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La Bretagne est la région française avec le plus faible taux d’immigrés (Octant Info nº 25)

Jean-Marc Lardoux


En 2009, la Bretagne compte 85 500 immigrés (individus nés étrangers dans un pays étranger). Ils représentent 2,7 % de la population en Bretagne et 1,6 % des 5,3 millions d’immigrés habitant en France métropolitaine.


La Bretagne offre la particularité d’être la région française avec le taux d’immigrés le plus faible, devant la Basse-Normandie, les Pays de la Loire, Poitou-Charentes et la Haute-Normandie. Toutes ces régions du Grand Ouest ont des taux d’immigrés inférieurs à 4,5 %. Les immigrés occupent une place plus importante dans les régions de l’est (Alsace : 10,2%) et du sud de la France (Paca : 9,9 %). Avec plus de 2 millions d’immigrés sur ses 11,7 millions d’habitants, l’Île de France possède le taux d’immigrés de loin le plus élevé (17,6 %).


Carte : Part des immigrés dans la population - Les régions de l'Ouest ont les plus faibles taux d'immigrés

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En Bretagne, la population immigrée est à 45 % d’origine européenne, à 30 % d’origine africaine, et à 20 % d’origine asiatique. Au niveau national, la proportion d’immigrés d’origine africaine est plus importante (43,2 %) dont 30,4 % provenant d’Afrique du Nord (Algérie, Maroc et Tunisie).
En Bretagne, les Britanniques constituent la première nationalité des immigrés (14 000, soit 1 immigré sur 6) alors qu’ils n’en représentent que 3 % au plan national. Les autres principaux pays d’origine des immigrés bretons sont le Maroc (7 500), le Portugal (6 200), la Turquie (5 400) et l’Algérie (4 400).

La part des immigrés varie peu selon les départements : de 2,3 % (Finistère) à 3,2 % (Ille-et-Vilaine). En revanche, tout comme leur origine géographique, elle est davantage liée au caractère urbain ou rural des territoires. Ainsi, Rennes et Brest abritent davantage d’immigrés d’origine africaine ou asiatique, tandis que dans les Côtes-d’Armor, deux tiers des immigrés sont d’origine européenne, les Britanniques représentant la moitié d’entre eux.

Plus d'un tiers des immigrés bretons résident en Ille-et-Vilaine
Répartition des immigrés par département de résidence et continent de naissance
Côtes-d'Armor Finistère Ille-et-Vilaine Morbihan Bretagne
Source : Insee, RP2009 exploitation principale.
Immigrés
(en nombre)
15 915 20 573 31 199 17 839 85 526
Europe 10 139 9 478 9 555 9 309 38 479
Afrique 3 435 6 140 12 330 4 054 25 958
Asie 1 590 3 663 7 312 3 457 16 023
Amérique et Océanie 753 1 292 1 999 1 019 5 064
Population totale 587 519 893 914 977 449 716 182 3 175 064
Taux d'immigrés (en %) 2,7 2,3 3,2 2,5 2,7


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Les familles nombreuses sont plus fréquentes au sein des populations immigrées africaines et asiatiques

En Bretagne, sur 100 adultes, 65 vivent en couple, 4 sont parents d’une famille monoparentale, 24 vivent seuls ou à plusieurs hors d’un cadre familial et 7 ont encore le statut d’enfant d’une famille.
Au sein de la population immigrée, les adultes vivent plus souvent en couple (70,5%), en particulier ceux d’origine européenne (75,4 %). Chez ces derniers, la distribution des familles suivant le nombre d’enfants est similaire à l’ensemble des familles bretonnes. Par contre, les couples d’origine africaine et asiatique sont beaucoup plus souvent parents de familles d’au moins 3 enfants.


Les immigrés adultes : plus souvent parents de familles nombreuses
Configuration familiale des immigrés bretons âgés de 18 ans ou plus selon le continent de naissance
Effectifs
(en nombre)
Part des adultes bretons vivant... (en %)
avec leurs parents seul ou à plusieurs hors famille en couple seul avec enfants
Ensem- ble avec 3 enfants ou + Ensem- ble avec 2 enfants ou +
Champ : personnes domiciliées en Bretagne âgées de 18 ans ou plus
Source : Insee, recensement de la population, exploitation complémentaire, 2008
Immigrés 68 077 3,7 21,1 70,5 24,3 4,8 2,4
Europe 31 399 2,6 18,5 75,4 15,0 3,5 1,6
Afrique 20 496 3,7 24,0 64,9 31,4 7,4 3,8
Asie 12 768 5,5 22,0 68,9 38,6 3,6 1,9
Amérique, Océanie 3 414 6,2 23,7 65,6 15,0 4,4 2,5
Non-immigrés 2 315 806 7,2 24,0 64,7 12,2 4,0 1,5
Total 2 383 883 7,1 23,9 64,9 12,6 4,0 1,6


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Des différences de profils d’activités entre immigrés et non-immigrés plus marquées chez les femmes

La population immigrée est plus jeune : parmi les individus âgés de 15 ans ou plus, seuls 27 % des immigrés sont âgés d’au moins 55 ans contre 38,2 % dans l’ensemble de la population bretonne. Chez les hommes, les proportions d’actifs ayant un emploi et d’élèves, étudiants, stagiaires sont proches entre immigrés et non immigrés. Par contre les immigrés sont deux fois plus souvent au chômage ou inactifs.
Chez les femmes, ces tendances sont accentuées : la proportion d’actives ayant un emploi est inférieure de près de 8 points et elles sont trois fois plus souvent au chômage que les non immigrées.

Graphique : Type d'activité selon le sexe et la situation quant à l'immigration - Les femmes ont des profils d'activité plus différenciés

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En Bretagne, vivent 85 500 immigrés… et 61 100 étrangers !

Graphique : Composition de la population bretonne

Selon la définition adoptée par le Haut Conseil à l’Intégration, un immigré est une personne née étrangère à l’étranger et résidant en France. Les personnes nées françaises à l’étranger et vivant en France ne sont donc pas comptabilisées. À l’inverse, certains immigrés ont pu devenir français, les autres restant étrangers. Les populations étrangère et immigrée ne se confondent pas totalement : un immigré n’est pas nécessairement étranger et réciproquement, certains étrangers sont nés en France (essentiellement des mineurs).
La qualité d’immigré est permanente : un individu continue à appartenir à la population immigrée même s’il devient français par acquisition. C’est le pays de naissance, et non la nationalité à la naissance, qui définit l’origine géographique d’un immigré.

Un étranger est une personne qui réside en France et ne possède pas la nationalité française, soit qu’elle possède une autre nationalité (à titre exclusif), soit qu’elle n’en ait aucune (c’est le cas des personnes apatrides). Les personnes de nationalité française possédant une autre nationalité (ou plusieurs) sont considérées en France comme françaises.

Au final, en 2009, la population bretonne se décompose ainsi : 97 % de Français de naissance, 1,1 % de Français par acquisition et 1,9 % d’étrangers.
A titre de comparaison, toujours en 2009, les 62,5 millions d’habitants de France métropolitaine se répartissent de la façon suivante : 56 millions de Français de naissance (89,7 %), 2,8 millions de Français par acquisition (4,4 %) et 3,7 millions d’étrangers (5,9 %).


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© Insee 2012

Octobre 2012 - nº 25

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