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PME, ETI et entreprises sous contrôle étranger sont plus présentes en Rhône-Alpes

Élise Bernert, Henri-Jean Lavergne, Insee Rhône-Alpes



Résumé

En Rhône-Alpes, la répartition des entreprises par catégorie est proche de la répartition nationale, avec un peu plus d'entreprises de taille intermédiaire et de petites et moyennes entreprises et un peu moins de grandes entreprises. L'histoire industrielle régionale conforte cette différence. La région compte nettement plus d'entreprises sous contrôle d'un groupe étranger que la moyenne nationale. Les secteurs d'activité et les catégories d'entreprise structurent un tissu productif très diversifié au niveau départemental.



Sommaire



Publication


Le décret du 18 décembre 2008, pris en application de la loi de modernisation de l'économie, a, en 2008, modifié la définition de l'entreprise, en substituant à l'approche juridique antérieure une approche économique (cf. "Pour comprendre les résultats"). Dans cette nouvelle définition, la région Rhône-Alpes compte 336 500 entreprises du secteur marchand (hors agriculture et hors intérimaires) ; elles emploient 1 335 800 salariés en équivalent temps plein. Cet effectif salarié représente 10,2 % des effectifs de la France.

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La répartition par catégorie est proche de la répartition nationale

Les 213 grandes entreprises (GE) concentrent à elles seules 377 300 salariés, soit 28 % de l'effectif régional. À l'opposé, les 316 600 microentreprises, qui constituent 94 % des entreprises de la région, emploient 266 100 salariés, soit 20 % de l'effectif total. Entre ces catégories, 2 100 entreprises sont de tailles intermédiaires (ETI), soit moins de 1 % des entreprises et 23 % des effectifs rhônalpins (306 200 salariés). Enfin, les 17 600 petites et moyennes entreprises (PME) représentent 5 % des entreprises pour 386 200 salariés, soit 29 % de l'effectif total.

La répartition régionale des emplois salariés par catégorie d'entreprise est proche de la moyenne nationale, avec un peu moins de GE (28 % contre 31 %) et un peu plus de PME (29 % contre 27 %), d'ETI (23 % contre 22 %) et de microentreprises. Le profil de la région est encore plus proche de la moyenne correspondant à la seule France de province.


Un tissu productif très diversifié

carte : sous-titre

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Un peu plus d'emplois dans le secteur industriel pour les PME, ETI et GE

Au sein des microentreprises, les deux premiers secteurs employeurs sont le commerce et la construction : près d'un salarié sur quatre travaille dans le commerce, et un sur cinq dans la construction. L'hébergement et la restauration (12 % des effectifs des microentreprises) sont aussi spécifiques de cette catégorie d'entreprise ; cela s'explique notamment par l'importance du tourisme dans la région. Enfin, les industries manufacturières rassemblent 13 % de ces postes. L'industrie est surtout présente dans les autres catégories d'entreprise.

En France, l'industrie est proportionnellement plus structurée en PME et ETI que ne le sont les autres secteurs d'activité. L'histoire, notamment industrielle, de Rhône-Alpes conforte cette activité dans la région. Ainsi, les PME en Rhône-Alpes, déjà proportionnellement plus présentes qu'en France métropolitaine, ont un profil industriel également plus marqué. 29 % des effectifs de cette catégorie d'entreprise relèvent des seules industries manufacturières ; l'industrie prise dans sa globalité regroupant quant à elle 31 % des postes (7 points de plus qu'au niveau national). La vocation industrielle des ETI est encore plus prononcée : les entreprises de cette catégorie emploient quatre salariés sur dix dans les industries manufacturières.

À un degré moindre, le commerce est, pour les ETI comme pour les PME, un autre secteur important ; il emploie, dans les deux cas, environ un salarié sur cinq.

Pour les grandes entreprises, même si la répartition sectorielle est plus diversifiée, elle confirme la place importante de l'industrie. Près de 20 % des salariés des grandes entreprises travaillent dans les industries manufacturières. Cela tient notamment à la présence de grands groupes comme SEB dont le siège social est situé dans la région. En lien avec la présence de centrales nucléaires, la production d'électricité constitue une autre facette de la spécificité industrielle des grandes entreprises de la région. Ces grandes entreprises se distinguent également en Rhône-Alpes dans trois autres secteurs : le commerce (16 % effectifs des GE), le transport et l'entreposage (16 % également) et les activités de banques et d'assurances (10 %). En moyenne, une grande entreprise est implantée dans 18 des 26 régions françaises. Rhône-Alpes recense sur son sol la plupart d'entre elles (213 sur 229).

L'industrie, premier employeur dans les entreprises de taille intermédiaire

graph : Effectifs salariés des entreprises par secteur selon la catégorie d'entreprise, en 2010

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Une forte présence de capitaux étrangers

Rhône-Alpes compte 2 025 entreprises sous contrôle d'un groupe étranger. Ces entreprises emploient 189 800 salariés soit 14,2 % des effectifs salariés de la région. Ce taux est plus élevé qu'il ne l'est au niveau national (13,0 %) ou pour la France de Province (11,7 %). Par ailleurs, de nombreuses entreprises rhônalpines, notamment les plus grandes, détiennent des filiales à l'étranger. Ce constat montre l'ouverture de la région au-delà des frontières nationales.

La part des effectifs des entreprises sous contrôle étranger varie selon la catégorie. Très faible pour les microentreprises (0,4 %) et pour les PME (6,6 %), elle est plus importante pour les GE (16,6 %) et pour les ETI (33 %). Celles-ci sont, en raison de leur taille, plus naturellement liées à des groupes étrangers (certaines de ces ETI correspondent à la partie française de grandes entreprises internationales).

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Les spécialisations des territoires influent sur la répartition régionale des effectifs par catégorie d'entreprise

Si la répartition régionale des effectifs par catégorie d'entreprise est proche du profil national, ce constat cache des disparités importantes entre les territoires, en lien avec la spécialisation de chacun d'entre eux. À titre d'exemple, dans l'Ain, l'Ardèche et la Drôme, la présence de centrales nucléaires explique une surreprésentation des grandes entreprises dans la production d'électricité.


Plus d'un tiers des salariés de la région exercent dans le Rhône. Le département possède la part la plus importante (34 %) des effectifs travaillant dans les grandes entreprises. Cette proportion est égale à celle des départements des grandes métropoles telles que Paris, Marseille ou Bordeaux. La part des effectifs dans les ETI (24 %) est légèrement supérieure à la moyenne régionale. Les GE regroupent un nombre important d'emplois dans les secteurs spécifiques du Rhône. Ils touchent principalement l'industrie automobile, avec la présence de Renault Trucks, et l'industrie pharmaceutique avec la présence de Sanofi Pasteur. L'industrie chimique et pharmaceutique est bien présente également avec le couloir de la chimie le long du Rhône, au sud de l'agglomération lyonnaise.

L'Isère est le département qui s'approche le plus de la moyenne régionale. Près d'un salarié de la région sur cinq y travaille. Avec 26 % des effectifs dans les ETI, l'Isère se classe parmi les 10 départements nationaux ayant le taux le plus élevé ; c'est aussi le premier en Rhône-Alpes. Le département comptabilise également une part importante des effectifs dans les grandes entreprises de par la présence de Grenoble qui, comme toutes les métropoles, attire plus de groupes. Même si le département est moins spécialisé que d'autres, il garde toutefois une part d'effectif dans le secteur de l'industrie supérieure à la moyenne régionale. Il est plus particulièrement spécialisé dans la fabrication de produits informatiques et électroniques comme en témoigne la présence du pôle de compétitivité Minalogic. Dans ce secteur, les effectifs sont d'ailleurs, comparativement à la situation régionale, surreprésentés dans les ETI et les GE.

La Loire compte 134 500 salariés. Elle se démarque avec la plus importante part des effectifs dans les PME de la région, soit un tiers de ses salariés. On constate une grande diversité des emplois, liée aux reconversions faisant suite aux fermetures de sites industriels historiques de la métallurgie et du textile. Le département garde toutefois une spécificité historique avec l'importance que prennent les PME et les ETI de la fabrication de produits métalliques. Le département se démarque également avec plus d'effectifs dans le secteur des industries alimentaires. Enfin, dans le domaine des services, la ville de Saint-Étienne conserve un lien particulier avec le groupe Casino.

Le département de la Drôme compte 102 900 salariés. La part des effectifs salariés dans les GE est de 28 %, égale à la moyenne régionale et à celle de l'Isère, inférieure à celle du Rhône, mais bien supérieure à celles des autres départements. La Drôme se caractérise également par une part d'effectifs dans les PME supérieure à la moyenne régionale. Le département a une spécificité dans les industries manufacturières, mais moins marquée que dans les départements de l'Ain et de l'Ardèche. Les effectifs sont surreprésentés dans les ETI et GE des industries alimentaires, notamment avec la présence de groupes agro-alimentaires détenteurs de "Brioche Pasquier" ou "Valrhona". Les industries utilisant l'eau sont aussi plus présentes avec des ETI de l'industrie du papier ou des GE dans la chimie. Le département conserve l'empreinte de l'histoire régionale avec une surreprésentation des emplois dans les ETI de la métallurgie et de la réparation et installation de machines d'équipement.

Plus de GE dans le Rhône, d'ETI dans l'Isère et de PME dans la Loire

Effectifs salariés par catégorie d'entreprise et par département, en 2010
Micro-entreprises Petites et moyennes entreprises Entreprises de taille intermédiaire Grandes entreprises Effectif total
Nombre Part Nombre Part Nombre Part Nombre Part
Champ : entreprises marchandes hors agriculture, hors intérimaires,
Les chiffres sont arrondis à la centaine, ce qui peut entrainer des totaux qui diffèrent du cumul de chaque catégorie,
Source : Insee, Esane, Lifi et Clap 2010
Ain 22 000 20 35 600 33 26 600 25 23 200 22 107 300
Ardèche 12 000 27 13 500 30 10 000 22 9 500 21 45 000
Drôme 21 000 20 31 800 31 21 200 21 28 800 28 102 900
Isère 47 500 20 63 200 26 63 600 26 66 900 28 241 200
Loire 28 700 21 45 900 34 26 900 20 32 900 24 134 500
Rhône 74 900 16 120 100 26 111 600 24 160 900 34 467 500
Savoie 23 400 25 28 600 31 16 500 18 23 900 26 92 400
Haute-Savoie 36 500 25 47 500 33 29 900 21 31 200 22 145 100
Total régional 266 100 20 386 200 29 306 200 23 377 300 28 1 335 800
Total France 2 545 000 19 3 572 500 27 2 900 900 22 4 068 100 31 13 086 500

Les salariés du département de l'Ain, au nombre de 107 300, sont plus concentrés dans les PME et les ETI qu'au niveau régional. Un tiers des effectifs salariés travaillent dans des PME et le quart dans une ETI. Ils sont plus nombreux dans les industries manufacturières qui restent une spécificité du département. Les effectifs salariés d'une PME ou d'une ETI dans l'industrie du plastique sont surreprésentés, en raison de la présence de la "Plastics Vallée" qui concentre le plus grand nombre d'entreprises spécialisées dans ce domaine en Europe. Les effectifs sont également plus nombreux dans les ETI de la fabrication de meubles, avec notamment la présence de Grosfillex. Ils sont aussi très présents dans les grandes entreprises du secteur automobile comme Renault Trucks à Bourg-en-Bresse.

Avec 145 100 salariés, la Haute-Savoie compte, comme la Savoie, une part plus importante des effectifs dans les microentreprises et les PME. Un tiers des effectifs travaillent dans une PME et le quart dans une microentreprise. Mais ce département est plus proche de la moyenne régionale dans la répartition des secteurs d'activité même s'il garde une petite spécificité dans le commerce, le transport, l'hébergement et l'entreposage liés au tourisme. La part de l'industrie est aussi plus importante qu'en Savoie, montrant ainsi un département aux activités plus diversifiées et moins dépendantes du tourisme. Dans l'industrie, le département a une spécificité forte avec un nombre important d'entreprises, notamment de PME, dans la fabrication de produits métalliques, liée au décolletage, spécialité de la vallée de l'Arve. Les GE ressortent dans la fabrication de boissons avec la présence de groupes de l'agro-alimentaire qui exploitent les sources des eaux d'Évian et de Thonon-les-Bains ou également les ETI dans la fabrication d'équipements électriques ou de machines.

Le département de la Savoie compte 92 400 salariés. La part des microentreprises et des PME y est plus élevée qu'au niveau régional et la part des effectifs travaillant dans l'hébergement et la restauration est la plus importante de la région. Les trois quarts sont concentrés dans les microentreprises et les PME. Ceci s'explique par la forte spécificité touristique du département. Parmi les premiers employeurs du département, figurent les ETI des remontées mécaniques. L'industrie, bien que représentant une part plus faible des emplois, garde quelques spécificités : la métallurgie notamment avec une surreprésentation des ETI et des GE par rapport au niveau régional.

Avec 45 000 salariés, l'Ardèche est le département où ils sont le moins nombreux. La part des effectifs travaillant dans une microentreprise ou une PME est élevée, la plus élevée de la région pour les microentreprises. C'est le département le plus atypique, avec une activité moindre et peu de diversité d'emploi. Le secteur des industries manufacturières est surreprésenté. Les effectifs de l'industrie automobile travaillant dans une grande entreprise sont plus présents avec notamment Iveco à Annonay. L'industrie du textile conserve une petite spécificité par rapport à la région avec un peu plus d'effectifs dans les ETI et les PME, comme l'industrie du cuir et de la chaussure avec plus d'effectifs dans les GE. D'autres catégories se démarquent, comme les ETI de l'industrie du papier notamment au travers de la présence de "Canson".

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Encadré

Plus d'effectifs salariés dans les GE avec la nouvelle définition des entreprises

Comme au niveau national, la nouvelle définition des entreprises modifie les effectifs salariés par catégorie d'entreprise au profit des grandes entreprises et au détriment des PME. Ainsi, les grandes entreprises emploient désormais 28 % des salariés contre 12 % avec l'ancienne méthode. À l'inverse, ce sont les effectifs des PME qui diminuent le plus (29 % contre 39 % avec l'ancienne méthode) puis les effectifs des ETI (23 % contre 27 %). Les effectifs des microentreprises restent relativement stables (20 % contre 21 %).


graph : Répartition des effectifs salariés en Rhône-Alpes selon la définition d'entreprise

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La Lettre Analyses
N° 193 - avril 2013

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