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L'Ile-de-France reste la région la plus attractive pour les 18-29 ans

Auteur : Kévin de Biasi, Insee Ile-de-France

Résumé

Qu’ils viennent pour achever leurs études ou pour commencer leur carrière, les jeunes arrivants sont plus diplômés que les autres jeunes Franciliens. Etudiants ou cadres, ils s’installent en priorité à Paris et dans les Hauts-de-Seine. Les jeunes arrivants vivent majoritairement seuls ou sont en couple sans enfant. Les jeunes nés en province retournent plus souvent y vivre.

Sommaire

Publication

Introduction

Entre 2001 et 2006, les jeunes âgés de 18 à 29 ans ont été plus nombreux à venir s’installer en Ile-de-France qu’à quitter la région. En moyenne, chaque année, 57 000 jeunes provinciaux sont venus s’installer dans la région, tandis que 35 000 ont fait le chemin inverse (Sources et définitions). L’Ile-de-France attire davantage les jeunes du sud de la France que dans les années 1990
(FigureGraphique 1)
.

 

Graphique 1 - Les 18-29 ans de l'Ouest et des régions limitrophes restent les plus attirés par l'Ile-de-France

Graphique 1 - Les 18-29 ans de l'Ouest et des régions limitrophes restent les plus attirés par l'Ile-de-France

Source : Insee, recensements de la population 1999 et 2006, exploitations complémentaires

 

En outre, 26 000 jeunes en provenance des DOM-TOM et de l’étranger sont arrivés, en moyenne, chaque année, dans la région (L'Ile-de-France : première région d'accueil des jeunes arrivants de l'étranger).

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L’Ile-de-France est la région la plus attractive pour les 18-29 ans

Les échanges de l’Ile-de-France sont excédentaires pour les jeunes avec toutes les autres régions de France métropolitaine et avec neuf départements sur dix
(FigureCarte 1). En moyenne, chaque année, l’Ile-de-France gagne 12 personnes de 18 à 29 ans pour 1 000 présentes dans la région (FigureGraphique 2). C’est le taux de migration nette le plus élevé de toutes les régions. Parmi les arrivants dans la région, la moitié a entre 18 et 29 ans. Cette part est la plus importante des régions métropolitaines. En comparaison, les 18-29 ans ne représentent que 20 % des sortants et 16 % des stables.

 

Carte 1 - L'Ile-de-France enregistre des arrivées nettes de 18-29 ans avec neuf départements métropolitains sur dix

Carte 1 - L'Ile-de-France enregistre des arrivées nettes de 18-29 ans avec neuf départements métropolitains sur dix

Source : Insee, recensement de la population 2006, exploitation complémentaire

 

Graphique 2 - L'Ile-de-France a toujours le taux de migration nette le plus élevé pour les 18-29 ans en France métropolitaine

Graphique 2 - L'Ile-de-France a toujours le taux de migration nette le plus élevé pour les 18-29 ans

Source : Insee, recensements de la population 1999 et 2006, exploitations complémentaires

 

La région capitale attire d’abord les jeunes de l’ouest de la France, puis ceux des régions limitrophes de l’Ile-de-France. Beaucoup de jeunes de l’ouest de la France viendraient ainsi commencer leur vie professionnelle en Ile-de-France, fonder une famille, puis quitteraient la région capitale. Tous âges confondus, c’est ainsi vers l’Ouest que les départs nets de l’Ile-de-France sont les plus nombreux. Le taux de migration nette de l’Ile-de-France avec ses régions limitrophes est, quant à lui, trois fois plus élevé pour les étudiants que pour l’ensemble des 18-29 ans. Les jeunes des régions limitrophes profiteraient de la proximité de la région capitale pour venir y terminer leurs études.

Pour les 18-29 ans, les échanges de l’Ile-de-France avec les régions Rhône- Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur sont particulièrement importants. Ces régions sont respectivement première et deuxième régions d’origine et de destination des échanges migratoires.

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Les jeunes arrivants sont plus diplômés que les jeunes habitant déjà la région

Les jeunes arrivants sont particulièrement qualifiés : 63 % d’entre eux sont titulaires d’un diplôme de niveau universitaire en 2006, contre 57 % pour l’ensemble des arrivants. Ils sont également plus diplômés que les 18-29 ans qui habitaient déjà en Ile-de-France en 2001 (35 %). Par ailleurs, la région capitale se distingue en attirant plutôt des jeunes qui viennent étudier en deuxième ou troisième cycle universitaire. L’Ile-de-France est de loin la région qui accueille la plus grande part de 18-29 ans titulaires en 2006 d’un diplôme de deuxième ou troisième cycle (44 %, suivi de 30 % pour le Nord-Pas-de-Calais). Les jeunes qui s’installent en Ile-de-France, en particulier à Paris, sont plutôt des citadins venant des grandes villes de province. Trois jeunes arrivants sur quatre vivaient en 2001 dans un pôle urbain de province alors que ces pôles ne représentent que la moitié de la population de province. Cette part est de 85 % pour les étudiants titulaires en 2006 d’un diplôme du deuxième ou troisième cycle. Il est donc vraisemblable que les jeunes arrivent en Ile-de-France pour y poursuivre des études supérieures commencées dans des grandes villes de province.

En moyenne chaque année, l’Ile-de-France a gagné 16 étudiants pour 1 000 présents dans la région. C’est 4 de plus que pour l’ensemble des 18-29 ans. Comme en province, trois jeunes arrivants sur dix sont étudiants.

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Parmi les jeunes arrivants, un étudiant sur trois a un emploi

Les jeunes arrivants dans la région sont souvent actifs. 71 % d’entre eux ont un emploi en 2006, contre 65 % pour l’ensemble des arrivants. Les étudiants eux-mêmes occupent souvent un emploi. Un tiers des étudiants arrivant en Ile-de-France sont dans cette situation contre 24 % pour l’ensemble des étudiants ayant changé de région (FigureTableau ). Cette part est la plus importante de toutes les régions de France métropolitaine. En effet, la région accueille beaucoup d’étudiants de deuxième ou troisième cycle universitaire, plus souvent en emploi que les autres. Les étudiants nouvellement arrivés en Ile-de-France sont à part égale (un tiers) cadre, profession intermédiaire ou employé. Mais leur catégorie socioprofessionelle diffère selon leur niveau de diplôme : les étudiants de niveau bac sont majoritairement employés, les étudiants de premier cycle exercent plus souvent une profession intermédiaire tandis que les étudiants de deuxième ou troisième cycle sont, pour plus de la moitié, cadres. En moyenne, ces étudiants ayant un emploi parcourent trois fois plus de distance pour aller sur leur lieu d’études que sur leur lieu de travail.

 

Tableau - Un tiers des étudiants nouvellement franciliens ont un emploi en 2006

 

Les étudiants nouvellement arrivés dans la région, qui ne travaillent pas en 2006, sont en moyenne plus jeunes. En conséquence, ils sont nettement moins avancés dans leurs études : la moitié d’entre eux a pour plus haut diplôme le baccalauréat (contre 27 % pour les étudiants en emploi). Ils vivent plus souvent chez leurs parents et moins souvent en couple.

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Les jeunes sont toujours attirés par Paris

Comme l’ensemble des arrivants, les jeunes s’installent de préférence à Paris et dans les Hauts-de-Seine, départements offrant de nombreux emplois de cadres. En effet, un quart des jeunes arrivants sont cadres en 2006. Majoritairement seuls (35 %) ou en couple sans enfant (31 %), les jeunes arrivants s’installent préférentiellement dans la capitale (39 % contre 32 % pour l’ensemble des arrivants). Inversement, ils viennent moins souvent habiter en grande couronne (29 % contre 36 %). En 2006, plus d’un jeune Parisien sur quatre vivait en province cinq ans auparavant.

Ceux qui sont étudiants sont plus particulièrement attirés par Paris. Un étudiant sur deux s’y installe. Cela s’explique notamment par une offre importante d’établissements d’enseignement supérieur et par un très fort dynamisme socioculturel. De plus, le parc de logements est composé d’une part élevée de locations privées permettant d’accueillir les étudiants. Ils n’ont, en effet, presque jamais accès à la propriété ou aux locations HLM. Les étudiants s’installent aussi dans les communes limitrophes de la capitale ou autour des universités situées en petite et grande couronnes (FigureCarte 2).

 

Carte 2 - Les étudiants s'installent majoritairement à Paris, dans les communes limitrophes de Paris et autour des universités

Carte 2 - Les étudiants s'installent majoritairement à Paris, dans les communes limitrophes de Paris et autour des universités

Source : Insee, recensement de la population 2006, exploitation complémentaire

 

Plus âgés que les étudiants, les jeunes arrivants actifs en emploi (non étudiants) vivent majoritairement en couple sans enfant (39 %) ou seuls (34 %). Contrairement aux étudiants, ils s’installent aussi souvent à Paris (33 %) qu’en petite couronne (34 %) ou qu’en grande couronne (33 %) (FigureCarte 3). Le parc d’accueil de ces jeunes reste le parc locatif libre : 71 % s’y installent contre 33 % pour les jeunes actifs déjà Franciliens en 2001 (FigureCarte 4). Ils s’installent davantage là où ils travaillent : 33 % des jeunes arrivants ayant un emploi habitent dans leur commune de travail contre 27 % pour les jeunes actifs déjà Franciliens en 2001 (FigureCarte 5).

 

Carte 3 - Un tiers des jeunes actifs occupés non étudiants s'installent à Paris

Carte 3 - Un tiers des jeunes actifs occupés non étudiants s'installent à Paris

Source : Insee, recensement de la population 2006, exploitation complémentaire

 

Carte 4 - Les jeunes arrivants privilégient les communes où le parc locatif libre est important

Carte 4 - Les jeunes arrivants privilégient les communes où le parc locatif libre est important

Source : Insee, recensement de la population 2006, exploitation complémentaire

 

Carte 5 - Les jeunes arrivants travaillent plus souvent dans leur commune de résidence que les stables

Carte 5 - Les jeunes arrivants travaillent plus souvent dans leur commune de résidence que les stables

Source : Insee, recensement de la population 2006, exploitation complémentaire

 

Le profil des jeunes arrivants diffère selon le département d’installation. Les jeunes récemment arrivés en Seine-et-Marne ou dans les Yvelines sont plus souvent en emploi que les nouveaux Parisiens. Comme pour la population déjà présente en 2001, c’est en Seine- Saint-Denis qu’on retrouve la plus grande proportion de jeunes arrivants chômeurs. Les cadres sont mieux représentés chez les nouveaux Parisiens et Alto-Séquanais.

A Paris, les jeunes arrivants vivent plus souvent seuls (45 % contre 35 % pour l’ensemble des jeunes arrivants). En grande couronne, ils ont plus souvent migré avec leurs parents et vivent chez eux (7 % contre 4 %).

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Les jeunes nés en province quittent plus souvent l’Ile-de-France que les autres

Un jeune sortant d’Ile-de-France sur deux est né en province contre 29 % pour l’ensemble des jeunes présents en Ile-de-France en 2001. La tendance à quitter la région pour les natifs de province est plus prononcée chez les jeunes que pour l’ensemble de la population. 18 % des départs de 18-29 ans sont des retours à la région de naissance.

27 % des 18-29 ans qui partent s’installer en province habitaient à Paris en 2001. Cette part n’était que de 18 % lors de la période précédente.

Les jeunes sortants sont plus souvent en couple avec des enfants que les arrivants (19 % contre 7 %) et moins souvent seuls. Ils vivent également plus souvent avec leurs parents en 2006 que les arrivants (11 % contre 4 %). Un tiers de ces sortants retourne ainsi vivre chez ses parents. Ils ont le plus souvent achevé leurs études en Ile-de-France et sont à la recherche d’un emploi.

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