Aller au contenu

Aller au menu principal

Liens transversaux haut

Démographie - Un taux de fécondité toujours élevé qui ne baisse plus

Fabrice Michaïlesco - Insee

Résumé

Avec 2,38 enfants par femme en 2009, La Réunion se distingue par une fécondité élevée. Le nombre d’enfants par femme a fortement diminué jusqu’à la fin des années 80, réduisant l’écart avec la France Métropolitaine, mais se stabilise depuis une quinzaine d’années. La fécondité des Réunionnaises reste particulièrement forte aux âges les plus jeunes : elle est sept fois plus élevée pour les mineures de 14 à 17 ans. L’âge moyen à l’accouchement augmente depuis le milieu des années 80, où il est passé en dessous de celui de France métropolitaine.
La structure des familles réunionnaises se modifie. Les familles nombreuses sont de moins en moins fréquentes, et parallèlement le nombre de familles monoparentales et de couples sans enfant ne cesse d’augmenter.

Publication

Encadré

Publication

En 2009, La Réunion conserve une fécondité élevée. Avec 2,38 enfants par femme, elle se place au troisième rang des régions françaises, derrière Mayotte (5,0 en 2007) et la Guyane (3,49), mais devant la Guadeloupe (2,16) et la Martinique (2,08). En France métropolitaine, les femmes ont en moyenne 1,98 enfant.

En matière de fécondité, les comportements ont beaucoup évolué : le nombre d’enfants par femme a fortement diminué dans les années 70 et 80, le point le plus bas ayant été atteint en 1996 (2,26 enfants par femme). Depuis, il ne baisse plus, oscillant entre 2,3 et 2,5 enfants par femme.

L’écart de fécondité entre la France métropolitaine et La Réunion ne cesse de se réduire et n’est, en 2009, que de 0,4 point. En 1980, l’indice conjoncturel de fécondité (ICF) était supérieur d’un point à La Réunion, avec trois enfants par femme contre deux en France métropolitaine. Dans les années 50, l’écart était de quatre points, avec une moyenne de sept enfants par femme contre trois en Métropole. Ces dernières années, la convergence des ICF réunionnais et métropolitain s’explique par une remontée de l’indicateur métropolitain, qui ne cesse d’augmenter depuis 1994.

Haut de page

Indice conjoncturel de fécondité entre 1946 et 2009

Haut de page

Une fécondité supérieure à la Métropole avant 25 ans

Le calendrier des maternités est aussi très différent à La Réunion, avec des taux de fécondité nettement plus élevés avant 25 ans. Le taux est sept fois plus important qu’en France métropolitaine chez les mineures de 14 à 17 ans et presque trois fois plus élevé chez les jeunes femmes de 18 à 22 ans. Comme en France, les taux de fécondité avant 21 ans ont très peu diminué et restent ainsi à La Réunion durablement élevés.

Le report des naissances, très net en France métropolitaine ces vingt dernières années, est plus contrasté à La Réunion : entre 1991 et 2009, la fécondité a beaucoup chuté chez les femmes âgées de 22 à 30 ans mais elle a, à l’opposé, peu augmenté au delà de 32 ans.

Haut de page

Taux de fécondité selon l'âge

Haut de page

La maternité en guise de statut social

En 2009, 526 enfants ont été mis au monde par des mères mineures à La Réunion, soit 3,7 % des naissances de l’année.

Peu diplômées, sorties précocement du système scolaire, les jeunes mères sont le plus souvent femmes au foyer ou au chômage. Dans ces circonstances, elles sont plus nombreuses à vivre au sein d’un ménage ne déclarant aucun revenu d’activité. La maternité procure à ces jeunes femmes un statut social qui compense une scolarité souvent défaillante et un marché du travail difficilement accessible.

Une diminution des échecs scolaires, une conjoncture économique plus favorable ainsi qu’un accès plus large des femmes au marché de l’emploi pourraient favoriser une baisse de la fécondité des très jeunes mères.

Haut de page

L’âge moyen à l’accouchement augmente depuis le milieu des années 80

L’âge moyen à l’accouchement a beaucoup évolué depuis le milieu du XXe siècle. De plus de 30 ans au début des années 50, l’âge moyen à l’accouchement des Réunionnaises a diminué à 27,4 ans au milieu des années 80. Il s’est ensuite accru pour atteindre 28,4 ans aujourd’hui (30 ans en France métropolitaine).

En raison du nombre élevé d’enfants par femme, l’âge moyen à l’accouchement est resté nettement supérieur à La Réunion jusqu’au milieu des années 80. Mais l’augmentation de l’âge des maternités des Métropolitaines a inversé la tendance.
Les Réunionnaises ont leur premier enfant à 25,8 ans en moyenne contre 28,4 ans en France métropolitaine.

Haut de page

Âge moyen à l'accouchement entre 1951 et 2009

Haut de page

De moins en moins d’enfants

En vingt ans, le nombre d’enfants par famille n’a cessé de diminuer, passant - pour les familles ayant au moins un enfant - de 2,38 en 1990 à 1,94 en 2009 (respectivement 1,88 et 1,78 en France métropolitaine).

Les familles nombreuses (trois enfants ou plus) sont moins fréquentes, puisqu’elles représentent 23 % des familles avec enfants en 2009, contre 37 % en 1990. Elles restent néanmoins plus présentes qu’en France métropolitaine (17 %).

Haut de page

Nombre d’enfants par famille entre 1990 et 2009

Haut de page

Taille des familles et activité des femmes sont liées. En dessous de 60 ans, la part des familles sans enfant est plus importante lorsque la femme occupe un emploi (20 %) que lorsqu’elle est au chômage ou inactive (13 %).

De même, les familles avec trois enfants ou plus sont deux fois plus nombreuses quand la femme ne travaille pas (27 %) que lorsqu’elle occupe un emploi (14 %).

Les comportements de fécondité varient également en fonction de la catégorie socioprofessionnelle. Les familles sans enfant sont deux fois plus fréquentes lorsque la femme est cadre que lorsqu’elle est ouvrière ou employée (respectivement 28 % et 15 %).

Haut de page

Plus de couples sans enfant et de familles monoparentales

À La Réunion comme en France, le nombre de familles sans enfant ainsi que le nombre de familles monoparentales ne cessent d’augmenter au détriment des familles avec enfant(s). En 2009, seule une famille sur deux est composée d’un couple avec enfant(s) contre 62 % vingt ans plus tôt. Le vieillissement de la population et les changements de mode de vie expliquent cette baisse.
Les familles monoparentales sont particulièrement nombreuses, puisqu’elles représentent 29 % des familles (+ 4,3 points en 10 ans) contre 14 % en France.

Répartition par type de famille entre 1990 et 2009

Haut de page

Ces changements de structure familiale ont des effets importants pour l’aménagement du territoire : la réduction de la taille des familles induit une baisse du nombre de personnes par logement. Pour faire face à la croissance de la population, il faudra ainsi davantage de logements à l’avenir. Le parc immobilier devra alors évoluer pour mieux répondre aux besoins de la population.

Haut de page

Un recours à l’IVG beaucoup plus fréquent à La Réunion

En 2009, 4 402 interruptions volontaires de grossesse (IVG) ont été réalisées à La Réunion. Les jeunes femmes mineures ont autant recours à l’IVG que l’ensemble des femmes de 15 à 49 ans, soit 20 IVG pour 1 000 femmes. En France métropolitaine, 14,5 IVG pour 1 000 femmes de 15 à 49 ans ont eu lieu en 2009, et 11,1 IVG pour 1 000 femmes mineures, soit près de deux fois moins qu’à La Réunion.
Toutefois, le taux de recours à l’IVG diminue à La Réunion : il était de 25 IVG pour 1 000 femmes en 1997. En France métropolitaine, il augmente légèrement sur la période (13 IVG pour 1 000 femmes en 1997).
Les Réunionnaises ont moins recours à l’IVG que les Guyanaises ou les Guadeloupéennes.

Nombre total d'IVG IVG pour 1000 femmes de 15 à 49 ans IVG pour 1000 femmes mineures
Source : Drees
La Réunion 4 402 20,0 19,9
Guadeloupe 4 022 39,0 29,0
Martinique 2 302 22,5 19,1
Guyane 2 143 36,3 42,5
France métropolitaine 209 268 14,5 11,1

Haut de page

Définitions

Le taux de fécondité à un âge donné est le nombre d’enfants nés vivants des femmes de cet âge au cours de l’année, rapporté à la population moyenne de l’année des femmes de même âge.

L’indicateur conjoncturel de fécondité est la somme des taux de fécondité par âge observés une année donnée. Cet indicateur mesure le nombre d’enfants qu’aurait une femme au cours de sa vie si les taux de fécondité par âge observés l’année considérée demeuraient inchangés.

L’âge moyen à l’accouchement est la somme des âges pondérés par les taux de fécondité par âge observés une année donnée. Cet indicateur mesure l’âge moyen auquel les mères donneraient naissance à leurs enfants si les taux de fécondité observés l’année considérée à chaque âge demeuraient inchangés. Comme l’indicateur conjoncturel de fécondité, il neutralise les effets de structure par âge.

Haut de page