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L'insertion des immigrés à l'épreuve de la précarité en région Centre

Pascal Connin

Résumé

En 2006, la région Centre compte 143 100 immigrés. Ils résident essentiellement dans les départements les plus urbanisés, et à proximité de zones où l'industrie s'est développée. Les immigrés sont plus souvent que dans les autres régions originaires du Portugal, du Maroc et de Turquie. Les nouveaux arrivants viennent davantage de pays africains. Les difficultés sont particulièrement marquées pour les immigrés sur le marché du travail. Leur taux de chômage est le double de celui des non-immigrés. Il double encore pour les immigrés venant de pays hors Union européenne. Les jeunes et les femmes sont particulièrement touchés. Même diplômés, les immigrés sont peu protégés du chômage.

Sommaire

Publication

Dans le cadre du programme régional d'insertion pour les populations immigrées (PRIPI) piloté par la direction régionale de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion sociale (DRJSCS) [voir encadré], un diagnostic de la population immigrée est mené. Il vise à cibler les actions à réaliser en vue d'une meilleure intégration.

En 2006, la région compte 143 100 immigrés. Ils représentent 5,7 % de la population régionale contre 8,2 % en France métropolitaine et 6,2 % hors Île-de-France. Le Centre se situe au 11e rang des 22 régions métropolitaines pour sa part d'immigrés, les deux extrêmes étant l'Île-de-France et la Bretagne.


carte 1 : Part des immigrés en 2006 par département

Une présence au sein des bassins d'emploi

Les immigrés se répartissent de façon inégale sur le territoire régional. Ils se concentrent dans les zones situées sur l'axe ligérien, dans celles jouxtant les franges franciliennes ainsi que dans la vallée du Cher. Le Loiret, l'Indre-et-Loire et l'Eure-et-Loir, départements les plus urbanisés, en regroupent les trois quarts pour deux tiers de la population non-immigrée. Plus d'un immigré sur trois réside dans le Loiret où ils représentent 8 % de la population.

Les immigrés résident davantage
dans les départements les plus urbanisés
 
Population
immigrée
(nombre)
Répartition
des
immigrés
(%)
Part des
immigrés
dans la
population
totale
(%)
Lecture : 10,3 % des immigrés de la région résident dans le Cher, 47 habitants du Cher sur 1 000 sont des immigrés.
Source : Insee, Recensement de la population 2006, Exploitation principale
Cher 14 690 10,3 4,7
Eure-et-Loir 25 054 17,5 5,9
Indre 7 321 5,1 3,1
Indre-et-Loire 27 426 19,2 4,7
Loir-et-Cher 16 708 11,7 5,1
Loiret 51 915 36,2 8,0
Centre 143 114 100,0 5,7

La part des immigrés est particulièrement importante dans les cantons de Dreux et Châlette-sur- Loing (respectivement 20,5 % et 15,5 % de la population), celle du canton d'Orléans dépassant celle de Tours (13,8 % contre 7,6 %).

Les immigrés, venus pour travailler, ont souvent été embauchés dans l'industrie et la construction, secteurs où la main-d'œuvre faisait défaut dans les années soixante. Ils sont majoritairement devenus citadins quand le regroupement familial a permis l'arrivée des proches. Les nouveaux immigrés ont prolongé cette tendance.


Une majorité de nouveaux arrivants en provenance d'Afrique

En région Centre, l'origine des immigrés contraste avec celle observée au niveau métropolitain. Les ressortissants du Portugal, du Maroc et de la Turquie sont surreprésentés alors que les Italiens et les Algériens sont sous-représentés. L'écart le plus élevé concerne les Portugais, dont la part est presque deux fois plus importante que sur le reste du territoire français. Un immigré sur deux est originaire du Portugal (22 %) ou du Maghreb (28 %).

Au 1er janvier 2006, 30 000 immigrés installés en région Centre n'y vivaient pas cinq ans avant. Parmi eux, plus d'un tiers résidaient déjà sur le territoire national, notamment en Île-de-France.

Des immigrés essentiellement originaires du Portugal,
du Maroc et de Turquie
%
Lieu de
naissance
Immigrés Nouveaux
immigrés
Lecture : en région Centre, 33,1 % des immigrés résidant à l'étranger cinq ans avant sont natifs d'Europe.
Source : Insee, Recensement de la population 2006, Exploitation principale
Centre Métropole Centre Métropole
Europe 41,4 39,5 33,1 40,3
dont Union européenne 38,0 35,5 27,2 33,2
   Espagne 4,7 5,3 0,9 1,9
   Italie 2,5 6,5 0,7 2,2
   Portugal 21,7 11,3 6,6 4,5
   Royaume-Uni 1,9 2,7 7,1 9,8
Afrique 40,5 42,8 45,0 37,1
dont Maghreb 28,1 30,8 25,4 22,8
   Algérie 9,2 13,7 9,2 10,5
   Maroc 16,6 12,6 14,4 9,4
   Tunisie 2,3 4,5 1,8 2,9
Asie 15,5 14,0 16,3 15,1
   Turquie 7,4 4,5 6,6 3,6
Amérique 2,5 3,6 5,4 7,1
Océanie 0,1 0,1 0,2 0,4
Total 100,0 100,0 100,0 100,0

La part des immigrés d'origine européenne baisse de 7 points entre 1999 et 2006. À l'inverse, la proportion des immigrés africains est plus importante qu'en 1999 (41 % contre 35 %).

Quand ils viennent de l'étranger, les nouveaux immigrés natifs d'Afrique sont surreprésentés (45 % contre 37 %) et ceux d'Europe sous-représentés (33 % contre 40 %) par rapport au niveau métropolitain. Dans les nouvelles tendances, les immigrés en provenance du Royaume-Uni représentent 7 % des nouveaux arrivants, pour seulement 2 % des immigrés. Cette immigration a un profil résidentiel plutôt que professionnel.


Des immigrés plus nombreux aux âges d'activité

Entre 1999 et 2006, l'âge moyen des personnes immigrées a augmenté moins vite que celui des non-immigrés. Les arrivées récentes ont freiné ce vieillissement. L'âge moyen des nouveaux immigrés en région Centre est de 29,8 ans. Les deux tiers ont entre 15 et 39 ans. Dans cette même tranche d'âge, les immigrés arrivés du Maghreb et de Turquie sont les plus nombreux. Ceux provenant du Royaume-Uni quittent leur pays en fin de vie professionnelle : près de la moitié ont 50 ans ou plus.

C'est aux âges d'activité que les immigrés sont majoritaires : sept sur dix ont entre 20 et 59 ans, pour seulement cinq sur dix chez les non-immigrés. Le fait de ne pas prendre en compte les enfants d'immigrés nés en France donne à cette population un âge moyen de 44,3 ans, soit quatre années de plus que le reste de la population. Pour la même raison les moins de 20 ans sont trois fois moins nombreux que chez les non-immigrés.

Comme en 1999, une personne sur cinq a plus de 60 ans, part inférieure à celle des non-immigrés.


graphique 1 : Pyramide des âges des populations immigrées et non-immigrées

Des seniors plus souvent actifs

En 2006, plus des deux tiers des immigrés de 15 à 64 ans sont actifs, occupant ou recherchant un emploi. Entre 30 et 49 ans les hommes sont moins souvent actifs que chez les non-immigrés. À partir de 50 ans la tendance est inversée puis amplifiée entre 60 et 64 ans, surtout du fait de la précarité subie.

Les femmes immigrées sont aussi plus nombreuses que les autres à être actives entre 60 et 64 ans. Avant 60 ans, plus largement que pour les hommes, le taux d'activité des femmes immigrées est inférieur à celui des non-immigrées : ainsi les immigrées sont trois fois plus souvent femmes au foyer que les non-immigrées.


graphique 2 : Taux d’activité en région Centre

Encadré 1 : Plus nombreux en HLM

Le Centre se place au 3e rang des régions concentrant le plus d'immigrés en logement social, après la Haute-Normandie et la Champagne-Ardenne. Quatre ménages immigrés sur dix vivent en HLM, soit trois fois plus souvent que les non-immigrés. Moins fréquemment propriétaire de son habitation un ménage immigré sur deux vit en appartement, contre un ménage non-immigré sur quatre.

Les familles immigrées sont de plus grande taille que les autres : comptant trois personnes en moyenne (2,2 pour les non-immigrés), leurs ménages sont moins fréquemment composés d'une ou deux personnes (seulement un cas sur deux, contre deux fois sur trois parmi les non-immigrés). Les familles de six personnes et plus représentent 8,0 % des ménages immigrés contre 1,1 % chez les non-immigrés. Une certaine sur-occupation des logements est parfois constatée.

Un taux de chômage deux fois plus élevé,
les jeunes femmes davantage pénalisées

En 2006, le taux de chômage des immigrés dépasse 20 % contre 9 % chez les non-immigrés. Il s'élève même à 40 % pour les immigrés venant de pays hors Union européenne. Les actifs immigrés originaires de l'Union européenne sont moins exposés au chômage que le reste de la population. À l'inverse, les actifs immigrés d'origine turque et algérienne sont 3,5 fois plus souvent au chômage que les non-immigrés.

L'écart de chômage entre immigrés et non-immigrés est plus important dans la région que la moyenne métropolitaine : si un actif du Centre est moins au chômage que la moyenne, un immigré y est plus exposé, subissant une inégalité accrue.

Dans les cantons de Bourges, Saint-Pierre-des-Corps, Dreux, Montargis et Blois, près d'un immigré sur trois est au chômage contre un sur quatre dans ceux de Chartres, Orléans, Tours et Châteauroux.

Les femmes immigrées sont particulièrement affectées par le chômage, avec un taux de près de 9 points supérieur aux hommes. Cet écart est presque quatre fois supérieur au constat relatif aux non-immigrés.

Les jeunes actifs immigrés de 15 à 24 ans sont en situation de précarité sur le marché du travail : un sur trois est au chômage contre un sur cinq pour les non-immigrés. L'écart des taux de chômage entre hommes et femmes immigrés diminue avec l'âge. Entre 15 et 24 ans la différence est la plus importante : 43 % d'entre elles sont au chômage, soit 15 points de plus que les hommes.


graphique 3 : Taux de chômage en région Centre

Encadré 2 :
La DRJSCS du Centre anime et pilote le programme régional d'insertion des populations immigrées (PRIPI)

La direction régionale de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion sociale agit auprès des populations immigrées dans le cadre du programme ministériel intitulé " intégration et accès à la nationalité française " en animant et pilotant le PRIPI en région Centre, sous l'autorité de Monsieur le Préfet de région.

Il a pour objectif principal la coordination régionale des actions et des financements en faveur de l'accueil des nouveaux arrivants, de leur accès à la culture, à l'éducation, à la santé, au logement et aux droits sociaux ainsi que de la promotion sociale, culturelle et professionnelle des personnes immigrées et issues de l'immigration. Sa construction est donc le fruit d'un large travail partenarial avec l'ensemble des acteurs du secteur. Il est à noter que le public prioritaire du PRIPI est spécifiquement celui des immigrés hors Union européenne.

Programme triennal structuré à partir d'un diagnostic, le PRIPI se décline en orientations puis en fiches-actions autorisant un financement public. Á titre d'exemple : des supports d'information seront réalisés (guide technique, fiches départementales) pour faciliter l'accès aux droits des populations visées et une meilleure coordination entre les professionnels accueillant ces publics. L'apprentissage linguistique, indispensable pour une intégration sociale et professionnelle, est une des priorités de ce programme. Les familles bénéficieront de soutien à l'éducation et à la parentalité. Des actions de sensibilisation sont également prévues sur des thématiques prégnantes dans le parcours d'intégration des populations immigrées et étrangères : emploi, santé, logement, diversité culturelle, droits des femmes…

Le PRIPI est en ligne sur le site de la DRJSCS du Centre

Les diplômes des immigrés les protègent peu du chômage

Les immigrés détenteurs d'un diplôme de l'enseignement supérieur sont trois fois plus souvent au chômage que les autres actifs de niveau équivalent. En l'absence de diplôme, l'écart entre les taux de chômage est moindre.

Parmi les 30-59 ans, les immigrés actifs sont presque trois fois plus nombreux que les non-immigrés à ne détenir aucun diplôme (33 % contre 12 %). La part des titulaires d'un diplôme universitaire est plus proche de celle des non-immigrés (19 % contre 24 %).

Les niveaux de formation des hommes et des femmes immigrés sont proches. Comme pour les non-immigrées la part des femmes immigrées titulaires d'un diplôme universitaire est supérieure à celle des hommes immigrés mais encore largement inférieure aux femmes non-immigrées (20 % contre 28 %).

Dans cette même tranche d'âge, la moitié des immigrés originaires de Turquie, du Portugal et, dans une moindre mesure de Tunisie, ne détient aucun diplôme. A contrario, un immigré sur deux venant des pays de l'Union européenne autres que l'Espagne, l'Italie ou le Portugal est titulaire d'un diplôme universitaire.

Encadré 3 : Les étudiants immigrés

Les immigrés scolarisés de 14 ans ou plus arrivés en région Centre viennent très majoritairement de l'extérieur de l'Europe : 82 % n'y résidaient pas cinq ans avant. Parmi eux, plus de la moitié vient d'Afrique (du Maghreb une fois sur deux) et plus d'un sur cinq d'Asie. Par rapport à la métropole, ceux arrivés récemment d'Afrique sont surreprésentés : 54 % contre 41 %.

À partir de 20 ans, le taux de scolarisation des immigrés dépasse celui des non-immigrés. Plus ils viennent de loin, plus les immigrés de 25 à 29 ans sont scolarisés. Les cursus offerts par les universités de la région Centre attirent ainsi de nombreux étudiants venus de l'étranger.


graphique 4 : Taux de scolarisation selon l’âge

Plus d'ouvriers, des emplois plus précaires

Quand ils ont un emploi, les immigrés occupent moins souvent des postes de cadres et de professions intermédiaires que le reste de la population (23 % contre 35 %). La part des ouvriers immigrés est de 10 points supérieure à la moyenne observée en métropole. Ils sont aussi moins fréquemment cadres (4 points de moins que la moyenne nationale). Quand ils sont ouvriers, les immigrés occupent dans 46 % des cas des postes non qualifiés, contre 38 % pour les non-immigrés. Les hommes immigrés sont le plus souvent ouvriers (58 %). Les femmes ouvrières immigrées sont surreprésentées (26 % contre 13 % pour les autres actives).

Les immigrés occupent plus fréquemment un emploi précaire : 11,7 % des immigrés salariés ont un emploi à durée déterminée, soit 4,3 points de plus que les non-immigrés. Les femmes immigrées occupent plus souvent que les autres actives des emplois à temps partiel (35 % contre 26 %).

Encadré 4 :
Le contrat d'accueil et d'intégration (CAI)

Depuis le 1er janvier 2007, tout étranger nouvellement arrivé (hors de l'espace économique européen) sur le territoire français et amené à y séjourner durablement, se voit proposer la signature d'un contrat d'accueil et d'intégration (CAI). Dans le cadre des CAI, les nouveaux arrivants en France sont tenus d'étudier la langue française s'ils ne la maîtrisent pas.

En 2009, le CAI a été signé par 97 700 personnes en France, dont 2 760 résidant en région Centre. Les signataires du CAI, dans leur grande majorité, sont francophones ou maîtrisent suffisamment le français. En 2009, 28 % des signataires en région Centre ont dû suivre une formation linguistique pour acquérir un niveau de base (soit 3 points de moins que la moyenne nationale).

Une meilleure maîtrise du français liée à un niveau de diplôme supérieur...

À l'écrit comme à l'oral, les nouveaux arrivants en région Centre ayant signé un CAI en 2009 maîtrisent davantage le français qu'au niveau national. Leurs niveaux de diplôme sont d'ailleurs relativement élevés : si 14 % des signataires sont sans diplôme (soit 24 points de moins qu'au niveau national), les doctorants en représentent 3 % (deux fois plus que la moyenne française). Les hommes maîtrisent mieux le français (surtout l'écrit) mais l'écart avec les femmes est inférieur à celui constaté à l'échelon national.

...mais plus fragile parmi les signataires venant de Turquie et du Maroc

Parmi les primo-arrivants, les ressortissants de Turquie et, dans une moindre mesure, ceux du Maroc sont les moins à l'aise en français. Seulement un Turc sur cinq maîtrise l'écrit et un sur quatre l'oral. Parmi les signataires venant du Maghreb, les Algériens ont un meilleur niveau de français que les Tunisiens, lesquels devancent les Marocains, dont à peine un sur deux maîtrise l'écrit. À l'inverse, le français est très bien assimilé par les ressortissants des autres pays africains francophones.

Taux de maîtrise de la langue française
parmi les signataires du CAI
 %
Hommes Femmes Total
Lecture : 60 % des hommes ayant signé un CAI en région Centre en 2009 maîtrisent le français à l'écrit.
Source : Office français de l'immigration et de l'Intégration (OFII), données CAI 2009
Écrit Centre 60,0 53,8 56,7
France 51,1 48,1 49,5
Oral Centre 74,9 66,5 70,5
France 71,6 61,2 66,2

Présents dans les secteurs du nettoyage et de la construction

Près de deux immigrés sur trois travaillent dans le tertiaire : 63 %. Cette part est cependant inférieure à celle des non-immigrés (71 %) et de 10 points inférieure à celle observée en métropole. Les immigrés sont surreprésentés dans l'industrie et la construction. Ils sont particulièrement présents (plus de 20 %) dans certains secteurs : le nettoyage, les services domestiques, la maçonnerie et le bâtiment. Dans la construction, 12 % de la main- d'œuvre est immigrée contre 6 % pour l'ensemble des secteurs.

Les immigrés du Centre sont sous-représentés dans la fonction publique dans une proportion toutefois comparable aux autres régions de métropole. En 2006, 6 % des actifs immigrés occupent des emplois publics contre 16 % pour les actifs non-immigrés.

Professions les plus occupées par les immigrés
 
Effectifs
(nombre)
Proportion
d'immigrés
(%)
Source : Insee, Recensement de la population 2006
Nettoyeurs 2 350 21,7
Maçons qualifiés 1 950 26,6
Ouvriers non qualifiés gros oeuvre bâtiment 1 850 24,5
Employés de maison chez des particuliers 1 770 20,0
Aides à domicile, aides ménagères 1 480 8,4
Ouvriers non qualifiés mécanique métaux 1 250 11,7
Assistantes maternelles, gardes d'enfants 1 060 6,4
Agents de service hospitaliers 1 050 7,1
Ouvriers emballage expédition non qualifiés 1 010 8,3

La possession de la nationalité française demeure l'une des conditions d'accès à la fonction publique, hormis une dérogation prévue pour les ressortissants de certains pays de l'Union européenne pour l'accès aux concours. Quand ils sont devenus Français par acquisition seulement un sur dix est fonctionnaire, et les femmes deux fois plus souvent que les hommes.

Définitions

Selon la définition adoptée par le Haut Conseil à l'intégration, un immigré est une personne née étrangère à l'étranger et résidant en France. Certains immigrés ont pu devenir Français, les autres restant étrangers. Les populations étrangère et immigrée ne se confondent pas totalement : un immigré n'est pas nécessairement étranger et réciproquement, certains étrangers sont nés en France (essentiellement des mineurs). La qualité d'immigré est permanente : un individu continue à appartenir à la population immigrée même s'il devient Français par acquisition. C'est le pays de naissance, et non la nationalité à la naissance, qui définit l'origine géographique d'un immigré

Français, étrangers, immigrés :
pour mieux comprendre les différences
 
Nationalité Lieu de naissance Ensemble
Source : Insee, Recensement de la population 2006, exploitation principale


Nés en France    Nés à l'étranger  
Français de naissance 2 298 217 43 674 2 341 891
Français par acquisition 17 892 57 658 75 550
Étrangers 16 669 85 456 102 125
Immigrés 143 114
Ensemble 2 332 778 186 788 2 519 566

Avril 2011 -  n° 167

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