % des saisonniers.

L'été, un saisonnier sur six est animateur socioculturel (mise en place et animation d'activités), exclusivement au sein des hébergements de type camping ou auberge de jeunesse.

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Les conditions d'emploi des saisonniers sont moins précaires en hiver

Pour les saisonniers d'hiver, les conditions d'emploi sont moins précaires que pour leurs homologues d'été. Plus souvent à temps complet, ils bénéficient par ailleurs d'une rémunération plus élevée. Le salaire horaire brut d'un saisonnier d'hiver est en moyenne de 12,20 euros, soit 3,40 euros de plus que le smic horaire brut ; les saisonniers d'été perçoivent en moyenne 10,90 euros brut par heure. Selon les secteurs d'activité, le salaire horaire brut est plus ou moins important. Le secteur des remontées mécaniques est celui qui rémunère le plus fortement ses saisonniers avec 14,70 euros brut par heure. A contrario, les saisonniers des hébergements touristiques (hors hôtellerie) perçoivent les rémunérations les plus modestes (10,80 euros brut par heure). Pour le secteur de l'hôtellerie, une différence est observée entre les saisonniers d'hiver et ceux d'été. Les premiers sont rétribués à hauteur de 12,20 euros brut par heure, contre 10,80 euros pour les seconds.

Ces différences entre saisonniers d'hiver et d'été s'expliquent en partie par les caractéristiques de ces deux populations. Les saisonniers exerçant l'hiver, plus âgés, ont plus d'ancienneté. Ils sont également plus nombreux à temps complet ; à ce titre, ils peuvent bénéficier d'une évolution de carrière plus intéressante (rémunération, primes, etc.). Les postes occupés l'hiver nécessitent également, pour certains, un niveau de qualification plus élevé. À titre d'exemple, les professions de moniteur de ski ou de conducteur de systèmes de remontées mécaniques sollicitent des compétences spécifiques validées par un diplôme ou une formation. Les étudiants sont plus présents pour occuper un "job d'été" mais l'offre est également plus faible en été.

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Encadré

Le Conseil régional de Rhône-Alpes a mis en place, depuis 2006, un plan régional de la saisonnalité dans le tourisme afin de répondre aux problématiques de l'emploi saisonnier dans ce secteur. Avec ce plan, la Région accompagne les initiatives d'amélioration des conditions de vie et de travail des saisonniers. Plusieurs actions sont soutenues comme la formation et la biqualification pour le développement de l'emploi à l'année ou encore l'amélioration de leurs conditions de vie (logement, santé, etc.). Pour stimuler ce type d'opération, une connaissance des salariés saisonniers est nécessaire, justifiant ce partenariat avec l'Insee Rhône-Alpes, avec pour principal objectif d'estimer et d'analyser l'emploi saisonnier lié à l'activité touristique.

Un saisonnier d'hiver sur dix occupe plusieurs postes et 7 % des saisonniers travaillent durant les deux saisons touristiques en Rhône-Alpes
5 600 saisonniers d'hiver occupent, durant une même saison, plusieurs postes, simultanément ou successivement. En été, ils sont 2 500. C'est dans la zone du Grand Lyon que les saisonniers pluriactifs sont les plus nombreux : ils y représentent près d'un saisonnier sur cinq.

Les saisonniers travaillant durant la saison d'hiver puis durant celle d'été sont au nombre de 5 700. Ils ont en moyenne 30 ans et travaillent 3 à 4 mois par saison. Ils sont en majorité à temps complet (60 %).

Les permanents du tourisme occupent plutôt des emplois de service direct à la personne
On compte 58 500 salariés permanents du tourisme. Cette population est plus stable que la population saisonnière, dans laquelle on constate un turnover important. Ces derniers sont plus âgés que les saisonniers, avec une moyenne de 37 ans. Comme les saisonniers, les permanents occupent fréquemment des emplois de services directs à la personne (40 %). Toutefois, ils sont également employés, responsables administratifs (secrétaires, agents d'accueil), commerciaux dans des sociétés de transport de voyageurs ou employés dans le secteur de la banque (18 %). Leurs conditions d'emploi sont meilleures que celles des saisonniers : trois permanents du tourisme sur quatre sont à temps complet et/ou en CDI. Ils sont mieux rémunérés, leur traitement étant, en moyenne, de 14,70 euros brut par heure.

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La Lettre Analyses
N° 198 - juin 2013

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