Auteur : Danielle Jabot, Service Statistique
Avec près de 68,1 millions de
nuits passées dans les hôtels
franciliens en 2011, la fréquentation
hôtelière en Ile-de-France a dépassé
son niveau d’avant crise, notamment
son record de 2007 (67,3 millions de nuitées) (
Graphique 1). La hausse s’est faite au même
rythme que pour l’ensemble de la France
métropolitaine aussi bien au niveau du
nombre de clients accueillis (les arrivées)
avec respectivement + 3,0 % en Ile-de-France contre + 3,3 % en France métropolitaine,
qu’au niveau des nuitées (respectivement
+ 3,4 % et + 3,2 %).
Graphique 1 - Le nombre de nuitées progresse fortement en Ile-de-France en 2011
Source : Insee, DGCIS-Comité régional du tourisme, enquête de fréquentation hôtelière
La fréquentation hôtelière a été supérieure à celle de 2010 tous les mois de l’année, à l’exception du mois de mai où elle a légèrement diminué. Elle a été particulièrement soutenue en juin et juillet 2011. En juin le nombre de nuitées a augmenté de 3,5 % par rapport à 2010 et de 4,2 % par rapport à 2007. Le calendrier a notamment contribué à soutenir le tourisme de loisirs (l’Ascension et la Pentecôte ont été fêtées en juin cette année). Malgré une météo peu propice en juillet 2011, le nombre de nuitées de juillet a progressé de 5,8 % par rapport à 2010 et de 6,5 % par rapport à 2007.
En Ile-de-France, la clientèle internationale a été le principal moteur de la fréquentation hôtelière en 2011, aussi bien en termes d’arrivées (+ 4,6 % pour la clientèle internationale et + 2 % pour la clientèle française) que de nuitées (respectivement + 3,8 % et + 3,1 %), contrairement à 2010 où c’était la clientèle française qui avait le plus progressé. Le phénomène inverse est observé en France métropolitaine en 2011 : les arrivées françaises ont augmenté plus rapidement que les arrivées internationales (respectivement + 3,7 % et + 2,6 %). Il en est de même pour les nuitées françaises qui ont augmenté de 3,6 % en France métropolitaine tandis que les nuitées internationales ont progressé de 2,5 %.
En Ile-de-France, la fréquentation hôtelière
de la clientèle européenne, qui représente
près des deux tiers de la fréquentation
touristique internationale,
n’a progressé que de 1,5 % en 2011 (
Tableau 1). Cette quasi-stabilité masque de fortes disparités,
reflétant l’hétérogénéité des situations
économiques des pays de la zone
euro. Ainsi les Italiens et les Espagnols
sont venus moins nombreux (respectivement
- 6,2 % et - 2,5 %). En revanche, la
fréquentation des clientèles russes, scandinaves
et suisses a fortement augmenté
(respectivement + 20,7 %, + 13,4 % et
+ 8,8 %).
Tableau 1 - Hausse de la clientèle européenne en Ile-de-France en 2011
Alors que la clientèle européenne n’a
que légèrement progressé durant l’année
2011, les nuitées des clients en provenance
d’Asie-Océanie ou d’Amérique
ont fortement augmenté (respectivement
+ 8,1 % et + 7,5 %). En particulier, celles
des clientèles chinoises, australiennes et
celles des clients résidant en Amérique
Centrale et du Sud ont été en forte
progression (respectivement + 20,2 %,
+ 18,9 % et + 15,0 %). En revanche, la
clientèle japonaise a été en retrait
(- 4,4 %), l’économie nippone ayant
été fortement impactée par le séisme de
Fukushima.
L’activité hôtelière à Paris a suivi la
même évolution que l’ensemble de
l’Ile-de-France (
Tableau 2).
Les nuitées ont augmenté
(+ 3,1 %), aussi bien pour les touristes
français (+ 2,3 %) que pour les
étrangers (+ 3,5 %). Comme pour la région
capitale, ce sont les clientèles
« long courrier » qui ont enregistré les
plus fortes augmentations : + 17,1 % pour
les clientèles en provenance d’Amérique
Centrale et du Sud et + 8,4 % pour celles
du Proche et Moyen Orient. La fréquentation
des hôtels 4-5 étoiles est en nette
hausse (+ 17 %). Ces établissements
haut de gamme accueillent désormais
près d’un tiers des nuits passées dans les
hôtels parisiens.
Tableau 2 - La fréquentation des hôtels haut de gamme en hausse à Paris
Le taux d’occupation moyen des hôtels
franciliens, toutes catégories confondues,
s’est établi à 74,9 %, soit une augmentation
de 1,7 point par rapport à
l’année précédente. Malgré un nombre
de nuitées plus élevé, le taux d’occupation
est inférieur de 0,2 point à celui de
2007, en raison d’une augmentation du
nombre moyen de personnes par
chambre. Au premier semestre, les taux
d’occupation mensuels ont été systématiquement
en hausse par rapport aux mêmes
mois de l’année précédente (
Graphique 2). La
hausse atteint même 5,2 points en mars
2011. La progression s’est toutefois atténuée
en fin d’année, les taux d’occupation
en septembre et octobre ayant
légèrement reculé par rapport à l’an passé
(- 0,7 point).
Graphique 2 - Des taux d'occupation en hausse en Ile-de-France par rapport à 2010
Source : Insee, DGCIS-Comité régional du tourisme, enquête de fréquentation hôtelière
La hausse globale du taux d’occupation
a particulièrement profité aux hôtels de
une et trois étoiles (+ 2,8 points) (
Tableau 3).
Tous les départements franciliens ont bénéficié
de la hausse du taux d’occupation
sauf le Val-d’Oise où il a été en légère baisse (- 0,6 point). C’est à Paris
que la hausse a été la plus forte, avec un
taux d’occupation de 79,6 %, soit une
augmentation de 2,4 points. Les taux
d’occupation ont également nettement
progressé en Essonne (+ 2,2 points) et
en Seine-et-Marne (+ 2,1 points).
Tableau 3 - Forte progression de la fréquentation dans l'hôtellerie francilienne haut de gamme
Avec 32,7 millions de touristes ayant séjourné dans un hôtel en 2011, dont 42 % d’étrangers, l’Ile-de-France reste la première région touristique française loin devant les régions Provence-Alpes-Côte d’Azur et Rhône-Alpes (respectivement 10,4 millions et 9,9 millions de touristes).
En Ile-de-France comme pour l’ensemble de la France, l’offre en chambres d’hôtels de moins de trois étoiles a diminué tandis que celle des établissements d’au moins trois étoiles a progressé. La réforme du classement hôtelier (loi du 22 juillet 2009) a accéléré et amplifié cette montée en gamme de l’offre hôtelière qui répond à la demande de la clientèle. Ainsi, la progression des nuitées internationales a été particulièrement soutenue dans les hôtels hauts de gamme (4 étoiles ou plus).
