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Très léger recul de l'emploi salarié privé

Pierre-Jean Chambard - Insee Rhône-Alpes

Résumé

À l'issue de la crise de 2009, l'emploi salarié privé a connu, en Rhône-Alpes, deux années de progression ; ses évolutions sont plus contrastées en 2012. Si le tertiaire marchand hors intérim reste dynamique, et si l'emploi se maintient dans la construction, il s'oriente à la baisse dans l'industrie. Le repli de l'intérim s'intensifie. Au total, la région perd 2 900 salariés.

Sommaire

Publication

L'emploi salarié hors intérim en légère hausse

L'emploi salarié privé, après une progression annuelle de plus en plus forte entre 2005 et 2007, est entré en crise début 2008. Pendant près de deux ans, le rythme des destructions d'emploi a été soutenu. Puis l'emploi régional a renoué avec la croissance. Celle-ci, portée par l'intérim en 2010, était plutôt le fait de l'emploi non intérimaire en 2011. En 2012, en raison d'un recul important de l'intérim, l'emploi salarié privé total régresse très légèrement dans la région. Le fléchissement atteint - 0,2 %, soit 2 900 emplois perdus. Hors intérim, la région parvient cependant à préserver ses emplois, avec une hausse annuelle de + 0,3 %, soit 4 600 salariés supplémentaires. Malgré les gains des trois dernières années, le niveau de l'emploi régional reste légèrement inférieur à celui d'avant-crise.

Cette année encore, l'emploi se maintient mieux en Rhône-Alpes que dans l'ensemble du pays, où le nombre de salariés régresse de - 0,6 % au total, et de
- 0,2 % si l'on exclut l'emploi intérimaire. Rhône-Alpes, deuxième région de France pour le nombre d'emploi avec plus d'un salarié français sur dix, fait partie des cinq régions où l'emploi se maintient le mieux.


L'emploi total résiste plutôt bien en Rhône-Alpes

carte : Évolution régionale de l'emploi salarié

Des gains d'emploi dans le Rhône et dans les deux savoie

Emploi salarié par département et par secteur
en %
Emploi salarié au T4 2012
en milliers
Glissement annuel
IndustrieConstructionTertiaire marchanddont Commercedont IntérimTotal
Note : données CVS.
Champ : emploi salarié en fin de trimestre hors agriculture, secteurs principalement non marchands et salariés des particuliers employeurs.
Source : Insee, estimations d'emploi.
Ain129,5-1,0-0,7-0,90,7-17,7-0,9
Ardèche52,0-1,7-1,4-1,2-1,0-14,7-1,4
Drôme124,5-0,00,6-1,0-1,8-14,3-0,5
Isère300,5-1,9-1,4-0,5-0,1-6,9-1,0
Loire165,3-1,21,1-0,6-0,7-11,0-0,6
Rhône573,3-0,41,10,7-0,2-7,80,5
Savoie114,2-0,71,40,60,7-12,60,5
Haute-Savoie179,6-1,01,20,50,6-17,90,1
Rhône-Alpes1 639,0-1,00,40,0-0,2-11,1-0,2

Les évolutions départementales sont contrastées. Le Rhône, qui concentre 35 % de l'emploi régional, gagne 2 900 salariés (+ 0,5 %). Le nombre de salariés augmente également en Savoie (+ 0,5 %, soit 500 salariés supplémentaires) et en Haute-Savoie (+ 0,1 %). En revanche, dans tous les autres départements, le nombre de salariés diminue. Les pertes d'emploi, de l'ordre de - 0,5 % dans la Drôme ou la Loire, sont proches de - 1 % dans l'Ain et l'Isère, et atteignent - 1,4 % en Ardèche.


Le Rhône et l'Isère représentent plus d'un emploi sur deux

graph : L'emploi (hors intérim) en Rhône-Alpes, par département en 2012

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Recul de - 1,0 % dans l'industrie

L'industrie perd près de 4 100 salariés, soit une baisse de - 1,0 %, comparable à celle enregistrée au niveau national (- 0,9 %). Alors qu'en 2011, l'emploi industriel était orienté à la hausse pour la première fois en dix ans, il enregistre des pertes tout au long de l'année 2012. Celles-ci sont toutefois plus modérées que les destructions d'emploi massives souvent enregistrées au cours de la dernière décennie. Aujourd'hui, 26 % des salariés rhônalpins travaillent dans l'industrie, hors intérimaires, contre 22 % au niveau national, et Rhône-Alpes reste la deuxième région industrielle de France en nombre d'emplois.

La métallurgie, la plasturgie, le textile, les industries chimiques et du papier emploient la moitié des salariés rhônalpins de l'industrie. Ces secteurs, qui avaient globalement conservé leurs emplois en 2011, perdent 3 500 salariés cette année
(- 1,6 %). La fabrication d'équipements électriques, électroniques et informatiques, perd 700 emplois (- 0,8 %), et la fabrication de matériels de transports 500
(- 1,8 %). L'alimentaire ne perd quasiment pas de salariés. Pour la deuxième année consécutive, les secteurs de la cokéfaction et du raffinage, des industries extractives, de l'énergie, de l'eau, de la gestion des déchets et de la dépollution enregistrent ensemble une hausse de plus de 600 salariés (+ 1,6 %). Ce sont les seuls secteurs industriels à compter davantage d'emplois qu'avant la crise.

Le plus fort recul de l'emploi industriel affecte l'Isère (1 600 emplois en moins,
- 1,9 %), et la Loire (600 emplois perdus, - 1,2 %). La Drôme maintient ses effectifs, et les pertes s'échelonnent de 100 à 500 salariés dans les autres départements.

Le tertiaire reste le moteur de l'emploi régional

Évolution trimestrielle de l'emploi salarié des secteurs principalement marchands dans la région Rhône-Alpes

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Légère augmentation des effectifs dans la construction

La construction enregistre une progression très modérée de 600 emplois, soit + 0,4 %. Le secteur, qui emploie un salarié rhônalpin sur dix hors intérimaires, n'a pas retrouvé les très fortes hausses d'emploi de la décennie précédant la crise. L'emploi du secteur est cependant mieux orienté dans la région qu'au niveau national.

Le Rhône gagne 500 emplois, les départements savoyards et la Loire 200, l'Isère en perd 400. Le nombre de salariés de la construction ne varie quasiment pas dans les autres départements rhônalpins.

L'emploi résiste mieux dans la région qu'au niveau national

Emploi salarié des secteurs principalement marchands
en %
Secteur d'activité -
NAF rév. 2, 2008
Emploi salarié au T4 2012 en milliersGlissement annuelGlissement annuel moyen sur 5 ans (1)
Rhône-AlpesRhône-AlpesFrance métropolitaineRhône-AlpesFrance métropolitaine
Note : données CVS.
(1) : glissement annuel qu'aurait connu l'emploi salarié du secteur, si l'évolution avait été la même pour chaque année de la période de 5 ans considérée.
Champ : emploi salarié en fin de trimestre hors agriculture, secteurs principalement non marchands et salariés des particuliers employeurs.
Source : Insee, estimations d'emploi.
Industrie413,2-1,0-0,9-2,2-2,1
Industrie agro-alimentaire47,1-0,2-0,9-0,2-0,8
Cokéfaction et raffinage42,91,61,21,00,4
Biens d'équipement82,8-0,8-0,8-2,5-2,8
Matériels de transport24,7-1,80,3-3,1-1,9
Autres branches industrielles215,7-1,6-1,8-2,9-3,0
Construction155,90,4-1,0-0,6-1,0
Tertiaire marchand1 069,90,0-0,50,40,0
Commerce306,7-0,2-0,70,0-0,3
Transports135,5-0,7-0,4-0,1-0,3
Hébergement - restauration103,52,00,61,50,8
Information - communication57,82,70,31,40,6
Services financiers70,12,10,61,00,3
Services immobiliers23,6-2,0-1,3-0,8-1,1
Services aux entreprises235,71,61,11,51,1
Services aux ménages76,61,8-0,81,30,5
Intérim60,5-11,1-10,7-4,2-4,7
Total1 639,0-0,2-0,6-0,4-0,6

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Le tertiaire progresse de + 0,8 %

Le tertiaire privé essentiellement marchand gagne, hors intérim,
8 100 emplois en 2012, soit une progression de + 0,8 %, plus forte qu'au niveau national (+ 0,1 %), mais inférieure de moitié à celle des deux années précédentes.
Le secteur, qui a gagné des emplois tout au long de la dernière décennie, et connu des pertes limitées durant la crise de 2009, compte aujourd'hui plus de salariés qu'avant celle-ci. Il emploie désormais près de deux salariés rhônalpins sur trois.

Après deux années de forte progression, le commerce connaît un léger fléchissement (- 0,2 %, soit une perte de 500 emplois). Les services hors intérim, au contraire, progressent de + 1,2 %, soit 8 600 salariés supplémentaires. Ce sont les activités scientifiques et techniques et les services administratifs et de soutien qui créent le plus d'emploi : 3 600 au total (+ 1,6 %). L'emploi progresse également dans les secteurs de l'information et de la communication (+ 2,7 %), de l'hébergement et de la restauration (+ 2,0 %), ainsi que pour les activités financières et d'assurance (+ 2,1 %). Chacun de ces secteurs gagne quelque
1 500 salariés. Seuls deux secteurs d'activité qui avaient enregistré des gains d'emploi modérés l'année dernière, en perdent cette année : de l'ordre de 900 pour les transports (- 0,7 %), et de 500 pour l'immobilier (- 2,0 %).

La Haute-Savoie est le département où la hausse de l'emploi tertiaire est la plus marquée (+ 1,7 %). La progression est sensible également, de + 1,0 à + 1,3 %, dans l'Ain, le Rhône et la Savoie. Dans les autres départements rhônalpins, les évolutions (gains ou pertes) sont inférieures à + ou - 0,2 %.

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Important repli de l'intérim

Le repli de l'intérim, déjà important en 2011, s'amplifie en 2012 : le secteur perd 7 600 emplois, soit une baisse de - 11,1 %, comparable à celle enregistrée au niveau national (- 10,8 %). Les pertes, plus sévères au second semestre, affectent différemment les départements rhônalpins : l'Ain et la Haute-Savoie sont les plus touchés, avec des pertes de - 18 %, soit 1 300 emplois perdus. Le recours à l'intérim est également en forte régression, de - 11 à - 15 %, dans la Drôme, l'Ardèche, la Savoie et la Loire. Le nombre d'intérimaires connaît un fléchissement moindre, de - 7 à - 8 %, dans le Rhône et l'Isère.


Forte baisse de l'intérim en 2012

Évolution trimestrielle de l'emploi intérimaire

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Pour comprendre les résultats

Emploi salarié du secteur privé
Le champ couvert est celui de l'emploi du secteur concurrentiel privé, hors agriculture, administration, éducation, santé et action sociale.

Pour les années 2010 et antérieures, les estimations annuelles sont issues de la source ESTEL (Estimations d'emploi localisé) et élaborées à partir des Déclarations Annuelles de Données Sociales (DADS) et les taux d'évolution infra-annuels se basent sur les indices trimestriels d'Epure (données Urssaf exploitées par l'Insee).

À partir de 2011, les taux d'évolution se basent sur les indices trimestriels d'Epure appliqués à l'estimation annuelle 2010.

Les séries sont corrigées des variations saisonnières (CVS).

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Définitions, méthodes et sources

Avertissement : Les données chiffrées sont parfois arrondies (selon les règles mathématiques). Le résultat arrondi d'une combinaison de données chiffrées (qui fait intervenir leurs valeurs réelles) peut se trouver légèrement différent de celui que donnerait la combinaison de leurs valeurs arrondies.

Bilan économique Rhône-Alpes
Dossier N° 158 - Mai 2013

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