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Contexte national et international - Un regain de tension en 2011

Auteur : Fabien BREUILH - Insee

Année économique et sociale 2011 en Guadeloupe

En 2011 le Produit Intérieur Brut mondial a progressé dans l’ensemble des régions à un rythme moindre qu’en 2010, en raison de la poursuite des plans de consolidations budgétaires et d’un regain de tension autour des dettes souveraines. Dans la zone Euro, la reprise a été enrayée par la rechute de l’été mais les situations des différents pays membres restent hétérogènes. Ces perturbations affectent moins les pays d’Amérique latine et de la Caraïbe dont la croissance reste soutenue.

Publication

Après la reprise de l’économie mondiale en 2010, l’activité n’a progressé que de 3,9 % en 2011. Cette croissance modérée est à relier :

  • à une moindre contribution de la consommation privée, en lien avec des incertitudes sur le marché du travail et à la soutenabilité des dettes souveraines ;
  • à une consommation publique en forte décélération, dans le cadre des consolidations budgétaires;
  • à une contribution des stocks quasi nulle après leur reconstitution l’année précédente, face à une prévision de demande stabilisée.

 Aux États-Unis, après le ralentissement de l’activité à la fin de l’année 2010, la croissance trimestrielle a accéléré au long de l’année 2011, tirée par la demande extérieure, notamment asiatique, et intérieure (consommation privée et investissement), et avec l’amélioration du marché du travail.

En Chine et en Inde, la croissance est restée élevée (respectivement 9,2 % et 7,2 %). Toutefois l’inflation menace d’éroder les progrès : les prix à la consommation ont augmenté de respectivement 5,4 % et 8,6 %.

Au Japon, le tsunami de mars 2011 a fortement perturbé l’économie. Celle-ci s’est remise en route très rapidement minimisant l’impact de cette catastrophe sur l’activité qui n’a reculé que de 0,7 %. En Thaïlande, le tsunami et les inondations ont pénalisé l’économie mondiale, entrainant une baisse de la demande globale et surtout une rupture dans la chaine de production de nombreux produits.

Tout au long de l’année 2011, le prix du pétrole est resté élevé, laissant craindre des répercussions sur les prix des produits alimentaires et des tensions sociales.

La crise épargne les pays émergents
Croissance du PIB en 2010 et 2011, projections pour 2012 et 2013
Unité : en %
Projections
2010 2011 2012 2013
1 Costa Rica, Salvador, Guatemala, Honduras, Nicaragua, Panama
2 Antigua-et-Barbuda, Bahamas, Barbade, Belize, Dominique, Grenade, Guyana, Haïti, Jamaïque, République dominicaine, Saint Kitts-et-Nevis, Sainte Lucie, Saint-Vincent et les Grenadines, Suriname et Trinidad-et-Tobago.
Sources : FMI, World Economic Outlook, avril 2012 sauf (*) Insee, comptes nationaux, base 2005
Monde 5,3 3,9 3,5 4,1
Economies avancées 3,2 1,6 1,4 2,0
Etats Unis 3,0 1,7 2,1 2,4
Zone Euro, dont : 1,9 1,4 -0,3 0,9
France 1,7 1,7 0,5 1,0
Allemagne 3,6 3,1 0,6 1,5
Japon 4,4 -0,7 2,0 1,7
Pays émergents ou en développement 7,5 6,2 5,7 6,0
Chine 10,4 9,2 8,2 8,8
Inde 10,6 7,2 6,9 7,3
Amérique Latine - Caraïbes 6,2 4,5 3,7 4,1
Brésil 7,5 2,7 3,0 4,1
Venezuela -1,5 4,2 4,7 3,2
Amerique Centrale1 3,6 4,7 4,0 4,0
Panama 7,6 10,6 7,5 6,6
Caraïbes2 3,4 2,8 3,5 3,6
Haïti -5,4 5,6 7,8 6,9
République Dominicaine 7,8 4,5 4,5 4,5
Antigua et Barbuda -8,9 -0,5 1,0 2,5
Dominique 0,3 0,5 1,5 1,7
Sainte-Lucie 3,4 0,2 1,9 2,4
Barbade 0,2 0,5 0,9 1,5
Trinidad et Tobago 0,0 -1,3 1,7 2,4
Suriname 4,5 4,5 4,9 5,4
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Les prix du petrole reste eleve

Dans la Zone Euro une reprise malgré la rechute de l’été    

En 2011, l’activité dans la zone euro a faiblement progressé (+1,4 %) sur fond de consolidation budgétaire et de crise de dettes souveraines, avec une rechute au milieu de l’année 2011. Les États ont réaffirmé leur engagement en matière de discipline budgétaire, pour renforcer leur crédibilité. La Banque Centrale Européenne a intensifié les recours à des opérations exceptionnelles pour apaiser temporairement les tensions financières. Cependant cette détente n’a pas permis de desserrer les conditions de crédit, limitant le redémarrage de l’investissement. De plus, les mesures budgétaires ont pesé sur le revenu des ménages, déjà très affectés par la dégradation du marché du travail et la hausse des prix.

Les situations des différents membres restent très hétérogènes. En Allemagne, la croissance est restée soutenue. L’Espagne et l’Italie ont fait face à une demande interne très faible. La Grèce, le Portugal et l’Irlande ont mis en place des plans drastiques de réduction des déficits entrainant parfois des troubles sociaux.

Les craintes liées aux tensions sur la dette de certains états restent présentes. En particulier en Grèce et au Portugal et dans une moindre mesure en Espagne, qui subissent les humeurs des marchés financiers. En 2011 l’inflation accélère également dans la zone Euro (+2,7 % après +1,6 %).

Croissance stable en France

En France, le climat des affaires s’est violemment retourné à l’été, le rythme de croissance s’est toutefois maintenu en 2011 à 1,7 %, mais les perspectives restent moroses.

Malgré un environnement peu favorable, les entreprises ont soutenu la croissance, par des dépenses d’équipement dynamiques et un cycle de stock soutenu. L’évolution de la valeur ajoutée, plus lente que celle de la masse salariale, a entrainé une diminution de leur taux de marge qui a atteint son minimum depuis 1986 (28,6 %).

L’accélération des prix l’a emporté sur celle des revenus d’activité, entrainant un ralentissement des gains de pouvoir d’achat, et, avec des perspectives médiocres, la hausse du taux d’épargne des ménages a pesé sur leur consommation, réduisant encore sa contribution à la croissance.

Malgré la baisse de la demande mondiale adressée à la France, le commerce extérieur n’a plus contribué négativement à la croissance en 2011.

Comparativement aux autres pays de la zone euro, l’inflation en France en 2011 est restée limitée (+2,3 %), aidé par le poids du chômage sur le marché du travail.

En Amérique latine et dans les Caraïbes, une activité soutenue

Les économies d ’Amérique latine et de la Caraïbe ont eu une croissance soutenue en 2011 (+ 4,5  %), cependant moindre qu’en 2010 en raison des tensions en provenance des pays développés. En dépit du ralentissement des flux de capitaux extérieurs et de la croissance mondiale, les pays exportateurs de matières premières ont profité des prix élevés. Au Brésil, l’activité a fortement ralenti en 2011 (+2,7 %), en lien avec la situation des pays développés et les coupes budgétaires au détriment de l’investissement public. La politique monétaire stricte et la moindre croissance mondiale ont permis de contenir l’inflation protégeant les gains de pouvoir d’achat. Le programme gouvernemental de réduction des inégalités et de la pauvreté, a contribué positivement à la croissance en soutenant les revenus des plus pauvres donc la demande intérieur ce qui a compensé une partie de la baisse de la demande extérieure.

Au Suriname, la croissance reste soutenue grâce aux exportations de pétrole et d’or toujours dynamiques. Les matières premières représentent environ la moitié du PIB et près de 90 % des exportations. La forte hausse des prix à la consommation (+18 %) pèse sur la demande intérieure dont la contribution à la croissance est faible, la pauvreté touchant la moitié de la population.

Dans les petites Antilles de l’Organisation des États de la Caraïbe Orientale l’activité est restée morose, la dette publique a continué de se dégrader en 2011. La reprise de l’activité touristique moindre que dans les grandes Antilles est restée insuffisante pour réduire le surendettement et offrir de meilleures perspectives.

Retour de la croissance en Haïti en 2011 à +5,6  %, cette croissance est soutenue par l’aide internationale massive consécutive au séisme et par la reprise des transferts des migrants. Cette hausse vient compenser quasi entièrement la chute du PIB de 2010. Les personnes les plus vulnérables restent toujours confrontées à des conditions de vie très précaires.

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