David Levy, Valérie Roux , Insee Provence-Alpes-Côte d'Azur
La population de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur s'établit à 4 815 232 personnes au 1 er janvier 2006.
En 50 ans, la région a gagné deux millions d'habitants, ce qui représente la plus forte évolution des régions françaises.
Villes-centres, banlieues, espaces périurbains et ruraux ont participé à la progression depuis 1999, de façon plus équilibrée qu'au cours des décennies précédentes.
Les villes-centres renouent désormais avec la croissance démographique.
D'après le recencement de 2006, la région compte 4 815 232 habitants.
Sur les 963 communes de Paca, 807 ont moins de 5 000 habitants et n'hébergent que 18 % de la population régionale.
À l'opposé, les 11 communes de 50 000 habitants ou plus en abritent 41 %.
En Paca, 91 % de la population réside dans un espace urbain. C'est beaucoup plus qu'en France métropolitaine. Seuls l'Île-de-France, le Nord-Pas-de-Calais et l'Alsace sont dans une situation comparable. À l'intérieur de la région, les disparités sont très fortes : 98 % de la population des Alpes-Maritimes et des Bouches-du-Rhône habitent dans l'espace urbain. Ces départements font partie des plus urbanisés de France.
Au coeur de l'espace urbain se trouvent les villes-centres : ce sont les zones les plus denses avec en moyenne 800 habitants au km². Paca compte 24 villes-centres, parmi lesquelles se trouvent de très grandes villes comme Marseille, Nice, Toulon, mais également des communes plus petites (Manosque, Gap, Menton, Salon-de-Provence, ...). Elles abritent à elles seules 41 % de la population régionale contre seulement 28 % au niveau national, ce qui représente la plus forte concentration de métropole. Dans les Bouches-du-Rhône, leur poids atteint même 52 %.
| en nombre et en % | ||||||
| Population au 1er janvier 2006 |
Répartition de la population par type d'espace | |||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Espace urbain | Espace rural | |||||
| Ensemble | Ville-centre | Banlieue | Périurbain | |||
| Source : Insee - Recensement de la population 2006 | ||||||
| Alpes-de-Haute-Provence | 154 501 | 41 | 25 | 6 | 10 | 59 |
| Hautes-Alpes | 130 752 | 50 | 37 | 4 | 9 | 50 |
| Alpes-Maritimes | 1 073 184 | 98 | 35 | 59 | 4 | 2 |
| Bouches-du-Rhône | 1 937 405 | 98 | 52 | 35 | 11 | 2 |
| Var | 985 099 | 88 | 30 | 41 | 17 | 12 |
| Vaucluse | 534 291 | 85 | 37 | 32 | 16 | 15 |
| Paca | 4 815 232 | 91 | 41 | 39 | 11 | 9 |
| France métropolitaine | 61 399 541 | 82 | 28 | 32 | 22 | 18 |
Autour, les banlieues présentent une continuité de bâti avec les villes-centres. Les communes y sont un peu moins denses (500 habitants au km² en moyenne). 39 % des habitants de Paca y résident. Leur poids varie fortement d'un département à l'autre : de 4 % dans les Hautes-Alpes jusqu'à 59 % dans les Alpes-Maritimes. Les villes-centres et leurs banlieues forment les agglomérations.
Les communes plus éloignées, mais qui restent très tournées vers ces agglomérations - au moins 40 % des actifs vont y travailler - constituent l'espace périurbain. Seul un habitant sur dix y réside en Paca, soit deux fois moins qu'au niveau national. Dans cet espace, les densités de population sont beaucoup plus faibles et se rapprochent de celles du rural (68 habitants au km²).
Si on prend l'exemple du Var, Toulon est la ville-centre la plus importante (on y compte 3 900 habitants au km²). La banlieue s'étend de Saint-Cyr-sur-Mer à l'ouest jusqu'à Hyères à l'est et au nord jusqu'à Belgentier, englobant notamment La Seyne-sur-Mer et La Garde. En s'éloignant de cette couronne, on se trouve dans l'espace périurbain qui s'étend à l'est jusqu'à La Londe-les-Maures et au nord jusqu'à Garéoult.
Les Hautes-Alpes et les Alpes-de-Haute-Provence sont les départements les plus ruraux de la région avec respectivement 50 % et 59 % de leur population localisée dans l'espace rural. Ils font partie des 15 départements les plus ruraux de France.
La région Paca est celle qui a eu le plus fort taux de progression depuis 1962 : 71 %, soit plus du double de la France (32 %). Viennent ensuite des régions voisines, la Corse et le Languedoc-Roussillon avec des croissances de 63 %.
Tous les départements de la région n'ont pas progressé au même rythme. Le Var se distingue à la fois par une forte croissance - sa population a plus que doublé depuis 1962 - et une régularité dans ce rythme. Le Vaucluse, les Alpes-Maritimes et les Alpes-de-Haute-Provence ont vu leur population augmenter au même rythme qu'en moyenne régionale. Les Hautes-Alpes et les Bouches-du-Rhône ont progressé moins rapidement.
Depuis 1962, Paca n'a pas connu d'exode rural : les espaces ruraux de la région ont en effet enregistré une croissance continue de leur population sur toute la période. Ceci distingue la région de quasiment toutes les autres régions de France : seules la Franche-Comté et Rhône-Alpes sont depuis 1975 dans ce cas.
Entre 1975 et 1999, dans la région comme en France, la population des villes-centres a stagné - voire diminué - alors que celle des banlieues et surtout du périurbain ont fortement augmenté.
Au final, les poids respectifs des espaces urbains et ruraux sont restés constants depuis 1962 (respectivement 90 % et 10 %) dans la région Paca. En revanche, au sein de l'espace urbain, le poids des villes-centres a considérablement diminué au profit de la banlieue. En 1962, les villes-centres logeaient plus de 50 % de la population contre à peine 30 % pour les banlieues ; aujourd'hui, chacune en héberge 40 %.
En Paca, comme en France, la croissance démographique s'est accélérée depuis 1999 :
la population régionale croît chaque année de 1 % par an contre 0,8 % entre 1982 et 1999.
L'excédent des naissances sur les décès explique un quart de cette croissance, les trois quarts restants étant dûs au solde migratoire apparent ;
ce solde a progressé depuis 1999 (
cf. encadré : La mesure du solde migratoire par les recensements).
Paca est une des régions où la population augmente le plus rapidement,
derrière les autres régions du sud de la France et les Pays de la Loire.
Tous les départements ont participé à cette croissance,les plus fortes accélérations étant observées pour les Alpes-de-Haute-Provence (1,5 % par an après 0,9 % entre 1982 et 1999) et les Bouches-du-Rhône (0,8 % après 0,4 %).
| en nombre et en % | |||||
| Taux d'évolution annuel moyen (en %) | Évolution annuelle moyenne 1999-2006 (en nombre d'habitants) |
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|---|---|---|---|---|---|
| 1982-1999 | 1999-2006 | Totale en nombre d'habitants |
due au solde naturel |
due au solde apparent des entrées-sorties |
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| Source : Insee - Recensement de la population 2006 | |||||
| Provence-Alpes- Côte d'Azur |
0,8 | 1,0 | 44 100 | 9 800 | 34 300 |
| Alpes-de-Haute-Provence | 0,9 | 1,5 | 2 100 | 0 | 2 100 |
| Hautes-Alpes | 0,9 | 1,0 | 1 300 | 200 | 1 100 |
| Alpes-Maritimes | 0,8 | 0,8 | 8 800 | - 100 | 8 900 |
| Bouches-du-Rhône | 0,4 | 0,8 | 14 600 | 7 300 | 7 300 |
| Var | 1,4 | 1,3 | 12 400 | 700 | 11 700 |
| Vaucluse | 0,9 | 1,0 | 4 900 | 1 700 | 3 200 |
Sur les 963 communes de Paca, seules 112 perdent des habitants, soit 12 % des communes de la région, contre 25 % en France métropolitaine où les plus fortes pertes sont localisées dans le Nord-Est et le Centre.
Plusieurs zones de la région profitent particulièrement de cette croissance : le littoral se densifie, notamment entre les centres des agglomérations. De plus en plus d'habitants s'installent dans les arrières-pays (notamment varois et niçois). L'influence des agglomérations de Marseille-Aix-en-Provence et d'Avignon s'étend. On constate enfin une densification de la population le long des autoroutes : sillon rhôdanien (A7, d'Avignon à Orange), Val de Durance (A51, de Manosque à Sisteron), arrière-pays varois (A8, entre Brignoles et Fréjus).
Parmi les 44 000 habitants supplémentaires chaque année, l'espace urbain en accueille 38 000. Depuis 1999, les villes-centres progressent de nouveau, et de manière plus accentuée en Paca (+ 0,7 % par an contre + 0,3 % en France). C'est par exemple le cas de Marseille, Toulon ou Avignon qui perdaient des habitants dans les années 90. Ce regain s'explique par un solde migratoire redevenu positif. Ce solde contribue aujourd'hui pour moitié à la croissance des villes-centres. Dans les autres régions du sud de la France, les villes-centres se développent encore plus fortement (1,1 % en Languedoc-Roussillon par exemple).
Dans les banlieues de la région, la population continue de croître fortement (0,9 % par an depuis 1999 contre 0,6 % en France) mais à un rythme ralenti par rapport à la période précédente (1,2 %). C'est le cas par exemple de Vitrolles, Hyères, Le Cannet ou encore Pernes-les-Fontaines dans le Vaucluse. 80 % de la croissance est d'origine migratoire
Bien que demeurant l'espace qui croît le plus fortement (+ 1,6 % par an), le périurbain est en très nette décélération depuis 1999 (+ 2,5 % par an entre 1982 et 1999). On observe le même ralentissement en Languedoc-Roussillon, en Île-de-France et autour des agglomérations lyonnaise et lilloise. Mais il ne s'agit pas d'un mouvement général. En moyenne en France, la croissance du périurbain se maintient.
Dans les années 80 et 90, les banlieues contribuaient le plus fortement à la croissance (61 % de l'augmentation entre 1982 et 1999) suivies du périurbain (31 %) ; les villes-centres perdaient des habitants. Depuis 1999, les banlieues ne contribuent plus qu'à hauteur de 38 % et le périurbain à hauteur de 18 %. Les villes-centres ont renoué avec la croissance et, compte tenu de leur poids démographique, elles ont pris la seconde place, contribuant à hauteur de 30 % à la croissance régionale.
L'espace rural a vu son dynamisme renforcé entre 1999 et 2006 en Paca, au moment où, au niveau national, il renouait avec la croissance. Compte tenu du déficit des naissances sur les décès, traditionnel dans ces espaces vieillissants, ce dynamisme est entièrement dû à un excédent des arrivées sur les départs. Paca est ainsi, avec la Corse et le Languedoc-Roussillon, la région qui enregistre la plus forte croissance de population dans le rural. Les territoires ruraux, peu peuplés, n'expliquent cependant que 14 % de la croissance régionale.

janvier 2009 - n° 128