Auteur : Vincent HECQUET
En 2007, le dynamisme des pays émergents stimule encore la croissance mondiale, qui reste autour de sa tendance à 5 % par an. Toutefois, l’expansion s’affaiblit continûment dans les pays développés suite aux conséquences de la crise immobilière américaine. Dans toutes les régions du monde, l’inflation est relancée avec la montée des prix du pétrole, des matières premières et des produits agricoles.
Aux États-Unis, la crise immobilière amorcée en 2005 s’est aggravée jusqu’à faire craindre un ralentissement brutal, et a entraîné une crise financière à partir de la mi-août. Pour contrer ces menaces, la Réserve fédérale a injecté des liquidités et baissé à trois reprises son principal taux directeur. La consommation des ménages et l’investissement des entreprises ont résisté, permettant à la croissance d’atteindre encore 2,7 % en 2007.
Toutefois, ils poursuivent leur recul et le point bas de l’activité immobilière n’est vraisemblablement pas encore atteint. A l’inverse, les pays émergents ont continué leur forte croissance, avec des taux qui ont atteint 11,4 % en Chine et 9,2 % en Inde. De ce fait, la croissance mondiale est restée élevée : elle atteint 4,9 % et dépasse sa tendance de long terme pour la quatrième année consécutive.
Les prix du pétrole et des matières premières ont connu des hausses spectaculaires. Alors qu’il était aux alentours de 50 dollars en janvier, le baril de Brent a approché les 100 dollars en décembre. En moyenne annuelle, il est passé à 74,5 dollars contre 65,1 en 2006. Les cours des matières premières alimentaires se sont encore davantage appréciés pour des raisons à la fois conjoncturelles (mauvaises conditions météorologiques) et structurelles (progression de la demande et pressions sur les terres agricoles pour la production de biocarburants). La montée des prix du pétrole et des matières premières a poussé l’inflation à la hausse dans les pays développés et plus encore dans les pays émergents.
En 2007, le PIB de la zone euro a crû à un rythme encore soutenu (+2,6 % après +2,8 % en 2006), mais qui s’est ralenti à partir du dernier trimestre. Le ralentissement américain, la hausse des matières premières, le durcissement des conditions de financement ont eu des effets pénalisants. A l’inverse, la zone euro profite d’une amélioration de son marché du travail. L’euro a continué de s’apprécier, passant de 1,30 dollar en janvier à 1,46 dollar en décembre.
En France, le PIB augmente de 2,2 % en 2007 comme en 2006. Les composantes de la croissance restent sensiblement les mêmes que l’année précédente. La consommation des ménages demeure dynamique, progressant de 2,5 %. Le marché de l’emploi s’améliore, avec une baisse du chômage en métropole comme dans chacun des quatre DOM : au second trimestre 2007, le taux de chômage était pour cet ensemble de 8,4 % (8,1 % en métropole), en baisse sensible par rapport aux trois années précédentes. L’investissement global augmente de 4,9 % en volume. Il est stimulé par celui des entreprises non financières, dont le taux d’investissement atteint 20,9 %, soit son plus haut niveau depuis 1992. L’investissement des administrations publiques se redresse (+1,8 %) après une année 2006 très basse (-2,3 %). En revanche, l’investissement des ménages (principalement dans l’achat de logements) décélère.
Comme les années précédentes, la croissance française est amputée par le déficit du commerce extérieur. Ce déficit se creuse encore et réduit la croissance française de 0,8 point. Les dépenses publiques progressent plus rapidement que les recettes. De nombreuses mesures d’allègement fiscal ont notamment diminué le produit de l’impôt sur le revenu des personnes physiques, qui recule de 7,4 %. Le déficit public se creuse et atteint 2,7 % du PIB. Le poids de la dette publique au sens de Maastricht s’accentue de 0,3 point pour atteindre 63,9 % du PIB, supérieur au seuil du Traité (60 %). En moyenne, sur l’année 2007, l’inflation s’est très légèrement repliée (1,5 % après 1,6 % en 2006). Néanmoins, elle s’accentue au fil des mois sous l’effet notamment de l’appréciation des matières premières et des produits alimentaires.
Le PIB de la région caraïbe a progressé de 5,4 % en 2007. Les matchs de la Coupe du monde de cricket se sont déroulés dans huit pays en mars et en avril, entretenant le dynamisme du tourisme. La croissance est moins vive que les deux années précédentes, où les préparatifs de cet événement sportif avaient nourri un boom de la construction. Elle reste néanmoins élevée sauf à la Jamaïque, dépassant très largement les niveaux des années 80 et 90. Ainsi, l’expansion est de 8,5 % en République dominicaine, 4,2 % à la Barbade, 3,9 % dans les pays membres de l’Union monétaire de la Caraïbe de l’Est. Deux facteurs contrarient ces performences. L’inflation progresse dans la plupart des pays sous l’effet de la hausse des prix de l’énergie et des matières premières.
La dette reste élevée pour plusieurs pays, atteignant 88 % du PIB à la Barbade et dépassant 100 % pour l’Union monétaire de la Caraïbe de l’Est. Les performances sont également plus contrastées. Trinidadet- Tobago poursuit son expansion gazière et bénéficie de la hausse des prix de l’énergie : sa croissance atteint 5,7 %, l’inflation recule et la dette publique ne représente plus que 27 % du PIB contre 59 % en 2002. À l’inverse, la Jamaïque a été rudement touchée par l’ouragan Dean et par de fortes inondations : sur l’année fiscale 2007/2008 le PIB ne progresse que de 1 %, l’inflation bondit à 20 % et la dette est encore de 127 % du PIB.

Cliquez sur chaque lien pour accéder aux autres thèmes