En 2004, plus de 2 100 établissements de l’industrie, la construction, le commerce et les services sont installés sur le territoire de la CCNBT. La très grande majorité d’entre eux n’ont pas de salariés (84% contre 80% au niveau régional) et un sur sept moins de 10 salariés.
La part des services n’est que de 42% contre 47% en Guadeloupe. Les services aux entreprises sont moins développés sur le territoire (11% contre 17%). Cependant, le développement plus rapide du secteur entre 1995 et 2004 a entrainé un doublement des établissements. Cette forte progression se ressent également au niveau régional (+71%). Plus encourageant encore, les services aux particuliers ont progressé presque deux fois plus vite qu’en Guadeloupe atteignant maintenant le même niveau, soit 15% de l’ensemble du tissu productif. En 1999, les agriculteurs exploitants représentaient 6% des emplois de la CCNBT, deux fois plus que dans la région. Mais la profession est en perte de vitesse : entre 2000 et 2005, le nombre d’exploitations a baissé de 22% en Guadeloupe.
Le dynamisme des créations d’établissements renouvelle deux fois plus vite l’appareil productif qu’en moyenne régionale. Alors que 150 établissements se créaient chaque année entre 1995 et 2000, près de 300 établissements sont apparus en 2003 et 2004. La moitié de ces créations se font dans les services et un quart se réalise dans le commerce. Ce dynamisme se retrouve également dans le secteur de l’industrie et notamment dans les IAA.
La construction occupe une place importante dans l’économie du territoire, près du quart des établissements. Elle fait presque jeu égal avec le commerce qui reste en retrait (quatre points en dessous du niveau régional).
Enjeu : au cours de la période 1995-2004, le développement du commerce dans la CCNBT a été beaucoup plus faible que la moyenne régionale, ce qui incite à en faire un axe de développement possible. L’installation et le développement progressif de la zone de NOLIVIER s’inscrivent dans cette perspective.
Graphique 5 : Répartition de la masse salariale par domaine
Dans la CCNBT, la sphère publique rivalise avec la sphère résidentielle en termes d’emplois et joue un rôle important dans l’économie locale. Elle représente 1 600 emplois, soit 39% des emplois du territoire. C’est cinq points de plus que la moyenne régionale. Les plus grands établissements comme la mairie de Sainte-Rose (350 salariés), celle du Lamentin (250 salariés) ou leurs collèges (150 salariés chacun) en relèvent. Sur le plan salarial, elle devient la sphère dominante avec 55% de l’ensemble des rémunérations versées.
L’économie résidentielle regroupe 1 700 emplois, soit 42% des emplois de la CCNBT (contre 44% au niveau régional). Elle est le premier employeur du territoire. Les établissements sont de petite taille, même si deux d’années, est moins présent sur la zone. Il se concentre dans les communes centres de Basse-Terre et de Pointe-à-Pitre.
La sphère productive occupe 800 emplois salariés, soit 19% des emplois salariés du territoire (22% au niveau régional). Le déficit de la sphère dans le territoire est lié à son éloignement des bassins d’emplois des centres économiques de Baie-Mahault et de Pointe-à-Pitre. Un seul établissement atteint les 80 salariés. Les autres ne dépassent pas 40 salariés. Les principaux se trouvent dans la métallurgique, l’agroalimentaire, la production de sables ou la fabrication de charpentes et de menuiseries. En proportion, les industries des biens intermédiaires emploient quatre fois plus de salariés qu’en moyenne régionale et l’industrie agroalimentaire, deux fois plus.
La sphère productive est composée des activités économiques marchandes et orientée vers les marchés extérieurs : elle comprend l’industrie, le secteur de l’énergie, les services aux entreprises, le transport de marchandises et le commerce de gros. La sphère de l’économie résidentielle rassemble les activités destinées à répondre aux besoins de la population locale et comprend principalement les services aux particuliers, la construction, la santé, le commerce de détail et le transport de voyageurs. La sphère publique comprend les emplois relevant de l’administration et des collectivités publiques territoriales et hospitalières.
Un tiers des hommes sont des ouvriers qualifiés de type artisanal ou industriel et près d’un sixième sont chauffeurs. La CCNBT offre deux fois plus d’emplois d’ouvriers qualifiés qu’en moyenne régionale. Elle accueille aussi beaucoup de professions intermédiaires, administratifs de la fonction publique. Les professeurs des écoles et instituteurs sont aussi plus fréquents. En revanche, les cadres et les employés de la fonction publique le sont moins. Les femmes occupent 43 % des emplois contre 50 % au niveau régional. Elles sont majoritaires dans le secteur de la Santé, action sociale, le Commerce, l’Éducation et l’Hôtellerie, restauration et elles sont peu présentes dans les principaux secteurs productifs comme l’industrie ou les IAA.
Enjeu : l’accès des femmes à l’emploi est un enjeu important pour le territoire.
Graphique 6 : Part des femmes dans l'emploi de la CCNBT
En 1999, le territoire de la CCNBT compte environ 5 800 emplois pour 9 500 actifs occupés. Parmi ces derniers, ceux qui travaillent en dehors de la zone ont progressé de 37% sur la période 90-99. En 1999, ils sont plus nombreux que ceux qui travaillent dans la zone, soit 52% contre 49% en 1990. Parallèlement à cette progression, 1 200 actifs viennent travailler dans la zone, soit une augmentation de 68% par rapport aux chiffres du recensement de la population de 1990.
La grande majorité des déplacements domicile-travail internes au territoire (87%) ne dépasse pas les frontières communales. Avec un taux d’emploi de 60%, la capacité d’offre d’emploi du territoire est inférieure au total des emplois de ses résidents actifs occupés. Pour une personne qui vient travailler dans la zone, il y a en quatre qui sortent du territoire. Les communes de Baie- Mahault, Pointe-à-Pitre et les Abymes attirent une majorité d’entre elles (80%).
De par sa position excentrée, le Nord-Ouest du territoire ne profite pas autant que le reste de la zone, de la proximité du plus grand bassin d’emploi de la Guadeloupe. Ainsi, la commune de Deshaies n’attire que 7% des non-résidents venant travailler sur le territoire contre 60% pour le Lamentin. Et un tiers de ces non-résidents vient de Pointe-Noire.
Enjeux : en termes d’emplois, le territoire de la CCNBT apparaît dépendant. Toutefois, la forte progression des actifs venant travailler dans la zone est le signe d’une attractivité qu’il convient de développer par une plus grande ouverture du territoire. A ce titre, le développement conjugué des zones d’activités et des infrastructures routières favoriserait sans nul doute l’implantation de nouvelles entreprises.
Carte 6 : Lieu de résidence des actifs de la CCNBT
Carte 7 : Lieu de travail des résidents de la CCNBT
Comparativement à la Guadeloupe, le territoire a un déficit d’emplois dans certains secteurs : ainsi pour 1 000 habitants, le territoire compte sept fois moins d’emplois dans les services aux entreprises (hormis les postes et télécommunications), 12 fois moins dans les activités financières et 27 fois moins dans les activités immobilières.
Enjeu : le développement de ces activités pourrait être un axe dans la lutte contre le chômage élevé des diplômés. C’est aussi l’occasion de renforcer la présence féminine qui fait défaut dans ces secteurs d’activité. Le commerce de gros, le commerce de détail et l’hôtellerie sont aussi des secteurs peu représentés sur le territoire. Ils disposent d’un potentiel de développement qui permettrait la création d’emplois.
Entre 1982 et 1999, la population active a augmenté de trois-quarts dans la CCNBT et de la moitié en Guadeloupe. Le nombre des actifs occupés et des chômeurs a progressé mais à un rythme différent selon la période. Entre 82 et 90, le nombre de chômeurs a augmenté beaucoup plus vite que celui des actifs ayant un emploi (67% contre 18%), puis leurs rythmes de croissance se rejoignent autour de 30% entre 90 et 99. En 1999, la population active représente 15 700 personnes dont 6 200 chômeurs et 9 500 actifs occupés.
Le taux d’activité dans la zone est équivalent à celui de la Guadeloupe mais il a progressé plus rapidement. Cependant, cette augmentation masque des disparités homme-femme. Si le taux d’activité des hommes est resté relativement stable, c’est surtout dû à la progression du taux d’activité chez les 55 à 59 ans qui compense le recul des autres tranches d’âge. En revanche, chez les femmes, à l’exception des moins de 25 ans, le taux d’activité s’est accru à tous les âges, surtout entre 30 et 60 ans où il gagne plus de 10 points.
La dynamique de croissance de l’emploi, trois fois plus importante qu’en moyenne régionale n’a pas permis de juguler un chômage qui a explosé dans les années 80 et qui a crû au même rythme que l’emploi à partir de 90. En 1999, avec 5 points de plus que la moyenne régionale, le chômage reste élevé. Les femmes sont plus touchées que les hommes (43,6% contre 35,5%).
Entre 1990 et 1999, le nombre de chômeurs depuis plus de un an a progressé de plus de 50 %, notamment par les demandeurs d’emplois âgées de 50 ans et plus. Malgré les mesures destinées à favoriser leur retour à l’emploi, en 2007, les seniors ont encore un taux de chômage élevé. Cependant, le chômage de longue durée demeure à un niveau préoccupant.
Entre 90 et 99, la précarité de l’emploi a, aussi, augmenté : la part des emplois stables a chuté de 14 points, elle n’est plus que de 77%. Les CDD et des emplois aidés en profitent : ils ont été multipliés, respectivement par 3,7 et 2,9 (3,8 et 3,1 en Guadeloupe). La part du temps partiel, signe de précarité dans la mesure où il est plus souvent subi que choisi, est de 25 % dans la CCNBT contre 21% pour le département. Il concerne en majorité les femmes. Et chez les hommes, ce sont surtout les moins de 25 ans qui sont touchés. Cette proportion élevée de temps partiel est à mettre en relation avec l’importance de la part des ménages vivant avec un bas revenu (55% contre 49% en Guadeloupe).
Au 31 décembre 2006, 4 588 demandeurs d’emplois1 sont inscrits à l’ANPE sur le territoire de la CCNBT. Á l’exception d’un pic en 1999, le nombre des demandeurs d’emploi a baissé de 1,3% en moyenne annuelle depuis 1998. Cette baisse, qui concerne un peu plus les hommes, est équivalente à celle observée en Guadeloupe sur la même période (1,7%). Elle a surtout profité aux moins de 25 ans (-5,5%). Cependant, le nombre de ces derniers a, à nouveau, augmenté en 2006 avec +10%, surtout les hommes (+17%). Les chômeurs de 50 ans et plus ont toujours autant de mal à s’insérer sur le marché de l’emploi, leur nombre a augmenté de 7,4% en 2006. Après 50 ans, ce sont les hommes qui sont les plus vulnérables alors qu’entre 25 et 49 ans, les femmes sont plus concernées. En Guadeloupe, les femmes sont également plus touchées par le chômage après 50 ans (+4%).
Si l’on note une baisse du chômage de longue durée sur la période 1998-2006 (-2,2%), celle-ci est émaillée de nombreux pics de croissance. Trois hausses de 8% sont intervenues en 1999, 2003 et 2006. Ce sont les jeunes chômeurs de longue durée qui s’en sortent le mieux avec une baisse de 10% en moyenne annuelle. Seuls les chômeurs âgés de 50 ans et plus progressent de 1% en moyenne.
Graphique 7 : Évolution du nombre de demandeurs d'emplois selon l'âge
La population des demandeurs d’emploi de la CCNBT est composée pour près des trois quarts d’employés et dans une moindre mesure d’ouvriers qualifiés (8%) et d’ouvriers spécialisés (6,6%). Les cadres sont peu nombreux, 1,5% des chômeurs, contre 2,5% pour le département. Dans une très large majorité (94%), les femmes au chômage ont un statut d’employé contre 50% pour les hommes. Parmi elles, six sur dix sont employées qualifiées, avec un niveau de diplôme plus élevé que ceux des ouvriers qualifiés, des ouvriers spécialisés et des manœuvres. La moitié des hommes au chômage sont des ouvriers ou des manœuvres.
Comparativement à la Guadeloupe, le niveau d’études des actifs de la CCNBT est en léger retrait : 35% des actifs ont un niveau d’études supérieur au baccalauréat contre 40% en Guadeloupe. Parmi eux, ils sont 24,5% à posséder un diplôme supérieur ou égal au bac contre 28% au niveau régional.
Les femmes sont plus nombreuses à posséder un diplôme : 70% d’entre elles en possède contre 60% des hommes. Elles sont aussi plus nombreuses à opter pour des études longues et à décrocher un diplôme de niveau égal ou supérieur au baccalauréat (30% contre 19% pour les hommes). Dès lors, près de deux tiers des demandeurs d’emplois féminins postulent sur des postes d’employés qualifiés. En revanche, un tiers des actifs masculins ont une formation courte débouchant sur un diplôme professionnel de type CAP ou BEP qui destine le plus souvent à l’exercice d’un métier manuel. C’est le cas des ouvriers spécialisés et des ouvriers qualifiés.
Enjeu : le niveau d’études en retrait par rapport au département incite à faire de la formation une priorité d’autant plus importante qu’elle reste un outil très efficace dans la lutte contre le chômage.
La persistance d’un chômage élevé dans la CCNBT s’explique aussi par une offre d’emploi largement sous-dimensionnée au regard de la demande. En 2007, le territoire n’est en mesure de proposer qu’une seule offre d’emploi pour six demandes. C’est deux fois moins que sur l’ensemble de la région. Toutes les catégories de qualification sont touchées, y compris les métiers à forte valeur ajoutée. A peine plus d’un ouvrier qualifié ou employé qualifié sur quatre au chômage se voit proposer un poste de son niveau. Les ingénieurs et les cadres, dont on pourrait penser qu’ils sont plus à l’abri des aléas du marché du travail, subissent le chômage avec la même rigueur, une seule proposition d’emploi pour quatre demandes. Plus surprenant, les techniciens et les agents de maîtrise font partie des catégories les moins recherchées avec à peine une offre sur sept demandes alors qu’au niveau régional, ils sont parmi les plus convoités, avec plus de huit offres pour dix demandes.
Graphique 8 : Taux d'offres d'emploi par qualification en 2007