Emmanuelle DINNEQUIN, Joël DEKNEUDT, Insee Picardie
La crise économique a fait stagner le niveau de vie des Picards, il atteint en 2009 moins de 18 400 € par an pour la moitié d'entre eux. Un picard sur sept (14,4%) vit sous le seuil de pauvreté. Les familles monoparentales sont cinq fois plus touchées par la pauvreté que les couples sans enfants. De plus, 80 % d'entre elles sont gérées par une femme, plus fréquemment en situation d'emploi précaire que les hommes (temps partiel, CDD). Avec un taux de chômage plus élevé et une présence plus fréquente dans les emplois précaires, un Picard de moins de trente ans sur cinq est pauvre.
En 2009, la moitié des Picards dispose d'un niveau de vie inférieur à 18404 € par an (soit 1534 € par mois), ce qui situe la Picardie à la 14e place des 22 régions métropolitaines. Entre 2006 et 2008, le niveau de vie médian des Picards a augmenté de 1400 €, comme en métropole. Entre 2008 et 2009, la crise économique a fait stagner le niveau de vie des Picards alors qu'il augmente légèrement en France.
Les niveaux de vie de l'Aisne (17351 €) et de la Somme (17780 €) sont parmi les plus faibles des départements, respectivement au 89e et 72e rang devant le Nord et le Pas-de-Calais. Dans l’Oise (19e), il atteint 19 564 €, relevé par les actifs qui travaillent en Île-de-France (niveau de vie le plus élevé de France). Il est supérieur à celui de la région et n’a pas diminué pendant la crise, contrairement aux deux autres départements.
En 2009, 14,4% des Picards (environ 272000) ont un niveau de vie inférieur à 954 € par mois, seuil de pauvreté monétaire correspondant à 60% du niveau de vie médian. La Picardie se classe au 7e rang parmi les régions les plus pauvres. Cependant, il existe une forte disparité entre la Somme et l’Aisne d’une part et l’Oise d’autre part. La Somme (16,0% de la population sous le seuil de pauvreté) et l’Aisne (17,1%) se classent à la 13e et 19e place des départements les plus pauvres. L’Oise, à l’opposé, se classe au 20e rang des départements les moins pauvres (11,5%).
De 2006 à 2009, cette proportion a augmenté d'un demi-point, tant dans la région que dans chacun de ses trois départements, ce qui est légèrement supérieur à l'évolution nationale.
| 2009 | 2008 | 2007 | 2006 | |
|---|---|---|---|---|
| Source : Insee, revenus disponibles localisés 2006 à 2009 | ||||
| Aisne | 17,1 | 16,4 | 17,2 | 16,6 |
| Oise | 11,5 | 10,9 | 11,2 | 11,1 |
| Somme | 16,0 | 15,2 | 15,9 | 15,4 |
| Picardie | 14,4 | 13,7 | 14,3 | 13,9 |
| Province | 13,8 | 13,2 | 13,7 | 13,4 |
| France métropolitaine | 13,5 | 13,0 | 13,4 | 13,2 |
| Seuil de pauvreté monétaire(euros /mois) | 954 | 950 | 935 | 915 |
Les familles monoparentales ont le niveau de vie médian mensuel le plus bas : 1153 € par mois (13839 € par an) en Picardie contre 1196 € en France (14346 € par an). En Picardie, l'écart entre les niveaux de vie des familles monoparentales et des couples sans enfants est de 633 , soit un peu moins qu'en France (655 €).
Ainsi en 2009, un tiers des familles monoparentales picardes sont pauvres (vivent avec moins de 954 € par mois) contre 29,8% en métropole. Ces familles sont cinq fois plus touchées par la pauvreté que les couples sans enfants. De plus, pour 80% d'entre elles, le chef de famille est une femme, plus fréquemment en situation d'emploi précaire que les hommes (temps partiel, CDD).
Dans la Somme comme en France de province, les taux de pauvreté des hommes et des femmes vivant seuls sont voisins. Dans l'Aisne et l'Oise (et à l'inverse de l'Île-de-France), les femmes vivant seules sont relativement plus fréquemment touchées par la pauvreté que les hommes.
Les couples sont davantage épargnés par la pauvreté. Cependant, les couples avec enfant(s) ont deux fois plus de risque d'être pauvres que ceux qui n'en ont pas, 13,3% contre 6,1% en Picardie. Cet écart est plus marqué en Picardie qu'en France, en raison d'un faible taux de pauvreté des couples sans enfant dans l'Oise. Pour tous les types de ménages, l'Oise se démarque par un faible taux de pauvreté.
Environ un Picard de moins de 30 ans sur cinq est pauvre, ce qui n'est le cas que d'un Picard de plus de 75 ans sur dix. Le taux de pauvreté des jeunes Axonais est supérieur de 10 points à celui des jeunes Isariens.
Les jeunes sont plus touchés par la pauvreté car leur taux de chômage est plus élevé que pour les autres tranches d'âges et ils occupent plus fréquemment que les plus âgés des emplois précaires (CDD, emplois aidés) et moins rémunérateurs.
En 2009, les ménages ruraux picards disposent d'un niveau de vie médian de 19269 €, supérieur de 1518 € à celui des ménages urbains. Dans les campagnes picardes, il est supérieur à celui de la province et de la métropole. Le niveau de vie des citadins picards est inférieur à celui de la France (moins 1421 €). De ce fait, le taux de pauvreté est de 10,6% dans les campagnes picardes, 1 point de moins qu'en France, et de 17,1% dans les villes, 3 points de plus qu'en France.

IPF n°05-2012 - 2 pages
Niveau de vie et taux de pauvreté en Picardie en 2009
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