Aller au contenu

Aller au menu principal

Aller à la recherche

Liens transversaux haut

Le tissu productif guadeloupéen : des petites aux grandes entreprises

Auteur : Emmanuel Thioux Insee Guadeloupe, département études économiques

Résumé

En 2010, près de 27 000 entreprises du secteur marchand hors agriculture sont implantées en Guadeloupe, employant 47 000 salariés. La très grande majorité (26 000) sont des micro-entreprises, surtout présentes dans le commerce et la construction.

A l’autre bout de l’échelle, seulement 74 grandes entreprises emploient 8 600 salariés. Leurs établissements sont implantés sur l’ensemble de la Guadeloupe.
Les Entreprises de taille intermédiaire (ETI) et les PME sont concentrées au centre de l’île.

Sommaire

Encadrés

Publication

Petite, moyenne, grande, voire « de taille intermédiaire » ou « micro » … Chaque entreprise est désormais classée dans une catégorie représentant sa taille selon des critères économiques officiels (définitions). Par rapport à l’ancienne définition, le tissu productif français apparaît plus concentré, de manière plus ou moins marquée selon les régions.

Un tiers de l'emploi dans les micro-entreprises
Effectif salarié par catégorie d'entreprise et par région, année 2010
Unité : nombre
Micro-entrep. Petites et moy. entrep. Entrep. de
taille intermed.
Grandes entrep. Effectif total
Champ : entreprises marchandes hors agriculture
Sources : Insee, Esane, Lifi et Clap 2010
Guadeloupe 15731 15087 7586 8643 47047
Martinique 15670 15824 10872 8535 50901
Guyane 5514 6352 2149 4378 18393
La Réunion 28423 33213 15787 16812 94235

Téléchargez le tableau au format excel -

Haut de page

Grandes entreprises : des établissements implantés sur l’ensemble de la Guadeloupe

En Guadeloupe, 74 grandes entreprises emploient 18 % des salariés marchands non agricoles en 2010. C’est beaucoup moins qu’en moyenne nationale où les grandes entreprises emploient 31 % des salariés. Le tissu productif guadeloupéen est davantage composé d’entreprises de petites tailles. En Guadeloupe, les grandes entreprises sont essentiellement des unités dont le siège se situe en métropole et qui ont des établissements implantés dans la région. 22 entreprises sont sous le contrôle d’un groupe étranger et 52 sont des têtes de groupe françaises ou des unités légales indépendantes.

La majorité de ces entreprises ont de nombreux établissements situés dans la plupart des communes. C’est le cas dans les secteurs des postes et télécommunications (La Poste et France Telecom) de la production et distribution d’électricité avec EDF, mais aussi des banques. Parmi ces entreprises, La Poste emploie plus de salariés que France Telecom et EDF.

Les ETI au centre de l’île

Les 137 entreprises de taille intermédiaire (ETI) localisées en Guadeloupe emploient 16 % des salariés marchands non agricoles. La part de l’emploi salarié y est moins importante qu’en moyenne nationale (22 %). 28 entreprises sont sous contrôle d’un groupe étranger et 109 sont des têtes de groupe françaises ou des unités légales indépendantes.

Près de 60 % de ces entreprises sont concentrées sur les communes de Pointe-à-Pitre, Les Abymes et Baie-Mahault. Ces communes regroupent également 80 % des salariés marchands non agricoles de cette catégorie d’entreprise. Seulement 3 % des salariés des ETI sont employés en Basse Terre.

Les emplois salariés sont concentrés dans les secteurs des activités financières et d’assurance, de la santé humaine, du commerce et de la restauration. Dans les activités financières et d’assurance, deux entreprises emploient 98 % des salariés.

Haut de page

Les PME plutôt dans le commerce et la construction

Les 937 petites et moyennes entreprises (PME) localisées en Guadeloupe emploient 32 % des salariés marchands non agricoles. La part de l’emploi salarié y est plus importante qu’en moyenne nationale (27 %). 16 sont sous contrôle d’un groupe étranger et 921 sont des têtes de groupe françaises ou des unités légales indépendantes. Les PME sont des acteurs importants dans le commerce, la construction, la santé humaine, l’hébergement et la restauration.

62 % de ces entreprises sont concentrées sur les communes de Baie-Mahault, Les Abymes et Pointe-à-Pitre et ces communes regroupent prés de 70 % des salariés marchands non agricoles de cette catégorie d’entreprise.

Des micro entreprises plus présentes en Guadeloupe

Ces petites structures sont prépondérantes dans les départements d’outre-mer. En Guadeloupe, près de 26 000 micro-entreprises emploient le tiers des salariés de l’île, c’est beaucoup plus qu’en moyenne nationale (19 %).

Les micro entreprises sont très présentes dans le commerce, la construction et également les activités touristiques, telles que l’hôtellerie et la restauration. Elles sont aussi des acteurs importants dans la santé, la réparation automobile, ainsi que les services à la personne. De manière générale, elles sont davantage tournées vers l’économie locale qui dépend d’ailleurs en très grande partie de ces très petites entreprises souvent individuelles et peu capitalisées.

Éffectif salarié par catégorie d’entreprise et activité de l’établissement en région Guadeloupe en 2010

Effectif salarie par categorie d’entreprise et activite de l’etablissement en region Guadeloupe en 2010

Haut de page

Nouvelle définition et nouvelles catégories d’entreprises

Le changement de la définition de l’entreprise induit une concentration accrue du tissu productif par rapport à l’ancienne approche, où la taille des unités était définie par le nombre de salariés des unités légales prises individuellement.
Ainsi, les grandes entreprises emploient désormais quasiment un tiers des salariés français, contre seulement 15 % avec l’ancienne définition (tableau).

Ce mouvement s’observe dans toutes les régions, avec une ampleur variable.

Le poids des grandes entreprises augmente en priorité en Île-de-France et dans le Nord - Pas-de-Calais (+ 18 points).

Les PME pèsent bien moins dans les Dom (de – 14 à – 20 points selon les départements), en Champagne-Ardenne (– 12 points) et en Bretagne (– 11).
Inversement, ce changement de définition touche moins la Corse et le Languedoc-Roussillon.

Encadrés

Sources

Les résultats sont issus de trois sources :

le dispositif Esane, qui produit des statistiques structurelles d’entreprise sur les entreprises marchandes, à l’exception des exploitations agricoles, à partir de données administratives et d’enquêtes auprès d’un échantillon d’entreprises ;

Connaissance locale de l’appareil productif (Clap) qui localise les effectifs salariés ;

l’enquête sur les liaisons financières entre sociétés (Lifi) réalisée chaque année par l’Insee, qui identifie les groupes de sociétés opérant en France et détermine leur contour.

Haut de page

Définitions

La nouvelle définition de l’entreprise issue du décret n°2008-1354, pris en application de la loi de modernisation de l’économie, dépasse l’approche juridique de l’entreprise au profit d’une approche économique.

Désormais l’entreprise cesse d’être assimilée à l’unité légale.

Elle est définie comme « la plus petite combinaison d’unités légales qui constitue une unité organisationnelle de production de biens et services jouissant d’une certaine autonomie de décision, notamment pour l’affectation de ses ressources courantes ».

Cette définition rend compte de l’organisation en groupe. En effet, il est fréquent que les sociétés d’un groupe prises isolément n’aient pas d’autonomie ni de pertinence. Par exemple, on peut avoir une filiale dédiée à la fabrication de biens et l’autre dédiée à leur commercialisation. Ces deux unités légales, filiales d’un même groupe, doivent être réunies pour constituer une entreprise au sens économique du terme. Dans cette étude, un groupe de sociétés est systématiquement considéré comme une entreprise. Ceci constitue une approximation.

De plus, le décret définit quatre catégories de taille d’entreprise :

- les micro-entreprises occupent moins de 10 personnes et ont un chiffre d’affaires annuel ou un total de bilan n’excédant pas 2 millions d’euros ;

- les petites et moyennes entreprises (PME) occupent moins de 250 personnes et ont un chiffre d’affaires annuel n’excédant pas 50 millions d’euros ou un total de bilan n’excédant pas 43 millions d’euros. Dans l’étude, on entend par PME les PME hors micro-entreprises, même si ces dernières sont, par définition, des PME ;

- les entreprises de taille intermédiaire (ETI) n’appartiennent pas à la catégorie des PME, occupent moins de 5 000 personnes et ont un chiffre d’affaires annuel n’excédant pas 1 500 millions d’euros ou un total de bilan n’excédant pas 2 000 millions d’euros ;

- les grandes entreprises sont les entreprises non classées dans les catégories précédentes.

Une entreprise est affectée à une catégorie selon son activité sur le territoire français, y compris pour les groupes internationaux.

L’effectif des entreprises est l’effectif salarié en équivalent temps plein, c’est-à-dire en prenant en compte le temps de travail de chaque salarié au cours de l’année 2010. Il est précisément localisé dans chaque établissement des entreprises, ce qui permet une analyse géographique du tissu productif. L’activité principale est également celle de l’établissement.

Haut de page