Date de mise à jour : mai 2013
Jacqueline Dussin, Draaf Centre
L’année 2012 est marquée par une météorologie qui s’éloigne des normales de saison à des moments clés de la croissance des végétaux. Les inquiétudes du premier semestre ont été levées par la suite pour les céréales, mais renforcées pour la production viticole, très limitée, ainsi que pour celle des fruits. La flambée des cours des céréales s’est poursuivie toute l’année, générant une envolée du prix des aliments pour animaux. La hausse des cours des bovins, favorisée par la faiblesse de l’offre, n’a pu compenser cet alourdissement des charges pour les éleveurs, déjà dans une situation difficile.
L’année 2012 a débuté par un hiver sec, augmentant les incertitudes sur la production céréalière. La quinzaine glaciale de février a fait reculer la sole de blé tendre. Certains semis sont ainsi réduits à néant et les agriculteurs, contraints à semer de nouveau, portent leur choix sur l’orge de printemps. Sa surface (37 000 hectares) dépasse celle semée en automne. La superficie d’orges s’est accrue de plus de 8 % par rapport à 2011. En avril, les pluies intenses ont levé l’incertitude sur le blé et l’orge, qui ont produit une récolte bien meilleure que celle envisagée au début du printemps. Le rendement moyen de l’orge atteint 73 quintaux par hectare, de sorte que la production progresse de plus de 30 % en un an. L’Eure-et-Loir bénéficie du deuxième rendement le plus élevé de France, talonnant de près la Somme.
Celui du blé tendre dépasse de 7 points sa moyenne quinquennale. La production augmente de 17 % par rapport à la précédente campagne, en dépit de sa moindre surface. L'Eure-et-Loir, avec près de 80 quintaux par hectare, se classe au 10e rang derrière les départements du nord-ouest de la France. Les rendements sont, dans tous les départements de la région, supérieurs à la moyenne des cinq dernières années.
La récolte de colza est en hausse. Elle a progressé de 3 % par rapport à l’année précédente, une moyenne régionale de 35 quintaux par hectare.
Les cultures récoltées à l’automne subissent la sécheresse du mois d’août. La croissance du maïs en est affectée, produisant 98 quintaux par hectare. Les parcelles irriguées ont fourni un rendement d’environ 109 quintaux à l’hectare, 78 pour les non irriguées. Par la suite, la succession de pluies à l’automne contrarie les conditions de récolte, le volume de la production recule de plus de 3 % par rapport à 2011.
Les épisodes pluvieux sont néfastes pour la teneur en sucre de la betterave, mais également défavorables aux conditions d’arrachage. Le rendement ne dépasse pas 910 quintaux par hectare, faisant suite à une année 2011 exceptionnelle.
L’épisode de gel du 17 avril a anéanti une grande partie des fleurs des pommiers et des poiriers de la région, esquissant ainsi une production fruitière des plus pessimistes pour la saison qui débutait. La récolte de poires est désastreuse en quantité. Celle de la pomme, moins affectée, est réduite avec des fruits de mauvaise qualité : insuffisamment colorés et de calibre sortant des normes.
Le concombre, en sortie de crise de la bactérie E. Coli a bénéficié d’une bonne récolte, supérieure à celle de 2011, et d’une demande bien orientée.
Une conjonction d’aléas défavorables a marqué la récolte de raisin : les gels de février et d’avril, puis l’excès de pluies ont affecté la pousse. La sécheresse d’août a réduit le poids des baies et les pluies automnales ont généré des retards pour la vendange. Tous ces facteurs ont favorisé le développement des maladies de la vigne et du bois. Par ailleurs la flavescence dorée, en provenance du sud de la France, est apparue dans le Chinonais, introduisant un facteur pénalisant supplémentaire. La vendange 2012 se révèle historiquement basse, plus faible encore que celle de 2011 déjà très modeste.
Les volumes vendus sont en baisse par rapport à la campagne précédente pour l’ensemble du vignoble régional, à l’exception des Sancerre et Touraine rouges. Dans l’ensemble, les cours se montrent relativement stables par rapport à 2010-2011, avec cependant des évolutions favorables pour les Vouvray, Sancerre et le Touraine rouge.
L’année a débuté par une flambée des cours des céréales, atteignant des niveaux de l’ordre de ceux de 2008, conséquence de l’incertitude sur les stocks américains et russes en raison de la sécheresse qui a frappé ces deux gros producteurs. La Food and Agriculture Organization (FAO) prévoyait une baisse de production de 3 % pour l’ensemble des céréales, et 5 % pour le blé. Le blé français bénéficie d’une demande orientée favorablement dans les échanges mondiaux.
Au premier semestre, le cours du blé a atteint en moyenne 258 euros la tonne, pour 190 euros lors de la même période de la campagne précédente. Les estimations d’évolution des revenus des producteurs de céréales sont très favorablement orientées.

Suite au printemps sec de 2011, certains éleveurs de bovins ont fait abattre des animaux en raison du manque d’herbe. Ainsi, en 2012 l’offre s’est contractée, entraînant une augmentation significative des cours, maintenus à un niveau élevé toute l’année.
En 2012, les cotations moyennes des vaches à viande ont dépassé de 20 % environ celles de l’année précédente alors que celles des jeunes bovins gagnaient seulement 9 % en raison de la fermeture du marché turc au printemps et à l’automne.
Les cours des broutards ont gagné environ 12 % en moyenne annuelle. Le manque d’animaux a tiré les cours à la hausse jusqu’à l’été. La bonne pousse de l’herbe au printemps a incité les éleveurs à garder les animaux au pré, étalant ainsi l’offre déjà peu abondante. La fin de l’année a été moins favorable, avec des cours en recul, conséquence du repli de l’activité d’engraissement en Italie.
Le cours des veaux de boucherie s’est établi en moyenne à 8,23 euros par kilogramme de carcasse en 2012. Il a peu varié au cours de l’année, restant quasiment stable par rapport à celui de l’année précédente. Cependant, la hausse des cours depuis 2011 et leur bonne tenue en 2012 ne compensent pas la hausse des prix des moyens de production, notamment l’alimentation animale. L’année 2012 devrait être défavorable pour l’évolution de revenus des éleveurs.
Les porcs ont bénéficié de cours bien orientés jusqu’en octobre, en lien avec une offre réduite et une demande soutenue à l’exportation. Le dernier trimestre a connu une inflexion : l’offre s’est accrue pendant que la demande se contractait, tant en consommation intérieure qu’à l’export. Les prix se sont stabilisés avant d’amorcer une tendance fortement baissière.
En 2012 et pour la troisième année consécutive, les prix des consommations intermédiaires augmentent. Sous l’effet de la flambée des cours des céréales, les prix des aliments pour animaux subissent une hausse moyenne de 22 % par rapport à 2011. Dans le même temps le coût de l’énergie s’accroît, poursuivant le mouvement débuté en 2009. En 2012, elle dépasse de 3 % son prix moyen de 2011.
Les produits de protection des cultures ainsi que les engrais et amendements sont restés les plus stables en 2012 ; ils se sont cependant maintenus à un niveau très élevé durant cette année.
