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Compétences à l'écrit, en calcul, à l'oral - Communication écrite, un adulte sur cinq en situation préoccupante

Résumé

La Réunion compte environ 111 000 personnes âgées de 16 à 65 ans en grande difficulté dans les exercices simples de communication par écrit. Ces personnes, dont la plupart ont été scolarisées en France, n'ont pas acquis les compétences de base qui leur permettent d'être autonomes dans certaines situations de la vie quotidienne. Ces résultats plus préoccupants qu'en métropole s'expliquent en grande partie par le retard de la mise en place du système éducatif.

Comme ailleurs les compétences des plus âgés sont moins développées mais le phénomène est plus prononcé à La Réunion. Les difficultés diminuent avec une plus longue scolarisation. La pratique précoce de la langue française favorise la maîtrise de l'écrit. On constate moins de personnes en difficulté dans la population active en emploi que parmi les chômeurs et les inactifs. Enfin les hommes ont plus de difficultés que les femmes à l'écrit, c'est l'inverse pour le calcul.

Nelly ACTIF, Christian MONTEIL, Insee;

Sommaire

Communication écrite, un adulte sur cinq en situation préoccupante

Sommaire

Encadrés

Publication

compétences à l'écrit, en calcul, à l'oral

Environ 111 000 personnes âgées de 16 à 65 ans éprouvent des difficultés face à l'écrit que l'on peut qualifier de fortes voire graves. Plus précisément elles se trouvent dans l'embarras dans l'un des sous-domaines suivants : lecture de mots, compréhension de textes simples, production de mots. Ces trois compétences sont évaluées par des exercices simples en rapport avec la vie quotidienne : écrire une liste de courses, lire et comprendre la jaquette d'un CD de musique. Certaines personnes n'ont pas pu passer les exercices ; d'autres ont obtenu un taux de réussite inférieur à 60 %.

Compétences à l'écrit sur des exercices simples : lecture de mots, production de mots écrits, compréhension de textes simples

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Les difficultés face à l'écrit sont d'ampleur variable selon les domaines. A l'instar de la métropole, où une enquête similaire a été menée en 2004, les difficultés portent essentiellement sur la compréhension d'un texte simple, et la production de mots. Un Réunionnais sur six, obtient un score inférieur à 60 % dans ces deux domaines. Comme en France métropolitaine, la lecture de mots isolés semble mieux maîtrisée (4 % des personnes sont en difficulté). Mais les résultats observés à La Réunion sont plus préoccupants que ceux de la métropole. Ainsi 17 % des 18-65 ans à La Réunion ont des difficultés relatives à la compréhension d'un texte simple contre 11 % en France métropolitaine. 18 % ont des difficultés dans la production de mots écrits contre 10 % en métropole.

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Répartition de la population selon les difficultés rencontrées à l'écrit
en %
Âge et scolarisation des personnes Population de 16 à 65 ans Graves difficultés Difficultés assez fortes Difficultés partielles Pas de difficulté
Note de lecture (cf. ligne 4) : Parmi les 467 000 personnes âgées de 16 à 65 ans et ayant été scolarisées en France, 11 % éprouvent de graves difficultés à l'écrit, 10 % des difficultés assez fortes, 7 % des difficultés partielles et 72 % n'ont pas de difficulté
Source : Insee, IVQ 2007
Total 513 000 12 10 7 72
Scolarisation
Jamais scolarisé 7 000 76 15 0 10
Scolarisation hors de France 39 000 8 6 4 82
Scolarisation en France 467 000 11 10 7 72
Classe la plus haute atteinte
Jamais scolarisé 7 000 76 15 0 10
Primaire 76 000 40 26 6 28
Collège 105 000 12 13 14 62
Lycée professionnel 134 000 5 7 8 80
Lycée général et technologique 69 000 1 3 3 93
Post Bac 103 000 0 1 0 100
Tranche d'âge
16 à 29 ans 174 000 6 6 5 84
30 à 39 ans 107 000 8 7 8 77
40 à 49 ans 125 000 16 10 9 65
50 à 59 ans 83 000 19 17 6 58
60 à 65 ans 25 000 33 18 6 44

Certaines personnes peuvent n'avoir de difficultés que dans un domaine localisé. Par exemple, un peu plus de 1 % des personnes qui ont réussi le test de production de mots écrits se trouvent en fortes difficultés dans la compréhension d'un texte simple. Elles sont alors considérées en fortes difficultés à l'écrit.

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Communication écrite, pourcentage d'adultes en grande difficulté selon le type d'exercice

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L'impact du retard de la mise en place du système éducatif

Au lendemain de la départementalisation, on constate l'héritage du retard de la mise en place du système éducatif. Du fait d'un nombre de classes insuffisant et de classes surchargées, l'administration scolaire est dans l'incapacité d'accueillir la totalité des jeunes Réunionnais potentiellement scolarisables. Ce n'est qu'à la fin des années soixante, grâce au développement de l'enseignement primaire, que l'on peut enregistrer, pour les enfants de six à dix ans, un taux de scolarisation de 100 %. C'est ce qu'a vécu la génération des quinquagénaires d'aujourd'hui. De même, la massification de l'enseignement secondaire intervient plus tardivement à La Réunion que sur l'ensemble du territoire national.

De façon attendue, les performances des adultes dépendent du niveau scolaire atteint et du diplôme obtenu. Le pourcentage d'adultes en grandes difficultés face à l'écrit est de 66 % pour ceux qui n'ont pas dépassé les classes primaires, de 25 % pour ceux qui n'ont atteint que le niveau suivant : le collège. Ces deux cas représentent 35 % des 16-65 ans.

Les plus jeunes sont moins souvent en difficulté face à l'écrit que leurs aînés : 12 % pour les jeunes adultes de 16 à 29 ans, contre 51 % pour les séniors de 60 à 65 ans. L'influence de l'âge se fait beaucoup plus sentir à La Réunion que dans les autres régions françaises.

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Communication écrite, pourcentage d'adultes en grande difficulté selon la tranche d'âge

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Traditionnellement, on évoque deux effets pour expliquer la perte de compétence avec l'âge : un « effet génération » (augmentation du niveau moyen dû à l'allongement des études) et un « effet cycle de vie » (les compétences des personnes les plus âgées ont évolué depuis leur sortie du système éducatif et dans certains cas se sont dégradées, du fait d'une pratique trop restreinte).

Cependant on peut penser que le premier effet est prédominant à La Réunion, en particulier compte tenu du retard historique du système scolaire local.

Mais ces résultats ne semblent pas tenir uniquement au retard du système éducatif puisqu'à niveau scolaire égal, les résidents de France métropolitaine obtiennent de meilleurs résultats que ceux de La Réunion quand on regarde les plus bas niveaux de formation.

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Communication écrite, pourcentage d'adultes en grande difficulté selon la plus haute classe atteinte

Parmi les personnes qui pratiquaient le français dans leur plus jeune âge, 93 % n'ont pas de difficulté à l'écrit ; tandis que ce pourcentage descend à 64 % pour les personnes qui ne le pratiquaient pas. Or ce dernier cas de figure est très courant dans le département puisque sept adultes sur dix (368 000) ne parlaient pas français avant d'arriver à l'école. Toutefois, il convient d'examiner ces résultats avec précaution car derrière cette distinction sur la pratique de la langue se cachent sans doute d'autres facteurs explicatifs comme la position sociale.

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La maîtrise de l'écrit, un atout pour l'emploi

Sur les plus de 200 000 actifs occupant un emploi en 2007, 16 % (un sur six) éprouvent des difficultés face à l'écrit. C'est le cas de pratiquement un chômeur sur trois, tout comme les inactifs, ce qui représente deux fois plus que pour les personnes en emploi. Une personne maîtrisant mal la lecture et l'écriture a probablement plus de difficultés à trouver un emploi, surtout dans un contexte de chômage important et de marché du travail de plus en plus sélectif. Avoir un emploi peut aussi donner l'occasion d'entretenir ses compétences à l'écrit. Ainsi 72 % des actifs en emploi doivent lire dans le cadre de leur travail (instructions techniques, consignes, factures.). Ceux qui lisent dans le cadre de leur travail ne sont que 8 % à éprouver des difficultés graves ou assez fortes face à l'écrit, contre 35 % pour ceux qui ne lisent pas.

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Répartition de la population selon les difficultés rencontrées à l'écrit
en %
Autres caractéristiques des personnes Population de 16 à 65 ans Graves difficultés Difficultés assez fortes Difficultés partielles Pas de difficulté
Note de lecture (cf. ligne no2) : Parmi les 145 000 adultes, âgés de 16 à 65 ans, ayant pratiqué le français à 5 ans, 2 % éprouvent de graves difficultés en communication écrite, 3 % des difficultés assez fortes, 3 % des difficultés partielles et 93 % ne rencontrent pas de difficulté
Source : Insee, IVQ 2007
Total 513 000 12 10 7 72
Français pratiqué à 5 ans
Oui 145 000 2 3 3 93
Non 368 000 16 12 8 64
Sexe
Homme 248 000 16 11 6 67
Femme 265 000 9 8 7 76
Situation professionnelle
Actif occupé 207 000 7 9 7 77
Chômeur 126 000 19 12 8 62
Étudiant, élève 79 000 2 4 4 90
Autre inactif 101 000 21 13 7 59

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Les hommes éprouvent plus souvent des difficultés fortes ou graves à l'écrit que les femmes : presque 27 % contre 17 %. Ainsi, on observe une plus grande pratique de la lecture régulière de livres ou de journaux chez les femmes : 54 % lisent souvent contre 51 % des hommes. A l'inverse presque 16 % des hommes ne lisent jamais contre un peu plus de 8 % des femmes. De plus, cela rejoint le constat fait dans le système scolaire, selon lequel les filles ont des meilleurs résultats face à l'écrit.

En revanche, en calcul les résultats sont opposés dans une moindre mesure : 28 % des hommes ont des difficultés fortes ou graves contre 32 % des femmes.

Des résultats similaires ont été constatés en France métropolitaine : de meilleurs résultats pour les femmes à l'écrit, de meilleurs résultats en calcul pour les hommes.

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Les difficultés de l'écrit se retrouvent à l'oral…

L'enquête Information et Vie Quotidienne évalue aussi la compréhension orale et la résolution de calculs simples. Le lien est assez fort entre les résultats de ces domaines.

Dans le domaine de la compréhension orale (questions relatives à la compréhension d'un journal radiophonique et de sa météo) 55 % des personnes interrogées donnent au moins huit bonnes réponses sur dix. Tandis que 22 % ne dépassent pas six bonnes réponses, parfois sont dans l'impossibilité de passer ces tests. Ce qui signifie 115 000 adultes ayant de grandes difficultés à communiquer en français à l'oral. Ces performances sont légèrement plus faibles que celles constatées en France métropolitaine. Il existe une relation sensible entre les performances à l'écrit et la compréhension orale. Ce taux moyen de 55 % de bonnes réponses à l'oral monte à 66 % pour les personnes n'ayant pas de difficulté à l'écrit, et descend à 19 % pour celles éprouvant de grandes difficultés.

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Résultats en compréhension orale selon les difficultés à l'écrit

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…et encore plus en calcul

Le nombre de personnes réussissant au moins 80 % des exercices de mathématiques s'établit à 17 %, alors qu'il était en France métropolitaine de 31 %. La majorité des Réunionnais - comme des autres Français - se retrouvent avec un taux de réussite compris entre 60 et 80 %. Cependant 31 % des Réunionnais ont des difficultés fortes ou graves en calcul.

L'influence de la compréhension écrite est encore plus corrélée sur le calcul que sur la compréhension orale. La quasitotalité des adultes ayant bien réussi les tests de mathématique ne présentent aucune difficulté en communication écrite. Tandis que sept personnes sur dix en situation préoccupante à l'écrit obtiennent un score inférieur à 60 %.

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Résultats en calcul selon les difficultés à l'écrit

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Encadré

100 000 adultes illettrés

Toutes les personnes en difficulté face à l'écrit ne sont pas en situation d'illettrisme. Selon la définition donnée par l'Agence Nationale de Lutte Contre l'Illettrisme (ANLCI), ce terme est réservé pour qualifier la situation des personnes qui ont été scolarisées dans le cadre de l'école française, qui en sont sorties, et qui ne maîtrisent pas la lecture, l'écriture, le calcul, les compétences de base pour être autonomes dans des situations simples de la vie quotidienne.

Environ 100 000 adultes sont dans ce cas, soit 21 % des personnes âgées de 16 à 65 ans ayant été scolarisées sur le territoire national. Le taux d'illettrisme sur le département est plus du double de celui de métropole où il s'élève à 9 %. Il faut noter cependant, qu'à La Réunion, une grande partie d'illettrés (presque 45 %) n'ont fréquenté l'école que pendant une durée inférieure à dix ans voire cinq ans, c'est-à-dire moins longtemps que le minimum légal obligatoire.

Les deux autres types d'adultes en difficulté sont nettement moins importants à La Réunion. On compte d'abord 7 000 analphabètes, qualifiés ainsi parce que n'ayant jamais été scolarisés. Ils sont enfin 4 000 à se retrouver en difficulté après une scolarisation, certes, mais effectuée à l'étranger.

L'ensemble des personnes déclarant avoir été scolarisées hors de France, et qui pourraient potentiellement avoir des difficultés dues à l'apprentissage d'une langue étrangère, obtiennent en réalité de meilleurs scores : « seulement » 14 %, soit 4 000, se retrouvent en situation préoccupante. Les trois quarts d'entre elles ont fait l'apprentissage de la lecture au travers du français, et la moitié parlait déjà français à 5 ans. Cette population est très différente d'une population immigrée devant apprendre une langue étrangère.

Les difficultés des adultes à l'écrit, à l'oral ou en calcul proviennent de parcours de vie divers que l'on scinde en trois groupes de façon à apporter des solutions appropriées : l'illettrisme, l'analphabétisme, l'apprentissage du français comme langue étrangère.

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Bibliographie

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Définitions sur les niveaux de difficulté à l'écrit

Les exercices permettent de mesurer les compétences dans les trois domaines fondamentaux de la communication écrite que sont : la lecture de mots, la production de mots écrits et la compréhension de textes écrits. Des taux de réussite sont attribués aux personnes interrogées dans chacun de ces domaines. Le classement en quatre catégories se fait alors selon le moins bon des taux de réussite, en fonction des règles ci-dessous :

  1. Graves difficultés : le moins bon des taux de réussite est inférieur à 40 %.
  2. Difficultés assez fortes : le moins bon des taux de réussite se situe entre 40 et 60 %
  3. Difficultés partielles : le moins bon des taux de réussite se situe entre 60 et 80 %
  4. Pas de difficulté : le taux de réussite est supérieur à 80 % dans les trois domaines.

Les cas 1 et 2 sont regroupés dans le texte sous l'appellation « graves difficultés à l'écrit » ou « situation préoccupante face à l'écrit ».

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Évolution 1996-2007

Sommaire

Encadrés

Publication

Une comparaison avec 1996 très délicate…

Il n'est pas possible de comparer directement ces résultats avec ceux issus de l'enquête menée en 1996 tant les méthodes d'évaluation ont été changées à la suite des réflexions menées au niveau national en matière d'enquête dans ce domaine.

En 1996, une série de tests a été proposée aux seules personnes de 16 à 55 ans déclarant ne pas avoir de diplôme ou seulement un CEP ou un CAP. Au total 11 exercices permettaient de classer les individus selon 3 niveaux de compétence. Les autres adultes, ceux âgés de plus de 55 ans ou déclarant posséder un diplôme supérieur, ont donc été classés uniquement selon leurs déclarations.

En 2007, le protocole d'enquête a été totalement renouvelé de façon à obéir à deux objectifs : analyser les compétences de la population avec plus d'objectivité, et mieux rendre compte du continuum des situations allant de l'analphabétisme à la maîtrise complète de l'écrit. Tous les individus ont été soumis à des exercices plus ou moins complexes, et les déclarations n'ont pas été prises en compte dans la connaissance des niveaux de compétences.

L'expérience menée en métropole montre que les estimations du nombre de personnes en difficulté sont sensiblement supérieures avec cette nouvelle formule que celles publiées dans les années quatre vingt dix.

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Population test selon le niveau scolaire atteint

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…mais un constat d'améliorations avérées

Toutefois, il est tout à fait légitime de vouloir évaluer les progrès réalisés depuis 1996 en termes de capital culturel de la population. C'est pourquoi l'enquête de 2007 a repris deux des exercices posés en 1996 et les a fait passer aux personnes présentant des compétences à l'écrit les plus faibles. Cette « population test » est constituée des adultes de 16 à 55 ans n'ayant pas de diplôme ou seulement un CEP ou un CAP. Les exercices soumis portent sur la compréhension de textes courts. Ce sont les plus difficiles des tests de lecture - écriture réalisés en 1996.

La population test a un peu augmenté en nombre : 229 000 personnes en 1996, 253 000 en 2007. La part de ceux qui possèdent un diplôme (CEP ou CAP/BEP(1)) a augmenté au sein de cette population, passant de 23 à 35 %. Surtout, le niveau d'études atteint par les individus est notablement plus élevé. 10 % avaient dépassé les classes de collège en 1996, ils sont 47 % en 2007. De même que la part de ces adultes non scolarisés ou n'ayant connu que l'école primaire est passée de 36 % à 21 % en onze ans.

70 000 personnes ont eu des difficultés à passer ces deux exercices en 1996. La note totale pour ces deux exercices étant de 16 points, ils ont obtenu au maximum 12. Ils ne sont plus que 40 500 à rencontrer des difficultés sur ces mêmes exercices en 2007, correspondant à une diminution nette de 29 500 personnes.

Le remplacement des plus âgés, dans la population test, par une population plus jeune ayant une formation initiale plus longue, conjuguée à de multiples actions de formation pour adultes durant ces onze dernières années, expliquent les meilleurs taux de réussite obtenus en 2007 à ces exercices. Les plus âgés en 96, qui avaient alors 45 ans et plus, au nombre de 20 500 personnes, sont sortis de notre champ d'observation en 2007. La génération qui avait moins de 45 ans a vu une nette amélioration de ses capacités : le nombre de ces adultes en difficulté à ces deux tests en 1996 a diminué de 12 000 en onze ans. En revanche, le volume d'adultes ne sachant pas faire ces exercices s'est accru de 3 000 personnes entrées dans l'âge adulte pendant cette période.

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Suivi des adultes de la population test ayant rencontré des difficultés

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Méthodologie

L'enquête Information et Vie Quotidienne (IVQ) à La Réunion a été menée par l'Insee en partenariat avec la Région Réunion et la Direction du Travail, de l'Emploi et de la Formation Professionnelle.

Dans un monde du travail et de la vie quotidienne de plus en plus complexe et en pleine mutation, il convient de mesurer si les compétences des adultes face à l'écrit, mais aussi en compréhension orale et en calcul sont suffisantes.

Afin de répondre à cette demande, l'enquête IVQ a été réalisée à La Réunion. Cette enquête avait pour but de :

  • Chercher les déterminants des compétences à l'âge adulte : le parcours scolaire bien sûr, mais aussi d'autres facteurs tels que la situation de la personne durant l'enfance ou bien la pratique de la lecture.
  • Évaluer l'influence des compétences sur la vie personnelle et professionnelle : regarder comment les compétences des personnes dans les trois domaines fondamentaux impactent la vie professionnelle et personnelle, au-delà de toutes considérations relatives au diplôme, et à l'inverse l'effet des compétences acquises sur le parcours de l'individu.
  • Enfin mieux connaître le profil des sous-populations en difficulté afin de cibler les actions de formation sur les différents groupes.

Entre septembre et décembre 2007, 4800 ménages réunionnais ont été contactés pour participer à l'enquête Information et Vie Quotidienne (IVQ). Dans chacun de ces ménages, une personne ayant entre 15 et 65 ans a été tirée au sort pour répondre au questionnaire. Parmi celles-ci 2751 personnes ont effectivement répondu au questionnaire.

Cette enquête a aussi eu lieu en 2004 en France métropolitaine auprès des personnes ayant entre 18-65 ans, en 2006 en Martinique auprès des personnes ayant entre 16 et 65 ans. Le questionnaire pour l'enquête de La Réunion est strictement identique aux questionnaires métropolitain et martiniquais, afin d'assurer la comparabilité des résultats. Les exercices de l'enquête nationale de 2004 ont été élaborés par plusieurs équipes de chercheurs universitaires.

Cependant les modules « numératie » et « biographie » ont été traduits en créole afin d'autoriser l'usage du français ou du créole par l'enquêteur lorsqu'il ne s'agissait pas de mesurer des compétences en littératie. Par ailleurs deux exercices supplémentaires ont été rajoutés en plus du questionnaire métropolitain, exercices posés en 1996, afin de pouvoir faire des comparaisons entre ces deux enquêtes.

Le questionnaire de l'enquête comporte plusieurs parties. Chaque personne interrogée passe d'abord un exercice d'orientation portant sur un support familier : une page d'un programme de télévision. Cet exercice permet d'apprécier la capacité à lire des mots isolés et celle à comprendre un texte court.

Si les résultats à l'exercice d'orientation sont faibles, l'enquêté passe un test composé d'exercices assez simples permettant d'affiner l'évaluation sur ses difficultés face à l'écrit. C'est cette partie qui permettra de mieux cerner les besoins en formation, à partir d'une typologie de profils différents suivant la nature et le niveau de leurs difficultés.

Dans cette batterie d'exercices, outre des questions sur la lecture de mots et la compréhension de textes courts, proches de celles du premier exercice mais sur un nouveau support (un CD de musique), on évalue les capacités en production de mots écrits à partir d'une dictée portant sur une liste de courses.

Si l'enquêté ne commet que peu d'erreurs, il est orienté vers une série d'exercices plus complexes utilisant un ensemble de textes de différents types : narratif, descriptif, d'exposition, théorique. Certains textes sont accompagnés de graphiques ou d'illustrations. À travers l'évaluation de leur compréhension, l'objectif est de définir des compétences, telles que la capacité à sélectionner les informations importantes d'un texte, à en établir la cohérence, à produire des inférences.

Enfin, certaines personnes obtiennent des résultats seulement moyens à l'exercice d'orientation : elles se voient proposer une épreuve « intermédiaire » qui précise l'évaluation et permet de décider laquelle des deux voies présentées ci-dessus est préférable.

Le questionnaire inclut aussi de courts problèmes mathématiques posés oralement et un exercice de compréhension orale.

L'enquête recueille en fin de questionnaire un ensemble d'informations permettant de mieux connaître le parcours biographique de l'enquêté. Cette partie permettra d'établir les liens entre le parcours personnel, l'enfance, le milieu familial, et d'autres facteurs sociodémographiques et les niveaux de compétence plus ou moins corrélés à ces facteurs.

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Publication apériodique de l'Insee-Réunion en collaboration avec ses partenaires locaux.
Ce deuxième numéro de la collection « Insee-partenaires» est le fruit de la collaboration avec la DTEFP, l'ANLCI, et la Région Réunion

Octobre 2008

Partenaires

DTEFP ANLCI Région Réunion

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