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Parc naturel régional du Haut-Jura : un territoire en partie industriel, en mutation sous influence suisse

Auteur : Blandine Grillot, Mustapha Touahir (Insee Rhône-Alpes)
Coordination assurée par la direction des Politiques territoriales de la Région Rhône-Alpes, et Mustapha Touahir et Philippe Bertrand de l'Insee Rhône-Alpes.



Résumé

Le Parc naturel régional du Haut-Jura s'étend sur deux régions, la Franche-Comté et Rhône-Alpes. Ce territoire hétérogène bénéficie, à l'est, de la proximité avec la Suisse, tandis que la partie nord ouest souffre d'une forte désindustrialisation. La population du Haut-Jura a augmenté de plus de 50 % depuis 1962. Le solde migratoire y est positif grâce à de nouvelles arrivées en provenance de l'étranger, essentiellement de Suisse. L'influence périurbaine grandissante de Genève explique un niveau de revenus globalement élevé et de nombreuses navettes domicile-travail. Toutefois, le nord-ouest du territoire, spécialisé dans la plasturgie et les biens d'équipement notamment, ne s'inscrit pas dans cette dynamique. Pour les acteurs locaux, un des enjeux majeurs est de créer les conditions d'un développement homogène sur l'ensemble du territoire.



Sommaire



Publication

Territoire montagneux de 182 000 hectares, le Parc naturel régional du Haut-Jura est situé aux confins des régions Rhône-Alpes et Franche-Comté. Il s'étale sur trois départements : l'Ain, le Jura et le Doubs. Longé à l'ouest par des forêts et la rivière Ain, délimité à l'est par la frontière avec la Suisse, le territoire est constitué d'un relief de moyennes montagnes. Le Crêt de la Neige, point le plus haut, culmine à 1 720 m. Le Parc naturel du Haut-Jura se caractérise également par une rigueur hivernale particulière : la neige y est généralement abondante tout au long de la saison. Pour autant, le territoire n'échappe pas à la problématique du changement climatique et ses conséquences sur les milieux et les activités.


Relief et voies de communication

carte : Relief et voies de communication

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Un caractère rural prononcé malgré l'influence grandissante des villes

En 2009, le PNR compte plus de 100 000 habitants. Environ la moitié des communes sont sous l'influence des villes (55) ce qui correspond à plus de 73 % de la population. Cette part s'élève à 84 % dans la zone de référence* constituée des autres PNR de la région Rhône-Alpes. Le Haut-Jura présente ainsi un caractère rural prononcé. Même si la densité y est relativement élevée (63 habitants au km² contre 41 habitants au km² pour la zone de référence), les espaces naturels sont très présents : on compte moins de 4 % de territoires artificialisés.

*Le territoire étudié est comparé à un territoire dit de "référence", englobant à la fois le territoire étudié et des territoires ayant des caractéristiques similaires. Bien que ce territoire dépasse des limites régionales, le PNR du Haut-Jura est comparé au territoire composé de l'ensemble des "PNR de Rhône-Alpes". Cette zone de référence est constituée des communes du Haut-Jura et des PNR des Monts de l'Ardèche, du Vercors, du Pilat, de la Chartreuse, des Bauges et du projet de PNR des Baronnies.


Carte d'identité du territoire
Haut-Jura Référence Région
1999 2009 1999 2009 2009
(*) composition des EPCI au 1er janvier 2011
Source : Insee - Recensements de la population 1999 et 2009 (exploitation principale) - Direction Générale des Collectivités Locales
Population 92 368 101 173 372 381 416 725 6 174 040
Poids dans la région (%) 1,6 1,6 6,6 6,7 ///
Densité (hab./km²) 58 63 37 41 141
Nombre de communes 101 101 588 588 2 879
dont % en EPCI (*) 64,4 95,0 61,2 97,4 95,4
Part de la population dans l'espace à dominante urbaine (%) 45,9 47,9 51,5 52,9 85,7
Part des moins de 25 ans (%) 32,8 31,1 30,4 29,0 31,8
Part des 65 et plus (%) 13,8 14,3 16,9 17,6 16,0
Indice jeunesse (moins de
25 ans / 65 ans et plus)
2,38 2,17 1,80 1,65 1,99

En lien avec la préservation de l'environnement, enjeu majeur pour le territoire, la part des surfaces protégées est très importante. 98 % de la superficie du Haut-Jura est concernée par au moins une mesure de protection réglementaire, foncière ou contractuelle (contre seulement 75 % dans la zone de référence). De même, des mesures de protection forte s'appliquent à près 10 % de la surface totale, contre 4 % en moyenne pour les autres PNR de la région.

La population du Haut-Jura est relativement concentrée. L'espace urbain peut être décomposé en deux parties. L'une, historiquement industrielle, correspond à l'aire de Saint-Claude, complètement incluse dans le territoire, ainsi qu'à une partie de celle d'Oyonnax (incluse à hauteur de 11,5 %). L'autre, davantage périurbaine, qui correspond à une partie de l'aire de Genève-Annemasse (11 %), est sous l'influence directe de la Suisse.

Les aires d'influence des villes

carte : Les aires d'influence des villes

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Le solde migratoire est de plus en plus élevé

Depuis 1962, la population du Haut-Jura a augmenté de près de 50 %. Au cours de la période récente, entre 1999 et 2009, la croissance moyenne de la population est de 0,9 % par an. Ce rythme d'augmentation est légèrement inférieur à celui de la zone de comparaison (1,1 % par an) mais semblable à celui de la région. Le PNR du Haut-Jura se différencie de la zone de référence par une croissance démographique portée à la fois par le solde naturel et par le solde migratoire (respectivement + 0,5 % et + 0,4 % en moyenne annuelle). Ces deux moteurs complémentaires ont toutefois des ancrages géographiques distincts, démontrant l'hétérogénéité du territoire. En effet, dans le Genevois, c'est le solde migratoire qui est très élevé, supérieur à 2 % (contre 0,4 % pour le solde naturel*). Au nord et à l'ouest, la population diminue : les départs sont, depuis 1990, plus nombreux que les arrivées  ; l'excès des naissances sur les décès contribue seul au dynamisme démographique (0,6 %).

*Dans le Genevois comme dans le Haut-Jura, le solde naturel est sans doute légèrement sous-estimé ; en effet, certaines femmes résidant en France accouchent en Suisse.

Évolution de la population depuis 1962

graf : Évolution de la population depuis 1962

Taux de variation annuel de la population

Taux de variation annuel de la population

Nombre d'habitants en 2009 et évolution de la population entre 1999 et 2009

carte : Nombre d'habitants en 2009 et évolution de la population entre 1999 et 2009

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Une population plutôt jeune et ouvrière

En lien avec le solde naturel positif, la population du Haut-Jura est relativement jeune. La part des moins de 30 ans s'élève à 37,4 %. Elle est supérieure à celle de la zone de référence (34 %), et comparable à la moyenne régionale. De même, les personnes de plus de 65 ans sont moins nombreuses, représentant 14,3 % de la population totale (contre respectivement 17,6 % pour le territoire de comparaison et 16 % pour la région Rhône-Alpes).

Les principales catégories socioprofessionnelles présentes dans le Haut-Jura sont les ouvriers (21 %), les professions intermédiaires et les employés. Ces proportions sont proches de celles de la zone la référence, hormis pour les ouvriers : avec 15 %, ces derniers sont, en moyenne, moins présents dans les autres PNR de la région Rhône-Alpes. Les retraités sont particulièrement sous-représentés dans le territoire : 21,6 % de la population contre 27,5 % pour la zone de référence. Par ailleurs, la part d'anciens ouvriers parmi les retraités est très élevée : 41 % (contre 32 %).

La surreprésentation des ouvriers, caractéristique des parties nord et ouest du territoire, s'oppose à une proportion plus forte de cadres dans les communes proches de la Suisse (15 % dans le Genevois contre 5 % dans la partie industrielle).


Ménages selon la catégorie sociale de la personne de référence
En % Haut Jura Référence Région
1999 2009 1999 2009 1999 2009
Source : Insee - Recensements de la population 1999 et 2009 (exploitation complémentaire)
Agriculteurs exploitants 1,1 0,9 3,0 2,2 1,3 0,9
Artisans, commerçants et chefs d'entreprise 6,0 5,1 7,1 6,6 5,9 5,3
Cadres et professions intellectuelles supérieures 7,6 10,3 7,5 9,8 9,5 11,8
Professions intermédiaires 14,4 16,0 13,8 14,8 15,4 16,0
Employés 10,2 10,6 8,9 9,3 10,6 10,9
Ouvriers 28,2 25,0 21,4 18,6 20,3 17,6
Retraités 26,9 27,8 32,4 34,8 28,8 31,6
Étudiants et élèves 1,2 0,9 0,5 0,3 2,6 2,1
Autres inactifs 4,3 3,5 5,3 3,6 5,7 3,9
Ensemble 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0 100,0

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Les frontaliers suisses s'installent dans le Haut-Jura

Entre 2003 et 2008, 16 500 habitants sont venus vivre dans le PNR du Haut-Jura quand 14 200 personnes le quittaient pour un autre territoire de métropole. En ce qui concerne les seuls échanges migratoires internes à la France métropolitaine, le solde est négatif (- 1 400 habitants). L'excédent migratoire du Haut-Jura résulte en fait de l'arrivée de personnes en provenance de l'étranger (3 500). À ce titre, la Suisse constitue le principal vivier puisqu'elle est le pays d'origine pour près d'un nouvel arrivant étranger sur quatre. Avec 7 % des migrants étrangers, le Royaume-Uni arrive en seconde position, ses ressortissants s'installant principalement dans le Pays de Gex.

De telles arrivées, nombreuses, expliquent que la communauté étrangère soit très importante dans le Haut-Jura : 12 % de la population contre seulement 5 % pour la zone de référence et 6 % pour Rhône-Alpes. La plupart des nouveaux arrivants en provenance de l'étranger sont des actifs occupés. Ils sont deux sur trois à travailler en Suisse. Par ailleurs, neuf nouveaux arrivants provenant de Suisse sur dix continuent de travailler dans ce pays.

L'influence de la Suisse et l'extension de l'agglomération genevoise concernent surtout la partie est du territoire. Parce qu'elles posent la question du foncier, elles constituent, pour les acteurs locaux, un sujet important. Ces derniers ont mis en place des actions qui visent à promouvoir un développement homogène du Haut-Jura, la pression étant plus forte à l'est en raison de la proximité de la frontière suisse.

Flux migratoires* par âge et par catégorie socioprofessionnelle entre 2003 et 2008
Par âge Arrivées Départs Solde Solde en %
de la population
(en l'absence de
migrations)
Source : Insee - Recensement de la population 2008 (exploitation principale)
de 5 à 14 ans 1 641 1 958 - 317 - 2,3
de 15 à 19 ans 779 1 446 - 667 - 10,2
de 20 à 29 ans 3 997 3 665 332 + 2,9
de 30 à 39 ans 3 290 3 115 175 + 1,2
de 40 à 54 ans 2 112 2 469 - 357 - 1,6
de 55 à 64 ans 633 916 - 283 - 2,5
65 ans et plus 564 713 - 149 - 1,0
Ensemble 13 016 14 281 - 1 265 - 1,3

Par CS (plus de 15 ans) Arrivées Départs Solde Solde en %
de la population
(en l'absence de
migrations)
(*) Il s'agit des migrations internes au territoire français (France métropolitaine + DOM). Elles ne tiennent donc pas compte des échanges avec l'étranger
Source : Insee - Recensement de la population 2008 (exploitation complémentaire)
Agriculteurs exploitants 19 33 - 14 - 2,3
Artisans, commerçants et chefs d'entreprises 432 418 14 + 0,5
Cadres et professions intellectuelles Supérieures 1 606 1 014 592 + 10,5
Professions intermédiaires 2 695 2 260 435 + 3,8
Employés 2 615 2 434 181 + 1,4
Ouvriers 2 180 2 083 97 + 0,6
Retraités 746 1 076 - 330 - 1,8
Étudiants et élèves 839 1 867 - 1 028 - 16,4
Autres inactifs 695 982 - 287 - 4,5
Ensemble 11 828 12 167 - 339 - 0,4

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Arrivées de cadres et de professions intermédiaires dont la moitié travaillent hors de la zone

Les migrations résidentielles qui opèrent au sein du territoire modifient la structure de sa population. Elles contribuent tout d'abord à diminuer la part des élèves et étudiants (- 17,8 % entre 2003 et 2008). Il en est de même, dans une moindre mesure, des retraités (- 2 %). À l'inverse, les cadres et les professions intermédiaires voient leur poids renforcé : plus d'un cadre sur dix n'habitait pas dans le Haut-Jura 5 ans avant d'être recensé.

L'attractivité résidentielle du territoire se ressent surtout auprès des jeunes âgés de 25 à 39 ans (un nouvel arrivant sur deux). Composés de jeunes couples d'actifs avec ou sans enfants, les ménages en question sont très majoritairement locataires de leur logement. Ils s'installent à l'est et au sud-est du Haut-Jura, à proximité immédiate de la Suisse. Pour eux, la principale motivation de l'arrivée dans le territoire réside dans sa qualité de vie ainsi que dans les possibilités de logement qu'il propose. L'emploi qu'occupent les nouveaux arrivants est d'ailleurs très souvent situé à l'extérieur du Haut-Jura (pour 62 % d'entre eux).

Le Haut-Jura jouit d'une grande attractivité, essentiellement résidentielle. Pour les acteurs locaux, favoriser l'emploi, principalement à destination des jeunes, afin de diversifier cette attractivité, constitue un enjeu majeur.

Dans le Haut-Jura, trois logements sur quatre correspondent à des résidences principales. La moitié d'entre elles sont des appartements, l'autre moitié des maisons individuelles. Le logement collectif est donc largement présent dans le territoire, beaucoup plus que dans les autres PNR de la région (seulement 29 %). Le constat est le même pour le logement social (15 % de locataires HLM contre 9 % pour la zone de comparaison).

Le développement du marché du logement dans le Haut-Jura n'est pas uniforme. Entre 1999 et 2009, la part des logements vacants a augmenté de plus de 3 points dans la partie industrielle et s'élève à 10,7 %. Dans le Genevois en revanche, en raison des tensions que connaît le marché immobilier, cette même part a légèrement diminué (6,7 % en 2009).

Les caractéristiques des logements
Haut-Jura Référence
Nombre Part en % Évolution 1999/2009 en % Part en % Évolution 1999/2009 en %
Source : Insee - Recensements de la population 1999 et 2009 (exploitation principale)
Résidences principales 43 318 74,4 + 15,0 70,5 + 18,4
Résidences secondaires 9 714 16,7 + 8,0 22,1 + 6,0
Logements occasionnels 474 0,8 - 32,4 0,7 - 3,4
Logements vacants 4 680 8,0 + 32,2 6,7 + 23,4
Ensemble des logements 58 186 100,0 + 14,3 100,0 + 15,5
Les caractéristiques des résidences principales
Haut-Jura Référence
Nombre Part en % Évolution 1999/2009 en % Part en % Évolution 1999/2009 en %
Source : Insee - Recensements de la population 1999 et 2009 (exploitation principale)
Les résidences principales par type
Maisons 20 954 48,4 /// 69,5 ///
Appartements 22 058 50,9 /// 29,7 ///
Autres 305 0,7 /// 0,8 ///
Les résidences principales par statut d'occupation
Propriétaires 25 257 58,3 + 29,4 67,5 + 26,8
Locataires d'un logement vide non HLM 9 049 20,9 + 6,6 18,6 + 17,1
Locataires d'un logement vide HLM 6 524 15,1 + 0,6 8,8 + 5,1
Locataires d'un logement meublé 1 177 2,7 + 9,1 1,9 + 16,0
Logés gratuitement 1 310 3,0 - 37,3 3,2 - 39,7
Ensemble des résidences principales 43 318 100,0 + 15,0 100,0 + 18,4

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Des revenus élevés grâce aux frontaliers

Avec 26 500 euros en 2009, le revenu net imposable moyen au sein du PNR est élevé, supérieur à celui de la zone de comparaison (23 800 euros) et à la moyenne régionale (24 100 euros). Il a régulièrement augmenté depuis 1997. La part des revenus salariaux est importante : 73 % contre 64 % pour les autres PNR et 66 % pour la région. À l'inverse, la part des pensions et retraites est particulièrement faible (18 %) de même que celle des revenus non salariés (4 %).

Les plus hauts revenus se situent surtout à l'est du territoire, à proximité de Genève. Les communes de Divonne-les-Bains, Gex, Échenevex sont ainsi concernées, mais celles comme Mouthe, Les Rousses, Longchaumois, voire Saint-Claude, un peu plus au Nord, le sont aussi.

La part de la population vivant en dessous du seuil de bas revenus est relativement faible (11,6 % contre 12,1 % dans les autres PNR et 15 % dans la Région Rhône-Alpes), mais elle cache, elle aussi, de réelles disparités socio-spatiales : les habitants les moins aisés se trouvent à l'ouest et au nord du territoire (17 % de la population y vit avec un bas revenu contre 5 % dans la partie frontalière).


Revenus annuels moyens et composition du revenu
En euros de 2009 Haut-Jura Référence Région
2006 2009 2006 2009 2006 2009
Source : Insee - DGFiP - Impôt sur le revenu des personnes physiques et Revenus fiscaux localisés des ménages
Revenu annuel moyen par foyer fiscal 24 869 26 542 22 990 23 762 23 749 24 120
Foyers fiscaux non imposés (en %) 44,3 43,2 46,2 45,6 43,8 43,5
Revenu annuel par foyer fiscal imposé 33 713 37 154 33 427 34 685 34 010 34 634
Part des pensions et retraites dans le revenu fiscal (en %) /// 18,0 /// 24,3 /// 23,3

En 2009, dans le Haut-Jura, le taux de chômage au sens du recensement de la population s'élève à 9,4 %. Ce niveau, proche de la moyenne de Rhône-Alpes (9,8 %), reste supérieur à celui de la zone de comparaison (8,6 %). En vingt ans, le taux de chômage a presque doublé dans le Haut-Jura puisque 5,5 % de la population active était inoccupée en 1990. Les employés et les ouvriers sont les plus exposés : plus de huit demandeurs d'emploi sur dix relèvent de ces deux catégories. Pour le territoire, ce chômage plus fréquent s'explique par le contexte de désindustrialisation ainsi que par un niveau de formation moins important qu'ailleurs. En effet, 15 % des actifs de plus de 15 ans ne possèdent aucun
diplôme ; cette part est de 11 % dans la zone de comparaison.

Marché du travail
15 ans et plus 1999 2009
Haut-Jura Référence Région Haut-Jura Référence Région
Source : Insee - Recensements de la population 1999 et 2009 (exploitation principale)
Actifs ayant un emploi 41 731 153 872 2 308 240 46 515 179 196 2 659 590
Dont salariés 37 174 127 740 2 017 413 41 650 150 279 2 332 368
Dont non salariés 4 557 26 132 290 827 4 865 28 917 327 223
Chômeurs 3 393 15 819 286 935 4 827 16 864 288 945
% chômeurs dans la population active 7,5 9,3 11,0 9,4 8,6 9,8

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Un secteur industriel touché mais encore très présent

En 2009, dans le Haut-Jura, le nombre d'emplois total s'élève à 33 300. Il est équivalent à ce qu'il était en 1990 et a même baissé au cours de la dernière décennie (- 1 600 postes). Cette évolution est à contre-courant des tendances constatées dans les autres PNR et la région ; elle s'explique par l'ancrage industriel de l'économie locale. En effet, le secteur de l'industrie demeure très présent sur le territoire. Celui-ci regroupe plus de 28 % des emplois (contre seulement 18,5 % des emplois dans la zone de comparaison et 17,3 % au niveau régional). Ce sont le plastique, la fabrication de jouets et de lunettes qui sont les principaux marqueurs industriels du Haut-Jura. Le reste de l'emploi du secteur se répartit dans des activités agro-alimentaires (7 % des postes), dans la fabrication de matériel de transport, le travail et la fabrication d'articles en bois. La zone autour de Saint-Claude est très structurante pour le territoire ; elle abrite de nombreux grands établissements employeurs du Haut-Jura.

Répartition de l'emploi par fonction en 2009
Haut-Jura Référence
Effectifs % %
Source : Insee - Recensement de la population 2009 (exploitation complémentaire)
Conception, recherche 624 1,9 1,2
Prestations intellectuelles 635 1,9 2,3
Agriculture 693 2,1 6,3
Bâtiment 2 612 7,8 9,1
Fabrication 6 698 20,1 12,7
Commerce interentreprises 759 2,3 2,4
Gestion 3 207 9,6 8,6
Transport, logistique 2 348 7,1 6,8
Entretien, réparation 2 389 7,2 8,1
Distribution 2 334 7,0 6,8
Services de proximité 3 576 10,7 11,9
Éducation, formation 1 998 6,0 5,1
Santé, action sociale 2 325 7,0 9,4
Culture, loisirs 854 2,6 2,5
Administration publique 2 220 6,7 6,6
Ensemble 33 273 100,0 100,0

Répartition de l'emploi par sphère d'activité en 2009
Haut-Jura Référence
Effectifs % %
Source : Insee - Recensement de la population 2009 (exploitation complémentaire)
Activités présentielles 19 947 59,9 65,2
Activités non présentielles 13 326 40,1 34,8
Ensemble 33 273 100,0 100,0

Depuis plus de dix ans, le secteur de l'industrie subit d'importantes pertes d'emplois (baisse de - 32 % entre 1999 et 2009). À l'image de la situation dans le Haut-Bugey, les entreprises de la plasturgie, essentiellement sous-traitantes, font face à un contexte conjoncturel dégradé. Pour soutenir le tissu économique local, les acteurs locaux mènent des politiques d'encouragement de l'activité économique. Ils mettent en place des politiques d'accompagnement et d'aide à la création d'entreprise. De telles initiatives concernent l'industrie, mais aussi l'agriculture. En effet, la filière du lait revêt, dans l'économie du territoire, une importance certaine : l'occupation des sols agricoles est avant tout le fait des surfaces toujours en herbes (89 % de la SAU) et de nombreuses exploitations sont spécialisées dans l'activité laitière. Le Haut-Jura compte d'ailleurs quatre zones de production de fromage AOC avec le comté, le morbier, le bleu de Gex et le mont d'or.


Les établissements de plus de 100 salariés au 31 décembre 2010

carte : Les établissements de plus de 100 salariés au 31 décembre 2010
Créations d'établissements
Période Haut-Jura Référence
 Ensemble Évolution entre
les 2 périodes
(%)
Évolution entre
les 2 périodes
(%)
Source : Insee - Sirène - Champ ICS
En 2011 735 /// ///
Flux annuel moyen 2003-2005 413 + 83,9 + 110,2
Flux annuel moyen 2009-2011 759

Sur la période récente, c'est le tertiaire qui permet de compenser les emplois perdus dans l'industrie. Le Haut-Jura compte, en 2009, près de 21 000 emplois dans ce secteur contre 18 500 en 1999. La santé, l'action sociale, la culture, les loisirs et l'administration publique connaissent les progressions les plus importantes. Comme dans d'autres zones à vocation industrielle, il semble qu'une mutation économique s'opère au sein du Haut-Jura. Celle-ci est amplifiée par l'influence de la Suisse qui modifie sensiblement le profil de la main d'œuvre locale et déplace progressivement le centre de gravité du territoire : les emplois créés, relevant de l'économie tertiaire, sont surtout localisés à l'est.

Spécificité du tissu productif de la zone d'étude par rapport à la zone de référence en 2010

Spécificité du tissu productif de la zone d'étude par rapport à la zone de référence en 2010

Avertissement : cet indice doit être utilisé avec prudence, celui-ci ayant peu de signification pour les activités à faible effectif.

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La part des actifs travaillant hors frontière augmente fortement depuis 1999

Même si la majorité des actifs (56 %) continuent de résider et de travailler dans le territoire - en ce sens, le Haut-Jura apparaît plus autonome que les autres PNR de la région -, de plus en plus de personnes en sortent quotidiennement pour se rendre sur leur lieu de travail. Entre 1999 et 2009, la part des actifs sortants a augmenté de plus de 10 points, passant de 33 % à 44 %. Cette évolution s'explique en grande partie par le phénomène transfrontalier. En effet, les déplacements dirigés hors frontière, essentiellement vers la Suisse, sont de plus en plus nombreux ; ils concernent près de trois actifs résidents sur dix (28 % en 2009 contre 19 % en 1999). L'influence de la Suisse ne s'exerce pas uniquement sur les cadres ; elle bénéficie, à des degrés divers, à toutes les catégories socioprofessionnelles : 43 % des cadres résidant dans le Haut-Jura sont frontaliers, comme 22 % des employés et 28 % des ouvriers.

Déplacements domicile-travail
Ensemble des actifs (*) 1999 2009
Nombre % Nombre %
(*) Dans ce tableau, les actifs occupés sont pris en compte quel que soit leur âge (donc y compris les quelques actifs de 14 ans)
Source : Insee - Recensements de la population 1999 et 2009 (exploitation principale)
Actifs occupés (au lieu de résidence) 41 734 100,0 46 527 100,0
Résidant et travaillant dans la zone 27 803 66,6 25 712 55,3
dont résidant et travaillant dans la même commune 17 700 42,4 14 893 32,0
Travaillant en dehors de la zone 13 931 33,4 20 815 44,7
Emplois dans la zone (au lieu de travail) 34 386 100,0 33 019 100,0
Occupés par des actifs résidant dans la zone 27 803 80,9 25 712 77,9
Occupés par des actifs résidant hors de la zone 6 583 19,1 7 307 22,1
Nombre d'emplois / nombre d'actifs 0,82 /// 0,71 ///

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Une bonne offre de services de proximité

Dans le Haut-Jura, l'offre d'équipements et de services est satisfaisante, plus importante que dans la zone de comparaison. Elle se structure autour de douze communes pôles de services de proximité. À celles-ci s'ajoutent cinq communes pôles de services intermédiaires : Divonne-les-Bains, Gex, Morez, Les Rousses et Saint-Laurent-en-Grandvaux. Enfin, deux communes du territoire sont pôles de services de la gamme supérieure et proposent des équipements plus rares : Saint-Claude et Bellegarde-sur-Valserine.

Au sein de la gamme de services de proximité, le taux d'équipement du territoire est meilleur que celui de la zone de comparaison, et ce pour l'ensemble des services : particulièrement pour les commerces alimentaires et les écoles maternelles et élémentaires. Il n'y a pas de services de proximité en situation de sous-équipement.

Dans la gamme intermédiaire, le territoire bénéficie également d'une offre équilibrée et plus importante que celle des autres PNR. C'est le cas par exemple des équipements de commerce : deux habitants sur trois résident dans une commune possédant un supermarché ; c'est presque deux fois plus que dans la zone de référence. De même, les magasins de meubles et d'électroménager, ainsi que les horlogers-bijoutiers et les magasin d'optique, sont plus nombreux qu'ailleurs. Les services aux particuliers sont également bien présents, notamment les agences de travail temporaire. En revanche, les services d'aide aux personnes âgées apparaissent moins accessibles. Seulement 8 % des résidents disposent de ces services dans leur commune (contre 12,4 % dans l'ensemble des PNR).

Pôles de services

carte : Pôles de services

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Un accès difficile à certains services de santé

Si la desserte des équipements et services les plus fréquents est de qualité, le territoire se singularise par un éloignement plus important en ce qui concerne les équipements de la gamme supérieure. Cela est particulièrement vrai pour certains équipements de santé ou sociaux. Ainsi, près de la moitié de la population n'a pas accès, en moins de 30 minutes, à une maternité, à un établissement d'urgences ou à un établissement psychiatrique. Il en est de même des services à domicile, d'aide aux personnes âgées, d'aide sociale à l'enfance, des hébergements ou soins à domicile pour personnes handicapées.

D'une manière générale, la partie industrielle du territoire est mieux dotée en équipements supérieurs que la partie genevoise. Le poids grandissant de cette dernière pourrait toutefois infléchir les tendances observées. Le défi d'un accès équitable sur l'ensemble du Haut-Jura constitue à l'évidence pour les acteurs locaux un enjeu important.

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Développer le tourisme d'été pour pallier la diminution de l'enneigement

En tant que Parc naturel régional, le Haut-Jura a une vocation touristique. Avec 34 lits au km², son offre touristique est comparable à celle de la zone de référence. Sa capacité d'accueil touristique est constituée à 84 % de résidences secondaires, les campings représentant 11 % des lits touristiques et l'offre hôtelière moins de 5 %. L'activité touristique représente 3,4 % de l'emploi, ce qui est équivalent à la situation des autres PNR de Rhône-Alpes. Par ailleurs, le Haut-Jura bénéficie des deux saisons. Durant la saison d'hiver, l'emploi généré par les activités touristiques connaît son niveau le plus haut. Le développement de l'activité touristique, hiver comme été, est un axe d'action prioritaire pour les acteurs locaux. Ils souhaitent stimuler l'activité touristique, notamment par la mise en place de marques "Produit du Parc" et "Savoir Faire du Parc".

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Encadré

Éléments sur la fiscalité locale

Fiscalité locale en 2008*
Haut-Jura Référence
Produit en euro/habitant Produit en % Produit en euro/habitant Produit en %
*rapportée à la population 2009
Sources : Insee, DGFiP - Recensement des éléments d'imposition
Taxe d'habitation 206 23,3 201 25,4
Foncier bâti 323 36,5 276 34,9
Foncier non bâti 16 1,8 19 2,4
Taxe professionnelle 340 38,4 295 37,3
Total des
4 taxes
884 100,0 791 100,0

Indicateurs de fiscalité 2008*
Haut-Jura Référence Région
*rapportés à la population 2009
Sources : Insee, DGFiP - Recensement des éléments d'imposition
Richesse fiscale par habitant (euros) 667 561 743
Coefficient de mobilisation de la richesse fiscale 0,73 0,83 0,96
Degré d'intégration intercommunale (%) 28,0 25,0 38,7

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La Lettre Analyses
N° 195 - mai 2013

Partenaire



Région Rhône-Alpes


L'Insee Rhône-Alpes et la Région Rhône-Alpes, liés dans le cadre d'un partenariat, réalisent des synthèses socio-économiques territoriales.

Les territoires étudiés sont identiques aux périmètres d'intervention économique du Conseil Régional, à savoir les Contrats de Développement Durable de Rhône-Alpes (CDDRA) et les Parcs Naturels Régionaux (PNR).

Sur la base de données communes à chaque territoire et d'échanges avec les acteurs locaux, ces études présentent une analyse des principales caractéristiques démographiques et économiques. Elles visent à mettre en avant les enjeux propres à chaque territoire.

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Documents associés