Aller au contenu

Aller au menu principal

Aller à la recherche

Liens transversaux haut

La statistique de l’immigration dans la Grande-Région : un essai d'harmonisation

Jean-Paul FRANÇOIS, Gérard MOREAU - Insee Lorraine

Résumé

Comme l'ensemble de l'Europe, la Grande-Région constitue une zone d'immigration. Le solde migratoire positif de ce territoire en est l'indicateur le plus extensif et homogènement mesuré. Il peut être vu comme l'agrégation de plusieurs ensembles de flux. Pour les composantes infranationales de la Grande-Région, les migrations qui s'opèrent entre régions d'un même ensemble national sont bien identifiées. Ainsi, tant les relations que noue la Lorraine avec l'Alsace ou Rhône-Alpes, que celles qu'entretient la Rhénanie-Palatinat avec les Länder de l'Est, ou la Wallonie avec la Flandre, sont mesurées en flux bruts d'entrées et sorties, toutefois selon des temporalités différentes. L'orientation dominante de ces flux obéit à un faisceau de facteurs, notamment historiques et économiques. En revanche, les flux entre une région, voire un pays, et l'"étranger" sont moins systématiquement mesurés. Dans cet exercice, la Lorraine est désavantagée par rapport aux autres composantes de la Grande-Région qui disposent de registres communaux de population. Ces derniers permettent de construire des flux bruts d'entrées et de sorties du territoire en distinguant les “nationaux” des étrangers. En l'absence de tels outils, le recensement de la population est mobilisé en France pour fournir une description des effectifs d'immigrés présents sur le territoire. L'harmonisation de matériaux statistiques aussi différents se heurte aux difficultés méthodologiques ardues que sont le basculement entre données de flux et données de stock d'une part et entre les notions d'immigré et d'étranger d'autre part. Dans les comparaisons internationales, il est d'usage de se référer au taux d'étrangers dans la population qui constitue le “dénominateur commun” directement disponible. Cet indicateur n'est pas idéal. Plus accessible que le taux d'immigrés qui repose sur le lieu et la nationalité de naissance, il fournit une image biaisée de l'immigration. En effet, la notion d'étranger est plus mouvante et dépend de l'intensité des flux de naturalisation, celle-ci étant liée à la volonté de naturalisation des individus et aux facilités administratives de la part du pays hôte. Toutefois, il permet d'intégrer à la marge des immigrés de seconde génération à travers les étrangers nés sur le territoire national.

Economie Lorraine N°141
Septembre 2008