Auteur : Sylvaine Drieux, Insee Ile-de-France
De 2008 à 2020, le nombre d’emplois liés à la dépendance des personnes âgées devrait
progresser de 31 % en Ile-de-France. Cette évolution est due à l’augmentation du nombre
de personnes âgées dépendantes qui seraient accompagnées à leur domicile.
En conséquence, ce sont les emplois d’aide à la vie quotidienne qui devraient progresser
fortement. En institution, il s’agirait d’emplois davantage tournés vers les soins médicaux.
Plus de la moitié des emplois seraient créés en grande couronne.
Entre 2008 et 2020, 44 100 Franciliens
supplémentaires de 60
ans ou plus pourraient être confrontés
à une perte d’autonomie, dont
37 500 vivraient à domicile et 6 600 en
institution (
Méthodologie et définitions).
D’ici 2020, le vieillissement de la population
francilienne pourrait nécessiter la
création de 23 100 emplois en équivalent
temps plein liés à la dépendance si le
taux de recours aux aidants professionnels
restait stable dans le temps (
Tableau 1). Cela
représenterait une progression de 31 %
de ces emplois (
Champ de l'étude).
Tableau 1 - 35 % des nouveaux emplois liés à la dépendance seraient des postes de personnels soignants
Sur les 23 100 emplois liés à la dépendance des personnes âgées créés d’ici 2020, 13 200 seraient des emplois de personnels accompagnant les personnes âgées dépendantes pour les actes de la vie courante. Il s’agit essentiellement d’aides ménagères, d’aides à domicile qui facilitent la vie des personnes âgées même faiblement dépendantes pour les actes de la vie quotidienne (toilette, courses, ménage...). En 2008, les emplois d’aide à la vie quotidienne représentent 48 % des emplois induits par la dépendance des personnes âgées ; en 2020, cette part passerait à 50,3 %.
Plus du tiers des nouveaux emplois seraient des emplois de personnels soignants. Les infirmières composeraient l’essentiel de ces nouveaux personnels soignants, surtout à domicile (60 % des nouveaux emplois des personnels soignants).
Les autres emplois seraient occupés par des personnels administratifs, d’encadrement ou des services généraux (vie quotidienne en institution : entretien, cuisine...).
En Ile-de-France, le nombre d’emplois
liés à la dépendance créés pour aider les
personnes âgées à domicile augmenterait
de 50 % contre 10 % seulement en institution d’ici 2020 (
Projection de population potentiellement dépendante en 2020).
Sous l’hypothèse que les Franciliens restent
autonomes à un âge de plus en plus
élevé, la part des personnes âgées dépendantes
restant à leur domicile progresserait
de 6,5 points d’ici 2020.
L’accompagnement à domicile de ces
personnes âgées dépendantes nécessiterait
une augmentation importante du
nombre d’emplois ; d’ici 2020, 86 % des
nouveaux emplois liés à la dépendance,
seraient des emplois à domicile et 14 %
des emplois en institution (
Tableau 2).
Tableau 2 - Les personnels d'aide à la vie quotidienne représenteraient 57 % des emplois créés d'ici 2020
Les personnels soignants représenteraient 34 % des emplois créés à domicile et 41 % des emplois créés en institution d’ici 2020. La part déjà importante des personnels soignants dans l’ensemble des établissements et le faible accroissement de la population dépendante en institution à l’horizon 2020 expliquerait l’augmentation limitée des emplois de cette catégorie dans les établissements spécialisés. A domicile, la présence de psychomotriciens, de psychologues, d’éducateurs spécialisés et d’assistantes sociales permettrait d’accompagner le travail des personnels soignants en aidant les personnes âgées dépendantes à rester le plus longtemps possible dans leur environnement habituel.
Les professionnels ne sont pas les seuls à
accompagner les personnes âgées dépendantes
à domicile. Selon l’étude
Pixel, les aidants familiaux de
personnes atteintes de la maladie
d’Alzheimer peuvent être répartis en
deux groupes principaux : les conjoints
(51 %) âgés en moyenne de 71 ans et les
enfants (45 %) âgés en moyenne de 52
ans, dont le parent a, en moyenne, 82
ans. Toutefois, les aidants familiaux potentiels,
notamment les conjoints, vieilliraient
d’ici 2020. Ils seraient alors
susceptibles d’être eux-mêmes dépendants
et donc moins disponibles pour
leurs proches entrant dans une phase de
dépendance lourde (
Former et valoriser les aidants professionnels).
De plus, certains phénomènes sociologiques viennent fragiliser les aidants familiaux. Les familles recomposées, la baisse du nombre d’enfants, l’augmentation des divorces après 60 ans, le développement du travail féminin, ou encore la plus grande mobilité géographique des jeunes sont autant de facteurs générationnels qui réduisent considérablement la disponibilité des aidants familiaux pour leurs proches en perte d’autonomie. Le nombre d’aidants informels augmenterait de façon moins importante que les personnes à aider.
Le recours à des personnels qualifiés pour
la dépendance à domicile serait alors
soumis à une forte croissance (
Le Programme interdépartemental d’accompagnement des handicaps et de la perte d’autonomie (PRIAC) en Ile-de-France).
Les emplois liés à la dépendance des personnes
âgées progresseraient de 39 % en
grande couronne contre 31 % en petite
couronne et 13 % à Paris (
Carte 1). Ceci s’explique
par l’augmentation plus forte du
nombre de personnes âgées dépendantes
en grande couronne. Ainsi, 54 % des
emplois y seraient créés
(
Tableau 3).
Carte - 31 % d'emplois supplémentaires induits par la dépendance des personnes âgées d'ici 2020
Source : Insee ; Enquête Handicaps-Santé 2008-2009 ; Projection Omphale 2010
Tableau 3 - Plus de la moitié des emplois créés d'ici 2020 seraient situés en grande couronne
En 2020, 46 % des emplois liés à la dépendance des personnes âgées seraient situés en grande couronne contre 43 % en 2008. La part de la petite couronne resterait stable avec 37 % des emplois liés à la dépendance des personnes âgées dépendantes tandis que celle de Paris diminuerait de 3 points passant de 20 % à 17 %.
Ce sont principalement les emplois à domicile
qui augmenteraient (
Graphique). En Seine-et-Marne, la croissance des emplois à
domicile serait de 87 %, soit 10 à 15
points au dessus de l’évolution des emplois
dans les autres départements de
grande couronne. A l’inverse, les emplois
en institution dans ce département
ne progresseraient que de 6 %, soit moitié
moins que dans les trois autres départements
de grande couronne.
Graphique - Les emplois à domicile progresseraient fortement en grande couronne
Source : Insee ; Enquête Handicaps-Santé 2008-2009 ; Projection Omphale 2010
Dans les Hauts-de-Seine, les emplois à domicile progresseraient plus rapidement que dans les autres départements de petite couronne (58 % contre 50 %). En Seine-Saint-Denis, ce sont les emplois en institution qui augmenteraient deux fois plus vite (14 % contre 7 %).
