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Une crise conjoncturelle ou les limites d'un modèle de croissance ?

Bilan macroéconomique de La Réunion 2000-2010

Sommaire

Avant-propos

La Réunion dispose, comme les autres départements d'outre-mer, d'un système d'information économique et financière plus riche que n'importe quelle région de France métropolitaine, avec en particulier des comptes économiques détaillés, un indice des prix, une balance commerciale, une analyse du système productif local, une mesure du chômage et de l'emploi informel, un suivi conjoncturel.

Partant du constat de leur insuffisante valorisation, l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), l'Institut d'émission des départements d'Outre-mer (IEDOM) et l'Agence française de développement (AFD) sont associés dans le projet Cerom (Comptes économiques rapides pour l'Outre-mer). Ce projet, né de la volonté commune de développer le système d'information économique et de créer de nouveaux outils d'aide à la décision pour les institutionnels, est entré en vigueur en 2004. Plusieurs travaux et publications ont déjà été réalisés.

Parmi ces travaux, de nombreuses monographies à caractère macro-économique ont déjà concerné plusieurs géographies allant des Antilles à l'océan Indien et au Pacifique. La présente étude vise à décrire l'évolution économique de La Réunion au cours de la décennie 2000.

L'étude revient sur le formidable rattrapage économique enregistré jusqu'en 2007, avec une économie portée par un boom de l'investissement sans précédent. Le coup d'arrêt marqué en 2008 est à la hauteur de la croissance qui l'a précédé. Le développement économique n'a pas permis de réduire les difficultés sociales. La crise que traverse La Réunion oblige à repenser le modèle économique. Cette crise résulte-t-elle de la conjoncture ou bien est-elle le révélateur des limites du modèle qui a porté l'économie de l'île sur la première partie de la décennie ?

Le Directeur de l'AFD Réunion Marc Dubernet, Le Directeur de l'IEDOM Réunion Arnaud Bellamy-Brown, La Directrice régionale de l'Insee La Réunion-Mayotte Valérie Roux

Avertissement

Le champ de l'étude couvre la décennie 2000. À la date de rédaction de l'étude, les comptes économiques définitifs disponibles s'arrêtent à l'année 2007. Les comptes rapides de 2008 à 2011 ont également été exploités. Cependant, en raison de la faible robustesse des données provisoires sur 2008 - 2010 concernant les comptes de branches d'activité, le champ d'analyse des valeurs ajoutées s'est limité à la période 2000 - 2007.

Les comptes économiques définitifs sont construits sur les principes de la comptabilité nationale. Les comptes rapides sont issus d'une modélisation de l'économie réunionnaise.

Le modèle utilisé pour construire les comptes rapides est un modèle macroéconométrique, de type keynésien, modèle dit «quasi-comptable». Il permet de projeter les comptes économiques d'une année à partir d'hypothèses d'évolution de l'offre et de la demande de biens et services. À La Réunion, ce modèle est construit avec 25 branches et 25 produits.

Le modèle est basé sur le tableau des entréessorties (TES) de la comptabilité nationale. En effet, ces relations comptables permettent d'assurer la cohérence du modèle en décrivant les équilibres nécessaires entre les ressources et les emplois pour chaque opération.

En conséquence, le modèle reproduit de façon mécanique la structure comptable déterminée par le passé. La projection du compte se fait selon la méthode de Léontieff, fondée sur les interactions entre branches et celle de Keynes, fondée sur l'interaction revenu-consommation. Le modèle intègre peu de relations de comportement des agents et ne peut donc pas être utilisé pour simuler l'impact de changements de ces comportements.

Les sources mobilisées ne sont pas disponibles pour toutes les années. Ainsi par exemple, la dernière enquête disponible sur le budget des familles réunionnaises date de 2006.