À La Réunion, la baisse du taux de chômage amorcée depuis mai 2005 se poursuit et s’accentue. Entre le deuxième trimestre 2006 et le deuxième trimestre 2007, il a décru de 3,3 points. Il avait diminué de 2 points sur les douze mois précédents. Sur les huit dernières années, le taux de chômage (selon la définition européenne) a diminué de 10 points. La baisse 2007, particulièrement importante, se traduit par 10 900 chômeurs de moins. Contrairement à l’an passé, la baisse des effectifs est plus marquée pour les hommes que pour les femmes : - 15 % contre - 10 %. Les évolutions sont également très différentes selon l’âge.
Le taux de chômage des plus de 50 ans baisse de deux points. Il résulte à la fois d’une augmentation de 6 % du nombre d’actifs occupés et d’une diminution légère des effectifs de chômeurs. L’accroissement du nombre de bénéficiaires du revenu de solidarité, du même ordre de grandeur qu’en 2006, peut constituer un élément d’explication. Au total 6 700 personnes ont pu ainsi se retirer du marché du travail.
Chez les jeunes, les phénomènes migratoires observés ces dernières années ont un impact non négligeable à la fois sur l’évolution du chômage des moins de 25 ans et sur le chômage global. Les dispositifs destinés à favoriser la mobilité des jeunes, mis en place par la Région, le Département et l’État, produisent leurs effets ; le nombre de jeunes de 19 à 24 ans quittant La Réunion a fortement augmenté.
Cela se traduit par une nette baisse du nombre de jeunes de moins de 25 ans au chômage. Moins nombreux, ils représentent cependant une part plus importante des jeunes actifs, le taux de chômage des jeunes présents à La Réunion s’est légèrement accru (+ 1,1 point). Ce paradoxe apparent s’explique par le fait que les jeunes diplômés accèdent plus facilement à la mobilité que les autres et donc, que la proportion de sans-diplôme augmente parmi ceux qui sont demeurés à La Réunion. Leur insertion sur le marché du travail demeure difficile.
La structure de la pyramide des âges est fortement impactée par le phénomène de la mobilité des jeunes qui s’ajoute au vieillissement de la population. Les jeunes de 20 à 29 ans ne représentent plus que 23 % de la population des 15-64 ans contre 27 % cinq ans auparavant.
Or, c’est à ces âges-là que les taux de chômage sont les plus élevés (49 % chez les 15-24 ans). Le changement de structure résultant uniquement de la migration explique à lui seul une baisse de 0,8 point du taux de chômage global.
Globalement, tous âges confondus, le nombre d’actifs occupés a augmenté de 3,9 % en un an, soit près de 9 000 supplémentaires. Cette hausse provient d’une croissance exceptionnelle de l’emploi dans le secteur salarié marchand : + 5,1 %, après + 4,1 % de 2005 à 2006. Cette croissance explique près des deux tiers des emplois supplémentaires. Comme l’an dernier, mais d’une façon plus spectaculaire, le secteur du bâtiment et des travaux publics connaît une croissance record de ces effectifs (+ 1 3,3 %), principalement due à la poursuite des grands travaux et à l’activité soutenue dans la construction de logements.
Les secteurs d’activité liés au bâtiment comme les activités immobilières et les industries manufacturières suivent cette dynamique avec des taux de croissance de l’emploi salarié, respectivement de + 6,9 % et + 5,3 %. Le taux de création nette d’emplois dans les services aux entreprises, bien qu’en léger retrait par rapport à 2006, poursuit sa croissance (+ 7,3 %).
L’emploi non salarié augmente de 5 %, hausse à relier à la forte création d’entreprises observée au cours des dernières années.
Cependant, la situation du marché du travail ne peut se limiter à la seule analyse du chômage. Le taux d’activité et le taux d’emploi apportent un complément indispensable à la compréhension de l’évolution du marché du travail. Le taux de chômage peut se réduire si l’offre d’emploi augmente et/ou si le nombre de demandeurs d’emploi diminue (du fait d’un découragement des chômeurs de longue durée ou du fait d’une émigration massive, par exemple). Les conséquences ne sont pas les mêmes sur l’économie et la société.
Le taux d’activité rapporte la population ayant un emploi ou en recherchant un à la population de 15-64 ans. Depuis plusieurs années, la proportion de ceux qui ont ou cherchent un travail est stable autour de 58 %. Cette stabilisation est un élément favorable à la diminution du taux de chômage. Une reprise de la progression du taux d’activité (l’écart entre La Réunion et la métropole, 10 points, demeure élevé), génèrerait mathématiquement de nouvelles tensions et une aggravation du taux de chômage. Les prévisions reposaient à ce jour sur un rattrapage progressif de cet écart.
Le taux d’emploi, qui mesure la proportion de personnes en emploi dans la population totale âgée de 15 à 64 ans, augmente régulièrement depuis trois ans pour atteindre 44,5 % au deuxième trimestre 2007. La création d’emplois a été plus rapide que l’augmentation de la population. Même si on est encore loin du niveau métropolitain (63 %) la situation s’améliore nettement.
Parmi les recommandations du récent rapport des inspections générales des finances et des affaires sociales sur les méthodes statistiques d’évaluation du chômage, figurait celle d’adopter une définition du chômage au sens du bureau international du travail, conforme à celle retenue au niveau européen. Les résultats des enquêtes emploi, publiés par l’Insee, en métropole comme dans les Dom, sont désormais conformes à cette définition. Elle est plus restrictive que celle retenue jusqu’en 2006. Le simple renouvellement de l’inscription à l’ANPE, qui était considéré jusqu’à présent comme une "démarche active de recherche d’emploi" par l’Insee, ne l’est pas par Eurostat. Ce changement a fait artificiellement baisser le taux de chômage de 0,7 point en métropole.
À La Réunion, au deuxième trimestre 2007, le taux de chômage "définition Eurostat", est de 24,2 %. Il aurait été de 25,8 % selon l’ancienne définition.
L’évolution des deux séries est pratiquement identique depuis 2002. L’écart observé jusque vers 2002 (environ 3 points), s’est réduit de moitié du fait de convocations plus fréquentes des demandeurs d’emploi suite à la mise en place du PARE cette année-là. Il est de 1,6 point en 2007 comme en 2006.
Par rapport à la version mise en ligne en novembre 2007, celle disponible à compter du 20 février 2008 intègre des données corrigées de l'enquête. Ainsi, les données suivantes sont modifiées :