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Zonage en aires urbaines 2010 : le centre se densifie, le périurbain s'étend

Auteur : Jessica Labrador, Insee Ile-de-France

Résumé

Selon le nouveau zonage en aires urbaines, fondé sur les résultats du recensement de la population de 2008, l’Ile-de-France compte seulement l’aire urbaine de Paris et l’aire de Provins. Celle de Paris recouvre la quasi-totalité de la région et déborde des limites régionales. Du fait du ralentissement de l’étalement urbain, le périmètre du pôle évolue peu depuis 1999, cependant sa densité augmente. Le desserrement de la population dans la couronne périurbaine résulte des départs d’actifs travaillant dans le pôle vers des territoires de plus en plus éloignés de celui-ci.

Sommaire

Publication

Introduction

Le zonage en aires urbaines permet de distinguer des pôles, dans lesquels se concentrent l’habitat et l’emploi, et les communes sous influence de ces pôles au regard des déplacements domicile-travail ( Le zonage en aires urbaines 2010). Un pôle urbain et sa couronne périurbaine constituent une aire urbaine.

Deux aires sont présentes au sein du territoire francilien, l’une très vaste, celle de Paris, l’autre moyenne, celle de Provins en Seine-et-Marne.

L’aire urbaine de Paris couvre la majorité du territoire de la région (98,8 % des communes d’Ile de France) et s’étend sur 7 des 8 départements limitrophes (hors Aube) (Carte 1).

 

Carte 1 - L'aire urbaine de Paris s'étend au-delà de l'Ile-de-France

Carte 1  - L'aire urbaine de Paris s'étend au-delà de l'Ile-de-France

Source : Insee, recensement de la population 2008

 

En 2008, 12 089 000 personnes résident dans l’aire urbaine de Paris, dont 10 355 000 dans le pôle et 1 734 000 dans la couronne. L’aire urbaine de Paris regroupe 99,8 % de la population d’Ile-de- France. Elle concentre 23,6 % de la population française vivant dans une grande aire urbaine sur seulement 6,9 % de la surface totale de ces aires. Elle reste de loin la plus grande aire urbaine de France devant Lyon (2 118 000 habitants), Marseille (1 715 000 habitants), Toulouse (1 203 000 habitants), Lille (1 150 000 habitants), Bordeaux (1 105 000 habitants) et Nice (1 005 000 habitants).

La population et les emplois de l’aire urbaine de Paris se concentrent dans le pôle. Il accueille 91 % des emplois et 86 % de la population sur seulement 17 % de la superficie totale de l’aire urbaine. Sa densité (3 640 habitants/km2) est quatre fois supérieure à la moyenne des grands pôles urbains de métropole. Avec 121 habitants/km2, la couronne périurbaine de Paris est parmi les plus denses. Globalement, l’aire urbaine de Paris est donc plus densément peuplée que les autres grandes aires françaises (704 habitants/km2 contre 198 habitants/km2).

L’aire de Provins est de taille moyenne et est constituée de 5 communes d’Ile-de-France comptant 14 200 habitants, soit 0,5 % de la population francilienne.

En Ile-de-France, dix communes n’appartiennent à aucune aire urbaine. Ces communes sont dites « multipolarisées » car elles sont sous l’influence de plusieurs aires et accueillent 5 300 habitants.

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Entre 1999 et 2008 : densification du pôle et extension de la couronne

 

Entre 1999 et 2008, l’aire urbaine de Paris a gagné 949 300 habitants, dont 710 200 dans le pôle et 239 100 dans la couronne (Tableau 1). Cette évolution est la combinaison de l’augmentation de la population du territoire à périmètre constant (densification) et de l’apport d’habitants dû au rattachement de communes à l’aire urbaine (extension).

 

Tableau 1 - La population de l'aire urbaine de Paris augmente de 8,5 % entre 1999 et 2008

 

Dans l’aire urbaine de Paris, la densification concourt pour 77 % à la variation totale de la population de l’aire. Elle est cinq fois plus élevée dans le pôle que dans la couronne : sur 1 000 habitants supplémentaires dans l’aire, la densification du pôle en apporte à elle seule 649, contre 123 pour la couronne (Tableau 2).

 

Tableau 2 - La densification du pôle explique 649 habitants supplémentaires sur 1 000 dans l'ensemble de l'aire urbaine de Paris

 

Ceci est la conséquence du ralentissement de l’étalement urbain. En effet, entre 1999 et 2010, le pôle urbain de Paris n’a gagné qu’une vingtaine de communes, dont les plus importantes sont Goussainville (95),Ozoir-la-Ferrière, Moissy-Cramayel, Lieusaint (77) et Aubergenville (78). Sa superficie a progressé de 4,5 % alors que la population a augmenté de 7,4 %. Sa densité est ainsi passée de 3 542 habitants/km2 à 3 640 habitants/km2. Au sein du pôle, la densification est plus importante à Paris et dans les communes de la proche banlieue, car la croissance de la population y a été forte au cours de ces dernières années. Elle décroît lorsque l’on s’éloigne du centre (Carte 2).

 

Carte 2 - La densification s'intensifie au centre de l'agglomération de Paris

Carte 2  - La densification s'intensifie au centre de l'agglomération de Paris

Source : Insee, recensements de la population 1999 et 2008

 

La couronne périurbaine se caractérise plutôt par le desserrement de la population, sa densité ayant diminué (121 habitants/km2 en 2008 contre 131 habitants/km2 en 1999). L’augmentation de population se partage de manière à peu près égale entre la densification à périmètre constant (123 pour 1 000) et l’extension (128 pour 1 000).

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La couronne périurbaine déborde de plus en plus de l’Ile-de-France

En 2008, l’aire urbaine de Paris est composée de 1 798 communes, contre 1 532 en 1999. Elle s’étend sur 17 175 km2, soit 3 000 km2 de plus qu’en 1999.

En Ile-de-France, cette extension ne concerne que la Seine-et-Marne car les autres départements faisaient déjà partie intégralement de l’aire urbaine. Ce sont ainsi 89 nouvelles communes franciliennes, où vivent 101 100 habitants, qui ont rejoint la couronne périurbaine de Paris. Parmi ces communes, 8 appartenaient à deux petites aires urbaines issues du découpage de 1999 : Montereau-Fault-Yonne (26 500 habitants en 1999) et Nemours (19 000 habitants en 1999) (Carte 2).

 

Carte 3 - L'aire urbaine de Paris s'étend principalement vers le Nord-est et le Sud-est

Carte 3  - L'aire urbaine de Paris s'étend principalement vers le Nord-est et le Sud-est

Source : Insee, recensements de la population 1999 et 2008

 

En dehors de la région, la couronne périurbaine déborde désormais dans le Sud et le Sud-Est sur les départements du Loiret et de l’Yonne. Dans le Loiret, 43 communes (soit 28 200 habitants) ont rejoint les 11 qui se trouvaient déjà dans la couronne périurbaine en 1999. Dans l’Yonne, 15 communes (soit 15 700 habitants) ont été rattachées à l’aire urbaine de Paris.

La couronne s’étend également au Nord-Est dans les départements de l’Oise et de l’Aisne. Dans le premier, 28 nouvelles communes situées au nord de Crépy-en-Valois sont concernées. Elles représentent 32 400 habitants supplémentaires. Dans le second, l’extension comprend 48 communes autour de Villers-Cotterêts, ce qui porte à 66 le nombre total de communes incluses dans l’aire de Paris. La population correspondante passe de 8 100 habitants à 32 800 habitants.

Enfin, au Nord-Ouest, 32 communes de l’Eure viennent s’ajouter aux 57 communes déjà présentes dans l’aire urbaine de Paris en 1999.

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Les migrations résidentielles expliquent en partie l’extension de l’aire urbaine

Le territoire formant l’extension de l’aire urbaine de Paris, c’est-à-dire la portion de l’aire urbaine de 2010 qui n’en faisait pas partie en 1999, a connu depuis 40 ans une croissance démographique modérée. En effet, l’accroissement a été limité à 0,8 % par an en moyenne depuis 1968 et 0,5 %au cours de la période 1999-2008. L’extension de l’aire urbaine de Paris est un territoire à dominante résidentielle, qui n’offre en 2008 que 71 000 emplois aux 105 200 actifs résidents.

24,2 % des habitants de ce territoire ont emménagé depuis moins de 5 ans. La mobilité résidentielle est ainsi à peine plus élevée que dans le reste de l’aire urbaine (22,4 %) mais ces migrants récents ont un profil particulier en termes de déplacements domicile-travail.

En effet, pour les communes qui ont accueilli ces migrants, les flux d’actifs vers le centre de l’agglomération ou les pôles d’emploi de sa couronne se sont accrus. La part de leurs actifs travaillant dans l’aire urbaine franchit désormais le seuil de 40 %, ce qui entraîne l’intégration de ces communes dans la couronne périurbaine et donc l’extension de cette dernière. Pour une forte proportion d’entre eux, ces ménages se sont installés en dehors de l’ancienne aire urbaine, souvent en s’éloignant de leur lieu de travail. 55 % d’entre eux travaillent dans l’aire urbaine de Paris au sens de 1999, contre 42 % des actifs non-migrants (Tableau 3). Ils sont venus chercher un lieu de vie moins urbain et moins cher ou accéder à la propriété. En effet, plus de la moitié des ménages migrants sont propriétaires. C’est moins que les ménages non-migrants (72 %), mais plus que les ménages qui résident dans le périmètre de l’aire urbaine de 1999 (48 %). Ils sont également 70 % à habiter dans une maison individuelle.

 

Tableau 3 - Les ménages migrants dans l'extension de l'aire urbaine de Paris : plus jeunes et actifs que les non-migrants

 

Ces ménages sont plutôt jeunes, un sur deux a moins de 40 ans, et sont constitués pour 40 % d’entre eux de familles avec enfants. A l’inverse, les ménages non-migrants sont nettement plus âgés (84 % ont plus de 40 ans) et les personnes seules et les couples sans enfant y sont largement majoritaires.

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