Guillaume COUTARD, Sébastien SEGUIN
Les zones d'emploi sont définies comme des espaces à l'intérieur desquels travaillent la plupart des actifs qui y résident. Ce zonage d'étude partitionne intégralement le territoire français. Le découpage réalisé en 2010 prend en compte les évolutions récentes des migrations domicile-travail issues du recensement de la population.
La région est désormais découpée en 20 nouvelles zones d'emploi, dont une zone d'emploi interrégionale autour d'Alençon, qui s'étend également sur la Basse-Normandie. Elle comptait 16 zones d'emploi dans le découpage en vigueur jusqu'à présent, qui datait de 1984. Les zones d'emploi autour des grandes agglomérations s'étendent. Pour autant, les Pays de la Loire présentent la spécificité de conserver également de nombreux pôles d'emploi secondaires, bien répartis sur le territoire.
En 2011, conformément aux recommandations du Conseil national de l'information statistique (CNIS), plusieurs zonages d'étude sont révisés : il s'agit des zones d'emploi, des unités urbaines et des aires urbaines.
Cette nouvelle géographie de zonages d'études, attendue par tous les acteurs locaux, sera présentée, tout au long du deuxième semestre de l'année, à travers plusieurs numéros d'Informations statistiques.
Nous commençons cette série par une présentation de la révision des zones d'emploi dans la région des Pays de la Loire.
Les Pays de la Loire sont découpés en 20 nouvelles zones d'emploi millésimées 2010 depuis la révision nationale du périmètre de ce zonage d'étude (cf. pour comprendre ces résultats). La région comptait 16 zones d'emploi dans le découpage précédent, qui datait de 1984 dans les Pays de la Loire comme dans la plupart des régions françaises, quelques régions ayant réalisé une révision en 1993-1994. Avec la Basse-Normandie et le Languedoc-Roussillon, les Pays de la Loire font partie des trois régions françaises pour lesquelles le nombre de zones d'emploi a augmenté. A contrario, 15 régions de métropole comptent à présent moins de zones d'emploi. Au final, le territoire de la France métropolitaine est intégralement partitionné en 304 zones d'emploi millésimées 2010, contre 348 zones auparavant.
Dans les Pays de la Loire comme au niveau national, ce nouveau découpage des zones d'emploi prend en compte les grandes évolutions qui ont redessiné la géographie des marchés du travail locaux depuis une vingtaine d'années : allongement des déplacements domicile-travail, rayonnement croissant des grandes agglomérations, diminution de l'activité des territoires les moins dynamiques. Ainsi, dans la région, les trois grandes zones urbaines et périurbaines autour de Nantes, d'Angers et du Mans s'agrandissent-elles de façon sensible. La zone d'emploi de Nantes, qui s'étend au Nord sur l'ancienne zone de Châteaubriant et au Sud vers la Vendée, est celle qui gagne le plus d'habitants avec le redécoupage (plus de 100 000) ; sa population approche désormais le million d'habitants. De son côté, la nouvelle zone du Mans prend de l'importance en gagnant un quart d'habitants supplémentaires ; elle compte maintenant presque autant d'habitants que la zone d'Angers (415 000 contre 450 000).
| Population au 1er janvier 2008 des zones d'emploi des Pays de la Loire | |
| Zone d'emploi | Population au 1er janvier 2008 |
|---|---|
| Source : Insee, recensement de la population 2008. | |
| Nantes | 982 124 |
| Angers | 450 357 |
| Le Mans | 415 125 |
| Saint-Nazaire | 278 530 |
| La Roche-sur-Yon | 231 416 |
| Laval | 219 160 |
| Cholet | 186 036 |
| Challans | 117 187 |
| Saumur | 98 284 |
| Fontenay-le-Comte | 67 713 |
| Les Sables-d'Olonne | 64 456 |
| Les Herbiers | 56 168 |
| La Flèche | 55 782 |
| Mayenne | 53 393 |
| Segré | 51 276 |
| Ancenis | 44 227 |
| Sablé-sur-Sarthe | 37 445 |
| Châteaubriant | 35 910 |
| La Ferté-Bernard | 34 578 |
| Alençon (zone inter-régionale) | 122 097 |
| dont : partie de la zone d'Alençon située en Pays de la Loire | 31 003 |
| Ensemble Pays de la Loire | 3 510 170 |
Les deux zones d'emploi découpées autour des deux autres préfectures de département de la région (La Roche-sur-Yon et Laval) sont de taille intermédiaire (un peu plus de 200 000 habitants chacune), mais elles s'étendent également, notamment celle de Laval. A contrario, la taille des autres zones d'emploi de taille intermédiaire se réduit légèrement. La zone d'emploi de Saint-Nazaire, contrainte par l'influence de la métropole nantaise à l'Est, perd ainsi quelques communes au profit de la zone d'emploi de Nantes. Celles de Cholet et de Saumur se réduisent au profit d'Angers.
Si les zones d'emploi autour des grandes agglomérations s'étendent dans la région comme ailleurs, les Pays de la Loire présentent la spécificité de compter également de nombreux pôles d'emploi secondaires, bien répartis sur le territoire et autour desquels des marchés locaux du travail relativement autonomes se maintiennent. L'économie des Pays de la Loire se caractérise en effet par une place importante de l'industrie, notamment agroalimentaire, dont les emplois sont souvent situés dans des zones rurales, au contraire des activités de services aux entreprises. Les petites zones d'emploi rurales redécoupées (Châteaubriant, Segré, Mayenne, Les Herbiers, Fontenay-le-Comte, La Ferté-Bernard) se rétractent du fait de l'influence croissante des grandes zones urbaines voisines sur la population en âge de travailler.
Le nouveau découpage révèle aussi cinq nouvelles zones au poids démographique modeste (celle de Challans mise à part), qui polarisent des emplois : Ancenis qui appartenait jusqu'ici à la zone d'emploi de Nantes, Challans et Les Sables-d'Olonne qui formaient auparavant la zone de Vendée-Ouest, Sablé-sur-Sarthe et la Flèche qui constituaient la majeure partie de l'ancienne zone de Sarthe-Sud. Par ailleurs, cette nouvelle partition a permis de mettre en évidence des zones d'emploi interrégionales. Ainsi, en est-il de la zone interrégionale centrée sur le pôle urbain d'Alençon dans l'Orne. La partie ligérienne représente 22 % de la population totale de cette zone.
Insee, recensements de la population 1999 et 2008 - exploitation principale.
Le groupe de travail du Conseil National de l'Information Statistique (Cnis) sur les « Statistiques et nouvelles tendances de localisation des populations et des activités sur le territoire » a préconisé, dans son rapport de septembre 2009, une actualisation du découpage en zones d'emploi, conjointement à l'actualisation des autres zonages d'études. Le groupe estimait en effet que les facteurs déterminant les migrations domicile-travail, à la base de la constitution des zones d'emploi, étaient susceptibles d'avoir évolué dans le temps. Outre la prise en compte des données les plus récentes en matière de recensement de la population et de migrations domicile-travail, cette actualisation visait également à mieux identifier les « marchés locaux du travail », en réexaminant, si nécessaire, les contraintes liées aux limites administratives qui affectaient l'ancien découpage.
Les zones d'emploi constituent actuellement le seul zonage d'étude qui partitionne intégralement la France. Trois usages de ces zones d'emploi peuvent être recensés : un usage en termes de statistiques, un usage en termes de diagnostic territorial pour l'aide à la décision et, dans une moindre mesure, un usage réglementaire.
La notion de bassin d'emploi a beaucoup d'acceptions et il n'existe pas de définition partagée. Chaque acteur peut donc parler de « bassin d'emploi » en faisant référence au territoire pertinent pour conduire son action : il peut s'agir des zones de compétence des agences locales pour l'emploi, des arrondissements, d'un découpage plus fin de zones d'emploi ou des zones d'emploi elles-mêmes.
La liste des zones d'emploi et leur composition communale figurent sur www.insee.fr, rubrique Définitions et Méthodes, et sur www.travail-emploi-sante.gouv.fr, www.territoires.gouv.fr/observatoire-des-territoires, www.drtefp-paysdelaloire.travail.gouv.fr.
Les données locales sont disponibles depuis le 30 juin 2011, sur les nouvelles zones d'emploi :
Publications Insee Pays de la Loire :

Informations statistiques n°413
Juillet 2011
Depuis mai 2013, la collection " Faits et Chiffres " succède à la collection " Informations statistiques ".