Hervé BENETREAU
Après une année 2010 très favorable, consécutive à une année 2009 en forte baisse, la hausse de la construction neuve de logements se poursuit en 2011, à un rythme toutefois ralenti. Les ventes de logements neufs traduisent ces évolutions avec un décalage d'un an : elles se redressent nettement après une année 2010 particulièrement morose. En revanche, la construction de locaux à usage autre qu'habitation enregistre une baisse sensible, revenant ainsi à son niveau de 2009.
Malgré un léger repli, l'activité de la construction neuve reste soutenue en 2011. Les surfaces autorisées en logements ordinaires et locaux reculent de 2 % par rapport à 2010. Elles s'établissent à 717 500 m², soit 13 900 m² de moins que l'année précédente. Cette relative stabilité traduit toutefois des mouvements opposés entre construction de logements et de locaux. En effet, la construction de logements s'inscrit en légère hausse en termes de surfaces (+ 4 % après + 30 % en 2010). A l'inverse, la construction neuve de locaux à usage autre qu'habitation marque le pas après une année 2010 très dynamique (- 18 % après + 19 % en 2010). En 2011, au total, le logement concentre 78 % des surfaces autorisées à la construction contre 74 % un an auparavant.

Après le net repli observé en 2009, la construction neuve de logements
ordinaires progresse pour la deuxième année consécutive en 2011 et se
rapproche du niveau élevé de 2008. Le nombre de permis de construire
s'établit à 5 950, soit 3 % de plus qu'en 2010. Cette hausse ressort
du dynamisme du logement individuel groupé qui augmente tant en termes
de permis (1 290, soit + 36 %) que de surfaces
(116 900 m², soit + 36 %).
Avec 1 680 logements autorisés, l'habitat individuel pur se maintient
au niveau de 2010. En revanche, l'habitat collectif enregistre une
baisse tant en termes de permis que de surfaces (respectivement - 6 %
et - 7 %). Il ne représente plus que 50 % de la construction des
logements ordinaires en 2011 (55 % en 2010). Enfin, la construction
de logements en résidence (résidences pour personnes âgées, pour étudiants,
pour touristes...) s'effondre après une année 2010 record (180 logements
contre 780 en 2010).
Sur l'ensemble de l'année 2011, la construction nouvelle
(bâtiments totalement nouveaux), qui représente 92 % des logements,
a progressé de 3 %. A l'inverse, la construction s'appuyant sur une
partie existante (8 % des logements) a reculé de 3 %.

Cette légère embellie d'ensemble de la construction de logements cache des
disparités départementales. Le département de la Haute-Corse progresse pour
la troisième année consécutive : avec 3 030 logements ordinaires autorisés,
il progresse de 6 % par rapport à 2010. Le volume d'activité y devient
légèrement supérieur à celui de la Corse-du-Sud. Le nombre de permis
de construire accordé en Haute-Corse pour les logements collectifs
et les logements individuels purs est en hausse (respectivement
+ 7 % et + 10 %). A l'inverse, les logements individuels groupés
enregistrent une diminution de 5 %. Ainsi, les logements collectifs
demeurent le type de construction privilégié dans le département,
devant l'habitat individuel pur. Par ailleurs, la construction sur
bâtiment existant, regroupant 7 % des logements en Haute-Corse,
augmente de 25 % et la construction de bâtiments totalement
nouveaux progresse de 5 %.
En Corse-du-Sud, la construction de logements ordinaires
est stable avec 2 920 autorisations. Les logements collectifs et
les maisons individuelles enregistrent une baisse (respectivement
- 19 % et - 8 %). En revanche, les logements individuels groupés
font un bond de 82 %. Les logements collectifs demeurent le type de
construction privilégié en Corse-du-Sud. Par ailleurs, la construction
sur bâtiment existant, qui représente 9 % des logements ordinaires dans
le département, chute de 17 % tandis que la construction nouvelle
augmente de 2 %.
Après une année 2010 en forte progression, les surfaces autorisées concernant les locaux à usage autre qu'habitation diminuent nettement en 2011 (- 18 %). La baisse est aussi marquée en Haute-Corse qu'en Corse-du-Sud. Les constructions à vocation commerciale sont en net repli, après une année 2010 très favorable. De même, les locaux agricoles reculent fortement après le rebond observé en 2010. A l'inverse, les autorisations concernant les entrepôts enregistrent à nouveau une augmentation importante. Ils représentent près d'un quart des surfaces autorisées de locaux en 2011. Les locaux destinés au service public renouent avec la hausse en 2011. Parmi ceux-ci, la construction de bâtiments dédiés à des activités culturelles ou de loisirs est particulièrement dynamique. Enfin, les autorisations concernant les bureaux progressent également, mais plus modérément.
En 2011, 2 100 logements neufs ont été vendus en Corse, soit une hausse de 33 % par rapport à une année 2010 en net repli. Ainsi, le volume des ventes de logements neufs est supérieur au niveau atteint en 2009. Ce rebond fait suite à la forte hausse des permis de construire enregistrée en 2010. La Corse se place ainsi en 12e position parmi les régions métropolitaines pour le nombre de logements vendus. Les ventes de logements individuels sont stables alors que celles des logements collectifs progressent de 37 % et représentent 93 % du marché insulaire. Après une hausse marquée en 2010, les prix sont en légère baisse dans le collectif (3 168 € au m², soit - 1 %). Par ailleurs, l'offre en logements neufs est supérieure au volume de ventes. En 2011, 2 430 logements ont ainsi été mis en vente en Corse (69 % de plus qu'en 2010). Le stock de logements disponibles en fin d'année est en augmentation par rapport à l'année précédente (1 400 logements contre 970 en 2010).
