Auteurs : Jean-François Hervé, Insee Ile-de-France
Mickaël Le Priol, CROCIS de la CCIP
Fouad Belmanaa, ARD Ile-de-France
L’Ile-de-France est la première région française d’accueil des groupes étrangers. Ceux-ci contrôlent 18 % des emplois salariés franciliens. Les Européens et les Américains sont les principaux investisseurs dans la région. Par ailleurs, l’industrie et le commerce sont les secteurs les plus dépendants des groupes étrangers. Les emplois étrangers sont principalement situés dans le coeur de l’agglomération francilienne. Ainsi, l’internationalisation est-elle particulièrement marquée dans les Hauts-de-Seine.
S'implanter en France, et particulièrement en Ile-de-France, constitue un choix stratégique pour les groupes étrangers. La région capitale dispose de nombreux atouts. Son attractivité tient notamment à son rôle de porte d’entrée sur le marché national, mais aussi international. La densité de compétences et de savoir-faire favorise également la compétitivité des entreprises.
Fin 2007, 17 400 établissements et 697 400 emplois salariés dépendent d’un groupe étranger en Ile-de-France.
L’Ile-de-France est la région française la
plus attractive pour les groupes étrangers
(
Méthodologie).
Elle concentre 28 % des investisseurs
étrangers installés en France soit
2,5 fois plus d’établissements qu’en
Rhône-Alpes, la deuxième région française. Derrière l’Ile-de-France et Rhône-Alpes, qui étaient déjà les deux premières
régions en 2004, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (8 %) devance le
Nord - Pas-de-Calais (6 %).
Les établissements franciliens représentent un tiers des emplois salariés dépendant d’un groupe étranger en France (contre 11 % en Rhône-Alpes, 7 % dans le Nord - Pas-de-Calais et 5 % en Provence-Alpes-Côte d’Azur).
En 2007, 18 % des emplois franciliens dépendent d’un groupe étranger. La pénétration des groupes étrangers s’est accrue entre 2004 et 2007. En effet, en 2004, 14 % des emplois salariés franciliens étaient dépendants d’un groupe étranger. Bien que plus faible, le poids des groupes étrangers en province s’est également développé. Il a gagné 2 points et s’établit à 14 % en 2007.
L’implantation étrangère est encore plus
importante dans certaines régions du
quart nord-est de la France : 22 % en
Alsace, 20 % en Lorraine et en Picardie
en 2007
(
Carte 1). La proximité du Benelux et
surtout de l’Allemagne y favorisent l’implantation
d' entreprises de ces pays.
En effet, 32 % des salariés des groupes
étrangers en Alsace sont employés par un
groupe allemand. Ils sont 25 % en Lorraine, 20 % en Picardie contre seulement 13 %
en Ile-de-France.
Carte 1 - Les groupes étrangers bien implantés dans les régions du quart nord-est
Source : Insee, CLAP-LIFI 2007
En Ile-de-France, 95 % des investisseurs
étrangers sont européens ou américains.
La très grande majorité des groupes
étrangers reste issue des pays européens.
En effet, deux tiers des salariés dépendant
d’un groupe étranger appartiennent
à un groupe européen
(
Tableau 1). Les
pays voisins de la France sont les plus
présents : Royaume-Uni (17 % des emplois),
Allemagne (14 %) et Pays-Bas (7 %).
Même si les Pays-Bas restent le troisième
pays européen représenté en Ile-de-France, leur poids relatif est en
forte baisse depuis 2004. Des établissements
originaires de ces trois pays sont
implantés dans tous les départements
franciliens et tous les secteurs d’activité
sont concernés. Les groupes britanniques
sont, par exemple, tout aussi présents
dans le secteur financier (Barclays)
que dans les produits pétroliers (British
Petroleum). De même, on recense des
investisseurs allemands aussi bien parmi
les constructeurs automobiles (Daimler)
que parmi les assureurs (Allianz) ou les
équipementiers électroniques (Siemens).
Tableau 1 - Deux tiers des salariés dépendent d'un groupe européen
Les pays ayant rejoint l’Union européenne en 2004 viennent progressivement investir en France et, plus précisément, en Ile-de-France. Même si le nombre de salariés dépendant de ces 10 pays est encore assez faible, l’Ile-de-France accueille à présent des investisseurs en provenance de Croatie, de Pologne, de Hongrie, de Slovénie, de Slovaquie et, surtout, de République Tchèque.
Malgré la part importante des investisseurs européens, les Etats-Unis n’en restent pas moins le premier pays présent en Ile-de-France. Les Etats-Unis cumulent en effet 193 800 emplois salariés en région parisienne. Ils représentent à eux seuls 28 % des salariés dépendant d’un groupe étranger. Comme leurs homologues britanniques ou allemands, les grands groupes américains implantés en Ile-de-France couvrent une très large gamme de secteurs, que ce soit l’informatique (IBM et Microsoft), les transports (FedEx), l’hôtellerie (Hilton, Starwood) ou l’industrie pharmaceutique (Pfizer).
Plus le pays investisseur est géographiquement lointain, plus l’attractivité relative de l’Ile-de-France en France s’accroît. Par exemple, la région capitale accueille 40 % des salariés des entreprises américaines implantées en France. De plus, les investisseurs étrangers en provenance des « BRIC » (Brésil, Russie, Inde, Chine) intensifient leur présence en Ile-de-France. La Chine ne cumule encore que 1 % des salariés dépendant d’un groupe étranger en Ile-de-France mais représente malgré tout 4 100 salariés en 2007. L’Inde, la Russie et le Brésil sont moins présents que la Chine mais représentent à eux trois 1 400 salariés et leur poids dans les investissements étrangers augmente.
En Ile-de-France, plus de 80 % des emplois dépendant des groupes étrangers concernent le tertiaire, secteur fortement présent dans la région. Dans le tertiaire, les services représentent l’activité principale des groupes étrangers avec 356 000 salariés dont la moitié dans les services aux entreprises.
Cependant, dans le secteur des services,
la part des emplois franciliens dépendant
de groupes étrangers n’est que
de 16 %. Dans le commerce, elle atteint
28 %. L’industrie est un secteur également
dépendant des groupes étrangers (24 %).
En revanche, la construction reste l’apanage
des entreprises nationales
(
Graphique).
Graphique - Commerce et industrie dépendent le plus des groupes étrangers
Source : Insee, CLAP-LIFI 2007
Par ailleurs, les établissements implantés sont majoritairement de grande taille. Ainsi, plus des trois quarts des salariés des groupes étrangers de la région travaillent dans des établissements de plus de 50 salariés et seulement 5 % dans ceux de moins de 10 salariés.
Dans tous les départements, les groupes étrangers sont principalement concentrés dans les établissements de 50 à 250 salariés. La moitié des emplois dans les établissements de plus de 500 salariés dépendant d’un groupe étranger se situe dans les Hauts-de-Seine ou en Seine-et-Marne. Ce département accueille Disneyland Resort Paris, premier employeur étranger d’Ile-de-France.
Paris et les Yvelines sont les départements les plus atypiques. La densité urbaine à Paris conduit à une surreprésentation des services (66 % des investissements étrangers) aux dépens du commerce. Ce dernier secteur est deux fois moins important à Paris qu’en Essonne (40 %). Dans les Yvelines, contrairement à Paris, les services sont sous-représentés avec seulement 31 % des effectifs des entreprises à capitaux étrangers. Au contraire, les salariés des groupes étrangers industriels pèsent pour 32 % de l’emploi total du département contre seulement 19 % au niveau de l’ensemble de la région.
Les Hauts-de-Seine et Paris sont les départements
franciliens qui comptent le
plus de salariés dépendant d’un groupe
étranger avec plus de 150 000 salariés
chacun
(
Tableau 2). Ils accueillent, à eux deux, la moitié des salariés franciliens travaillant
pour un groupe étranger.
Tableau 2 - Un quart des emplois salariés des Hauts-de-Seine dépend de l'étranger
Cependant, les Hauts-de-Seine sont encore plus internationalisés que Paris : 24 % des salariés alto-séquanais travaillent pour un groupe étranger contre 14 % dans la capitale.
La part des groupes étrangers dans l’emploi
est particulièrement élevée dans le
secteur de La Défense et plus globalement
sur l’ensemble des communes des
Hauts-de-Seine (
Carte 2). Néanmoins, de nombreux
autres pôles attirent les groupes
étrangers. Parmi ceux-là figurent les communes
à proximité des aéroports de
Roissy et d’Orly, la communauté d’agglomération
de Saint-Quentin-en-Yvelines ou encore les villes situées sur l’axe entre
Paris et Marne-la-Vallée.
Carte 2 - Les groupes étrangers au cœur de la région
Source : Insee, CLAP-LIFI 2007
Les Hauts-de-Seine concentrent au sein de leur territoire les principales nationalités d’investisseurs étrangers : ils regroupent notamment près d’un tiers des salariés des groupes britanniques, néerlandais et américains ayant investi en Ile-de-France. Paris rassemble pour sa part plus de la moitié des 4 100 salariés employés par des groupes à capitaux chinois.
Les départements se distinguent aussi par la provenance des investisseurs qu’ils attirent. Ainsi, la Seine-et-Marne et les Hauts-de-Seine attirent plus de 45 % de groupes étrangers basés en dehors de l’Union européenne alors que cette proportion s’élève à moins d’un tiers en Seine-Saint-Denis et dans le Val-de-Marne.
Dans chacun des huit départements franciliens, les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l’Allemagne représentent une part importante des salariés employés par des groupes étrangers. Le Val-de-Marne se distingue des autres départements par la plus forte proportion d’investisseurs néerlandais (14 % des effectifs employés par les groupes étrangers contre 7 % en Ile-de-France) et belges (11 % contre 6 %). En Seine-Saint- Denis, ce sont les salariés travaillant pour des groupes italiens qui sont plus représentés avec 11 % du total des emplois liés à des investisseurs étrangers.

