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Les ZUS franciliennes : un paysage contrasté

Auteur : Yoann Musiedlak, Insee Ile-de-France

Résumé

L’Ile-de-France compte 157 zones urbaines sensibles. Les 1,3 million de personnes habitant ces territoires prioritaires de la politique de la ville rencontrent des difficultés importantes. Ces territoires connaissent cependant des réalités diverses. Cinq groupes homogènes de ZUS ont été identifiés à partir des caractéristiques en termes de revenu, d’insertion professionnelle ou de couverture sociale de leurs habitants. En particulier, deux d’entre eux rassemblent les ZUS les plus en difficulté. Ils regroupent plus de 56 % de la population francilienne vivant en ZUS.

Sommaire

Publication

Introduction

En 2006, plus d’un Francilien sur dix réside dans l’une des 157 zones urbaines sensibles (ZUS) que compte la région, soit 1 278 300 personnes au total
( Politique de la ville )
(Tableau 1). Ces quartiers prioritaires sont localisés dans des zones particulièrement touchées par la précarité sociale et la pauvreté. Ainsi, près d’un Francilien résidant en ZUS sur quatre habite en Seine-Saint-Denis. C’est également dans ce département que la part de la population résidant en ZUS est la plus importante, 20 % contre 6 % à Paris.

 

Tableau 1 - 11 % des Franciliens vivent dans une zone urbaine sensible

 

Bien qu’elles soient toutes confrontées à une forte précarité, les ZUS franciliennes présentent une grande diversité de situations. Elles peuvent toutefois être réparties en cinq groupes homogènes, au regard de critères comme le niveau et la répartition des revenus ou les parcours d’insertion professionnelle (Tableau 2). Ce classement prend également en compte les caractéristiques de la commune
(Méthodologie)
.

 

Tableau 2 - Des réalités contrastées suivant les groupes

 

Le groupe A est composé des ZUS les plus en difficulté. Le groupe B est moins confronté à la précarité sociale mais davantage que la moyenne des ZUS franciliennes. Les ZUS du groupe C sont moins en difficulté que la moyenne des ZUS franciliennes. Quant au groupe D, il rassemble les ZUS relativement les moins en difficulté. Enfin, les ZUS du groupe E se distinguent par une forte densité médicale et un faible parc HLM : il s’agit essentiellement des ZUS situées à Paris.

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Groupe A - Les ZUS les plus en difficulté sont majoritairement en Seine-Saint-Denis

20 ZUS, 176 700 habitants

Les zones de ce groupe sont les ZUS franciliennes les plus en difficulté. Les habitants y sont en effet plus souvent en situation de précarité sociale. 36 % des habitants ont de bas revenus (hors prestations sociales) et 19 % des 25-64 ans sont au chômage. La moitié des ménages ont un revenu annuel par unité de consommation inférieur à 7 800 €. Les bénéficiaires de la Couverture Maladie Universelle complémentaire (CMU-C) sont plus nombreux que dans les autres groupes (21,5 %). Ce groupe est celui où la population compte le plus de jeunes : 30 % de ses habitants ont moins de 18 ans. Les jeunes de 18 à 24 ans sont également en difficulté : 22 % d’entre eux sont bénéficiaires de la CMU-C. Parmi les ménages résidant dans les ZUS de ce groupe, 16 % comprennent au moins 6 personnes et 85 % travaillent comme employé ou ouvrier. L’offre médicale est moins importante dans ces 20 ZUS qu’à l’échelle francilienne avec, en moyenne, moins de 7 médecins généralistes dans un rayon de 500 mètres autour du domicile. Enfin, ce groupe est majoritairement composé de ZUS de Seine-Saint-Denis : 14 sur les 20, comme « Les 4000 » à La Courneuve ou la ZUS du « Grand Ensemble » à Clichy-sous-Bois (Graphiques) et (Cartes a et b). La Seine-Saint-Denis comprend ainsi près de 112 700 des 176 700 habitants que compte le groupe A. Les communes (ou arrondissement) dans lesquelles ces ZUS sont implantées sont également très touchées par la précarité. Sur les 17 communes principales (ou arrondissement) concernées, 14 figurent parmi les communes englobantes les plus en difficulté (Tableau 3).

 

Graphiques - Des profils variés suivant les groupes

Graphiques - Des profils variés suivant les groupes

Sources : ANPE - Source fiscale - CNAM - Education nationale - Insee, DADS, recensement de la population 2006

 

Carte a - Les ZUS concentrant le plus de difficultés sont très majoritairement situées en Seine-Saint-Denis / Les ZUS de la grande couronne

Carte a  - Les ZUS concentrant le plus de difficultés sont très majoritairement situées en Seine-Saint-Denis / Les ZUS de la grande couronne

Sources : ANPE, source fiscale, DADS, CNAM, Education nationale, Insee - recensement de la population 2006

 

Carte b - Les ZUS concentrant le plus de difficultés sont très majoritairement situées en Seine-Saint-Denis / Les ZUS de Paris et de la petite couronne

Carte b  - Les ZUS concentrant le plus de difficultés sont très majoritairement situées en Seine-Saint-Denis / Les ZUS de Paris et de la petite couronne

Sources : ANPE, source fiscale, DADS, CNAM, Education nationale, Insee - recensement de la population 2006

 

Tableau 3 - Les 157 ZUS franciliennes en 5 groupes

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Groupe B - Des ZUS plus en difficulté que la moyenne des ZUS franciliennes

62 ZUS, 547 500 habitants

Avec 547 500 habitants répartis dans 62 ZUS, le groupe B est le plus peuplé des cinq et concerne surtout la petite couronne. Les personnes qui y résident sont en moyenne moins pauvres et moins exposées au chômage (16 % des 25-64 ans) que celles du groupe précédent mais leur situation reste plus préoccupante que la moyenne des ZUS franciliennes. La moitié des ménages ont un revenu par unité de consommation inférieur à 10 045 euros et 27 % des habitants vivent dans un ménage à bas revenus.

Un habitant du groupe B sur six bénéficie de la CMU-C. Les employés et les ouvriers représentent ici aussi plus de 80 % de la population salariée. Ces ZUS comptent beaucoup de familles nombreuses : plus d’un ménage sur dix est composé de plus de 6 personnes. Si l’on exclut le groupe E, c’est dans le groupe B que la densité médicale est la plus haute : les habitants des ZUS du groupe B ont en moyenne 7 médecins dans un rayon de 500 mètres autour de leur résidence principale.

La plupart des communes dans lesquelles se trouvent ces ZUS sont également en très grande difficulté si on les compare à la moyenne des communes concernées par des ZUS dans la région. Néanmoins, 11 ZUS du groupe B sont situées dans des communes moins en difficulté que lamoyenne : « La Coudraie » (Poissy), « La Prairie de l’Oly » (Montgeron) ou encore « La Résidence du Parc » (Limeil-Brévannes).

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Groupe C - Des ZUS en situation intermédiaire, moins en difficulté que la moyenne des ZUS franciliennes

51 ZUS, 372 000 habitants

Les 51 ZUS qui composent ce groupe comptent au total 372 000 habitants. Ces ZUS sont moins exposées à la précarité sociale que la moyenne des ZUS franciliennes. Ainsi, la part de chômeurs se situe en dessous de la moyenne des ZUS franciliennes avec 12 % de demandeurs d’emploi chez les personnes de 25 à 64 ans. Les bénéficiaires de la CMU-C, aussi bien chez les jeunes que parmi l’ensemble de la population dans ces ZUS, sont relativement moins nombreux que dans les groupes A et B (respectivement 12 % et 11 % des bénéficiaires de la CNAM). 62 % des résidences principales appartiennent au parc locatif HLM. La moitié des habitants des ZUS du groupe C ont un revenu annuel supérieur à 12 500 €. Le revenu médian par unité de consommation des habitants du groupe C est ainsi supérieur de près de 2 500 € par an à celui des habitants du groupe B. La population de ces ZUS est relativement jeune : 4 habitants sur 15 ont moins de 18 ans. Les ménages de plus de 6 personnes ne représentent que 7 % des ménages vivant dans ces ZUS.

Les ZUS du groupe C sont surtout implantées dans les Hauts-de-Seine, l’Essonne et le Val-de-Marne. A l’inverse du groupe B, les deux cinquièmes de ces ZUS sont situées dans des communes plus en difficulté que la moyenne des communes concernées par des zones urbaines sensibles. Par exemple, les ZUS « Chardonnerettes » et « Parc aux Lièvres » qui appartiennent au groupe C se trouvent respectivement à Sarcelles et à Evry qui sont en plus grande difficulté que la moyenne des communes concernées par des ZUS en Ile-de-France.

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Groupe D - Les ZUS les moins en difficulté

16 ZUS, 70 600 habitants

Les 70 600 habitants des 16 ZUS de ce groupe rassemblent les populations des ZUS franciliennes les moins en difficulté, sauf en ce qui concerne l’offre médicale, avec, en moyenne, seulement 4,7 médecins dans un rayon de 500 mètres autour du domicile. Cette population est en moyenne moins pauvre que celle des autres groupes. Dans ce groupe, seules 9 % des personnes ont de bas revenus. La moitié des ménages dispose d’un revenu de plus de 16 500 € par an et par unité de consommation, soit 1 380 € par mois (le Smic mensuel brut pour 169 heures de travail étant de 1 357,07 €, en 2005). Les proportions de bénéficiaires de la CMU-C, que cela soit sur l’ensemble des habitants ou les 18-24 ans, sont beaucoup plus faibles que dans les autres groupes. Relativement peu de logements HLM sont disponibles dans le parc immobilier (45 % du parc). Par ailleurs, seuls 5 ménages sur 100 comprennent plus de 6 personnes. Le taux d’activité des 25-65 ans est supérieur à 84 % et ces habitants sont moins concernés par le chômage (8 %). Les ouvriers et les employés sont certes les plus nombreux parmi les salariés (64 %), mais ils sont moins représentés qu’à l’échelle des ZUS franciliennes dans leur ensemble.

Ces ZUS sont surtout situées dans les Yvelines et dans l’Essonne. A l’exception de la ZUS « Val Notre-Dame », située à Bezons, toutes les ZUS du groupe D sont dans des communes moins en difficulté que la moyenne : ZUS « Les Prés » à Montigny-le-Bretonneux ou « Les Buissons, Marelles » à Boussy-Saint-Antoine, par exemple.

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Groupe E - Des ZUS atypiques : des difficultés malgré une forte densité médicale et peu de HLM

8 ZUS, 111 500 habitants

Ce groupe rassemble 8 ZUS qui se distinguent assez fortement de celles des autres groupes : un habitant d’une de ces ZUS peut trouver plus de 26 médecins généralistes dans un rayon de 500 mètres autour de sa résidence principale. De même, ces ZUS ne comptent que 17 % de HLM dans leur parc immobilier. Ces deux principales différences s’expliquent par leur situation géographique : les ZUS sont situées majoritairement dans des arrondissements parisiens. Ces ZUS appartiennent à des communes (ou arrondissements) plus ou moins en difficulté. Ainsi, « Fontaine au Roi » se situe dans le 11e arrondissement de Paris, relativement peu en difficulté, tandis que Bagnolet, ville dans laquelle est localisée la ZUS « Les Coutures », fait partie des 25 % des communes les plus en difficulté parmi les 105 communes et arrondissements concernés par des ZUS. Cette population est par ailleurs moins jeune que les autres : les mineurs représentent à peine 19 % de la population. Mais les 18-24 ans sont relativement nombreux à bénéficier de la CMU-C (un bénéficiaire sur cinq). Les ZUS de ce groupe ne comptent que peu d’ouvriers et d’employés, seulement 54 % des salariés appartiennent en effet à ces catégories socioprofessionnelles. Près d’une personne sur quatre a de bas revenus, tandis que le revenu médian par unité de consommation est bien supérieur à la moyenne francilienne, 13 092 € contre 11 392 €. 15,2 % des actifs de 25 à 65 ans sont au chômage, soit une part légèrement plus élevée que la moyenne des ZUS franciliennes (14,8 %).

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Partenaire

  • En partenariat avec la Préfecture de la région d'Ile-de-France
  • Cette étude a été menée en partenariat par l’Insee Ile-de-France et la Direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale (DRJSCS) d’Ile-de-France.