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5 844 177 habitants en Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes au 1er janvier 2013

Jean-Pierre Ferret, Insee

Résumé

Au 1er janvier 2013, la nouvelle région ALPC compte 5,84 millions d’habitants. Avec 173 000 habitants supplémentaires depuis 2008, la population régionale progresse de 0,6 % en moyenne par an, une évolution plus forte qu’en France métropolitaine. La croissance démographique se concentre sur les départements côtiers tandis que la population se maintient ou se réduit dans les départements limousins.

Plus des trois quarts de la population résident dans des communes de plus de 1 000 habitants et les deux tiers vivent dans l’une des 25 grandes aires urbaines de la région. Si la plupart des grandes aires urbaines voient leur population augmenter, beaucoup de villes-centres sont en repli démographique, en lien avec l’étalement urbain.

Sommaire

Publication

Un quart de la population de la nouvelle région réside en Gironde

Avec 5 844 177 habitants au 1er janvier 2013, la région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes est la 4e région la plus peuplée derrière l’Île-de-France, Rhône-Alpes-Auvergne et Nord-Pas-de-Calais-Picardie. Elle concentre 9,2 % de la population de France métropolitaine. Entre 2008 et 2013, la nouvelle région a gagné un peu plus de 173 000 habitants, soit une augmentation annuelle moyenne de 0,6 %, un rythme plus fort que dans l’ensemble de la France métropolitaine (+ 0,5 %).

Avec 1 505 517 habitants, la Gironde, qui bénéficie de l’attractivité de la métropole bordelaise, représente, à elle seule, plus du quart de la population de la nouvelle région. Les Pyrénées-Atlantiques et la Charente-Maritime dépassent les 600 000 habitants alors que les autres départements comptent moins de 450 000 habitants. C’est notamment le cas de la Vienne (431 248 hab.) et de la Dordogne (416 909 hab.) et d’un groupe de 5 départements (Landes, Haute-Vienne, Deux-Sèvres, Charente et Lot-et-Garonne) qui comptabilisent entre 330 000 et 400 000 habitants. Enfin, la Corrèze compte 240 781 habitants et la Creuse 120 872 habitants, soit 12 fois moins que la Gironde.

L’évolution démographique de la région de 0,6 % par an masque une hétérogénéité importante entre les départements. Les quatre départements littoraux connaissent une croissance supérieure à la moyenne métropolitaine. Les Landes affichent l’évolution la plus forte (+ 1,3 %) devant la Gironde (+ 1,2 %), la Charente-Maritime (+ 0,7 %) et les Pyrénées-Atlantiques (+ 0,5 %). Grâce à l’attractivité de Bordeaux, la Gironde concentre près de la moitié des 173 000 habitants supplémentaires que la région a enregistrés entre 2008 et 2013. À l’opposé, la Corrèze et la Creuse perdent des habitants (respectivement - 0,2 % et - 0,5 %). Parmi les 6 départements qui connaissent des hausses inférieures au rythme national, 4 d’entre eux (Lot-et-Garonne, Dordogne, Deux-Sèvres et Vienne) enregistrent des progressions sensibles, allant de + 0,3 % à + 0,4 % alors que les 2 autres (Charente et Haute-Vienne) sont quasiment stables (+ 0,1 %) (figure 1).

Figure 1 - Seules les Landes et la Gironde affichent une croissance démographique annuelle supérieure à 1 %
Évolution de la population entre 2008 et 2013 en Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes
Départements Populations municipales 2013 Évolution totale entre 2008 et 2013 Évolution annuelle moyenne 2008-2013 (en %)
Source : Insee, Recensements de la population.
Charente 353 482 1 900 +0,1
Charente-Maritime 633 417 21 703 +0,7
Corrèze 240 781 -2 115 -0,2
Creuse 120 872 -3 035 -0,5
Dordogne 416 909 7 521 +0,4
Gironde 1 505 517 84 240 +1,2
Landes 397 226 24 084 +1,3
Lot-et-Garonne 333 180 6 781 +0,4
Pyrénées-Atlantiques 664 057 16 636 +0,5
Deux-Sèvres 371 632 6 572 +0,4
Vienne 431 248 6 895 +0,3
Haute-Vienne 375 856 1 916 +0,1
ALPC 5 844 177 173 099 +0,6

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De moins en moins de petites communes

Plus de 240 000 habitants séparent les populations des deux communes extrêmes de la région : Bordeaux en Gironde et Saint-Cassien en Dordogne (23 résidents). Plus de la moitié des communes de la nouvelle région comptent moins de 500 habitants mais elles ne concentrent que 10 % de la population régionale (figure 2). Leur nombre a légèrement baissé en cinq ans (- 65) : 88 communes sont passées au-dessus du seuil des 500 habitants et seulement 23 ont fait le chemin inverse. Parmi ces communes de petite taille, celles qui comptent moins de 200 habitants ne regroupent que 2,1 % de la population de la région. Ces très petites communes sont en proportion plus présentes à l’est de la région (38 % des communes de la Creuse) qu’à l’ouest (moins de 15 % en Gironde, Charente-Maritime et Landes). La population baisse dans ce groupe de communes uniquement parce qu’elles sont moins nombreuses (- 36 du fait des passages du seuil des 200 habitants). Autrement, sur les communes pérennes (présentes dans la tranche en 2008 et en 2013) la dynamique globale est légèrement positive (+ 0,7 %). À l’inverse, le nombre de communes de 500 habitants ou plus est logiquement en augmentation. Parmi ces communes, celles dépassant les 1 000 habitants concentrent 77,4 % de la population et ont gagné près de 170 000 habitants en cinq ans, soit l’équivalent de la hausse constatée au niveau régional sur la période. Les 60 grandes villes de 10 000 habitants ou plus d’Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes concentrent, à elles seules un tiers de l’ensemble de la population régionale. Cependant leur population a moins augmenté que celle des villes de 1 000 à 10 000 habitants. Parmi ces grandes communes, Bordeaux (243 626 habitants) domine largement, devançant Limoges (135 098 habitants), Poitiers (87 427 habitants), Pau (77 575 habitants), La Rochelle (74 344 habitants), Mérignac (69 388 habitants), Pessac (60 763 habitants) et Niort (57 393 habitants). Au cours de ces cinq dernières années, une seule commune a franchi le seuil à la hausse (Saint-André-de-Cubzac en Gironde) mais deux sont passées sous le seuil (Soyaux en Charente et Ussel en Corrèze).

Figure 2 - Les communes d'au moins 1 000 habitants concentrent 77 % de la population régionale
Nombres de communes et leur population selon la taille des communes
Taille de la commune (en nombre d'habitant) 2013 2008 Évolution de population 2008/2013 (en %)
Nombre de communes Population municipale Nombre de communes Population municipale
(*) le nombre de 4 503 communes correspond à celui de janvier 2015 (voir méthodologie).
Source : Insee, Recensements de la population.
Moins de 200 919 122 440 955 127 370 -3,9
de 200 à 499 1 460 477 582 1 489 486 342 -1,8
de 500 à 999 1 025 720 880 1 002 702 488 +2,5
1 000 ou plus 1 099 4 523 275 1 057 4 354 877 +3,9
dont 10 000 ou plus 60 1 926 783 61 1 919 048 +0,4
Total 4 503* 5 844 177 4 503* 5 671 077 +3,1

Les communes dont la population augmente le plus se situent surtout autour des grandes agglomérations ou près du littoral (figure 3). Parmi celles de 500 habitants ou plus, plusieurs dans l’agglomération de La Rochelle comme Clavette ou l’Houmeau, gagnent plus de 6 % d’habitants chaque année. Des communes de Charente-Maritime situées sur l’axe Niort-La Rochelle évoluent encore davantage (plus de 10 %). Près de l’agglomération bordelaise, Saint-Quentin-de-Baron ou Le Pout affichent aussi de fortes évolutions, comme des villes proches de la côte, à l’instar de Taller ou Laluque dans le sud des Landes. À l’inverse, certaines communes de la Creuse sont en fort repli démographique (de l’ordre de - 4 %) comme La Courtine ou Mourioux-Vieilleville pour les plus peuplées.

Figure 3 - Les évolutions les plus fortes se retrouvent dans le Bordelais et le Rochelais - évolution de population entre 2008 et 2013 en Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes (Carte communale lissée à 15 km.)

Figure 3 - Les évolutions les plus fortes se retrouvent  dans le Bordelais et le Rochelais - évolution de population entre 2008 et 2013 en Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes (Carte communale lissée à 15 km.)

Source : Insee, Recensements de la population.

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Les aires urbaines situées sur le littoral sont parmi celles qui progressent le plus

Moins d’un tiers des communes de la région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes se situent en dehors de l’influence d’un pôle urbain (définitions). Elles ne représentent que 10 % de la population régionale mais c’est bien plus qu’au niveau France métropolitaine où ces communes isolées concentrent moins de 5 % de la population. En outre, leur population est stable contrairement à celle de ce type de commune dans l’ensemble de la France de province qui baisse.

Comme ailleurs en France, la grande majorité des communes se trouvent donc sous influence d’un ou plusieurs pôles, qu’ils soient grands, moyens ou petits (figure 4). Les évolutions démographiques les plus fortes concernent la couronne des grands pôles (+ 1,4 % par an entre 2008 et 2013). Dans l’ensemble, les communes multipolarisées gagnent également beaucoup d’habitants (environ + 0,9 %). Les couronnes des moyens et petits pôles affichent des évolutions similaires à la moyenne régionale (environ + 0,6 %). Concernant les communes des pôles, la différence de dynamisme démographique selon la taille du pôle urbain est importante. Ainsi les grands pôles maintiennent un accroissement de population proche de la moyenne régionale (+ 0,4 %) alors que les moyens pôles perdent des habitants (- 0,3 %). Les petites unités urbaines affichent, elles, une hausse modérée (+ 0,2 %).

Les 25 grandes aires urbaines de la nouvelle région englobent 1 747 communes et 4,09 millions d’habitants, soit 70 % de l’ensemble de la population régionale. Parmi ces grandes aires urbaines, seules quatre perdent des habitants (figure 5). L’aire urbaine de Bordeaux concentre à elle seule 20 % de la population régionale. Avec près de 1,2 million d’habitants, elle est la 6e aire urbaine la plus peuplée de France. En outre, sa croissance démographique depuis 2008 est également la plus forte de la région (+ 1,3 % en moyenne annuelle). Cinq aires (Bayonne, Limoges, Poitiers, Pau et La Rochelle) figurent parmi les 50 plus grandes aires urbaines de France métropolitaine. Chacune compte entre 200 000 et 300 000 habitants. En termes d’évolution, en dehors de Bordeaux et de Mont-de-Marsan (+ 1,0 %), les trois plus grandes aires du littoral affichent les meilleurs résultats : Bayonne (+ 1,2 %), La Rochelle (+ 0,9 %) et La Teste-de-Buch - Arcachon (+ 0,8 %). Cependant, à l’image de Mont-de-Marsan, d’autres aires urbaines de la région sont dynamiques, comme celles de Périgueux, Marmande ou Agen qui enregistrent des évolutions de + 0,8 % par an. C’est également le cas, dans une moindre mesure, de Dax, Poitiers, Niort et Bergerac. À l’opposé, les aires de Brive-la-Gaillarde et de Villeneuve-sur-Lot sont stables et quatre perdent des habitants : Cognac (- 0,1 %), Châtellerault (- 0,4 %), Guéret (- 0,5 %) et Tulle (- 0,6 %).

Figure 4 - Les évolutions démographiques sont les plus fortes en couronne des grands pôles urbains
Population en 2013 selon les catégories du zonage en aires urbaines
Différents types de communes au regard des aires urbaines Nombre de communes Population municipale 2013 Évolution annuelle moyenne 2008-2013 (en %)
Source : Insee, Recensements de la population 2008 et 2013.
Commune appartenant à un grand pôle (10 000 emplois ou plus) 334 2 686 292 +0,4
Commune appartenant à un moyen pôle (5 000 à moins de 10 000 emplois) 51 171 366 -0,3
Commune appartenant à un petit pôle (de 1 500 à moins de 5 000 emplois) 161 410 103 +0,2
Commune appartenant à la couronne d'un grand pôle 1156 1 178 327 +1,4
Commune appartenant à la couronne d'un moyen pôle 80 40 264 +0,6
Commune appartenant à la couronne d'un petit pôle 81 32 976 +0,5
Commune multipolarisée des grandes aires urbaines 257 225 733 +1,0
Autre commune multipolarisée 1001 492 147 +0,8
Commune isolée hors influence des pôles 1382 606 969 +0,0
Total 4503 5 844 177 +0,6
Figure 5 - Les aires urbaines de Bordeaux, Bayonne et Mont-de-Marsan progressent fortement
Population de 25 grandes aires urbaines d'Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes
Aires urbaines des grands pôles Population municipale
2013 Évolution annuelle moyenne 2008/2013 (en %)
Note de lecture : (*) seules les communes d'ALPC ont été prises en compte.
Source : Insee, Recensements de la population.
Bordeaux 1 178 335 +1,3
Bayonne (partie française) 291 443 +1,2
Limoges 283 050 +0,2
Poitiers 257 233 +0,6
Pau (*) 241 394 +0,1
La Rochelle (*) 207 263 +0,9
Angoulême 180 820 +0,2
Niort (*) 149 370 +0,6
Agen (*) 112 144 +0,8
Périgueux 102 855 +0,8
Brive-la-Gaillarde 101 243 +0,0
Bergerac 81 574 +0,5
Mont-de-Marsan (*) 70 617 +1,0
Châtellerault (*) 69 128 -0,4
Dax 64 937 +0,8
La Teste-de-Buch - Arcachon 63 512 +0,8
Saintes 62 534 +0,5
Villeneuve-sur-Lot 56 607 +0,0
Rochefort 56 177 +0,2
Royan 48 982 +0,5
Cognac 47 911 -0,1
Libourne 36 418 +0,3
Marmande 36 315 +0,8
Guéret 31 499 -0,5
Tulle 30 970 -0,6

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Les grandes communes progressent moins vite que leur couronne

L’importance des villes peut être mesurée par la population des villes-centres, de leur unité urbaine ou de leur aire d’influence mais aussi par leur rôle administratif. Si l’on compare entre elles les unités urbaines de plus de 50 000 habitants ainsi que celles qui abritent un chef-lieu de département, les évolutions démographiques sur les cinq dernières années du recensement sont très différentes (figure 6). Sept agglomérations sur vingt-cinq gagnent de la population à la fois dans leur ville-centre, leur couronne urbaine et leur aire d’influence. Bordeaux, Bayonne, Agen, Mont-de-Marsan, Périgueux, Bergerac et La Teste-de-Buch - Arcachon montrent ainsi un fort dynamisme en leur centre comme sur leur aire d’influence. Dans l’aire de La Teste-de-Buch - Arcachon, ses communes-centres (La Teste-de-Buch et Gujan-Mestras) évoluent même davantage que l’ensemble de l’aire, en partie en raison de la baisse de population sur Arcachon. À l’opposé, les villes de Tulle et de Guéret,

deux des trois chefs-lieux de département de l’ancienne région limousine, perdent de la population, tant en leur centre que dans leur aire d’influence. Enfin, les sept autres villes importantes de la région connaissent un repli démographique : en général, cette perte se concentre sur leur unité urbaine alors que leur rayon d’influence reste dynamique, sous l’impulsion d’une périurbanisation croissante. En outre, ce dernier groupe de villes affiche des dynamiques plus ou moins accentuées selon les espaces. Ainsi, Pau voit sa commune-centre perdre 1,6 % de population par an et son aire n’en gagner que 0,1 % alors que pour La Rochelle, la ville-centre perd seulement 0,4 % d’habitants et l’aire en gagne près de 1 %. La population des villes-centres de La Rochelle, Poitiers et Niort se contracte sous le double effet d’une relative stabilité de l’offre en logements et de la diminution du nombre de personnes par ménage tandis qu‘une évolution importante (au-dessus de 0,6 %) au niveau de leur aire d’influence se poursuit. S’agissant de Pau, de Limoges, d’Angoulême et de Brive-la-Gaillarde, seule leur aire urbaine continue de progresser et de manière très modérée (entre 0,0 % et + 0,2 % par an).

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Insee Analyses Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes N° 1 - janvier 2016

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