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Portrait social des bassins de vie bretons : moins de fragilités dans le périurbain proche (Octant Analyse n° 54)

Sylvain Dajoux, Insee

Résumé

La Bretagne est globalement moins exposée aux difficultés sociales que d’autres régions. Cependant, le découpage du territoire en bassins de vie fait apparaître des zones en proie à des fragilités dans le centre Bretagne mais aussi aux frontières régionales. Tandis que les centres urbains abritent à la fois des populations fragiles et d’autres plus aisées, les bassins de vie périurbains présentent un profil plus homogène et apparaissent relativement préservés.


Sommaire



Introduction

Décrire la situation sociale d’un territoire requiert la mobilisation d’un grand nombre d’indicateurs. Si traditionnellement le niveau de revenu résume bon nombre de difficultés sociales, des indicateurs ayant trait aux conditions de vie des habitants, à l’éducation, à l’emploi, au logement, aux transports et à l’accès aux équipements permettent d’enrichir l’analyse. Ainsi, des disparités entre les territoires mais également au sein de chacun d’entre eux peuvent être mis en exergue selon les différentes dimensions du champ social.


Mieux connaître les fragilités en Bretagne

Les services de l’État en charge des politiques de cohésion sociale traduisent localement les orientations nationales. Régulièrement, avec l’ensemble des acteurs concernés, ils actualisent leur stratégie en se basant sur des diagnostics territoriaux. Ce « portrait social des territoires bretons », issu d’un partenariat DRJSCS-Insee, livre une approche actualisée des disparités sociales bretonnes.

Il est publié en étroite résonance avec le plan pluriannuel contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale, paru en janvier 2013. Élaboré au niveau national, au travers d’une concertation avec l’ensemble des partenaires des politiques de solidarité, ce plan comprend 61 mesures devant agir directement sur les effets de la pauvreté. Ces mesures sont réparties selon 3 axes : réduire les inégalités et prévenir les ruptures, venir en aide et accompagner vers l’insertion et coordonner l’action sociale et valoriser les acteurs.

Il n’est pas besoin de souligner beaucoup plus combien, en pleine actualité d’appropriation et de déclinaison de ces engagements attendus de tous les acteurs du champ social, le « portrait social des territoires bretons » de 2013 livre, avec une grande opportunité, une approche actualisée des disparités sociales bretonnes.

Pour tous les acteurs des politiques d’action sociale de Bretagne, ces travaux constituent un outil d’aide à la décision qui participe à l’amélioration du service rendu aux personnes vulnérables aidées, accueillies ou accompagnées.

Christian Caradec - directeur régional de la jeunesse, des sports, et de la cohésion sociale de Bretagne


Une région a priori privilégiée

À l’échelle régionale, la Bretagne revêt depuis quelques années, et en particulier depuis son rattrapage économique des années 70/80, l’image d’une région où la pauvreté est moins forte qu’en moyenne nationale. Une approche simple de quelques indicateurs de pauvreté ou de précarité pour l’année 2010 confirme ce diagnostic. Le taux et l’intensité de la pauvreté sont moins élevés en Bretagne qu’en moyenne nationale. Il en va de même pour les inégalités de revenus, ainsi que pour le taux de chômage.

Ceci étant, le niveau de vie médian des ménages bretons est inférieur à celui de l’ensemble de la France métropolitaine, alors que la part des populations les plus exposées aux chocs économiques et aux difficultés sociales (ouvriers et employés) y est supérieure.


Moins de pauvreté en Bretagne
Indicateurs sociodémographiques de cadrage
Bretagne France de province (hors Ile-de-France) France métropolitaine
* : Cf. définitions
Source : Insee - Revenus fiscaux localisés 2010 - Revenus disponibles 2010 - Recensement 2010
Taux de pauvreté (en %) 11,6 14,3 14,1
Intensité de la Pauvreté (en %) 16,9 19,0 19,3
Rapport interdécile du revenu par UC* 4,1 5,2 5,6
Niveau de vie médian par UC (en €) 19 073 18 861 19 271
Part des chômeurs déclarés dans la population active (en %) 6,9 8,4 8,4
Part des ménages dont la PCS de la personne de référence est "employé" ou "ouvrier" (en %) 53,3 53,3 50,6

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L’indicateur multidimensionnel de fragilité sociale

Les groupes de travail Cnis-Drees-ADF ont retenu 76 indicateurs pour appréhender la situation sociale des départements. Afin de faciliter la lecture de ces nombreux indicateurs, il a été décidé de mettre en place un indicateur multidimensionnel de fragilité sociale. Sa construction nécessite de faire des choix : sur les indicateurs qui le composent, mais aussi sur la normalisation de ces indicateurs et, enfin, sur le poids accordé à chacun.

Le choix des indicateurs simples :

La méthode a retenu 22 indicateurs départementaux pour la construction de l’indicateur multidimensionnel. Ils sont classés en trois thématiques (la pauvreté monétaire, l’insertion sociale et professionnelle, les aides sociales). Ce classement ne vise d’autre but que de faciliter la lecture globale des indicateurs. Il permet de constituer trois sous-indicateurs afin de situer les départements et, ainsi, de mieux percevoir sur quel(s) thématique(s) chaque département présente des fragilités. L’indicateur multidimensionnel est ensuite construit à partir de ces trois sous-indicateurs.

Les indicateurs simples retenus sont, pour chaque thématique :

  • les indicateurs de pauvreté monétaire :
    • Taux de pauvreté ;
    • Intensité de pauvreté ;
    • Niveau de vie ;
    • Disparité des niveaux de vie.
  • les indicateurs d’insertion sociale et professionnelle :
    • Taux de chômage localisé ;
    • Taux de chômage de longue durée ;
    • Part d’enfants vivant dans un ménage sans actif occupé ;
    • Taux de jeunes non diplômés ;
    • Taux de jeunes non insérés ;
    • Taux d’activité des hommes ;
    • Taux d’activité des femmes ;
    • Taux de diplômés de l’enseignement supérieur.
  • les indicateurs d’aides sociales :
    • Taux de bénéficiaires de l’Allocation de Solidarité Spécifique (ASS) ;
    • Part des allocataires du Revenu de Solidarité Active socle (RSA) ;
    • Part de la population couverte par le RSA ;
    • Part des allocataires de la Couverture Maladie Universelle Complémentaire (CMUc) ;
    • Part des allocataires de la Prestation de Compensation du Handicap (PCH) ou de l’Allocation Compensatrice pour Tierce Personne (ACTP) ;
    • Part des allocataires de l’Allocation Personalisée d’Autonomie (APA) ;
    • Part des allocataires du minimum vieillesse ;
    • Part des allocataires de l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) ;
    • Part des allocataires de l’Allocation Adulte Handicapé (AAH) ;
    • Part des allocataires de l’Aide Sociale à l’Hébergement (ASH).

La normalisation des indicateurs simples :

La normalisation permet « d’additionner » des indicateurs simples qui ne sont pas forcément exprimés dans la même unité. Pour chaque département, l’indicateur normalisé (In) est calculé à partir de l’indicateur simple (Is) comme suit :

Formule

Afin de permettre le suivi temporel de l’indicateur, la valeur Vmin est calculée à partir de la valeur minimale de l’indicateur observée parmi les 96 départements métropolitains à laquelle est retranché un écart-type de la distribution des valeurs de l’indicateur sur les 96 départements. La valeur Vmax est calculée, de façon symétrique, en ajoutant un écart-type à la valeur maximale observée.

Le poids des indicateurs simples :

Pour la construction de chaque sous-indicateur thématique, un poids est attribué à chaque indicateur simple normalisé. Les pondérations sont définies à partir d’une analyse en composantes principales (ACP).
Une fois les trois sous-indicateurs thématiques calculés, la même méthode leur est appliquée pour déterminer leur poids dans l’indicateur multidimensionnel de fragilité sociale :

INDMultidimensionnel = 0,48 INDPauvreté + 0,32 INDInsertion + 0,20 INDAide

Une fragilité sociale plus marquée dans les Côtes-d’Armor et le Morbihan

Au niveau départemental, la comparaison entre territoires a déjà fait l’objet de plusieurs travaux. Ils s’appuient pour la plupart sur une liste de 76 indicateurs sociaux ayant fait l’objet d’une réflexion importante au sein du Conseil national de l’information statistique et de l’Assemblée des départements de France. En 2012, une typologie des départements français a ainsi été réalisée à partir d’un indicateur multidimensionnel de fragilité sociale construit à partir de trois sous-indicateurs thématiques :

  • pauvreté monétaire ;
  • insertion sociale et professionnelle ;
  • recours aux aides sociales.

Graphique : Répartition des départements selon les indicateurs monétaires et de difficulté d’insertion Pour agrandir le graphique (cliquez ici)

Les quatre départements bretons y figurent parmi les moins exposés aux situations de précarité. Quelques nuances apparaissent toutefois. En particulier, l’Ille-et-Vilaine et le Finistère se placent, aux côtés notamment de la Loire-Atlantique, parmi les dix départements les plus préservés. En revanche, le Morbihan et les Côtes-d’Armor se révèlent davantage en proie à des difficultés sociales.

Dans le détail, l’Ille-et-Vilaine se classe parmi les départements les moins impactés quel que soit l’indicateur. Le Finistère obtient des résultats plus contrastés : si la pauvreté monétaire y est faible, les difficultés d’insertion sociales et professionnelles y sont plus fortes qu’en Ille-et-Vilaine.
Le Morbihan connaît un niveau de difficultés d’insertion équivalent au Finistère tout en ayant l’indicateur de pauvreté le plus important de Bretagne. Enfin, au sein de la région, c’est dans le département des Côtes- d’Armor que les différentes dimensions des difficultés sociales se concentrent le plus.


Graphique : Positionnement des départements bretons suivant quatre indicateurs synthétiques socioéconomiques (en %) Pour agrandir le graphique (cliquez ici)

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Les bassins de vie situés en Centre Bretagne ou à proximité des régions voisines figurent parmi les plus pauvres de France

À l’instar du niveau régional, le niveau départemental peut lui aussi masquer des disparités territoriales. La mise à disposition récente d’une nouvelle partition du territoire en bassins de vie permet d’appréhender plus finement la situation sociale bretonne.

S’agissant par exemple du seul critère de revenus, l’analyse des revenus médians par unité de consommation (UC) permet d’identifier plusieurs bassins de vie bretons parmi les plus pauvres de France :

  • 6 bassins de vie appartiennent au groupe des 200 bassins de vie français les plus pauvres (d’ouest en est : Châteauneuf- du-Faou, Huelgoat, Callac, Rostrenen, Pontivy et Collinée). A cette liste s’ajoutent 4 bassins de vie interrégionaux (Guémené-Penfao, Derval, Saint-James et Louvigné-du-Désert) ;
  • 9 autres figurent parmi les 400 bassins de vie avec les revenus médians par UC les plus faibles (d’ouest en est : Scaër, Gourin, Le Faouët, Bégard, Tréguier, Merdrignac, Mauron, Broons et Pipriac). Dans ce groupe figure également le bassin de vie interrégional d’Antrain.

Carte : Répartition des bassins de vie français par décile de revenus médians (en €) Pour agrandir la carte (cliquez ici)


Carte : Répartition des bassins de vie bretons par décile de revenus médians (en €) Pour agrandir la carte (cliquez ici)

En élargissant l’analyse à 70 indicateurs sociaux, une typologie fait apparaître plusieurs grands profils de bassins de vie autour de 3 principales dimensions :

  • l’importance ou non de la fragilité ;
  • les inégalités entre les populations résidant sur ces territoires ;
  • les niveaux de revenus.

Des fragilités sociales dans les bassins de vie ruraux


Carte : Typologie des bassins de vie bretons Pour agrandir la carte (cliquez ici)

Ces bassins de vie abritent une population assez homogène qui présente des signes de fragilité sociale selon de nombreux indicateurs. Il s’agit de territoires ruraux, souvent peu denses (10 % de la population pour 27 % de la superficie régionale) et pour lesquels les phénomènes d’exode rural au XXe siècle ont été importants. Éloignés des centres urbains, la périurbanisation ne les a pas ou peu atteints. La proportion de logements sans confort au sens du recensement y est la plus importante.

Ces territoires ont également d’autres points communs. La part des ménages imposables est la plus faible de la région (moins d’un ménage sur deux est concerné). Les jeunes y sont peu nombreux et leur niveau de diplôme comme celui de l’ensemble des actifs est parmi les plus faibles de la région.

L’accessibilité aux équipements est également, sans surprise, très en deçà de la moyenne régionale. Enfin, l’emploi agricole est très présent alors que le tourisme a un poids très faible.

Ces bassins de vie peuvent être partitionnés en deux groupes.


Carte : Zones de forte précarité Pour agrandir la carte (cliquez ici)

Dans le premier d’entre eux, les fragilités sociales sont encore plus accentuées. Il couvre une large zone qui entoure, sans l’inclure, le bassin de vie de Carhaix. Aucune influence urbaine n’est en prise sur ces territoires. Le chômage, au sens du recensement, y est très important. La part des jeunes hors de l’emploi et de la formation est particulièrement élevée. On y trouve également, plus que dans les autres territoires, des ménages où aucun actif ne travaille, des familles monoparentales, des personnes âgées isolées, des ménages non imposables et des logements sans confort. La part de l’emploi agricole y est la plus élevée.

Un deuxième groupe, concerne des bassins de vie situés plus à l’est (Loudéac, Locminé, Merdrignac, etc.) et ceux partageant des communes avec les régions Basse-Normandie et Pays-de-la-Loire. Il s’agit de territoires où les difficultés sont un peu moins marquées que précédemment. La population y est un peu plus jeune et connaît un léger essor démographique. L’emploi agricole est moins important que dans le groupe précédent et certains actifs travaillent dans des pôles urbains. Bien qu’éloignés du pôle rennais, il s’agit de territoires proches de zones en cours de périurbanisation. Sous cette influence, ce groupe de bassins de vie ruraux connaît un début de transition.



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Des espaces aux frontières de la périurbanisation connaissent des fragiltés moyennes pour la région

Un ensemble relativement homogène constitue un espace intermédiaire ou tampon entre le périurbain et les zones les plus rurales. Pour la plupart des indicateurs, les résultats correspondent à la moyenne régionale. C’est en revanche un espace encore peu dense qui occupe un tiers de la surface régionale pour seulement un habitant sur cinq.


Carte : Zones de fragilité moyenne Pour agrandir la carte (cliquez ici)

Un premier groupe est constitué de bassins de vie proches des zones de forte fragilité mais avec une plus grande proximité géographique vis-à-vis des agglomérations bretonnes. La population est ainsi moins rurale et plus jeune. Il s’agit de zones en voie de périurbanisation. La précarité bien que forte, l’est de façon moins marquée que dans l’espace rural et les revenus observés tendent vers la moyenne régionale. Les évolutions de population sont parmi les plus fortes.

Le second groupe est, pour sa part, formé de bassins de vie encore moins éloignés des grandes agglomérations et polarisés par ces dernières. La densité est deux fois plus forte que dans l’autre groupe tout en restant en dessous de la moyenne régionale. La situation, bien que plus favorable, reste en deçà de ce qui est observé dans les couronnes urbaines par exemple : revenus plus élevés mais restant moyens et chômage encore bien présent. C’est l’espace où la population a le plus augmenté durant la dernière décennie et où les inégalités sont les plus faibles.


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La fragilité des territoires bien plus complexe que la seule approche par les revenus
Principales caractéristiques des groupes de bassins de vie
Zones Ensemble
de forte précarité de fragilité moyenne de fortes disparités préservées
A1 A2 B1 B2 C1 C2 C3 D1 D2
* Cf. définitions
Source : Insee - Revenus fiscaux localisés 2010 - Revenus disponibles 2010 - Recensement 2010 - Caf 2011 - Dads 2011 - Defm 2012
Nombre d'habitants 142 727 200 619 221 647 508 811 885 421 439 455 752 262 323 008 48 217 3 522 167
Densité (en hab./km²) 38 48 60 87 201 157 605 161 307 131
Évolution de population entre 1999-2010 (en %) 4 9 18 24 6 8 4 22 17 14
Indice de vieillissement* 1,2 0,9 0,8 0,6 0,8 1,4 0,7 0,5 0,6 0,9
Proportion des 18-25 sans diplôme et non scolarisés (en %) 12 12 9 9 11 10 7 6 5 9
Taux de chômage au sens du RP* (en %) 13 12 9 8 10 10 11 7 7 9
Taux de Chômage des 15-24 ans au sens du RP* (en %) 23 15 20 17 21 24 21 18 19 19
Part des ménages sans actif occupé (%) 48 40 41 35 42 51 33 31 40 40
Part des ménages dépendant à plus de 50 % des prestations sociales - Champ CAF* (en %) 12 10 9 7 13 10 16 6 7 9
Part des ménages imposables (en %) 44 46 48 53 54 56 60 62 69 53
Revenu médian par UC* (en euros) 16 026 16 230 16 808 17 975 18 051 18 746 19 607 20 091 22 740 18 076
Rapport interdecile du Revenu par UC* 4,3 3,6 3,6 3,4 4,1 4,0 5,0 3,3 3,6 3,7
Part des logements sans confort* (en %) 33 28 27 22 13 15 5 15 8 20
Temps d'accès moyen aux équipements intermédiaires* (en minutes) 16 14 12 11 8 10 2 9 8 11

Les bassins de vie urbains et littoraux présentent des profils sociaux masquant de fortes disparités

Trois autres groupes de bassins de vie accueillent des populations en difficulté, et en nombre bien plus important. La particularité de ces territoires réside cependant dans le fait qu’au contraire du rural, ces populations n’y sont pas majoritaires et qu’elles cohabitent avec d’autres ménages situés plutôt à l’autre extrémité de la distribution sociale. Il s’agit ici des bassins de vie des grandes et moyennes villes bretonnes et de la zone littorale de la région. La densité est trois fois plus importante dans cet espace aux inégalités fortes que dans les espaces-tampons : 60 % de la population vit sur un tiers des terres.

Les revenus médians observés sont assez élevés et, au vu de ce seul indicateur, ces territoires pourraient être considérés comme relativement préservés. Cependant, la part des ménages imposables est dans la moyenne régionale malgré la présence de hauts revenus et la part des emplois précaires et des personnes à bas revenus est importante.


Carte : Zones de fortes disparités Pour agrandir la carte (cliquez ici)

Dans les grandes unités urbaines françaises cohabitent d’une part des populations fragiles dans leur parc social et d’autre part une partie importante de cadres exerçant des fonctions métropolitaines supérieures. Les niveaux de revenus observés y restent malgré tout élevés. Quatre des grandes agglomérations bretonnes (Rennes, Brest, Quimper et Vannes) n’échappent pas à cette règle. Au contraire des bassins de vie ruraux, l’accès aux équipements et services publics est plus aisé dans ces territoires. La proportion de jeunes sans diplôme est très forte, mais aussi celle des ménages monoparentaux.

Le reste de l’armature urbaine bretonne, autour des villes moyennes et des autres grandes unités urbaines (Saint-Brieuc, Lorient, Saint-Malo), se distingue des autres unités urbaines par des revenus plus faibles et une part de jeunes non insérés plus forte, aussi élevée que dans les territoires ruraux. De plus, la part des ménages dépendant à plus de 50 % des prestations sociales est l’une des plus fortes de la région. Au contraire des grandes unités urbaines, les dispositifs de lutte contre la pauvreté (Zones urbaines sensibles, Zones d’éducation prioritaire, associations de réinsertion, etc.) sont moins souvent présents sur le territoire.

Le dernier groupe de ces bassins de vie hétérogènes regroupe les zones littorales (en dehors des bassins de vie urbains). Le vieillissement y est beaucoup plus marqué. Les revenus médians sont légèrement au-dessus de la moyenne régionale. Et pourtant, la part des ménages sans emploi, celle exerçant un emploi précaire et le taux de chômage des 15-24 ans (au sens du recensement de la population) atteignent leurs valeurs maximales. Dans ces zones, l’hétérogénéité est également liée à la présence de retraités plutôt aisés dans les communes littorales, coexistant avec des personnes aux revenus plus modestes dans les communes situées à quelques kilomètres des côtes.


Les bassins de vie de la 1re couronne restent préservés

À l’opposé des sept groupes précédents, existent deux ensembles avec une population à la fois très homogène et peu exposée aux difficultés sociales. Denses comme le tissu urbain, ces territoires sont également ceux où les revenus observés figurent parmi les plus élevés. De même, les écarts de revenus y sont les plus faibles et l’activité y est la plus forte. Leur population est également beaucoup plus jeune.


Carte : Zones préservées Pour agrandir la carte (cliquez ici)

Le premier ensemble très caractéristique d’un environnement social préservé rassemble les bassins de vie situés autour des grandes unités urbaines. Les évolutions de population ont été fortes sur la dernière décennie et la part de logement social est faible. Les revenus sont les plus élevés de la région alors que le poids du chômage ainsi que l’indicateur de vieillissement y sont les plus bas.

Le second groupe est constitué seulement de 4 bassins de vie proches des couronnes rennaise et vannetaise. Il s’agit des bassins de vie de Ploeren, du Rheu, de Betton et d’Acigné. Ces territoires connaissent une situation similaire aux couronnes urbaines précédentes mais de manière plus prononcée encore (revenus très élevés, très faible chômage). La part des jeunes est, en revanche, un peu moins importante.


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Principales forces et faiblesses des neuf zones de bassins de vie
Zones Principales forces Principales faiblesses
Forte précarité A1 Fragilités très fortes

Inégalités fortes

Revenus faibles
Écart salaire homme / femme faible Part importante de jeunes (18-25) non scolarisés et sans diplôme

Revenus très faibles et hétérogènes
A2 Fragilités fortes

Inégalités moyennes

Revenus faibles
Démographie positive

Peu de familles monoparentales
Part importante de jeunes (18-25) non scolarisés et sans diplôme

Peu de diplômés du supérieur

Faibles salaires
Fragilité moyenne B1 Fragilités fortes

Inégalités moyennes

Revenus moyens
Démographie positive

Part des jeunes actifs en emploi en augmentation
Revenus faibles

Beaucoup de travail à temps partiel
B2 Fragilités moyennes

Inégalités faibles

Revenus moyens
Évolution de population très forte

Part des jeunes actifs diplômés du supérieur importante

Forte activité
Revenus les plus faibles de l'espace urbain

Part des ouvriers et employés élevée

Temps d'accès à l'emploi long
Fortes disparités C1 Fragilités fortes

Inégalités fortes

Revenus moyens
Mixité urbain / rural

Temps d'accès à l'emploi court
Part des jeunes non scolarisés et sans diplôme élevée
C2 Fragilités moyennes

Inégalités fortes

Revenus élevés
Revenus élevés Poids des emplois précaires ou à temps partiel importants

Indice de vieillissement important

Faible activité des 15-64 ans
C3 Fragilités fortes

Inégalités fortes

Revenus élevés
Revenus élevés

Forte activité

Peu de logements sans confort

Part des jeunes importante
Forte hétérogénéité des revenus

Chômage important

Part des 60 ans ou plus vivant seuls forte

Poids des bas revenus et dépendance aux prestations sociales importants

Évolution de population faible
Préservées D1 Fragilités faibles

Inégalités très faibles

Revenus élevés
Faible part des jeunes (18-25) non scolarisés et sans diplôme
Part des cadres forte
Salaires élevés
Écart de salaire hommes / femmes important
D2 Fragilités très faibles

Inégalités très faible

Revenus très élevés
Très hauts revenus

Forte activité en emploi (hommes et femmes)

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Portrait social des bassins de vie bretons : moins de fragilités dans le périurbain proche

Insee Bretagne - Octobre 2013 - n° 54

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  • La présente analyse résulte d'un partenariat entre l'Insee et la DRJSCS Bretagne

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