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Emploi et chômage en Martinique : Déficit structurel d’emplois dans le secteur privé

Auteurs : Xavier PARAIRE, Joëlle NACITAS

Synthèse

La Martinique souffre d’un déficit structurel d’emplois dans le secteur privé. La majorité des 15-64 ans n’exerce aucune activité professionnelle. L’île manque en particulier de contrats à durée indéterminée pour des cadres et des professions intermédiaires dans l’industrie et les services aux entreprises. Toutefois certains Martiniquais s’en sortent mieux que d’autres. Les diplômés sont plus souvent en emploi. C’est également le cas de ceux qui possèdent le permis de conduire.

Le déficit d’emplois a des conséquences directes sur la population en âge de travailler. Le nombre de chômeurs est excessivement important. Le taux de chômage reste au-dessus des 20 %. Un chômeur sur quatre est sans aucune expérience professionnelle. Deux chômeurs sur trois vivent durablement sans emploi. Enfin, ce déficit touche d’autres catégories de personnes qui ne sont pas chômeurs mais qui souhaitent cependant travailler. Ces inactifs sont particulièrement nombreux.

Les difficultés du marché du travail risquent de s’aggraver à moyen terme. Avec le vieillissement de la population, les inactifs deviendront majoritaires. En 2030, la population des 20 ans ou plus comptera huit actifs (en emploi ou au chômage) pour dix inactifs.

Les femmes sont de plus en plus nombreuses sur le marché du travail. La population en emploi se féminise. Malgré cette évolution, le déficit d’emplois les touche plus durement. La majorité des femmes de 15 à 64 ans n’exerce aucune activité professionnelle. Elles sont peu présentes sur certains secteurs d’activités. Néanmoins, elles sont de plus en plus nombreuses à occuper des postes requérant de hautes qualifications. Le diplôme est un atout. Mais à diplôme équivalent, elles sont moins fréquemment en emploi que les hommes. A contrario, elles sont plus touchées par le chômage et de façon plus durable.

Le marché du travail martiniquais doit relever un nouveau défi : se renouveler. Ce processus est très mal engagé. Le nombre d’actifs de 20-29 ans stagne alors que, les actifs de 50-59 ans sont de plus en plus nombreux. Les jeunes subissent de plein fouet les effets de la crise : ils n’ont jamais été aussi peu nombreux en emploi et le taux de chômage des 15-24 ans atteint des sommets. Le nombre de seniors en emploi ne cesse de croître. Dans ces conditions, la réussite du renouvellement des générations en emploi devient unepriorité.

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