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L'emploi, moteur des arrivées en Ile-de-France pour les 30-59 ans

Auteur : Nathalie Augustine, Insee Ile-de-France

Résumé

Les 30-59 ans quittent plus souvent l’Ile-de-France qu’ils ne s’y installent. IIs s’en vont vers les régions voisines pour devenir propriétaire, fonder un foyer ou vers les autres régions pour changer d’environnement ou retourner dans leur région d’origine. Les arrivants, souvent des cadres ayant un emploi, viennent pour des raisons professionnelles.

Sommaire

Publication

Introduction

L'’Ile-de-France est globalement déficitaire dans ses échanges migratoires avec la province. Elle reste, toutefois, une étape dans les parcours résidentiels. Les jeunes viennent finir leurs études dans la région et commencer leur vie professionnelle et familiale. Les familles avec enfants ou les retraités ont tendance à la quitter. La région capitale est ainsi excédentaire dans ses échanges avec la province pour les 18-29 ans puis déficitaire pour les personnes d’âge actif et celles âgées de 60 ans ou plus.

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Le creusement du déficit migratoire francilien dû en partie à celui des 30-59 ans

Entre 2001 et 2006, 33 000 provinciaux de 30 à 59 ans se sont installés en Ile-de- France en moyenne chaque année et 86 000 Franciliens ont fait le chemin inverse. La région capitale perd ainsi 53 000 personnes de 30-59 ans par an, en moyenne, entre 2001 et 2006.

Ce déficit se renforce par rapport à la période précédente. Cela explique donc, en grande partie, le creusement du déficit migratoire francilien dans son ensemble au cours de la période récente, d’autant plus que ces partants d’âge actif sont souvent accompagnés d’enfants. Cette augmentation du déficit profite principalement aux régions de l’ouest de la France (FigureGraphique 1). L’ouest de la France devient ainsi la zone la plus excédentaire dans ses échanges avec l’Ile-de-France pour les 30-59 ans, devant les régions limitrophes. En particulier, les départs nets de l’Ile-de-France sont les plus importants en direction de l’Aquitaine, des Pays de la Loire et de la Bretagne (FigureGraphique 2).

 

Graphique 1 - Le creusement du déficit migratoire francilien pour les 30-59 ans se fait essentiellement avec l'ouest et le sud de la France

Graphique 1 - Le creusement du déficit migratoire francilien pour les 30-59 ans se fait essentiellement avec l'ouest et le sud de la France

Source : Insee, recensements de la population 1999 et 2006, exploitations complémentaires

 

Graphique 2 - Le déficit du solde migratoire francilien des 30-59 ans se renforce particulièrement avec la Bretagne, les Pays de la Loire et Provence-Alpes-Côte d'Azur

Graphique 2 - Le déficit du solde migratoire francilien des 30-59 ans se renforce particulièrement avec la Bretagne, les Pays de la Loire et Provence-Alpes-Côte d'Azur

Source : Insee, recensements de la population 1999 et 2006, exploitations complémentaires

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Les 30-59 ans entrants : plus souvent cadres ou actifs occupés que les sortants

L’Ile-de-France est déficitaire dans ses échanges avec la province pour les 30-59 ans, et ce, qu’ils soient actifs occupés, quelle que soit leur catégorie socioprofessionnelle, inoccupés ou chômeurs. En particulier, si l’Ile-de-France attire davantage de cadres qu’elle n’en voit partir, ce n’est pas le cas pour cette classe d’âge. Ainsi, 11 300 cadres âgés de 30 à 59 ans sont venus s’installer en moyenne chaque année en Ile-de- France entre 2001 et 2006, tandis que 19 300 en sont partis. Par rapport à la période 1990-1999, ce déficit migratoire s’est creusé.

Toutefois, en proportion, les entrants de 30-59 ans sont plus souvent cadres que les sortants (34 % contre 23 %). Ainsi, les migrations des 30-59 ans avec le reste de l’Hexagone accroissent la part des Franciliens cadres ou de professions intellectuelles supérieures de cette classe d’âge. En 2006, 24 % des Franciliens âgés de 30 à 59 ans sont cadres, soit une augmentation de 3,7 points par rapport à 1999, dont 0,6 point dû aux migrations avec la province (Les migrations augmentent légèrement la part de cadres, actifs occupés et diplômés du supérieur en Ile-de-France)

En 2006, les 30-59 ans récemment installés en Ile-de-France sont plus souvent des actifs en emploi que les sortants (82 % contre 70 % ).

Les migrations des personnes de 30 à 59 ans entre l’Ile-de-France et le reste de l’Hexagone contribuent également à augmenter le niveau de qualification des Franciliens. En 2006, 40 % des entrants contre seulement 26 % des sortants sont diplômés du 2e ou 3e cycle universitaire.

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La majorité des ménages entrants vient pour des raisons professionnelles

En moyenne, chaque année, 21 600 ménages dont la personne de référence est âgée de 30 à 59 ans ont rejoint l’Ile-de-France entre 2001 et 2006 et 49 400 en sont partis. Les trois quarts de ces ménages venant s’installer en Ile-de- France comprennent uniquement des actifs en emploi : 43 % sont des personnes seules en emploi et 34 % des couples où les deux conjoints travaillent (FigureTableau 1). Cette part est supérieure de 14 points à celle des actifs en emploi parmi les ménages sortants. A l’inverse, les ménages ne comportant aucun actif occupé sont deux fois plus représentés parmi les sortants.

 

Tableau 1 - 8 % seulement des ménages de 30-59 ans entrants en Ile-de-France ne comprennent aucun actif occupé

 

Interrogés sur le motif principal de leur dernier déménagement, les deux tiers des ménages qui s’installent en Ile-de- France en provenance d’une autre région de l’Hexagone déclarent venir pour des raisons professionnelles (Sources et définitions). Ainsi, en 2006, parmi les ménages franciliens de 30-59 ans qui vivaient en province en 2002, 44 % ont effectué leur dernier déménagement pour changer d’emploi ou pour cause de mutation et 17 % pour se rapprocher de leur lieu de travail.

Souvent cadres ou actifs occupés, les ménages de 30-59 ans qui s’installent en Ile-de-France le font donc surtout à Paris (28 %), dans les Hauts-de-Seine (16 %) ou les Yvelines (13 %) où se concentrent l’emploi et les cadres.

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Les ménages sortants : davantage de couples avec enfant(s) et de propriétaires

Les 30-59 ans entrants en Ile-de-France sont plus souvent des personnes seules (37 % des ménages entrants sont dans cette situation) alors que les sortants sont plutôt des couples avec enfant(s) (dans 45 % des cas) (FigureTableau 2). Paris attire en particulier des personnes seules qui s’installent dans le parc locatif de petite taille. Dans les Yvelines, au contraire, 48 % des ménages de 30-59 ans qui s’installent sont des couples avec enfant(s) (FigureTableau 3).

 

Tableau 2 - Des entrants vivant souvent seuls dans le parc locatif et des sortants propriétaires vivant en couple avec enfant(s)

 

Tableau 3 - En 2006, 51 % des ménages de 30-59 ans qui s'installent à Paris sont des personnes seules

 

Par ailleurs, seuls 27 % des ménages entrants sont propriétaires alors que c’est le cas de 48 % des ménages sortants. Cette différence peut traduire des tensions sur le marché immobilier francilien mais également le rôle d’étape de la région dans les parcours résidentiels. En effet, les entrants s’installent nettement plus souvent dans le parc locatif libre dans lequel la mobilité résidentielle est la plus forte et la durée d’installation la plus courte. A l’inverse, les sortants sont plus fréquemment propriétaires accédants et de ce fait souvent installés depuis longtemps dans leur logement.

Les raisons professionnelles (changement d’emploi, mutations, rapprochement du lieu de travail) représentent seulement un tiers des motifs de départ de la région (FigureTableau 4). En effet, les ménages de 30-59 ans quittant l’Ile-de-France pour une autre région souhaitent plus souvent que les arrivants devenir propriétaire (14 %), changer d’environnement ou acheter une maison (14 %) ou retrouver leur région d’origine, leurs amis ou leur famille (8 %).

 

Tableau 4 - L'emploi est la raison principale de seulement 31 % des déménagements vers une région limitrophe

 

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Des départs vers les régions voisines pour devenir propriétaire ou fonder un foyer

Les ménages de 30-59 ans quittent l’Ile-de- France pour s’installer principalement dans les régions littorales, en particulier en Provence-Alpes-Côte d’Azur qui est leur première région d’accueil (FigureCarte). Dans ce cas, l’Ile-de-France ne constitue souvent qu’une étape dans leur parcours résidentiel. Quand ils s’installent dans les régions limitrophes de l’Ile-de-France c’est plutôt en raison des prix élevés de l’immobilier francilien. Parmi les ménages de 30-59 ans ayant quitté l’Ile-de-France pour une des régions limitrophes, près de deux sur dix ont déménagé pour devenir propriétaire (contre 12 % des partants vers les autres régions et des entrants). Ils déménagent également plus souvent lorsqu’ils fondent une famille ou pour changer de voisinage. A l’inverse, ils déménagent moins souvent suite à un changement d’emploi ou à une mutation que les autres partants d’Ile-de-France. Quatre sur dix continuent à travailler dans la région capitale.

 

Carte - Les ménages sortants rejoignent particulièrement le sud et l'ouest de la France en 2006

Carte - Les ménages sortants rejoignent particulièrement le sud et l'ouest de la France en 2006

Source : Insee, recensement de la population 2006, exploitation complémentaire

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