Auteur : Ali BENHADDOUCHE - Insee
En 2011, dans un environnement national et international peu favorable, la croissance régionale marque le pas (+1,3 %). La consommation des ménages, le tourisme et les exportations sont les principaux soutiens à une croissance qui résiste, tandis que le secteur de la construction est déprimé. Avec une hausse marquée de la demande d’emploi, le marché du travail se dégrade.
Le produit intérieur brut (PIB) de la Guadeloupe progresse de 1,3 % en 2011 (en euros constants), retrouvant un niveau en volume proche de celui de 2008. La croissance reste toutefois inférieure à la moyenne nationale (+1,7 %) et proche de la moyenne de la zone euro (+1,4 %).
La consommation des ménages, traditionnel moteur de l’activité avec l’investissement, s’infléchit mais reste bien orientée (+0,9 % en euros constants). Tirée par une hausse des revenus salariaux (+3,8 %) deux fois plus importante que celle des effectifs salariés, la consommation des ménages est même supérieure à la moyenne nationale. Pourtant, en raison du renchérissement de l’énergie, l’inflation reste élevée en Guadeloupe (+2,6 %). Cette hausse des prix n’a pas entamé le moral des ménages guadeloupéens dont la demande de crédit à la consommation continue de progresser en 2011 (+4 %).
D’autres secteurs soutiennent également la dynamique régionale. D’une part, l’embellie du transport aérien, +5 % (deux millions de passagers) est la conséquence de celle du tourisme dont le niveau d’activité se rapproche de 2008 : hausse du taux d’occupation des chambres, hausse de l’emploi salarié dans l’hôtellerie et la restauration. D’autre part, les exportations, même si elles restent très faibles par rapport aux importations, sont très dynamiques avec une progression de 21 %, en raison principalement de la reprise des exportations de bananes.
L’investissement reste limité cette année (+1,2 % en euros constants). Il est nettement plus faible qu’en 2010 (+7,7 %), année marquée par le report exceptionnel d’investissements non réalisés en 2009. Les entreprises continuent toutefois de s’équiper ; leur encours de crédits d’investissement progresse de 8 % en valeur. Les achats d’équipements mécaniques, matériel électrique, électronique et informatique progressent trois fois moins vite que l’année passée (+6 % en 2011).
Le secteur de la construction est déprimé. Il est pénalisé par l’absence de grands chantiers de travaux publics et une forte baisse du nombre de logements individuels autorisés (-17 %). En conséquence, la consommation de ciment diminue de 3,3 % et retrouve son niveau de 2009, le plus bas de la décennie. La morosité du secteur n’épargne pas l’emploi qui diminue de 1,2 % pour le BTP et de 8 % pour les activités immobilières.
Le marché du travail se dégrade encore en 2011. Près de 59 000 demandeurs d’emploi de catégories A, B et C sont comptabilisés en Guadeloupe, un chiffre en hausse de 6,5 % par rapport à 2010. Dans ce contexte de détérioration de la situation économique et sociale des familles, le Revenu de Solidarité Active a été mis en place. Les prestations précarité et handicap, liées à la solidarité, qui constituent la moitié des versements, progressent de 6 % en 2011.
Au premier trimestre 2012, la consommation des ménages continue à être bien orientée comme en témoigne l’augmentation des importations de biens destinés aux ménages. Le tourisme poursuit son redressement tandis que la reprise des ventes de ciment laisse augurer une amélioration dans le bâtiment. Toutefois, les inquiétudes et les incertitudes économiques sont persistantes, tout comme la hausse de la demande d’emploi
