Gérard FORGEOT
L’année 2007 a incontestablement été marquée par le passage du cyclone DEAN. Cet évènement climatique n’a pourtant pas bouleversé l’économie martiniquaise : de nombreuses évolutions économiques (emploi, chômage, prix…) restent dans la continuité de celles observées sur l’année 2006.Ce résultat remarquable, obtenu grâce à une forte mobilisation des pouvoirs publics et des acteurs socio-économiques, pourrait cependant être mis à mal par le net ralentissement économique qui s’annonce pour l’économie mondiale.
L’amélioration du marché de l’emploi martiniquais se poursuit en 2007 : le taux de chômage diminue à 21,3%. Le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie 1 baisse de 7,3% par rapport à 2006. Cette évolution n’est pas uniquement portée par les départs à la retraite puisque dans le même temps l’emploi progresse. La part des 15-64 ans en situation d’emploi s’établit à 48,9%, contre 47,2% un an plus tôt. Enfin, le nombre d’allocataires du RMI diminue pour la première fois sensiblement (-2,5%). Ces évolutions favorables sont pour partie le fruit du dynamisme des créations d’entreprises : l’année 2007 enregistre 3 489 entreprises nouvelles, soit 13,6% de plus qu’en 2006. Si cette expansion concerne l’ensemble des secteurs, les services demeurent plus attractifs pour les nouveaux chefs d’entreprise
Les établissements bancaires ont également poursuivi leur effort de financement de l’économie martiniquaise, et ce dans un contexte de sélectivité accrue des projets du fait de la hausse du taux de créances douteuses. L’encours des crédits aux entreprises progresse de 6,4 % en 2007, après 22,2 % en 2006. La masse de crédits consacrés au financement de la consommation et de l’habitat des ménages progresse de 11,5 %.
Pourtant, la croissance de l’économie martiniquaise marque le pas en 2007 : le taux de croissance du PIB régional est de 0,9%, pour 2,8% en 2006. La faiblesse de la consommation des ménages explique en grande partie ce résultat. La rémunération des salariés n’a progressé que de 1,2 % en 2007, et le montant global des prestations sociales ou familiales de 1,1%. La consommation des ménages est en net ralentissement. Après l’investissement, la progression des dépenses des administrations (+2,9%) est le principal soutien de la croissance (1,1 point de PIB).
Dans le même temps, les prix à la consommation ont progressé de 2,4% sur l’année. Sous l’effet du cyclone DEAN, les hausses les plus importantes ont été enregistrées sur les deux derniers mois de l’année (+3,4 et +2,9%), et sur les produits frais (+5,7%). Toutefois, les prix d’autres biens et services ont crû sensiblement, amputant encore le pouvoir d’achat des ménages. Cette tendance est confirmée par la faible augmentation des immatriculations de véhicules neufs, et la progression plus soutenue du marché des automobiles d’occasion. L’agriculture a été le secteur le plus touché par le passage du cyclone DEAN. La mobilisation rapide au niveau national et européen de fonds d’urgence a permis de remettre rapidement en état l’outil de travail. Par ailleurs, les mécanismes d’attribution des subventions agricoles européennes sont, depuis 2007, moins dépendants de la production courante, permettant ainsi une régulation des aléas de la production. Dans le même temps, la prise en charge par les pouvoirs publics de l’indemnisation du chômage technique, et le financement exceptionnel d’emplois communaux pour remettre en état les infrastructures a permis de limiter les conséquences sociales du cyclone. Seule la demande d’emplois temporaires (chômage de catégorie 3) a progressé en 2007.
Les activités liées au tourisme ont aussi été impactées par le passage du cyclone. Le nombre de passagers débarqués à l’aéroport a cependant progressé de 3,6% en 2007. Les investissements consentis, joints au renforcement des dessertes internationales expliquent cette évolution favorable. Malgré ces arrivées, le flux touristique global est en baisse de 4,4% par rapport à 2006. Le nombre de croisiéristes a notamment chuté de plus de 25%. La fréquentation hôtelière chute également de plus de 8% par rapport à 2006. De gros efforts de réduction du nombre de chambres ont été consentis, notamment par la petite et moyenne hôtellerie, pour maintenir le taux d’occupation à plus de 59%.
