Jean-Jacques Allain
Au 1er janvier 2009, 3 163 000 personnes vivent en Bretagne. Depuis 1999, la population bretonne augmente plus vite qu'au niveau national : + 0,9 %, contre + 0,7 %. Cette augmentation est due principalement à l'afflux des nouveaux arrivants. Les naissances bretonnes sont moins nombreuses et l'âge moyen des mères à l'accouchement dépasse maintenant 30 ans. Les décès augmentent, sauf dans les Côtes-d'Armor où le solde naturel reste cependant négatif. L'Ille-et-Vilaine détient les neuf dixièmes de l'excédent naturel breton. Le nombre d'unions progresse toujours, grâce aux Pacs.
ISSN 2105-1151 -
Au 1er janvier 2009, la population bretonne est estimée à
3 163 000 habitants. Son nombre d'habitants place la Bretagne au 7e rang, derrière l'Aquitaine et devant
Midi-Pyrénées.
Depuis 1999, la progression annuelle moyenne bretonne est de 0,9 %. C'est la 5e plus forte évolution régionale
de métropole derrière la Corse, le Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées et l'Aquitaine. Trois
quarts des 257 000 habitants supplémentaires sont dûs au solde migratoire positif. De 1999 à 2008, seul le taux
d'évolution du Finistère est inférieur au taux national.
L'Ille-et-Vilaine, département maintenant le plus peuplé, progresse le plus : 1,2 % par an.
L'âge moyen des Bretons est passé de 39,5 ans en 1999 à 40,9 ans en 2008. La proportion des personnes âgées de 50 ans et plus ne cesse de progresser : 33,6 %en 1999, contre 37,4 %en 2008. En France métropolitaine, cette part est plus faible, mais progresse à l'identique : elle passe de 31,6 % à 35,3 %. La proportion de personnes âgées de 15 à 49 ans chute de 48,1 % à 44,4 %. Celle des moins de 15 ans se stabilise. Au niveau national, les évolutions de population depuis 1999 vont dans le même sens. Les départements bretons présentent de fortes disparités : les 50 ans et plus représentent 41,9 % de la population dans les Côtes- d'Armor, et seulement 32,2 % en Ille-et-Vilaine.
37 150 bébés bretons sont nés en 2009, soit une baisse de 1,3 % par rapport à 2008
(− 0,3 % en métropole). Ce fléchissement est dû principalement aux baisses de la natalité
dans le Finistère (− 3,1 %) et dans le Morbihan (− 4,2 %). Entre 2007 et 2008, le Morbihan
était pourtant en tête de progression des naissances : + 4 %.
Depuis le creux des années 1990, le Finistère est le seul département à ne pas avoir
retrouvé le niveau de 1999 (1,9 %de moins), alors que l'Ille-et-Vilaine est à 14,5 % de plus.
L'âge moyen des femmes ayant accouché en 2009 s'établit maintenant à 30,2 ans en Bretagne,
contre 29,6 ans en 1999. Ces chiffres sont quasi identiques en métropole.
En dix ans, l'âge des mères au premier enfant est passé de 28 ans à 28,6 ans dans la
région, et de 28,1 ans à 29 ans en métropole. Pour l'année 2008, le taux de natalité de la
Bretagne est de 11,9 ‰, contre 12,8 ‰ en métropole. Seul l'Ille-et-Vilaine dépasse le taux national : 13,3 ‰.
Même si le taux de fécondité baisse en Bretagne, il reste supérieur à celui de la France : 2 enfants par femme en 2007, contre 1,96 en métropole. Il est toujours le plus élevé dans les Côtes-d'Armor. La Bretagne se situe au 6e rang des régions les plus fécondes. Le report dans l'âge de la maternité ne compense pas la perte de naissances chez les femmes les plus jeunes. L'indicateur de fécondité, faible entre 15 et 24 ans, se stabilise ces dernières années. Il atteint son maximum entre 25 et 34 ans, mais augmente faiblement. En revanche, il progresse sensiblement entre 35 et 50 ans sur la période 2000-2007.
56,3 %des bébés bretons naissent hors mariage en 2008, contre 51,7 % en métropole. C'est plus qu'en 2007. La part de naissances hors mariage est la plus importante dans les Côtes-d'Armor (58,8 %), et la plus faible en Ille-et-Vilaine (53,8 %).
31 000 Bretons sont décédés en 2009. Cette progression de 1,4 % par rapport à 2008 est plus forte qu'en France (+ 0,3 %). C'est en Ille-et-Vilaine que la hausse est la plus importante (+ 2,7 %). Les décès diminuent uniquement dans les Côtes-d'Armor : − 1,2 %. Le Finistère concentre toujours près du tiers des décès de la région. L'Ille-et-Vilaine conserve en 2008 le taux de mortalité le plus bas des quatre départements bretons (7,5 ‰) et les Côtes-d'Armor le plus élevé (11,5 ‰). Au final, le taux de mortalité de la Bretagne est estimé à 9,7 ‰ en 2008. Il reste supérieur au taux national : 8,5 ‰.
En 2007, l'espérance de vie à la naissance des Bretons était de 76,3 ans, celle des Bretonnes de 83,8 ans (77,5 ans et 84,3 ans respectivement pour les Français et les Françaises). La Bretagne se situe devant la Haute-Normandie au 18e rang des régions métropolitaines, pour l'espérance de vie masculine, au 17e pour l'espérance de vie féminine. à la naissance, un garçon d'Ille-et-Vilaine peut espérer vivre 2,5 ans de plus qu'un Finistérien, et une fille 1,1 an de plus qu'une Finistérienne, si tout au long de leur vie, ils connaissent les mêmes conditions de mortalité qu'aujourd'hui.
Le nombre de naissances l'emporte sur le nombre de décès en 2009, mais cet excédent
naturel se réduit de 13 % par rapport à 2008 en Bretagne. Cette baisse existe aussi
au niveau national, mais plus faiblement : − 1,6 %. L'Ille-et-Vilaine concentre 90 % de
l'excédent naturel breton. Le département des Côtes-d'Armor conjugue un nombre de
naissances en hausse et un nombre de décès en baisse. Il reste cependant le seul à connaître un solde négatif, et cela depuis les
années 80.
Sur l'évolution annuelle moyenne de la population bretonne de 1999 à 2009 (+ 0,9 %), le
solde naturel intervient pour 0,2 % ; le solde apparent des entrées et sorties de la région pour 0,7 %.
11 200 mariages bretons ont été célébrés en 2008. C'est à peine autant qu'en 2007. Contrairement
aux trois autres départements, les Finistériens sont plus nombreux à s'être mariés
en 2008 (+ 3,3 % par rapport à 2007).
Les Bretons se marient moins que les Français : le taux de nuptialité de 3,6 ‰ est inférieur
aux 4,1 ‰ de la métropole en 2008. Dans le même temps, le nombre de mariages
baisse plus en France : − 2,9 % par rapport à 2007.
Les Pacs augmentent en 2009 : 19,1 % par rapport aux 7 800 contrats signés en 2008.
Cette progression, comparable à celle de la métropole, est en net ralentissement par rapport
au rythme observé les années précédentes.
En 2008, on compte 4 Pacs pour 10 unions (mariages et Pacs).
L'Ille-et-Vilaine concentre plus du tiers du nombre de Pacs en 2009.
Le nombre de mariages diminue depuis plusieurs décennies. Grâce aux Pacs, le nombre d'unions progresse nettement depuis
1999. En 2008, pour 1 000 Bretons, on compte 6 unions (mariages et Pacs). Il faut
remonter à la fin des années 70 pour atteindre un taux de nuptialité (mariages uniquement) équivalent.
En 2009, 12 Pacs bretons sont dissous pour 100 signés (20 dissolutions en 2007). Pour la
première fois depuis sa création en 1999, le nombre de dissolutions de Pacs baisse en Bretagne.
Un tiers des Pacs rompus débouche sur un mariage, au niveau national. C'est moins
qu'en 2008 (41 %) et qu'en 2007 (47 %).
4 700 divorces ont été enregistrés en 2009 en Bretagne : c'est 3,6 % de moins qu'en 2008. La baisse du nombre de divorces constatée depuis 2005 a été plus rapide qu'au niveau national (− 17,8 %, contre − 15,1 %). C'est dans le Finistère que la diminution est la plus marquée (− 27,6 %). On divorce toujours moins en Bretagne qu'en France. En 2008, comme en 2007, on compte 8 divorces pour 1 000 couples mariés dans la région ; 11 au niveau national.

Insee Bretagne - Septembre 2010 - n° 6
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