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La fécondité est le premier moteur de la croissance démographique en Guyane

Auteur : Barbara GRAGNIC

Résumé

Logo du recensement de la population

En dix ans, les femmes de Guyane ont légèrement modifié leurs comportements de fécondité. Mère pour la première fois souvent à 20 ans, les femmes en âge de procréer ont en moyenne 3,5 enfants contre 4 enfants en 2000. Elles les ont, toujours, 2 ans avant les femmes de l’hexagone. L’âge moyen des mères progresse mais ne dépasse pas les 28 ans. La part des mères mineures diminue pour atteindre 7,5 % contre 9 % en 1999. Même si le niveau de fécondité est en léger recul, la Guyane reste le département français le plus dynamique sur le plan de la fécondité. Sa population devrait quasi-doubler d’ici 2030.

Sommaire

Encadrés

Publication

De 4 enfants par femme en 2000 à 3,5 en 2009

Depuis 1998, le niveau de fécondité des femmes de Guyane reste bien supérieur à celui des femmes de l’hexagone. En 1998, une femme en âge de procréer (15-50 ans) avait en moyenne 3,8 enfants en Guyane, soit plus de deux fois le nombre d’enfants moyen en France (1,76). Sur la période 1998-2009, l’écart sur les deux territoires s’est légèrement réduit ; en 2009, les femmes de Guyane ont en moyenne 3,5 enfants contre 2 pour les femmes de l’hexagone.

Jusqu’en 2006, le nombre moyen d’enfants par femme en Guyane a été très soutenu, dépassant 3,8 enfants en moyenne, et atteignant même près de 4 enfants par femmes en moyenne en 2000. Depuis, la natalité est en léger recul, en 2009 le nombre moyen d’enfants par femme est passé en dessous du seuil des 3,5 enfants par femme. Sur la période 1998-2009, la dynamique de la fécondité en Guyane est opposée à celle de l’hexagone, où le nombre moyen d’enfant par femme a progressé lentement et de manière quasi continue depuis 1998, se rapprochant progressivement de la barre symbolique des 2 enfants par femme en âge de procréer.

Le niveau de fécondité de la Guyane est supérieur à celui des Antilles et de la France métropolitaine
Évolution du nombre moyen d'enfants par femme selon le territoire

Le niveau de fecondite de la Guyane est superieur à celui des Antilles et de la France metropolitaine - Evolution du nombre moyen d'enfants par femme selon le territoire

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L’âge moyen des mères progresse mais ne dépasse pas 28 ans

Les femmes des Antilles-Guyane deviennent mères plus tôt qu’en France. La Guyane se démarque encore plus des deux départements des Antilles. L’âge moyen à l’accouchement y est inférieur de près de deux ans par rapport au Antilles. En 1998 en Guyane, une femme devenait mère à 27,3 ans en moyenne, soit 2 ans avant les femmes de l’hexagone et 1,6 an avant les femmes des Antilles. Entre 1998 et 2009, l’âge moyen à l’accouchement a progressé en Guyane de + 0,6 ans atteignant 27,9 ans, contre une progression de + 0,7 ans en France. Alors que la barre symbolique des 30 ans a été passée dans l’hexagone, l’écart de 2 ans est maintenu.

Les femmes Guyanaises deviennent en moyenne mère avant 28 ans
Âge moyen à l’accouchement selon l’année et le territoire

Les femmes Guyanaises deviennent en moyenne mere avant 28 ans - Age moyen à l’accouchement selon l’annee et le territoire

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7,5 % des naissances concernent des mères mineures

Les maternités mineures et précoces (lorsque la mère a seize ans ou moins) sont plus présentes en Guyane que dans les autres départements français malgré la baisse du nombre des mères sur cette tranche d’âge enregistrée ces dix dernières années. En 2009, les naissances mineures représentent 7,5 % des naissances totales (9 % en 1999), et les naissances précoces 4 % (6 % en 1999).

Mère à 20 ans en Guyane, 30 ans en France

Les femmes de Guyane et de l’hexagone ont des comportements de fécondité différents. Pour chaque tranche âge, le taux de fécondité des femmes de Guyane est supérieur à celui des femmes de l’hexagonale. L’écart entre les taux de fécondité est très important pour les femmes de moins 25 ans. Les femmes de Guyane ont des enfants plus jeunes ; le taux de fécondité maximal en Guyane est atteint à 20 ans contre 30 ans en France hexagonale. L’écart se réduit pour les femmes à partir de 30 ans mais les niveaux de Guyane restent supérieurs. Contrairement à la Martinique et à la Guadeloupe, la part des naissances due aux femmes de plus de 35 ans a peu évolué sur cette période.

Les femmes de Guyane continuent d’avoir des enfants jeunes, les taux de fécondité par âge de 1999 et 2009 sont proches pour les femmes de moins de 20 ans. Les modifications de comportements en Guyane concernent les femmes de plus de 20 ans. Les taux de fécondité entre 20 et 30 ans ont diminué ; en revanche, ils ont augmenté pour les femmes de plus de 30 ans ce qui explique l’augmentation de l’âge moyen à l’accouchement.

Les femmes de Guyane ont des enfants plus jeunes que les femmes de France métropolitaine
Taux de fécondité par âge en Guyane et en France métropolitaine en 1999 et en 2006

Les femmes de Guyane ont des enfants plus jeunes que les femmes de France métropolitaine - Taux de fécondité par âge en Guyane et en France métropolitaine en 1999 et en 2006

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La population va doubler d’ici 2030

En 2030, si les tendances démographiques se poursuivent, la population devrait atteindre 424 000 habitants ; la population va être quasiment doublée. Même si le solde migratoire est positif et tend à augmenter jusqu’en 2030, le solde naturel est le principal moteur de la croissance démographique à venir. La fécondité a donc une forte influence sur l’évolution démographique du département. La population de la Guyane tend à rester très jeune ; en 2010 comme en 2030, la part des moins de 20 ans restera stable (43 % des habitants). Le vieillissement de la population reste faible tandis que la Martinique et la Guadeloupe vont faire face à une accélération du vieillissement de leur population.

Encadrés

De 1960 à nos jours

En 1961, la Guyane comptait 33 505 habitants ; en 2009 la population compte 224 469 habitants. En près de cinquante ans la population a été multipliée par sept. Depuis les années 1990 la croissance démographique de la Guyane repose essentiellement sur son solde naturel mais le solde migratoire a été le premier moteur durant trois décennies (1960 à 1990). Entre 1961 et 1967 la Guyane a connu une croissance annuelle moyenne de 4,8 % ; 2,3 % de cette croissance est due au solde naturel et 2,5 % au solde migratoire. Sur la période suivante 1967-1974, le solde migratoire contribue très peu à la croissance démographique mais il reprend ensuite son rôle de moteur jusqu’en 1990. Entre 1974 et 1990 la Guyane a connu une vague d’immigration dû à la guerre civile sévissant au Surinam. Depuis 1990, le solde naturel est le premier moteur de la croissance démographique du département. La croissance démographique se maintient à un niveau de croissance annuelle moyen de 3,5 % avec une contribution du solde naturel de 2,7 %. La forte natalité et faible mortalité dopent la croissance démographique du département.

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Une naissance sur deux est issue d’une mère étrangère

En 2009, une naissance sur deux est issue d’une mère de nationalité étrangère. En France hexagonale, seulement 13 % des naissances concernent de mères étrangères ; les pourcentages sont similaires en Guadeloupe et Martinique. Les trois pays d’origine les plus représentés sont : le Surinam, Haïti et le Brésil. Ces trois nationalités concentrent 90 % des naissances de mères étrangères. Les femmes étrangères ont en moyenne plus d’enfants que les femmes françaises ; en 2009, elles ont un Indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) de 4,6 enfants alors que celui des femmes françaises est de 3,1 enfants. )

Indice conjoncturel de fécondité en 2009 selon la nationalité en Guyane
Unités: effectif, %
Naissances Femmes ICF*
Nationalité de la mère Effectif Répartition Effectif Répartition
* : Indicateur conjoncturel de fécondité
Source: Insee, statistiques de l'état civil et estimations de population.
Française 2 927 46,5 30 581 57 3,1
Etrangère 3 368 53,5 23 272 43 4,6
Ensemble 6 295 100 53 853 100 5

Téléchargez le tableau au format excel

Comparée à ses pays frontaliers, la Guyane a un comportement de fécondité très dynamique. Moins peuplée que le Brésil et le Surinam, ces trois pays ont pour particularité d’être très jeunes ; au moins un quart de la population a moins de 15 ans. En 2010, les taux de natalités des trois pays sont supérieurs à ceux de la France (12,7 naissances pour 1 000 habitants) ; mais la Guyane se démarque particulièrement avec un taux de natalité de 25,5 naissances pour 1 000 habitants. Ce comportement de fécondité dynamique se retranscrit dans le nombre moyen d’enfants par femme ; avec 3,4 enfants en moyenne par femme en 2010, la Guyane a un niveau de fécondité supérieur à ses pays voisins.

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Sources

Les chiffres publiés proviennent de trois sources : l’état-civil, les recensements de population et les estimations de population. Le recensement de la population sert de base aux estimations annuelles de population. Il en fixe les niveaux de référence, pour les années où il est disponible. Depuis la publication des résultats relatifs au 1er janvier 2006, le recensement fournit des résultats chaque année. Au cours des années où celui-ci n’est pas disponible, les estimations de population sont réalisées à partir des données d’état-civil et de l’estimation des soldes migratoires. Les estimations de population, par sexe et âge, sont disponibles depuis 1975 en métropole et depuis 1998 dans les Dom. Les statistiques d’état-civil utilisées portent sur les naissances domiciliées au lieu de résidence de la mère.

Les projections de populations se fondent sur un modèle baptisé Omphale 2010. Ce modèle est basé sur les populations régionales par sexe et âge au 1er janvier 2007 issues du recensement de la population.

Définitions

Le taux de fécondité
à un âge donné est le nombre d’enfants nés vivants des femmes de cet âge au cours de l’année, rapporté à la population moyenne de l’année des femmes de même âge.
L’indicateur conjoncturel de fécondité (ICF)
est la somme des taux de fécondité par âge observés une année donnée. Cet indicateur mesure le nombre d’enfants qu’auraient une femme au cours de sa vie si les taux de fécondité par âge observés l’année considérée demeuraient inchangés.
L’âge moyen à l’accouchement
est la somme des âges pondérés par les taux de fécondité par âge observés une année donnée. Cet indicateur mesure l’âge moyen auquel les mères donneraient naissance à leurs enfants si les taux de fécondité observés l’année considérée à chaque âge demeuraient inchangés. Comme l’indicateur conjoncturel de fécondité, il neutralise les effets de structure par âge.

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