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En Ile-de-France, 39 pôles d'emploi structurent l'économie régionale

Auteurs : François Dubujet, Yoann Musiedlak (Insee Ile-de-France)
               François Mohrt, Pauline Virot (Apur)

Résumé

En Ile-de-France, 39 pôles d’emploi rassemblent 43 % des salariés. Parmi eux, une dizaine de pôles, situés au centre de l’agglomération, concentrent les trois quarts des emplois des pôles. A Paris, le quartier central des affaires est de loin le pôle principal de la région, suivi par ses extensions à l’ouest, notamment La Défense, et par d’autres pôles majeurs localisés dans Paris intra-muros. En petite et grande couronnes, on dénombre une trentaine de pôles de taille très variable, plus ou moins spécialisés.

Sommaire

Publication

Introduction

L'Ile-de-France comprend 5,4 millions d’emplois salariés en 2010, dont 2,2 millions sont concentrés dans 39 pôles de plus de 10 000 emplois
(Sources et définitions). Selon leur taille et leur poids économique, ces pôles jouent un rôle plus ou moins important dans l’économie régionale. Observés à l’échelle nationale, une dizaine de ces pôles, tous situés dans le centre de l’agglomération, peuvent être regroupés pour ne former qu’un pôle unique, dénommé pôle de Paris à ce niveau d'analyse. Couvrant la majeure partie de Paris et six communes limitrophes des Hauts-de-Seine, il constitue alors, avec 1,8 million d’emplois salariés, le pôle d’emploi le plus important de France.

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Le pôle d’emploi de Paris, un géant au plan national

En province, les pôles d’emploi sont de taille nettement plus modeste
(Carte 1). Avec 250 000 emplois, Lyon arrive en deuxième position, devant Marseille, Lille et Toulouse. Les pôles de Lille et Marseille sont les moins denses.

 

Carte 1 - Au niveau national, Paris est de loin le principal pôle d'emploi

Carte 1 - Au niveau national, Paris est de loin le principal pôle d'emploi

Source : Insee, Clap 2010

 

En termes de taille, il serait plus pertinent de comparer le pôle de Paris avec certaines métropoles mondiales, comme Tokyo, New York et Londres. C’est en effet dans le centre de l’agglomération parisienne, et en particulier à Paris et à La Défense, que se sont installés la plupart des sièges sociaux des plus grandes entreprises françaises de rang mondial ou les sièges français des plus grandes multinationales étrangères. Par ailleurs, outre l’emploi public local et régional présent à Paris comme dans les grandes agglomérations de province, la capitale rassemble un nombre important d’emplois des ministères et des ambassades.

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39 pôles d’emploi dans l’agglomération parisienne

A l'échelle de la région, les 39 pôles de plus de 10 000 emplois concentrent 43 % de l’emploi sur seulement 1 % de la superficie du territoire francilien. Six pôles d’emploi sont situés à Paris (950 500 emplois), dix-neuf en petite couronne (965 100 emplois) et quatorze en grande couronne (437 800 emplois)(Carte 2).

 

Carte 2 - Forte densité d'emploi dans les pôles de La Défense, Nanterre, Saint-Denis et Roissy

Carte 2 - Forte densité d'emploi dans les pôles de La Défense, Nanterre, Saint-Denis et Roissy

Source : Insee, Clap 2010

 

Le quartier central des affaires (QCA), situé dans l’ouest parisien (2e, 8e, 9e, 16e et 17e arrondissements), et La Défense sont les deux centres d’affaires majeurs de l’agglomération. Ces pôles concentrent une majorité d’emplois tertiaires qualifiés dont un sur deux est un emploi de cadre.

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QCA et La Défense : deux quartiers de bureaux et d’affaires internationaux

Le QCA est, de loin, le pôle d’emploi français et régional le plus important
(Tableau). Avec près de 500 000 emplois salariés, il représente à lui seul près de 30 % des emplois salariés de Paris et près de 10 % des emplois salariés franciliens. La finance et l’assurance, ainsi que les activités de support et de conseil, sont des secteurs bien représentés (respectivement 16 % et 15 % des emplois du pôle). Ce quartier, vitrine de Paris, comporte également de nombreux commerces (grands magasins), hôtels, palaces et restaurants. Par ailleurs, l’administration y est également implantée (ministères, Cour des Comptes). Ce pôle mixte en termes d’activité compte 39 % de cadres et 34 % d’employés.

 

Tableau - L'administration et les activités financières et d'assurance sont les secteurs d'activité les plus présents dans les grands pôles franciliens

 

Le quartier de La Défense est le pôle francilien le plus important hors de Paris (144 600 emplois). Au fil des années, il est devenu l’extension du QCA vers l’ouest, mais sa composition sectorielle est différente : beaucoup de sièges sociaux localisés à Paris ont décidé de s’installer à La Défense au cours des années 1990. Le secteur finance-assurance y est dominant : il représente plus d’un emploi du pôle sur quatre (28 % soit 39 800 emplois). Les activités de support et de conseil arrivent en deuxième position (16 % des emplois du pôle) devant l’informatique et les services d’information puis l’industrie. Le pôle d’emploi de La Défense concentre une majorité d’emplois de cadres (57 %).

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Trois pôles d’emploi hors de Paris, mais dans le prolongement du QCA

Les pôles de Neuilly-sur-Seine et de Levallois-Perret d’une part, et le pôle regroupant Boulogne, Issy-les-Moulineaux et le sud du 15e arrondissement d’autre part, sont dans le prolongement du QCA et de la Défense. Les activités de bureaux et de support dominent dans les deux premiers pôles (au moins 60 % des emplois) et la part des cadres y est prépondérante (48 %).

Enfin, le troisième est très spécialisé dans les domaines de l’audiovisuel et la communication. Il accueille aussi une forte proportion d’emplois de service informatique.

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Cinq pôles parisiens hors QCA plutôt spécialisés

Les cinq pôles d’emploi parisiens hors QCA rassemblent, cumulés, à peu près le même nombre d’emplois que le QCA (467 000 emplois soit 9 % des emplois franciliens). Chacun d’entre eux est relativement spécialisé.

Le pôle Paris 4e, 10e, 11e concentre plus de 220 000 emplois, relevant pour un quart de l’administration (Hôtel de Ville, Assistance publique-hôpitaux de Paris, sites santé de l'Université Paris Diderot, Cnam). Le commerce et l’hôtellerie-restauration sont également des activités très présentes. Une majorité des emplois de ce pôle sont exercés par des employés (41 %) pour seulement un quart d’emplois de cadres.

La moitié des 108 000 emplois du pôle Paris 5e, 6e, 7e relève des pouvoirs publics et de l’administration (Sénat, Assemblée nationale, hôtel Matignon, ministères, ambassades, Conseil régional, universités...).

Trois autres pôles d’emploi d’envergure plus modeste ont été identifiés à Paris : le pôle Paris 13e (58 300 emplois) comportant également une part élevée d’emploi public (23 % : Direction régionale de la Jeunesse, des sports et de la cohésion sociale, CAF, Urssaf, Université Paris Diderot...), et ceux de Paris Montparnasse et Paris Gare de Lyon-Bercy (38 000 et 36 000 emplois) qui ont en commun les activités de transport ferroviaire ainsi que la finance et les assurances.

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Les pôles administratifs de petite et grande couronnes

En dehors de Paris, les sept chefs-lieux des départements franciliens (Bobigny, Créteil, Nanterre, Versailles, Evry, Cergy, Melun) et un chef-lieu d’arrondissement (Saint-Germain-en-Laye) constituent des pôles d’emploi administratif. Ils comprennent de gros employeurs tels que la préfecture (ou sous-préfecture) et les services déconcentrés de l’Etat dans le département, des services de l’Education nationale et les collectivités locales. La part de l’emploi public y est logiquement très élevée, de 39 % à Cergy à 69 % à Melun.

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Quatre pôles de petite et grande couronnes ont une seule activité dominante

L’industrie reste l’activité dominante des pôles d’emploi de Poissy et de Plaisir-Elancourt, avec respectivement 70 % et 58 % d’emplois industriels. Ces pôles sont petits à l’échelle francilienne avec un peu plus de 12 000 emplois chacun.

Le pôle de Chessy, concentré autour du parc Disneyland Paris, est spécialisé dans le secteur « Arts, spectacles, activités récréatives » (90 % des emplois).

Le pôle de Roissy (81 900 emplois), autour de l’aéroport Charles-de-Gaulle, est spécialisé dans le transport aérien, qui concentre plus de deux tiers des emplois du pôle.

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Trois autres pôles de la périphérie parisienne ont deux activités dominantes

Dans le pôle de Rungis-Chevilly-Larue-Orly, deux infrastructures d’importance nationale, l’aéroport d’Orly et le MIN de Rungis, constituent les deux piliers de l’activité. En conséquence, le transport aérien y représente 28 % des emplois et le commerce de gros 30 %.

La zone Les Ulis-Villebon-sur-Yvette, qui correspond essentiellement au parc d’activités de Courtaboeuf, est dominée par le commerce (34 % des emplois) et l’industrie (22 %).

A Villepinte, les emplois se partagent entre les activités commerciales et les services support.

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Les pôles généralistes de petite et grande couronnes

Une quinzaine de pôles de petite et grande couronnes sont plutôt généralistes. C’est le cas du pôle Fontenay-Malakoff-Arcueil-Cachan (93 000 emplois) et de l’ex-ville nouvelle de Saint-Quentin-en-Yvelines (55 000 emplois).

Les autres pôles sont d’importance plus modeste (entre 15 000 et 46 000 emplois). Bien qu’assez diversifiés, cinq pôles concentrent une certaine proportion d’emplois dans l’industrie : Vélizy-Meudon-Le Plessis-Robinson, Argenteuil-Bezons-Colombes, Nanterre-Ouest-Rueil, Massy-Palaiseau et Saint-Ouen-l’Aumône. Les activités financières et d’assurances sont plus présentes à Charenton et Saint-Denis. Les emplois publics sont assez présents dans lespôles de Suresnes, de Noisy-le-Grand et à Vincennes-Montreuil-Bagnolet.

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