Au deuxième trimestre 2008, La Réunion compte 78 000 chômeurs au sens du Bureau international du travail (BIT). Le taux de chômage s’élève à 24,5 %, quasiment stable comparativement à 2007. Après une baisse rapide amorcée en 2005, le changement de tendance concerne à la fois les hommes et les femmes. À La Réunion comme ailleurs, le taux de chômage des femmes est plus élevé que celui des hommes (respectivement 26,5 % et 22,8 %), et l’écart tend à se creuser. Il est aujourd’hui de 3,7 points, contre 2,3 points en 2006. Près de la moitié des chômeurs sont des femmes, et leur proportion parmi les chômeurs augmente depuis deux ans.
L’âge est également un facteur discriminant face au chômage. Le taux de chômage des jeunes (moins de 25 ans) est toujours très élevé (49 %) mais à peu près stable depuis trois ans, après avoir fortement diminué entre 2004 et 2006. Le taux de chômage des seniors (50 ans ou plus) se situe en deçà de 16 %, mais tend à augmenter. Ainsi, la part des seniors1 augmente significativement parmi les chômeurs, passant de 7,7 % en 2004 à 12 % en 2008.
Avoir un diplôme permet à une grande majorité de trouver un emploi. A contrario, les personnes non diplômées sont plus exposées au chômage. Ainsi, le taux de chômage atteint 35%chez les non diplômés, soit dix fois plus que parmi les diplômés Bac + 3 minimum. Plus de la moitié des chômeurs (53 %) n’ont aucun diplôme, et 13 % sont au moins bacheliers.
Chez les plus jeunes (moins de 30 ans), le baccalauréat ne suffit plus à éviter le chômage, puisque 28 % des bacheliers actifs sont au chômage. Le niveau de diplôme contribue toutefois à réduire les risques : 57 % des jeunes de moins de 30 ans non diplômés sont au chômage. À même niveau de diplôme, le taux de chômage des femmes est toujours supérieur à celui des hommes.
1 Dans les faits, il s’agit des seniors de 50 à 64 ans, puisque par convention une personne de 65 ans ou plus ne peut être considérée comme chômeur.
La population active compte un peu plus de 318 000 personnes au deuxième trimestre 2008, soit + 1,7 % en un an. Cette évolution est le résultat de l’augmentation combinée du nombre d’actifs ayant un emploi (+ 1,4 %) et du nombre de chômeurs (+ 2,9 %). En 4 ans, 20 000 actifs supplémentaires sont entrés sur le marché du travail. Le nombre d’actifs occupés s’est accru pour sa part de 19 %.
Il y a eu création d’emplois, notamment dans le secteur marchand. L’emploi salarié marchand augmente ainsi de 4,6 % en 2007. Mais globalement, le nombre d’emplois créés n’a pas été suffisant pour absorber la demande supplémentaire, dûe à l’accroissement de la population en âge de travailler et à l’augmentation des taux d’activité.
Depuis plusieurs années, la proportion de ceux qui ont ou cherchent un travail était stable autour de 58 %. Cette stabilisation a permis de contenir la demande d’emploi, et constituait un élément favorable à la diminution du taux de chômage, dans un contexte de création d’emploi. Mais entre 2007 et 2008, le taux d’activité des 15 à 64 ans a augmenté d’un point. Deux populations sont particulièrement concernées par cette progression : les femmes de 25 à 49 ans (+ 0,7 point) et les séniors (+ 2,5 points pour les hommes et + 4,3 points pour les femmes).
À La Réunion, le taux d’activité féminin (53 %) est très bas comparativement à la métropole et aux autres Dom. La baisse importante du chômage et la création d’emploi des dernières années ont sans doute incité des personnes découragées (ou qui n’envisageaient pas de travailler jusqu’alors), à se porter sur le marché du travail pour trouver un emploi. Ce type de comportement concerne généralement surtout les femmes, et c’est probablement ce qui explique qu’elles apparaissent en plus grand nombre parmi les chômeurs, mais également parmi les actifs occupés.
Pour les seniors, la hausse du taux d’activité peut s’expliquer par l’allongement de la durée du travail pour accéder à une retraite à taux plein et la suppression de la mesure congés-solidarité.
Le taux d’emploi, qui mesure la proportion de personnes en emploi dans la population en âge de travailler (15 à 64 ans), augmente régulièrement depuis trois ans pour atteindre 45,1 % au deuxième trimestre 2008. Il était de 39,5 % en 2004. La création d’emplois a donc été plus rapide que l’augmentation de la population.
Malgré cette progression, les taux d’activité et d’emploi réunionnais demeurent très inférieurs à ceux de la France métropolitaine (respectivement -10 et -20 points).
L’enquête Emploi est la seule source permettant de mesurer le chômage, l’emploi et l’inactivité au sens des définitions préconisées par le Bureau international du travail (BIT) et appliquées par tous les pays européens. Elle porte sur un échantillon de personnes de 15 ans ou plus vivant en ménages ordinaires (c’est-à-dire hors communautés : foyers, cités universitaires, hôpitaux, prisons...). Dans les Dom, l’enquête Emploi est effectuée chaque année au deuxième trimestre. À La Réunion, l’échantillon est d’environ 11 000 personnes.
La population des chômeurs au sens du BIT ne coïncide pas avec celle des demandeurs d’emploi inscrits sur les listes de l’ANPE, c’est-à-dire les demandeurs d’emploi en fin de mois (DEFM). Un chômeur au sens du BIT peut ne pas être inscrit à l’ANPE. De même, un demandeur d’emploi inscrit à l’ANPE peut ne pas être considéré comme un chômeur au sens du BIT s’il a, par exemple, travaillé ne serait-ce qu’une heure au cours de la semaine de référence sur laquelle porte l’enquête Emploi, ou s’il n’a pas effectué de démarche active de recherche d’emploi. Le simple renouvellement de l’inscription à l’ANPE n’est plus considéré comme une recherche active.