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Un adulte sur dix en situation préoccupante face à l’écrit

Christophe Barret, Nicolas Chauvot, Insee Provence-Alpes-Côte d'Azur
Virginie Meyer, Direccte

Résumé

En Provence-Alpes-Côte d'Azur, 305 000 personnes âgées de 16 à 65 ans, soit un adulte sur dix, rencontrent des difficultés préoccupantes pour lire ou écrire un mot, ou encore pour comprendre un texte simple. Dans la région, cela concerne autant les femmes que les hommes. Le fait d’apprendre à lire en français réduit ce risque. Toutefois, en Paca, 159 000 personnes étant ou ayant été scolarisées en France, sont en situation d’illettrisme. Les faibles compétences face à l’écrit ont des conséquences dans la vie quotidienne mais également sur un parcours professionnel davantage marqué par l’inactivité et le chômage. Pour autant, une personne en situation préoccupante sur deux occupe un emploi.

Des tableaux et graphiques complémentaires sont également disponibles dans les données de l'étude.

Sommaire

Publication

L’enquête IVQ (Information et Vie Quotidienne), réalisée fin 2011, permet d’évaluer les compétences des adultes âgés de 16 à 65 ans face à l’écrit, en calcul et en compréhension orale. Les exercices sont fondés sur des supports de la vie quotidienne comme le programme de télévision, un plan ou l’écoute d’un bulletin météo. Comme en France métropolitaine, 16 % des adultes de la région éprouvent des difficultés à lire ou écrire un mot ou encore comprendre un texte simple. Ces difficultés sont jugées préoccupantes pour 305 000 d’entre eux, soit 10 % des adultes de Paca.

Parmi eux, 159 000 personnes, soit plus de la moitié, sont ou ont été scolarisées en France. Elles sont en situation d’illettrisme et représentent 5 % des adultes de la région. Ces difficultés face à l’écrit sont également repérées auprès de 104 000 adultes qui ont fait leur première scolarisation à l’étranger (4 % des 16-65 ans). Enfin, 42 000 personnes qui n’ont jamais été scolarisées sont en situation préoccupante (1 %) : elles sont analphabètes. Un enjeu important est de mieux repérer ces différents publics pour développer des solutions adaptées à leurs besoins.

Davantage de personnes en difficulté en calcul

Dans la région, 18 % des adultes sont en situation préoccupante en calcul, 14 % en compréhension orale et 10 % face à l’écrit, ces trois difficultés pouvant se cumuler. Face à l’écrit, les hommes et les femmes sont à égalité. En revanche, en calcul, les hommes sont moins en difficulté que les femmes : 14 % sont en situation préoccupante contre 21 % des femmes. Par ailleurs, quel que soit le domaine de compétence observé, les plus âgés éprouvent davantage de difficultés que les plus jeunes mais ils sont toutefois moins concernés en Paca qu’en France métropolitaine.

Plus de la moitié des personnes en situation préoccupante face à l’écrit le sont également en calcul (57 %) et en compréhension orale (54 %). Ce cumul des difficultés n’est pas pour autant systématique : 20 % des personnes en situation préoccupante face à l’écrit obtiennent de bons résultats en compréhension orale. C’est aussi le cas pour 37 % des adultes qui ont des difficultés préoccupantes en calcul.

 

159 000 adultes de Paca sont en situation d'illettrisme

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Les résultats face à l’écrit fortement liés aux langues pratiquées dans l’enfance

En Paca comme en France métropolitaine, 40 % des personnes pour lesquelles le français n’était pas du tout parlé à la maison lorsqu’elles étaient enfants, se retrouvent en situation préoccupante face à l’écrit à l’âge adulte. Cette proportion augmente si elles n’ont pas appris à lire en français. Ainsi, une personne sur deux qui a été scolarisée à l’étranger dans une autre langue que le français, a des difficultés préoccupantes face à l’écrit à l’âge adulte.

Plus l’arrivée en France est tardive, plus le risque d’être en situation préoccupante face à l’écrit augmente. Il diminue ensuite, à mesure que le nombre d’années passées en France s’élève. En Paca, cela contribue à expliquer que les migrantes, installées depuis moins longtemps dans la région, sont plus souvent en difficulté que leurs homologues masculins.

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Un non diplômé sur trois en situation préoccupante face à l’écrit

Sans surprise, plus le niveau d’étude augmente, plus la proportion d’adultes en situation préoccupante face à l’écrit diminue. Ces difficultés concernent ainsi un tiers des personnes n’ayant obtenu aucun diplôme ; à l’inverse, quasiment aucun titulaire d’un baccalauréat ou plus n’est concerné. Par ailleurs, les mauvaises performances face à l’écrit vont de pair avec des redoublements nombreux dans les classes du primaire. Le risque s’accroît également avec une entrée tardive à l’école.

Les difficultés face à l’écrit sont très liées à l’absence de scolarité ou de diplôme des parents. Ainsi, la très grande majorité des personnes dont le père ou la mère n’a jamais été scolarisé, sont en situation préoccupante face à l’écrit. C’est également le cas d’une personne sur cinq dont le père ou la mère n’a pas de diplôme. En revanche, si les parents ont obtenu un diplôme, quel que soit son niveau, le risque diminue fortement.

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Une personne sur deux en situation préoccupante face à l’écrit travaille

En Paca comme en France métropolitaine, la moitié des personnes en situation préoccupante face à l’écrit occupent un emploi. Bien que présentes dans tous les secteurs d’activité, elles le sont proportionnellement plus dans l’hébergement-restauration et la construction. Plus la qualification de l’emploi s’élève, moins elles sont nombreuses : 16 % chez les ouvriers qualifiés, 9 % chez les employés et aucune chez les cadres. Par ailleurs, dans trois cas sur quatre, elles sont en contrat à durée indéterminée. Ce taux est toutefois inférieur de 10 points à la moyenne des actifs en emploi.

Les adultes en situation préoccupante sont également moins nombreux à travailler que les autres adultes de la région,de 10 points de moins en moyenne. Cet écart est encore plus marqué pour les femmes : alors que 58 % des femmes de Paca travaillent, elles ne sont que 43 % parmi celles qui sont en situation préoccupante face à l’écrit. Cette différence de 15 points est cependant moins prononcée qu’en France métropolitaine où elle atteint 21 points.

Cela se traduit aussi sur les chiffres du chômage : 14 % des personnes en situation préoccupante face à l’écrit se déclarent au chômage, contre 9 % des 16-65 ans. Elles sont plus touchées par le chômage de longue durée : 40 % d’entre elles ont déjà connu une période de chômage de plus d’un an, contre 28 % des adultes de la région. En outre, les chômeurs sont deux fois plus concernés : 17 % sont en situation préoccupante face à l’écrit, contre 8 % des actifs en emploi.

Enfin, les inactifs hors élèves, étudiants, retraités, personnes en formation ou en stage non rémunéré représentent un quart des personnes en situation préoccupante face à l’écrit, contre 10 % des adultes de la région. Au niveau national, ces chiffres sont respectivement de 21 % et 8 %.

 

Une personne sur deux en situation préoccupante face à l'écrit travaille

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Les personnes à bas revenus sont davantage en difficulté face à l’écrit

Une pauvreté élevée est fréquemment associée à de faibles compétences face à l’écrit, en calcul et en compréhension orale. Toutes choses égales par ailleurs, les personnes à bas revenus sont deux fois plus fréquemment en situation préoccupante face à l’écrit (cf. encadré « Lieu de naissance et scolarisation sont déterminants... »). Les personnes avec de telles difficultés face à l’écrit sont également proportionnellement plus nombreuses à dépendre des revenus de redistribution : elles perçoivent trois fois plus souvent le RSA (Revenu de Solidarité Active) que l’ensemble des 16-65 ans.

En Paca comme en France métropolitaine, les personnes qui habitent en Zus sont plus souvent que les autres en situation préoccupante face à l’écrit (23 % contre 9 %). C’est également le cas des personnes qui ont vécu dans un logement précaire quand elles étaient enfants. En revanche, le fait de résider en ville ou à la campagne ne semble pas déterminant.

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Si l’on reconnaît ses difficultés dans la vie quotidienne...

En Paca, plus de la moitié des personnes en situation préoccupante face à l’écrit déclarent avoir des difficultés à écrire une lettre et 20 % disent qu’elles ne le font jamais. Elles déclarent un peu moins fréquemment être gênées pour lire une carte. En revanche, faire les courses, lire une facture ou utiliser un distributeur de billets posent moins de difficultés. Toutefois, certaines déclarent ne pas avoir du tout de difficulté alors que les tests démontrent le contraire : 15 % des personnes qui ont des difficultés préoccupantes à écrire un mot déclarent pouvoir écrire une lettre ; 8 % de celles qui ne s’en sortent pas en lecture déclarent bien lire le français.

Dans la vie courante, deux options s’offrent à elles : éviter d’effectuer une tâche ou se faire aider. Dans leur très grande majorité, les personnes qui reconnaissent avoir des difficultés demandent de l’aide.

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... c’est l’inverse dans la vie professionnelle

Dans le milieu professionnel en revanche, les personnes ne reconnaissent pas forcément leurs difficultés. Elles mettent en place de nombreuses stratégies de contournement. Il est donc moins aisé de repérer ces populations pour leur proposer des solutions.

Ainsi, la moitié de la population qui a des difficultés préoccupantes pour écrire un mot, déclare écrire au travail sans difficulté. Par ailleurs, si la lecture est un obstacle pour certaines personnes à la recherche d’un emploi, elles déclarent majoritairement ne pas avoir de difficultés à lire une annonce d’emploi ou de logement.

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