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Bilan Économique et Social
de la région Centre 2011 - Édition 2012

Insee Centre ; Direction régionale des Entreprises, de la Concurrence et de la Consommation, du Travail et de l'Emploi ; Direction régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement ; Direction régionale de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Forêt ; Rectorat ; Direction régionale des Finances publiques du Centre et du département du Loiret ; Comité régional du Tourisme.

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Synthèse générale

Une reprise encore fragile en région Centre

L’année 2011 est marquée au niveau national par la poursuite de la reprise économique, mais avec des évolutions infra-annuelles très inégales. Le PIB français progresse de 1,7 % sur l’année grâce à un bon premier trimestre consécutif à une fin d’année 2010 assez dynamique. Il dépasse ainsi son niveau d’avant crise, comme en Allemagne, tandis que d’autres pays européens comme l’Italie, l’Espagne ou le Royaume-Uni en sont loin. En 2011, la croissance mondiale reste tirée par les États-Unis et les pays émergents. Le second trimestre et le reste de l’année sont moins positifs en France comme ailleurs, en lien avec plusieurs évènements : les conséquences de la catastrophe au Japon, le renchérissement des matières premières et surtout la crise des budgets des états européens, dont les dettes, déjà importantes, se sont dégradées du fait des plans de relance de 2009 et 2010. La croissance française est faible sur les trois derniers trimestres de 2011, tirée par un rebond de l’investissement des entreprises et des ménages, et une hausse du commerce extérieur. La consommation des ménages a fortement ralenti, comme le pouvoir d’achat en cours d’année, conséquence d’une hausse des prix proche de celle des revenus. L’emploi a souffert du manque de confiance des acteurs économiques depuis trois ans avec une nouvelle perte annuelle d’emploi et une hausse du chômage.

La région Centre traverse cette crise économique avec une perte d’emploi plus marquée qu’au niveau national en 2008-2009, un redressement plus faible en 2010 et 2011, et donc un resserrement entre les taux de chômage régional et national.


graphique 1 : Taux d'évolution trimestriel du PIB et contributions des composantes de la demande

Nouvelle reprise industrielle limitant les pertes d’emplois

Au niveau national, l’activité industrielle progresse de nouveau en 2011 (+ 3 % après + 4,3 % en 2010 mais - 12 % en 2009). La reprise semble plus faible en région Centre au regard de l’évolution de l’emploi, moins favorable qu’au niveau national. Dans la lignée de la fin d’année précédente, les entreprises ont augmenté leur production début 2011 afin de répondre aux commandes et de reconstituer leurs stocks. L’activité a ensuite nettement ralenti à partir du second semestre du fait de la baisse de la demande extérieure, des difficultés de certains approvisionnements suite à la catastrophe du Japon et de la fin de la prime à la casse dans l’automobile. Ce ralentissement touche tous les secteurs, notamment celui du matériel électrique et électronique. Grâce à la hausse globale de la production depuis deux ans, l’emploi industriel régional diminue plus faiblement en 2011 que les années précédentes, avec même une hausse dans l’énergie. La tendance de l’emploi dans l’industrie est moins favorable qu’au niveau national où la perte d’emploi s'est arrêtée en 2011.

Reprise modérée dans la construction

L’activité progresse légèrement dans la construction en 2011 après trois années de baisse consécutive à un boom immobilier entre 2003 et 2007. Les mises en chantier croissent de 17 %, un peu moins qu’au niveau national (+ 21 %). Elles augmentent particulièrement pour le logement collectif du fait des anticipations de l’abandon du dispositif fiscal Scellier à partir de 2012. Les mises en chantier sont moins dynamiques pour le logement individuel, notamment en mode groupé. L’amélioration et l’entretien du bâtiment progressent grâce à des facilités de crédits de l’État. Par contre, la construction de locaux professionnels est de nouveau en recul. L’activité dans les travaux publics se redresse aussi, grâce notamment à la mise en place de lignes de tramway à Tours et Orléans.

Sur l’ensemble de la construction l’emploi salarié se stabilise, les entreprises ayant plutôt eu recours à l’intérim pour faire face au regain d’activité.

Deuxième année assez positive pour les agriculteurs

L’activité a été globalement favorable dans l’agriculture. La production de céréales a été perturbée par un climat atypique : printemps chaud et sec, été frais et humide. Cependant, les prix sont restés élevés grâce à une hausse de la demande. La récolte de maïs, d’oléagineux, de pommes de terre et de betteraves a été bonne. L’année est plus mitigée pour les fruits et légumes, secteur peu favorisé par la météo et devant faire face à la concurrence étrangère et à la crise sanitaire du concombre.

La production animale, tout comme la production laitière, a été satisfaisante, les prix élevés et la demande soutenue.

Faible dynamisme dans les services

Après le fort redressement observé en 2010, l’activité dans les services est restée assez soutenue au premier trimestre de 2011 puis a nettement ralenti sur le reste de l’année. L’emploi a été touché par ce ralentissement et s’est stabilisé sur l’année alors qu’il a crû d’un point sur l’ensemble du territoire national. L’emploi dans les activités de services aux ménages a le plus souffert, que ce soit le commerce ou les services aux ménages, tandis qu’il augmente faiblement pour les services aux entreprises. L’activité touristique a légèrement progressé, les français choisissant des vacances sur le territoire national plutôt qu’à l’étranger.

Une consommation des ménages s’essoufflant progressivement

La consommation des ménages a fortement ralenti en 2011, notamment les dépenses énergétiques, en raison d’un automne et un hiver doux, ainsi que les dépenses de produits manufacturés et le commerce. Le pouvoir d’achat est resté dynamique en début d’année grâce à la hausse de l’emploi et des salaires et au maintien de prestations sociales élevées. Il a ensuite ralenti en lien avec la baisse des revenus d’activité, la hausse des prélèvements sociaux et fiscaux et l’accroissement des prix à la consommation. De plus, les ménages ont préféré épargner et investir dans l’immobilier quand ils le pouvaient plutôt que de consommer.

Nouvelle hausse des échanges commerciaux

Comme en 2010, les échanges commerciaux ont progressé en 2011 avec une hausse de 10 % des exportations et de 14 % des importations, dépassant ainsi les niveaux d’avant la crise de 2008. La croissance plus forte des importations provoque une baisse de l’excédent commercial régional qui se situe autour de 400 millions d’euros. Les échanges se sont particulièrement accrus avec l’Union européenne tandis qu’ils ont peu évolué avec l’Asie. La majeure partie des exportations provient des secteurs de la pharmacie, de la cosmétique et des machines et équipements, principalement dans les départements du Loiret, de l’Eure-et-Loir et de l’Indre-et-Loire.

Repli de l’auto-entreprenariat

La création d’entreprises baisse de 12 % en raison d’une moindre création d’auto-entreprises par rapport à l’année précédente (- 20 %). Les créations des autres entreprises individuelles sont en très légère baisse tandis que la création de sociétés progresse pour la deuxième année consécutive (+ 4,3 %), notamment dans la construction, les services aux entreprises, l’hébergement et la restauration.

Augmentation des difficultés sociales

Le fléchissement de l’emploi en 2011 dans la région (- 0,4 %) compense la légère hausse observée en 2010. L’emploi régional se situe 4 % en dessous de son niveau d’avant crise. Le nombre de demandeurs d’emploi augmente de près de 6 % en 2011, un peu plus qu’en France métropolitaine. La hausse est très marquée une nouvelle fois pour les seniors tandis qu'elle est faible pour les moins de 25 ans, sauf en fin d’année. La part des demandeurs d’emploi de longue durée diminue légèrement et se situe à 36 % de l’ensemble. Le taux de chômage augmente de 0,2 point et représente 8,7 % de la population active. L’écart avec le taux national diminue de 0,1 point. Il est de 0,7 point contre 1,1 point avant la crise. Les aides à l’emploi ont baissé et retrouvent leur niveau d’avant crise, l’accent étant mis sur les contrats en alternance.

Le nombre d’allocataires du RSA augmente de 3 % et concerne 62 500 personnes. La hausse est particulièrement forte pour les allocataires ayant une activité professionnelle.

Un début 2012 terne, une suite très incertaine

La croissance du PIB devrait être faible en 2012 en France. L’acquis de croissance n’est que de 0,2 % en début d’année et la croissance sera quasi nulle au premier semestre. La crise des budgets européens et la relative faiblesse de la demande mondiale expliquent ce résultat. Les exportations ralentissent au premier trimestre et l’investissement se replie. La consommation est légèrement positive grâce à la hausse des dépenses énergétiques, liées à un hiver froid, tandis que les dépenses en produits manufacturés baissent. Le pouvoir d’achat des ménages évolue peu du fait d’une inflation persistante. Le chômage poursuit sa tendance haussière avec + 0,3 % au premier trimestre, tant au niveau national que régional, atteignant respectivement 10 % et 9 % de la population active. La suite de l’année est dépendante du dynamisme de la demande mondiale, de la gestion de la crise financière en Europe et des risques sur les prix de l’énergie.

Une population régionale toujours en progression grâce à la natalité

La population régionale est de 2 551 000 habitants au 1er janvier 2011. Elle progresse en un an de 6 000 personnes, essentiellement grâce à l’excédent naturel. En effet, les naissances sont toujours à un niveau élevé, supérieures aux décès malgré le vieillissement de la population. Les nombreuses arrivées dans la région, notamment d’Île-de-France, sont compensées par des départs vers cette même région ainsi que vers le sud et l’ouest du pays.

Olivier Aguer, Insee Centre