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Projections démographiques à l'horizon 2040 en Bretagne (Octant Analyse n° 10)
Une croissance forte, un vieillissement inéluctable

Frédérique Deschamps-Collet

Résumé

S'appuyant sur les tendances récentes, les projections de population placeraient la Bretagne parmi les régions françaises les plus dynamiques jusqu'en 2040. L'Ille-et-Vilaine se distinguerait des autres départements bretons en maintenant un solde naturel positif associé à un apport migratoire moyen. Les trois autres départements connaîtraient à brève échéance un déficit des naissances sur les décès, se combinant à un fort apport migratoire. La part des 60 ans et plus augmenterait de façon significative : 1 habitant sur 3 en 2040. L'Ille-et-Vilaine deviendrait un des départements métropolitains les plus jeunes.


Sommaire


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Introduction

Au 1er janvier 2007, la Bretagne compte un peu plus de 3 120 000 habitants. Si les tendances démographiques récentes quant à la natalité, la mortalité et les migrations se maintenaient (scénario central, voir encadré méthodologique), la Bretagne compterait à l'horizon 2040 3 873 000 habitants. Ainsi, sa population augmenterait de 24 %, nettement plus qu'en France métropolitaine (14 %). Selon le niveau des hypothèses retenues, la croissance de la population bretonne se situerait entre 17 % (scénario bas, voir encadré méthodologique) et 32 % (scénario haut).


Graphique : Projections de la population bretonne à l'horizon 2040

La Bretagne conserverait ainsi, dans les scénarios central et haut, son rang de 7e région métropolitaine française en nombre d'habitants ; selon le scénario bas, elle serait susceptible d'être plus peuplée que l'Aquitaine et de prendre ainsi le 6e rang.


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La Bretagne parmi les régions les plus dynamiques démographiquement

Selon le scénario central, la population de la Bretagne augmenterait chaque année, en moyenne de 0,66 % entre 2007 et 2040.

Tableau sur l'évolution de population à l'horizon 2040 selon les scénarios envisagés

Cela la placerait en 4e position des régions métropolitaines pour la croissance de sa population derrière le Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées et les Pays de la Loire. Le taux annuel moyen d'accroissement de population bretonne serait ainsi nettement supérieur à celui de France métropolitaine (0,41 %). Mais cette hausse ne serait pas homogène sur la période. Comme en France métropolitaine, la hausse annuelle serait plus forte en début de période (0,78 % entre 2007 et 2020, contre 0,53 % entre 2030 et 2040). Entre 2007 et 2040, les taux annuels moyens de croissance de la population du Finistère et des Côtes-d'Armor, tous les deux aux alentours de 0,5 % dans le scénario central, seraient supérieurs à celui de France métropolitaine. L'Ille-et-Vilaine, très dynamique avec 0,82 % de progression annuelle, occuperait la 7e position des départements métropolitains, ex æquo avec la Loire-Atlantique.


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Un solde naturel négatif en Bretagne à partir de 2035 seulement

Le solde naturel deviendrait négatif à partir de 2035. La contribution du solde naturel, l'un des deux facteurs de variation de population, s'amenuiserait en conséquence : elle serait de 0,16 % entre 2007 et 2020 en moyenne annuelle, soit seulement 1/5e de la croissance, pour devenir quasi nulle entre 2030 et 2040.


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Seule l'Ille-et-Vilaine garde un solde naturel positif

Dans les Côtes-d'Armor, la contribution du solde naturel à la croissance de la population serait négative dès la période 2007-2020 dans le scénario central. Le solde naturel, déjà négatif en 2009, le resterait jusqu'en 2040. Sur les périodes suivantes, les contributions seraient négatives pour le Finistère, le Morbihan et les Côtes-d'Armor. Le solde naturel deviendrait négatif pour le Finistère et le Morbihan sur la période 2020-2040. Au final, seule la contribution du solde naturel en Ille-et-Vilaine serait positive entre 2007 et 2040, avec un excédent naturel de presque 3 700 personnes en 2040.

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Tous les départements bretons attractifs

Entre 2007 et 2040, l'essentiel de la croissance de la population bretonne proviendrait des migrations. Sur la période 1999-2007, cela représentait les trois quarts de la croissance démographique, plaçant la Bretagne au 8e rang des régions les plus attractives. Ce phénomène pourrait perdurer. Entre 2007 et 2020, la contribution du solde migratoire à la croissance de population serait de 0,62 % en moyenne par an. Elle ne baisserait pratiquement pas au fil des ans : 0,54 % en moyenne par an entre 2030 et 2040, contre 0,19 % en France métropolitaine. Toutefois, cette contribution baisserait plus rapidement en Ille-et-Vilaine, tout en restant au-dessus du niveau national. Au final, entre 2007 et 2040, la Bretagne gagnerait en moyenne annuelle 2 700 personnes du fait du solde naturel, et 17 900 du fait du solde migratoire. Du seul fait des migrations, la Bretagne perdrait 2 600 jeunes de 20-29 ans par an, mais gagnerait 4 600 jeunes de moins de 20 ans, 7 300 personnes de 30-49 ans et 8 600 personnes de plus de 50 ans.


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Partout, un nombre de personnes âgées de 60 ans et plus en continuelle augmentation

À terme, la structure par âge de la population bretonne se transformera quelle que soit l'hypothèse retenue.


Graphique : Structure de la population par âge entre 2007 et 2040 - Scénario central

Tableau sur l'évolution de la structure par âge en Bretagne - scénario central

Cette structure par âge évoluerait en suivant le profil de celle de France métropolitaine : baisse de la part des moins de 20 ans et des 20-59 ans au profit de celle des 60 ans et plus. Néanmoins, du fait de l'attractivité de la Bretagne, le nombre des moins de 20 ans augmenterait de 14 %. Le nombre de personnes âgées de 60 ans et plus augmenterait de 76 %. Les 60 ans et plus représenteraient ainsi 33 % de la population en 2040, contre 23 % en 2007. Cette part progresserait au même rythme en Bretagne et en France métropolitaine. Son évolution serait la plus forte dans le Morbihan et la moins forte en Ille-et-Vilaine.
Les actifs potentiels (20-59 ans) seraient toujours plus nombreux. Toutefois, leur part dans la population diminuerait, surtout dans le Morbihan. Leur proportion baisserait presque à l'identique en Bretagne et en France métropolitaine.


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L'Ille-et-Vilaine parmi les départements métropolitains les plus jeunes

En 2040, 33 % des Bretons auraient 60 ans ou plus (31 % en France métropolitaine) ; cette proportion atteindrait même 38 % dans les Côtes-d'Armor. La part des moins de 20 ans en Bretagne et en France métropolitaine serait identique (22 %). L'indice de vieillesse, qui rapporte le nombre de personnes âgées de 75 ans et plus au nombre de personnes de moins de 20 ans, mesure le vieillissement d'une population en tenant compte de sa structure par âge.

Tableau sur l'Indice de vieillesse - scénario central

Celui des départements bretons, comme celui de France métropolitaine, augmenterait régulièrement entre 2007 et 2040. La Bretagne garderait ainsi un indice comparable à celui de France métropolitaine. En revanche, seule l'llle-et Vilaine aurait un indice toujours inférieur, le 10e indice le plus faible des départements métropolitains en 2040 (derrière les départements d'île-de-France hors Paris, le Rhône et le Nord). L'indice des trois autres départements bretons serait assez élevé, avec un maximum atteint en 2040 pour les Côtes-d'Armor.


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Projections démographiques à l'horizon 2040 en Bretagne

Insee Bretagne - Décembre 2010 - n° 10

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