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L'enquête emploi 2013 à La Réunion

Un taux de chômage autour de 29 % depuis quatre ans

En 2013, le taux de chômage reste stable à 29,0 %. Il est proche de cette valeur depuis quatre ans. Le seuil des 100 000 chômeurs est cependant de nouveau atteint cette année. Les jeunes demeurent les plus touchés (59 %). Bien qu'en retrait par rapport à la métropole, les femmes sont de plus en plus présentes sur le marché du travail : leur taux d'activité progresse de 7 points en six ans. Elles sont également de plus en plus souvent en emploi, leur taux de chômage diminuant significativement depuis 2011. La moitié des chômeurs de 2012 sont encore dans cette situation un an plus tard, 19 % ont retrouvé un emploi et 30 % ont basculé vers l'inactivité.

Jannick Rivière, Véronique Daudin, Insee

Sommaire

Encadré

Publication

Au 2e trimestre 2013, le taux de chômage reste stable à La Réunion et s’établit à 29,0 % de la population active (+ 0,3 point en un an). Il demeure près de trois fois supérieur au taux de chômage de France métropolitaine : 9,9 %, en hausse de 0,6 point par rapport à 2012. Après une période de forte augmentation entre 2008 et 2010, le taux de chômage se maintient autour du même niveau depuis quatre années consécutives. Mais le nombre de chômeurs progresse en un an et dépasse à nouveau la barre des 100 000 [tableau 1].

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Le chômage féminin diminue

L’écart des taux de chômage masculins et féminins se réduit nettement en 2013 (1,4 point) [graphique 1]. Il est cependant plus élevé qu’en France métropolitaine où l’écart est quasi-nul.

Évolution du taux de chômage BIT à La Réunion

Avec 29,7 %, le taux de chômage des femmes diminue en 2013 (- 0,9 point). Il recule ainsi de 2,3 points en deux ans. L’emploi des femmes augmente de 1,2 point, notamment les contrats à durée indéterminée. Ces emplois féminins pérennes augmentent de 7 %. Au 2e trimestre 2013, 39,5 % des femmes âgées de 15 à 64 ans occupent effectivement un emploi.

Les femmes restent néanmoins les plus touchées par le chômage. La situation se dégrade notamment pour les jeunes femmes de 15 à 24 ans arrivant sur le marché de l’emploi : 60,6 % des jeunes actives sont chômeuses, soit + 2,5 points en un an.

Chez les hommes, le taux de chômage revient à son niveau de 2010 (28,3 %). Il augmente de 1,2 point après deux années de légère baisse. Le recul de l’emploi dans le bâtiment, secteur essentiellement masculin, explique en partie cette évolution. Les jeunes hommes âgés de 15 à 24 ans, avec un taux de chômage de 57,2 %, sont les plus concernés par cette augmentation : + 3,1 points en un an.

Les jeunes de 15 à 24 ans restent ainsi les plus vulnérables sur le marché de l’emploi. Leur taux de chômage repart à la hausse pour atteindre 58,6 %, après la baisse de 2012 [graphique 2].

Évolution du taux de chômage BIT à La Réunion selon l’âge

L’offre d’emplois aidés, qui impacte souvent directement l’activité des jeunes, est restée atone pendant une période de quelques mois en raison de la mise en place de nouveaux types de contrats fin 2012 et début 2013. Le programme des emplois d’avenir a en effet connu très peu d’entrées au cours du 1er semestre à La Réunion.

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Le halo autour du chômage se réduit

En 2013, 102 000 personnes sont au chômage à La Réunion au sens du Bureau international du travail (BIT). Par ailleurs 42 000 personnes souhaitent travailler mais sont considérées comme inactives. Ces personnes ne remplissent pas les critères du chômage au sens du BIT parce qu’elles ne cherchent pas un emploi de manière active (60 %) ou qu’elles ne sont pas immédiatement disponibles pour travailler (40 %). Elles forment le halo autour du chômage, qui diminue de 11 % en un an. Au total, 144 000 personnes (au chômage ou dans le halo) souhaitent travailler en 2013, soit une baisse de 1,8 % en un an [tableau 2].

Tableau 2 - Le halo autour du chômage :
144 000 personnes sans emploi souhaitent travailler

Personnes sans emploi souhaitant travailler :
144 000
Inactifs au sens du BIT ("halo") : 42 000 Disponibles mais ne font pas de recherches : 25 400
Non disponibles : 16 600
Chômeurs au sens du BIT : 102 000
Source : Insee, Enquêtes emploi Réunion 2013 (situation au 2e trimestre).

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La hausse des taux d’activité féminins reprend

En emploi ou à la recherche d’un emploi, 62 % des 15-64 ans sont des actifs en 2013, soit 350 000 personnes [graphique 3]. Par ailleurs, 213 000 personnes sont inactives.

Évolution des taux d’activité des 15-64 ans selon le sexe

Le taux d’activité reste faible à La Réunion, avec 9 points de moins qu’en France métropolitaine (71 %). Il progresse toutefois de 0,7 point en un an, en particulier pour les jeunes femmes (+ 2,6 points). L’activité des personnes âgées de 50 à 64 ans contribue également à cette évolution. Leur taux d’activité augmente de 1,4 point en 2013.

Sur une période plus longue, entre 2007 et 2013, le taux d’activité des 50 à 64 ans augmente de 8 points, passant de 47,3 % à 55,2 %. Cette hausse s’explique par des départs à la retraite de plus en plus tardifs. Depuis 2007, le taux d’activité féminin augmente également de près de 7 points, passant de 49,6 % à 56,4 %.

L’écart entre les taux d’activité féminins réunionnais et métropolitains demeure important (10 points), mais il a diminué de 5 points depuis 2007. L’activité reste faible pour les Réunionnaises de 25 à 49 ans, aux âges où celle-ci devrait être maximale. Ainsi, seules 71 % des femmes de ces âges sont en activité contre 84 % en métropole. Chez les hommes, toujours de 25 à 49 ans, l’écart entre les taux d’activité réunionnais et métropolitains s’accentue et atteint désormais 7 points.

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Persistance dans les situations de chômage

La durée moyenne de chômage reste très élevée à La Réunion et s'allonge même d'un mois et demi en 2013 pour atteindre 36 mois. Elle est plus élevée pour les femmes (39 mois).

Dans ce contexte, la moitié (51 %) des personnes ayant déclaré être au chômage en 2012, le sont encore en 2013 [tableau 5]. La persistance dans les situations de chômage est stable sur un an mais elle est plus élevée qu’avant la crise de 2009. En 2007, 47 % des personnes qui se déclaraient au chômage un an auparavant étaient encore dans cette situation l’année suivante. La persistance dans le chômage a beaucoup augmenté pendant la crise pour atteindre un maximum de 58 % en 2011.

Tableau 5 - L'évolution des situations individuelles sur un an
La moitié des chômeurs de 2012 le sont encore en 2013
en %
Situation en 2013
Situation en 2012 Actifs occupés Chômeurs Inactifs Ensemble
Note de lecture : Parmi les hommes qui travaillaient en 2012, 92 % sont encore des actifs occupés en 2013.
Source : Insee, Enquêtes emploi 2012 et 2013 (situation au 2e trimestre).
Travaillaient 92 5 3 100
Étaient chômeurs 19 51 30 100
Étaient inactifs 3 6 91 100

Cependant, 19 % des personnes qui se déclaraient au chômage en 2012 ont retrouvé un emploi en 2013. Les diplômés retrouvent plus facilement du travail. Seulement 14 % des personnes sans diplôme qualifiant ont retrouvé un emploi en 2013. Les titulaires d’un CAP-BEP ou d’un baccalauréat sortent plus facilement du chômage : respectivement 23 % et 28 % ont trouvé un emploi en 2013. Les diplômés du supérieur sont dans une situation encore plus favorable avec 41 % de retour à l’emploi.

Parmi les personnes qui se déclaraient au chômage en 2012, 30 % ont quitté le marché du travail et sont devenues inactives en 2013. Il s’agit pour environ un tiers d’entre elles de personnes de plus de 50 ans ayant atteint l’âge de la retraite ou ayant abandonné les recherches actives de travail par découragement. Le basculement vers l’inactivité concerne également les jeunes : 25 % des jeunes de 15 à 24 ans qui se déclaraient au chômage en 2012 sont inactifs en 2013. Il concerne aussi plus souvent les non-diplômés, ce qui peut être assimilé à un découragement qui les pousse à abandonner les recherches actives de travail : 36 % des chômeurs sans diplôme qualifiant ont basculé dans l’inactivité en 2013 contre 21 % des diplômés.

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Une activité à temps partiel moins importante et mieux vécue qu’en 2012

En 2013, moins d’une personne en emploi sur cinq parmi les 15-64 ans travaille à temps partiel [tableau 4]. À l’inverse de la métropole où elle augmente, la part des temps partiel diminue à nouveau à La Réunion : 21,2 % en 2011, 20,5 % en 2012 et 18,9 % en 2013. Elle reste néanmoins plus élévée qu’en métropole (18,3%).

Le temps partiel diminue particulièrement dans la fonction publique. En un an, le taux perd 5 points pour s’établir à 17 %. Les jeunes de 15 à 24 ans sont les plus concernés par le temps partiel : 34 % contre 18 % des 25-64 ans. Plus de la moitié des jeunes femmes travaillent à temps partiel (+ 9 points en un an). Parmi elles, 59 % déclarent souhaiter travailler davantage.
Dans l’ensemble, le temps partiel choisi gagne du terrain en 2013 : 59,3 % des personnes à temps partiel souhaitent travailler davantage contre 67,5 % en 2012.

Tableau 4 - Travail à temps partiel à La Réunion
Les jeunes plus concernés par le temps partiel
en %
Part des personnes travaillant à temps partiel Dont : part de personnes souhaitant travailler davantage
2012 2013 Variation (en points) 2012 2013 Variation (en points)
Champ : Personnes de 15 à 64 ans ayant un emploi.
Source : Insee, Enquêtes emploi Réunion (situation au 2e trimestre).
Ensemble 20,5 18,9 -1,6 67,5 59,3 -8,2
15-24 ans 33,9 34,2 0,3 79,4 63,6 -15,8
25-49 ans 19,6 17,4 -2,2 66,2 60,2 -6,0
50-64 ans 19,1 18,3 -0,8 64,8 54,9 -9,9
Hommes 11,5 9,4 -2,1 76,5 64,0 -12,5
15-24 ans 28,5 22,8 -5,7 76,8 70,5 -6,3
25-49 ans 10,7 9,1 -1,6 78,7 68,0 -10,7
50-64 ans 8,2 6,1 -2,1 68,9 42,3 -26,6
Femmes 31,3 29,7 -1,6 63,5 57,6 -5,9
15-24 ans 42,3 51,0 8,7 82,2 59,0 -23,2
25-49 ans 29,8 26,7 -3,1 61,1 57,3 -3,8
50-64 ans 32,8 32,5 -0,3 63,5 57,7 -5,9

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Chômeurs et DEFM : deux concepts différents

Les statistiques des demandeurs d’emploi en fin de mois (DEFM) de catégorie A sont publiées par la Dares et le Pôle emploi. Cette catégorie regroupe les demandeurs d’emploi qui n’ont exercé aucune activité au cours du mois précédent et sont tenus de faire des démarches de recherche d’emploi ; il s’agit d’un concept proche de celui du chômage au sens du BIT. Néanmoins, les conditions de gestion administrative des DEFM influent parfois sur l’évolution du nombre de demandeurs inscrits. Ainsi, les statistiques des demandeurs d’emploi et de chômeurs ne sont pas directement comparables. On observe en particulier une augmentation des DEFM de catégorie A de 11 500 personnes entre le 2e trimestre 2012 et celui de 2013 alors que le nombre de chômeurs au sens du BIT augmente de 2 500. La proportion de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi parmi les chômeurs au sens du BIT fluctue chaque année : en 2013, 62 % des inscrits à Pôle emploi étaient chômeurs au sens du BIT alors qu’ils étaient plus de 67 % jusqu’en 2011.

Méthodologie

La série a été réactualisée depuis 2007. Les pondérations affectées à chaque individu enquêté sont calées sur la pyramide des âges de la population réunionnaise. Cette pyramide a été actualisée par les derniers résultats connus du Recensement de la population de 2010. Les pondérations de l’Enquête emploi 2013 tiennent compte de cette modification et les résultats des enquêtes précédentes (basés sur le recensement précédent) ont été mis à jour. Les taux calculés ici pour les années antérieures peuvent donc différer - à la marge - des taux précédemment publiés. Le taux de chômage publié en 2012 à 28,5 % a été augmenté de 0,2 point, à 28,7 %.

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Source et définitions

L’enquête annuelle sur l’emploi est réalisée par l’Insee dans les départements d’outre-mer depuis 1993. L’objectif premier de cette enquête auprès des ménages est de disposer d’une mesure du chômage et de l’emploi selon les normes du Bureau international du travail (BIT).
En outre, l’enquête emploi apporte de nombreuses informations sur l’état du marché du travail : nombre d’actifs et de chômeurs, caractéristiques des personnes présentes sur le marché du travail. Elle permet d’analyser son évolution d’une année sur l’autre. Elle traite aussi de sujets plus précis tels que la formation des jeunes arrivant sur le marché du travail. Cette enquête se déroule dans quatre départements d’outre-mer (Martinique, Guadeloupe, Guyane et Réunion), au même moment et sur une période de 13 semaines, de mars à juin. Dans chaque ménage tiré au sort, toute personne âgée de 15 ans et plus est interrogée trois années de suite. La première interrogation est réalisée par visite, les deux suivantes par téléphone. À La Réunion, l’Insee interroge plus de 8 600 personnes réparties sur l’ensemble de l’île.

Chômage (BIT) : Un chômeur est une personne en âge de travailler (15 ans ou plus) qui répond simultanément à trois conditions : 1- être sans emploi, c'est à dire ne pas avoir travaillé, ne serait-ce qu'une heure, durant une semaine de référence ; 2- être disponible pour prendre un emploi dans les 15 jours ; 3- avoir cherché activement un emploi dans le mois précédent ou en avoir trouvé un qui commence dans moins de trois mois.

Sont considérées par le BIT comme des démarches actives de recherche d’emploi, dans le mois précédent l’entretien, les actes suivants : contacter ou être contacté par un bureau public de placement (Pôle emploi, chambre de commerce, etc.) pour trouver un emploi (visite, consultation de tableau, participation à des actions menées par Pôle emploi, etc.) ; prendre contact avec un bureau privé de placement ; visiter un forum des métiers ; faire une démarche directe auprès d’un employeur ; s’adresser à des relations personnelles ou professionnelles ; passer, répondre ou lire les annonces d’emploi ; passer un concours, un test, un entretien, etc.

Population active : La population active regroupe les chômeurs et la population active occupée (ayant un emploi), composée des salariés et des non salariés.

Taux de chômage : Le taux de chômage est la proportion du nombre de chômeurs dans la population active.

Population active occupée : La population active occupée comprend les personnes (âgées de 15 ans ou plus) ayant travaillé (ne serait-ce qu'une heure) au cours d'une semaine donnée (appelée semaine de référence), qu'elles soient salariées, à leur compte, employeurs ou aides dans l'entreprise ou l'exploitation familiale.

Taux d’emploi : Le taux d’emploi est le rapport de la population ayant un emploi (active occupée) à la population totale correspondante.

Halo autour du chômage : Le BIT fourni une définition stricte du chômage, mais qui ignore certaines interactions qu'il peut y avoir avec l'emploi (travail occasionnel, sous-emploi) ou avec l'inactivité. En effet, certaines personnes souhaitent travailler mais sont considérées comme inactives, soit parce qu'elles ne sont pas disponibles rapidement pour travailler (deux semaines), soit parce qu'elles ne recherchent pas. Ces personnes forment le « halo » autour du chômage.

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Bibliographie :

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