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Haute-Savoie : un dynamisme démographique tiré par la proximité de Genève

Caroline Roux, Insee

Résumé

Entre 1999 et 2006, la croissance démographique de la Haute-Savoie est l'une des plus dynamiques de la région Rhône-Alpes. La densification de la population est forte à proximité de la Suisse et autour d'Annecy, où la périurbanisation se poursuit. Cette hausse résulte d'un fort excédent des naissances sur les décès et d'un solde migratoire élevé.

Sommaire

Publication

Une croissance démographique des plus dynamiques

En 2006, la population de la Haute-Savoie s'élève à 696 000 habitants, soit 10 % de plus qu'en 1999, ce qui représente une augmentation de 1,4 % par an. Ce rythme de croissance situe la Haute-Savoie au 8ème rang des départements de France métropolitaine. Elle se place également au 1er rang des départements de Rhône-Alpes, à égalité avec l'Ain (+1,4 % par an) et devant la Savoie (+1,1%). Cette hausse est plus forte que durant les années 90 (+1,2 % par an), mais plus faible que durant les années 80 (+1,8 %).

Ce phénomène n'est pas récent. En effet, la Haute-Savoie connaît la croissance démographique la plus importante de la région depuis 1962. Depuis cette date, la population du département a plus que doublé, pendant que celle de la région Rhône-Alpes augmentait de 50 %. À ce rythme, la Haute-Savoie pourrait devenir dans quelques années le troisième département le plus peuplé de la région en dépassant la Loire.

De 1999 à 2006, la hausse concerne quasiment tout le territoire départemental. La population de tous les cantons, sauf celui de Chamonix, a augmenté. Les hausses sont particulièrement marquées pour les zones proches de Genève, au bord du Léman, ainsi qu'autour d'Annecy et de Bonneville.

À l'est, les cantons de Cluses, Samoëns et Sallanches connaissent une augmentation de leur population plus modérée que dans le reste du département.


Tous les cantons profitent de la hausse de la population sauf Chamonix

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Densification plus forte dans le Genevois français

Avec 159 habitants au km², contre 144 en 1999, la densification du département se poursuit au rythme de 2 habitants de plus au km² chaque année. La Haute-Savoie est désormais le second département de la région en terme de densité après le Rhône. Elle se place devant la Loire et l'Isère dont la population a moins progressé ces dernières années. Les cantons d'Annecy, Annemasse et Thonon-les-Bains, déjà fortement peuplés, connaissent une forte augmentation de densité. C'est également le cas pour la plupart des communes situées le long de l'axe Annecy-Genevois, dans la Vallée de l'Arve, ainsi que le long de la voie reliant Thonon-les-Bains à Genève.


La densité augmente dans le Genevois et autour d'Annecy

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Une périurbanisation accrue

La hausse de la population entre 1999 et 2006 confirme la tendance à l'étalement périurbain. En 2006, comme dans les années 90, 93 % des habitants de Haute-Savoie résident dans l'espace à dominante urbaine. Ce sont les communes périurbaines qui connaissent la plus forte progression : + 2,3 % par an (+ 2,0 % dans les années 90) contre + 1,0 % pour les pôles urbains. Dans les communes de l'espace rural, le rythme de croissance démographique s'est légèrement accéléré passant de + 0,9 % par an dans les années 90 à + 1,1 % depuis 1999.

La population des trois premières agglomérations du département, Annecy, Thonon-les-Bains et Annemasse, a augmenté de 1999 à 2006. La commune de Thonon-les-Bains, 31 200 habitants, a accéléré sa croissance démographique : +1,1 % par an, contre +0,2 % entre 1990 et 1999. Les communes proches ont, elles aussi, connu une croissance importante, supérieure à 2 % par an. Annemasse, après avoir perdu de la population dans les années 90, en gagne à nouveau (+0,7 % par an) et compte près de 29 000 habitants en 2006. Sa communauté d'agglomération enregistre une hausse plus forte (+ 1,2 %) et atteint 74 000 habitants.

À Annecy, la progression est l'une des plus faibles du département (+0,2 % par an). Ceci peut s'expliquer par les limites foncières et le coût du logement. Cette croissance modeste s'observe également dans les communes limitrophes. Globalement, la population de la communauté d'agglomération augmente de 0,7 % par an. Dans ce département à la croissance dynamique, cette évolution paraît faible mais reste cependant équivalente à celle de l'agglomération de Chambéry et supérieure à celle de Grenoble.

Pratiquement toutes les communes du département ont vu leur population augmenter depuis 1999, à l'exception de certaines communes de montagne. Chamonix et Megève, stations de sports d'hiver renommées, perdent des habitants (respectivement -0,9 % et -1,9 % par an). Ce phénomène peut s'expliquer par la hausse du coût de l'immobilier qui dissuade les actifs de se loger sur place et conduit à la transformation de résidences principales en résidences secondaires. La Clusaz, Morzine et Les Gets perdent également des habitants.

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Un excédent naturel et un solde migratoire apparent élevés

La forte croissance démographique de la Haute-Savoie s'explique par un afflux important de nouveaux habitants, combiné à un nombre plus élevé de naissances que de décès. En effet, le solde migratoire apparent est élevé (+ 0,8 % par an) et l'excédent naturel est important (+0,6 %). C'est le seul département rhônalpin où les contributions de ces deux facteurs sont aussi proches. Elles sont également plus élevées que dans l'ensemble de la région (+0,4 % et +0,5 %). Ces deux évolutions conjuguées ont profité à la quasi-totalité du territoire.

Depuis 1990, les taux d'évolution annuels de population dûs au solde naturel sont très stables. Ils sont sensiblement équivalents quel que soit le type d'espace : urbain ou rural, entre 0,6 % et 0,7 % par an. Durant la période récente, ces progressions sont pratiquement les mêmes pour l'ensemble des cantons du département, même si elles sont plus modérées à Thonon-les-Bains ou Annecy. À Annemasse, le nombre de naissances est nettement supérieur à celui des décès.


Un accroissement naturel homogène sur tout le territoire

Le changement par rapport aux années 90 vient surtout de l'accélération des mouvements migratoires. Globalement, l'excédent des arrivées sur les départs en Haute-Savoie progresse dans les zones urbaines comme dans le rural. Les tendances récentes des migrations de population ne sont cependant pas identiques selon la situation géographique. Elles sont même opposées entre l'est du département et le nord-ouest, proche de la frontière suisse.

À l'est, les cantons de Chamonix, Cluses et Sallanches, présentent des soldes migratoires négatifs. Au centre du département, les échanges migratoires sont positifs mais moins élevés que dans la zone frontalière.

La partie genevoise du département est devenue, depuis 1999, la plus attractive. Une des explications est fournie par les nombreux actifs travaillant à Genève et résidant en Haute-Savoie. Saint-Julien-en-Genevois profite notamment de cet essor pour gagner de la population et dépasser le seuil des 10 000 habitants. Thonon-les-Bains connaît ces dernières années une croissance de sa population dont la majeure partie s'explique par un solde migratoire apparent plus fort (0,7 % par an entre 1999 et 2006 contre 0,3 % entre 1990 et 1999).


Le Genevois français très attractif

Un département en plein essor démographique
Sources : INSEE - Recensements 1990,1999 et 2006
PopulationTaux de variation annuel moyen(en%)1990-1999Taux de variation annuel moyen 1999-2006 (en%)
199019992006Totaldû au solde natureldû au solde migratoire apparent
France métropolitaine 56 615 200 58 520 700 61 399 500 0,4 0,7 0,4 0,3
Rhône-Alpes 5 350 700 5 645 800 6 021 300 0,6 0,9 0,5 0,4
Haute-Savoie 568 300 632 000 696 300 1,2 1,4 0,6 0,8
 
Pôles urbains 370 100 399 900 428 700 0,9 1,0 0,7 0,4
Périurbain 158 300 188 600 220 500 2,0 2,3 0,6 1,6
Total espace à dominante urbaine 528 300 588 500 649 300 1,2 1,4 0,6 0,8
Total espace à dominante rurale 39 900 43 400 47 000 0,9 1,1 0,6 0,5
Les communautés d'agglomération
Annécienne 119 400 128 100 134 800 0,8 0,7 0,6 0,1
Annemasse - Les Voirons - Agglomération 65 700 68 300 74 000 0,4 1,2 0,7 0,5
Les 10 principales communes1
Annecy 49 600 50 300 51 000 0,2 0,2 0,4 -0,2
Thonon-les-Bains 28 400 29 000 31 200 0,2 1,1 0,3 0,7
Annemasse 27 700 27 200 28 600 -0,2 0,7 1,1 -0,4
Annecy-le-Vieux 17 500 18 900 19 800 0,8 0,7 0,4 0,3
Cluses 16 400 17 700 17 800 0,9 0,1 1,0 -0,9
Seynod 14 800 16 400 17 400 1,2 0,9 0,9 0,0
Cran-Gevrier 15 600 16 400 16 800 0,6 0,3 0,9 -0,6
Sallanches 12 800 14 400 15 500 1,3 1,0 0,7 0,3
Rumilly 10 000 11 200 12 800 1,3 1,9 0,8 1,1
Gaillard 9 600 9 900 11 500 0,4 2,1 0,6 1,5
1 Population municipale

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La Lettre Résultats N°108 - février 2009