Auteur : IEDOM Martinique - Services Etudes,
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L’année 2007 se caractérise par une progression toujours soutenue des actifs financiers collectés par le système bancaire local auprès des agents martiniquais tandis que le rythme de progression annuel de l’encours sain des crédits octroyés aux agents économiques martiniquais s’infléchit sur un an.
Au 31 décembre 2007, l’ensemble des actifs financiers(1) recensés du département s’établit à 5 608 millions d’euros. Ils progressent de 9,8 % sur un an, en légère accélération par rapport à décembre 2006 (+9,1%). En valeur, les actifs financiers augmentent de 501 millions d’euros (contre +293 millions d’euros l’année précédente), répartis à hauteur de 240 millions d’euros pour les placements liquides ou à court terme, 176 millions d’euros pour les dépôts à vue et 85 millions d’euros pour l’épargne à long terme.
Les placements liquides et à court terme constituent le premier contributeur à l’évolution d’ensemble (à hauteur de 4,7 points), suivis des dépôts à vue (3,4 points) et de l’épargne à long terme (1,7 point). La répartition des actifs financiers est équilibrée entre les placements liquides ou à court terme (34,5 % du total), les dépôts à vue (33,2 %) et l’épargne à long terme (32,3 %). Sur un an, la part des dépôts à vue est inchangée, celle des placements liquides ou à court terme gagne 1,4 point au détriment de l’épargne à long terme (-1,5 point).
Les ménages demeurent les principaux détenteurs d’actifs financiers avec 75,4 % du total. Néanmoins, cette proportion régresse de 2,4 points sur un an au bénéfice des entreprises et des «autres agents» (respectivement 22,4 % et 2,3 %). En dépit de la vigueur de l’encours des entreprises (+228 millions d’euros), les ménages apportent la plus forte contribution (+5 points) à l’évolution d’ensemble grâce à une croissance de 6,4 % de leur encours, soit +253 millions d’euros.
Au terme de l’année 2007, les placements liquides ou à court terme s’élèvent à 1 933 millions. Depuis deux exercices, leur rythme de progression s’accélère : à +10,4 % en 2007 après +4,5 % en 2006.Ils constituent les premiers contributeurs à la croissance des actifs financiers, à hauteur de 4,7 points. D’abord, les certificats de dépôt atteignent 148,1 millions d’euros (+136,1 %). Puis, les comptes sur livrets (53,2 % de l’encours total), les dépôts à terme (19,3 %) et les OPCVM monétaires (13,1 %) participent à la tendance haussière. Les comptes d’épargne-logement enregistrent une hausse modeste de +1,5 %. Ces évolutions annuelles affectent peu la structure des placements liquides ou à court terme par produit. Avec 53 % du total (-3,8 points), les comptes sur livrets demeurent le placement favori des Martiniquais, suivis des dépôts à terme (19,3 % de l’ensemble) en hausse de 0,7 point sur un an. Enfin, les OPCVM monétaires pèsent désormais 13,1 % dans le total des placements liquides ou à court terme, contre 12,6 % en 2006.
La croissance des actifs financiers provient en premier lieu des entreprises dont les encours progressent de plus de 42 % sur la période. Cette vigueur est à rapprocher de l’engouement pour les placements indexés sur les taux du marché(2). Les avoirs des ménages, premiers détenteurs d’épargne liquide, progressent de +7,6 % et s’établissent à 1,4 milliard d’euros au 31 décembre 2007. Ils sont constitués à 80 % de comptes d’épargne à régime spécial (+6,9 % sur un an). Leur croissance est notamment liée au dynamisme (+24,5 % en glissement annuel) des livrets de développement durable (117 M ).
Au 31 décembre 2007, le total des dépôts à vue s’élève à 1,9 milliard d’euros, en hausse de 176 millions d’euros sur un an. Pour la troisième année consécutive, le rythme annuel de croissance des dépôts à vue reste élevé à +10,4 % en 2007 après 10,1 % en 2006 et concerne l’ensemble des agents. Les ménages détiennent une nouvelle fois la majeure partie des disponibilités à vue du département. Toutefois, leur part se replie de 2,8 points sur un an au profit des sociétés non financières qui concentrent désormais 39 % des dépôts à vue. Alors que toutes les composantes de l’épargne à long terme baissent, la progression de l’encours total est exclusivement portée par les autres actifs, composés de l’assurance-vie à 47,5 % du total.
À l’inverse, les OPCVM non monétaires chutent de 10 % en un an, et les plans d’épargne populaire et plans d’épargne-logement, respectivement, de -8,3% et -3,0%. Enfin, les portefeuilles titres sont stables sur un an (- 0,1 %), mais leur évolution est conditionnée aux incertitudes de la conjoncture financière mondiale du fait de la crise des surprimes. Les ménages demeurent les principaux détenteurs de l’épargne longue (96%) même si la progression de leurs avoirs diminue (+5,9 % en 2007 et +14,8 % en 2006).
Au 31 décembre 2007, l’encours sain des crédits octroyés aux agents économiques martiniquais, par les établissements de crédit installés ou non localement, atteint 6,5 milliards d’euros, en progression de 8,1 % sur un an (+487 millions d’euros). Le rythme annuel ralentit de 6,6 points par rapport à décembre.
Le premier poste d’endettement des agents martiniquais est constitué des crédits à l’habitat (42,1%) dont l’encours atteint 2,7 milliards d’euros. Sur un an, ceux-ci progressent de 4,9 % (+127 millions d’euros). Les crédits à l’équipement gagnent 287,3 millions d’euros (+16,5%) à 2 milliards d’euros. L’encours des crédits de trésorerie atteint 1,1 milliard d’euros. Après un repli en 2006, son rythme de croissance s’accélère (+7,9%).
Concentrant 45,7 % de l’encours sain, les entreprises demeurent la principale clientèle des établissements de crédit. Leur poids se replie de 0,7point par rapport à 2006. Leur encours, à 2,9 milliards, progresse de 6,4 % en 2007 (+22,2 % en 2006). Cette hausse est imputable aux crédits à l’équipement (+151,9 millions d’euros) et aux crédits d’exploitation (+16,7 millions d’euros). L’encours sain des crédits aux ménages s’élève à 2,6 milliards d’euros (+271,3 millions d’euros). Leur rythme annuel de croissance s’accélère de 8,5 % en 2006 à 11,5 % en 2007. Les ménages concentrent près de 42 % de l’encours sain total (+1,2 point sur un an). Ce dynamisme est imputable aux crédits à l’habitat (+13,5 %).
Les crédits à la consommation totalisent 930 millions d’euros en 2007 (+9 %). Enfin, les passifs financiers des collectivités locales représentent 11,4 % de l’ensemble des concours octroyés. Ils progressent de 38 millions d’euros (+5,4 %) en glissement annuel, pour atteindre 738 millions d’euros à fin décembre 2007. Leur endettement est presque exclusivement constitué de crédits à l’équipement (97,9 % contre 84,7 % en 2006). L’encours total de crédits enregistré dans le département est scindé entre les concours consentis par les établissements locaux et ceux non installés localement. Au 31 décembre 2007, 68,8 % de l’encours global de crédits distribués en Martinique proviennent de l’activité des établissements locaux (+1,4 point par rapport à 2006).
Au 31 décembre 2007, l’encours sain des crédits octroyés par les établissements de crédit locaux s’établit à 4,5 milliards d’euros (+417,5 millions d’euros, +10,3 % par rapport à 2006). Cette évolution est, en premier lieu, liée aux crédits à l’habitat qui augmentent de 219,3 millions d’euros sur un an (+14,4 %), après +207,4 millions d’euros fin 2006. En second lieu, les crédits à l’équipement progressent de 106,9 millions d’euros en 2007 (contre +141,7 millions d’euros en 2006). Ils devancent les crédits de trésorerie qui s’accroissent de 98,1 millions (+10,5 %).
Avec 54,5 % de l’ensemble des concours, les ménages sont la principale clientèle des établissements de crédit locaux. Leur encours sain augmente de 258,8 millions d’euros en 2007, après une progression de 172,3 millions en 2006. Cette croissance est essentiellement portée par les crédits à l’habitat (+12 %). À l’inverse, les crédits aux entreprises octroyés par les établissements de crédit locaux progressent (+12 %) moins qu’en 2006 (+16,3 % en 2006). Avec des tensions de trésorerie plus vives en 2007, les entreprises martiniquaises ont eu recours aux facilités de court terme. Les crédits d’exploitation gagnent 39 millions d’euros sur la période, soit +10 %.
Après une baisse entre 2005 et 2006 (-1,7 %), les créances douteuses brutes des établissements de crédit, installés ou non localement, s’élèvent à 473,1 millions d’euros au 31 décembre 2007 (+7,9 % par rapport à décembre 2006). Toutefois, le poids des douteux dans l’encours brut reste inchangé sur un an. A 6,8 %, il conserve le plus faible niveau observé depuis huit ans. En 2007, les établissements de crédit locaux concentrent 86,4 % du total global des créances douteuses brutes, soit une baisse de 5,6 points par rapport à 2006 (92 %) au détriment des établissements de crédits non installés localement.
Ces derniers enregistrent une progression de la sinistralité de leur portefeuille, leur taux de créances douteuses progressant de 1,3 point sur un an pour atteindre 3,1 %, soit le plus haut niveau atteint depuis plus de deux ans. Les créances douteuses brutes des établissements de crédit locaux s’établissent à 408,7 millions d’euros à fin décembre 2007 (+1,3 % sur un an contre -6,3 % en 2006). Compte tenu de la vigueur de l’encours sain, leur poids dans le total des concours bruts perd 0,7 point pour s’établir à 8,4 %.
Graphique 02 : Évolutions des actifs financiers par catégorie de placement à la Martinique
Graphique 03 : Évolution des passifs financiers de l’ensemble des établissements de crédit par type
(1) Dépôts à vue, placements liquides ou à court terme et épargne à long terme. Ces données concernent l’activité de collecte de dépôt des établissements de crédit installés localement.
(2) Du fait des meilleurs rendements issus des revalorisations successives des taux directeurs de la Banque centrale européenne.

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