Enquête innovation 2008 - 2010
Entre 2008 et 2010, la moitié des entreprises réunionnaises de 10 à 250 salariés ont innové. C’est la même proportion qu’en France métropolitaine. Pourtant, La Réunion est confrontée à de nombreux handicaps : un marché local isolé, des entreprises plus petites et une économie tournée vers des secteurs a priori peu innovants. Cependant, une dynamique locale d’innovation dans l’industrie compense ces obstacles. Les entreprises de 20 à 49 salariés sont moteur de l'innovation, avec 64% d'entreprises innovantes (54%en France métropolitaine). Les entreprises réunionnaises innovent surtout en mettant en oeuvre de nouvelles stratégies d'organisation.
A contrario, l’innovation technologique est plus faible à La Réunion. Le retard est plus important dans les services que dans l’industrie. La Réunion pâtit notamment d'un manque d'emplois de cadres et de conception-recherche. De même, bien qu'existants, les réseaux d'innovation sont encore en cours de développement.
Anne LEVET , Insee
Véronique STERN, SR21 (Stratégie Régionale d'Innovation)
Identifiée comme un moteur de croissance, l’innovation dans les entreprises s’avère particulièrement stratégique en période de crise. C’est pourquoi, elle est aujourd’hui au coeur des politiques publiques économiques. Dans un cadre de concurrence accrue, les entreprises doivent conquérir de nouveaux marchés et étoffer leurs activités et leurs savoir-faire. En innovant, elles réalisent des gains de productivité, elles créent également de l’emploi et de la valeur ajoutée et contribuent ainsi à la croissance de l’économie.
L’émergence du système d’innovation est récente à La Réunion. En 2010, l’État, la Région et le Département ont adopté une Stratégie régionale d’innovation (SRI) (encadré 6).
Entre 2008 et 2010, 53 % des entreprises réunionnaises ont innové, parmi les entreprises de 10 à 250 salariés des secteurs de l’industrie, des services technologiques, intellectuels ou administratifs. L’innovation s’entend comme la mise en oeuvre d’une idée nouvelle sur un marché ou au sein de l’entreprise. Elle se décline en innovation technologique, qui porte sur les produits et les procédés, ou non technologique, qui concerne le marketing ou l’organisation de l’entreprise. L'innovation au sens large regroupe l'ensemble de ces quatre types d'innovations (encadré 1).
La Réunion atteint un niveau d’innovation comparable à celui de France métropolitaine, malgré des handicaps structurels qui influent fortement sur la capacité à innover.
À La Réunion comme en France, la dimension du marché est le premier obstacle à l’innovation. Plus l’entreprise intervient sur un marché ouvert, plus elle innove. À La Réunion, 48 % des entreprises qui opèrent exclusivement sur le marché local innovent contre 75 % des entreprises qui possèdent un marché extérieur. Or, 80 % des entreprises réunionnaises ont un marché exclusivement régional, contre 30 % en France métropolitaine. Pour les entreprises qui opèrent exclusivement sur le marché local, c’est l’investissement qui conditionne le plus l’innovation : 58 % des entreprises qui investissent le plus innovent, contre 40 % de celles qui ont les plus faibles investissements (graphique 1).
Les secteurs d’activité et la taille des entreprises à La Réunion ne sont pas favorables à l’innovation. Ainsi, les activités économiques des entreprises réunionnaises sont davantage orientées vers des secteurs habituellement peu innovants. Par exemple, les services administratifs et de soutien (sécurité, services aux bâtiments et paysages, location, etc.), sont peu innovants (41 %) et plus nombreux. A contrario, les services technologiques (édition, production de vidéo, télécommunications, etc.), qui sont les plus innovants (69 %), sont rares dans le tissu économique local. Les plus petites entreprises étudiées, celles qui ont entre 10 et 19 salariés, sont plus répandues à La Réunion (57 % des entreprises enquêtées) qu’en France métropolitaine (51 %). Or, ces petites entreprises sont moins innovantes que les grandes, car elles n’ont pas de structure d’appui, souvent peu de personnel qualifié et peu de moyens financiers pour innover. À La Réunion, seulement 45 % des entreprises de 10 à 19 salariés innovent contre 62 % des plus de 50 salariés. Cette structure par taille et secteur, qui diffère par rapport à la France métropolitaine, fait perdre quatre points au taux d’innovation réunionnais.
Mais une vraie dynamique locale, portée par l’industrie, existe et stimule l’innovation (graphique 2).
Note de lecture : tous secteurs d'activité confondus, 24 % des entreprises métropolitaines ont innové en produit, contre 17 % des entreprises réunionnaises.
Elle améliore le taux d’innovation de quatre points et compense le déficit structurel. Plusieurs secteurs industriels sont plus innovants qu’au niveau national : l’industrie du plastique (70 % contre 57 %), l’industrie métallique (53 % contre 48 %) et l’agroalimentaire (51 %contre 48 %) (tableau 1). Les entreprises de traitement de l’eau et des déchets sont également particulièrement innovantes (encadré 2).
| en % | ||||
| Structure (part des entreprises du secteur) | Part d'entreprises innovantes | |||
|---|---|---|---|---|
| Secteur d'activité | La Réunion | France métropolitaine | La Réunion | France métropolitaine |
| Champ : entreprises de 10 à 250 salariés (industrie, services technologiques, intellectuelles, administratifs ou de soutien). | ||||
| Source : Insee, Enquête innovation CIS 2010. | ||||
| Ensemble des secteurs | 100 | 100 | 53 | 53 |
| Industrie | 54 | 53 | 57 | 54 |
| dont industrie manufacturière | 49 | 50 | 56 | 54 |
| dont industrie agroalimentaire | 17 | 10 | 51 | 48 |
| Services | 46 | 47 | 49 | 52 |
| dont services technologiques | 6 | 10 | 69 | 70 |
| dont services intellectuels | 19 | 24 | 51 | 50 |
| dont services adiministratifs et de soutien | 21 | 13 | 41 | 39 |
Par ailleurs, les entreprises de 20 à 50 salariés sont les « moteurs » de l’innovation à La Réunion, devant les plus grandes entreprises. Leur taux d’innovation (64 %) est de 10 points supérieur à celui de la France métropolitaine.
À côté des difficultés structurelles, 60 % des entreprises réunionnaises, innovantes ou pas, ont rencontré des freins qualifiés d’élevés pour mener leurs activités d’innovation. Le plus important, le coût, est cité par 43 % des entreprises, que ce soit par manque de moyens financiers internes ou externes, ou un coût de l’innovation jugé trop élevé. Des difficultés liées à la « connaissance » ont également été identifiées par 29 % des entreprises. Elles évoquent un manque de personnel qualifié, d’information sur les technologies ou sur les marchés, et des difficultés à trouver des partenaires de marché. Enfin, 27 % des entreprises mentionnent des freins liés au marché : marché dominé par des entreprises établies ou incertitude de la demande (graphique 3).
Les petites entreprises sont plus confrontées à ces freins. C’est aussi le cas des secteurs de l’industrie manufacturière et des services administratifs qui font face à plus de contraintes.
Les freins sont un peu plus élevés qu’en métropole. Les écarts les plus importants concernent les coûts, le manque d’information sur les technologies ou sur les marchés et les difficultés à trouver des partenaires. Un quart des entreprises non innovantes déclarent aussi ne pas avoir besoin d’innover pour maintenir ou développer leur marché, peut-être en raison d'une demande soutenue par la forte croissance démographique.
Parmi toutes les formes d’innovation, les entreprises réunionnaises privilégient l’innovation en organisation (graphique 2).
Elle est particulièrement élevée à La Réunion (43 %), notamment dans l’industrie. Dans ce secteur, les innovations en marketing sont aussi plus fréquentes qu'en France métropolitaine. L'innovation en organisation concerne des nouveautés ou des améliorations dans la gestion des connaissances, les méthodes de travail ou les relations externes. Confrontées à un contexte économique difficile, les entreprises ont dû s’adapter, au moyen de nouvelles stratégies d’organisation de l’entreprise. D’autant que ces innovations sont souvent moins coûteuses à mettre en oeuvre que les innovations technologiques. L’innovation en organisation a pu être favorisée par la montée en puissance des acteurs de soutien (grappes d’entreprises, pôle de compétitivité, centres de ressources technologiques, etc.).
Comme en France métropolitaine, les entreprises combinent souvent plusieurs types d’innovation. Parmi celles qui innovent technologiquement, 76 % innovent aussi en marketing ou en organisation. Souvent, une innovation en produit s’accompagne d’une innovation marketing lors de sa commercialisation.
Les innovations technologiques, dédiées aux produits ou aux procédés de production, constituent le coeur de l’innovation, étant le plus directement liées à la production.
Dans ce domaine, les entreprises réunionnaises sont distancées par celles de France métropolitaine : seulement 27 % innovent technologiquement, contre 34 % en France métropolitaine.
L’écart est plus important dans les services (21 % contre 30 %) que dans l’industrie (33 % contre 38 %), notamment dans les services technologiques et intellectuels (graphique 4). Les plus petites entreprises (10 à 19 salariés) innovent peu technologiquement, deux fois moins que les 50 à 250 salariés.
Comme pour l’innovation au sens large, la structure du tissu productif réunionnais est défavorable à l’innovation technologique. Si la répartition des entreprises par taille et secteur était la même qu’en France métropolitaine, l’innovation technologique serait de 32 %. Le reste de l’écart (2 points) traduit un déficit local d’innovation technologique.
Le premier facteur favorable à l’innovation technologique est la présence dans l’entreprise d’emplois de conception-recherche (chercheurs, ingénieurs, cadres ou techniciens de recherche et développement, etc.). Les entreprises qui comptent au moins un emploi de ce type innovent deux fois plus que celles qui n’en ont pas (48 % contre 23 %). La Réunion est peu dotée en emplois de conceptionrecherche, qui stimuleraient pourtant fortement l’innovation technologique. Ils représentent 0,7 % de l’emploi total, soit quatre fois moins qu’en France métropolitaine.
De même, la part des cadres est plus faible à La Réunion : 9,2 % contre 13,7 % en France de province. Ces emplois sont stratégiques dans la mesure où ils ont un rôle d’entrainement sur d’autres fonctions productives et apportent aux entreprises une capacité de développement d’activités à haute valeur ajoutée.
Certaines compétences ont été identifiées comme favorisant l’innovation (tableau 2). Les trois quarts des PME innovantes ont utilisé ces compétences contre la moitié des non innovantes.
| en % | ||||
| La Réunion | France métropolitaine | |||
|---|---|---|---|---|
| Compétences | Compétences | |||
| interne | externe | interne | externe | |
| Note de lecture : 59 % des entreprises ont employé en interne des personnes avec une des compétences qui suit Champ : entreprises de 10 à 250 salariés innovantes technologiquement (industrie, services technologiques, intellectuels, administratifs ou de soutien) | ||||
| Source : Insee, enquête innovation CIS 2010 | ||||
| Au moins une de ces compétences | 59 | 62 | 73 | 73 |
| Veille concurrentielle et technologique | 31 | 14 | 41 | 15 |
| Conception des sites web | 25 | 38 | 24 | 44 |
| Ingénierie, sciences appliquées | 24 | 6 | 33 | 11 |
| Conception d'objets ou de prestations de services | 23 | 23 | 36 | 20 |
| Arts graphiques, mise en page, publicité | 21 | 34 | 28 | 34 |
| Développement de logiciels | 20 | 30 | 29 | 31 |
| Mathématiques, statistiques, gestion de bases de données | 20 | 8 | 26 | 10 |
| Études de marché | 19 | 25 | 24 | 19 |
| Multimédia | 15 | 31 | 23 | 31 |
| Droit , propriété intellectuelle | 12 | 23 | 18 | 33 |
À La Réunion, presque toutes les compétences, quelles soient internes ou externes, sont moins mobilisées qu’en France métropolitaine. En interne, les concepteurs d’objets ou de prestations des services (– 13 points) ou les travaux d’ingénierie (– 9 points) sont notamment beaucoup moins employés qu’en France métropolitaine. En externe, les entreprises réunionnaises ont moins sollicité de spécialistes du droit ou de la propriété intellectuelle (23 % contre 33 % en France métropolitaine) ou de spécialistes en conception de site web (38 % contre 44 %).
Les activités de recherche et développement (R&D) réalisées en interne sont peu répandues. Seulement 46 % des entreprises innovantes technologiquement ont engagé ce type d’activité. C’est beaucoup moins qu’en France métropolitaine (68 %). Les entreprises réunionnaises recourent d’ailleurs moins au crédit impôt recherche (CIR), qui constitue pourtant la première source de financement de la R&D en Métropole. Ainsi, seulement 15 % des entreprises innovantes technologiquement l’utilisent contre 36 % en France.
La promotion et la prise en charge du CIR par des bureaux d’études privés sont très peu répandues à La Réunion. En revanche, les aides des collectivités locales constituent la première source de financement (24 % contre 15 % en France métropolitaine).
Les aides publiques sont plus souvent attribuées aux plus grandes entreprises (de 50 à 250 salariés) et à celles des services intellectuels (comptabilité, sièges sociaux, etc.) et technologiques.Toutes aides confondues, les entreprises réunionnaises sont en situation plus défavorable que leurs homologues métropolitaines : seulement 41 % d’entre elles ont bénéficié d'au moins une aide, contre 48 % en France métropolitaine (graphique 5).
Qu’elle soit inter-entreprises ou avec le monde de la recherche, la coopération favorise l’innovation en développant des mutualisations, en transférant et valorisant les connaissances, et crée ainsi le lien recherche - application. Les entreprises qui appartiennent à un groupe ou à un réseau d’enseigne sont plus aptes à innover technologiquement : elles sont 67 %, contre 47 % pour celles qui n’appartiennent à aucun réseau.
Parmi les entreprises réunionnaises qui innovent technologiquement, seulement un quart coopèrent pour l’innovation, contre un tiers en France métropolitaine. Plus qu’en Métropole, les partenaires sont essentiellement régionaux. Les entreprises sont en effet sur un marché principalement local et sont donc plus éloignées des grands centres de compétences publics ou privés, mais aussi d’éventuels partenaires.
Par ailleurs, plus les entreprises sont grandes, plus elles coopèrent. Les entreprises de plus de 50 salariés sont ainsi plus intégrées dans des réseaux, et elles ont aussi plus de moyens financiers, techniques et humains pour trouver des partenaires. Comme en France métropolitaine, les partenaires sont essentiellement des clients, des fournisseurs ou même des concurrents du même marché . Ce peut être aussi des consultants (graphique 6).
À La Réunion, les partenaires de marché sont la première source d’information pour l’innovation (38 %), alors qu’en France métropolitaine les sources internes à l’entreprise prédominent (52 %).
Des réseaux favorisant la recherche et l’innovation ou des réseaux inter-entreprises existent déjà à La Réunion (encadré 5). Ils sont jeunes et en cours de structuration et s’appuient sur une offre institutionnelle et privée en cours de développement.
Néanmoins, la région subit dans ce domaine l’éloignement géographique, qui complique les échanges avec la France métropolitaine. De nouveaux partenariats avec les réseaux internationaux de l'océan Indien se développent. Par ailleurs, l'utilisation systématisée des technologies de l'information et de la communication (TIC) peut aider à compenser l'éloignement.
L’innovation au sens large regroupe l’innovation technologique et l’innovation non technologique. Elle peut être nouvelle pour l’entreprise mais pas forcément pour le marché.
L’innovation technologique comprend l’innovation en produits ou en procédés de production :
L’innovation non technologique peut être en marketing ou en organisation :
Les dix-huit entreprises du secteur industriel de l’eau et des déchets cumulent de forts potentiels. Elles sont plus grandes que la moyenne, la moitié ont plus de 50 salariés, et les deux tiers font partie d’un groupe. Elles interviennent quatre fois plus sur un marché international et elles sont deux fois plus nombreuses à disposer d’au moins un emploi de cadre. Elles investissent beaucoup, puisque 83 % des entreprises de l’eau et des déchets ont plus de 4 % de taux d’investissement (43 % pour l’ensemble).
Ces atouts leur permettent d’innover davantage que les autres entreprises réunionnaises : 71 % innovent au sens large (53 % dans l’ensemble) et 59 % innovent technologiquement (27 % dans l’ensemble). Elles sont même plus innovantes que les PME de France métropolitaine du secteur de l’eau et des déchets, où seulement la moitié innovent et un tiers innovent technologiquement.
L’enquête communautaire sur l'innovation (community innovation survey) est menée dans l’ensemble des pays de l’Union européenne. Elle permet de décrire le processus d’innovation, d’en mesurer les effets et d’apprécier ses mécanismes (coopération, moyens, freins, etc.). Celle-çi est réalisée tous les deux ans pour les entreprises de plus de 10 salariés. En 2010, elle a fait l’objet d’une extension à La Réunion ainsi que dans neuf autres régions. Elle porte sur l’activité des entreprises de 2008 à 2010.
À La Réunion, toutes les entreprises de 10 à 250 salariés dont au moins 80 % de l’effectif salarié travaillent dans la région sont interrogées, si elles exercent une activité dans les secteurs suivants :
- l'industrie (manufacturière, extractive, eau-déchets-assainissement),
- les services technologiques (édition, production de films - vidéo - musique, programmation et diffusion, télecommunications, act. informatiques, services d’information),
- les services intellectuels (activités juridiques et comptables, conseil et gestion-sièges sociaux, activités d’architecture et ingénierie, contrôle et analyses techniques, publicité et études de marchés),
- les services administratifs et de soutien (activités de location, activités liées à l’emploi, agences de voyages, enquêtes et sécurité, services relatifs aux bâtiments et aménagements paysagers).
Les entreprises enquêtées représentent un quart des entreprises de 10 à 250 salariés à La Réunion. Les comparaisons avec la France métropolitaine sont réalisées à champ comparable, sur les secteurs d’activité retenus à La Réunion.
Conception recherche : parmi les 486 professions de la nomenclature, 13 correspondent plus spécifiquement à des postes de conception, recherche et/ou innovation (chercheurs, ingénieurs et cadres de recherche et développement, techniciens de R&D, etc.) (source : Insee, DADS 2009).
Taux d’investissement : investissements corporels (bâtiments, machines, véhicules, etc.) / valeur ajoutée hors taxe. (source : Insee, FARE 2009).
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Depuis novembre 2010 et sur recommandation de la Commission européenne, La Réunion s’est dotée d’une Stratégie régionale d’innovation (SRI). Elle vise à structurer le territoire ou à améliorer « notre machine régionale à innover » pour atteindre un nouvel acte de développement. L’objectif est également de créer l’environnement qui dynamise le processus d’innovation à La Réunion. La SRI est un document stratégique comprenant un socle macro-économique, 8 grandes orientations et 17 propositions d’actions. Sa mise en oeuvre est placée sous l’autorité d’un comité de pilotage réunissant l’État, le Conseil régional et le Conseil général. La responsabilité opérationnelle de la mise en oeuvre est confiée au Comité régional pour l’innovation (CRI).
L’émergence du système d’innovation à La Réunion est récent (2008) et a connu ces dernières années un développement rapide. L’augmentation du nombre de projets innovants sur le territoire reste toutefois un réel enjeu pour les années à venir.
En effet, dans un contexte de crise, l’Europe a dressé pour la prochaine période 2014-2020 une stratégie de croissance intelligente, durable et inclusive : c’est la stratégie « horizon 2020 », qui s’adresse aux États mais aussi aux régions. Ces dernières sont aussi incitées à s’engager dans des « stratégies de spécialisations intelligentes » (S3). L’enjeu consiste à éviter les concurrences au sein de l’UE et à faciliter l’excellence dans la diversité pour mieux se placer dans la compétition internationale. L’innovation, comme pilier de la croissance, devient plus encore un critère fondamental.
La stratégie régionale d’innovation de La Réunion s’articule au niveau national avec la stratégie nationale de recherche et d’innovation du ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. Déclinée en stratégies territoriales pour les outre-mer (StratOM), trois priorités nous concernent : la santé, alimentation, bien être et biotechnologies ; l’urgence environnementale et les écotechnologies et enfin les sciences humaines et sociales.
Au niveau régional, la SRI s’articule également avec la stratégie régionale de développement économique (SRDE) lancée en 2011 par la Région. Une logique de grappes d’entreprises est déjà engagée autour des domaines d’activités spécialisées et prioritaires que sont : les biotechnologies-sciences du vivant, l’énergie, le maritime - la pêche - l’aquaculture - l’eau, les TIC et le tourisme.
À la lueur de ces stratégies, dans une dynamique cohérente avec « Europe 2020 », de nouvelles mesures en faveur de l’innovation, notamment financières, ont déjà vu le jour à La Réunion.

Publication apériodique de l'Insee-Réunion en collaboration avec ses partenaires locaux.
Ce vingtième numéro de la collection « Insee-partenaires» est le fruit de la collaboration avec l'AFD et la Région Réunion